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Le président Joseph Kabila fait un don de 15 bus à la population de Kisangani 20 juin 2005 - Stanislas Abusa Tabango,
Conseiller financier du Gouverneur de la Province Orientale a
réceptionné, samedi 18 juin 2005 à Kisangani, un lot de 15 Bus, de
20 places de marque Nissan Civilian, 268 motos, 80 vélos, 1
camionnette 4x4 et 1 Jeep. Il a déclaré à la presse que c'était un
don du président, Joseph Kabila, à la population de la ville de
Kisangani, Chef-lieu de la province orientale, et que les Bus étaient
destinés au transport en commun. "Ces engins sont la preuve du
respect de la promesse faite par le chef de l’Etat à la population
de Kisangani, dans son meeting, Place de la poste, le 16 octobre
2004". Le geste du chef de l'Etat a été accueilli de diverses
manière par des observateurs. Pour certains, c'est une bonne chose
que le chef de l'Etat soit intervenu personnellement pour soulager un
tant soit peu la misère de la population de Kisangani. Ces
observateurs critiques, cependant le fait que des actions ponctuelles
sont sans lendemain, à l'opposé de la création des sociétés de
transport en commun qui pourraient, non seulement assurer le
renouvellement de l'outil de production mais aussi la sécurité de
l'emploi. Pour d'autres, la République Démocratique
du Congo n'a pas besoin de 15 bus mais, d'une politique économique de
réhabilitation des infrastructures routières et des sociétés de
transport. Selon eux, une telle politique est possible si les membres
du gouvernement recherchaient le bien-être communautaire, au lieu de
l'enrichissement personnel facile et sans cause. Les défenseurs de
cette thèse notent que les membres du gouvernement de transition
deviennent de plus en plus riches, pendant que la population, devient
de plus en plus pauvre. Ce qui n'a pas manquer d'écoeurer même des
étrangers comme le ministre belge des affaires étrangères et
l'ambassadeur britannique à Kinshasa, pour ne citer que ceux-la. Pour d'autres encore, le geste du président Kabila est une campagne de charme pour recruter des membres dans son parti et non une intervention en faveur de la population, dont il se moquerait éperdument. Les défenseurs de cette thèse disent que les enseignants, les militaires et les fonctionnaires et agents de l'Etat, non seulement ils n'ont pas un salaire décent mais, ils ne sont même pas payés régulièrement, avec quoi ils vont payer les bus que Kabila leur a envoyé. Ces bus, disent-ils, ce pour donner un emploi temporaire à qui voudrait devenir membres de son parti à la veille des élections. En voulant agir seul, plutôt que dans le cadre du gouvernement, le président Joseph Kabila est entrain de retomber dans les mêmes erreurs que ceux commises par feu-maréchal Mobutu, en apparaissant comme un dictateur égoïste. On se pose alors la question de savoir si les réunion des conseils des ministres servent à discuter des conditions de vie des citoyens ou à parler seulement de leurs émoluments. (CONGOLITE)
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Journée internationale de l'enfant africain : la
situation des enfants congolais comparée à celle des enfants de
Soweto 20 juin 2005 - Le 16 juin de chaque année, le
monde entier célèbre la Journée Internationale de l’Enfant
Africain, en mémoire du massacre des enfants sud-africains à Soweto,
le 16 juin 1976, par les tenants du régime d’apartheid. Pour ce qui
est de la situation de l'enfant congolais, l'Ong Héritiers de la
Justice soutient que sa situation n'est guère différente de celle
des enfants de Soweto du temps de l'apartheid car, oublié par le
gouvernement de transition. Ci-dessous, le message de Héritiers de la
Justice. La situation des droits de l’enfant est
loin de s'améliorée en RD Congo En effet, contrairement à ce qui est prévu
dans la Convention relative aux Droits de l’Enfant et dans le Pacte
International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels,
l’enseignement en RD Congo n’est ni gratuit ni obligatoire.
L’Etat ayant été incapable de payer un salaire décent et régulier
aux fonctionnaires oeuvrant dans le secteur public depuis plusieurs décennies,
les parents ont dû prendre la charge d’allouer mensuellement une
somme d’argent communément appelée « prime » aux enseignants.
Cette somme d’argent qui varie d’une école à une autre et d’un
milieu à un autre fait que les enfants des familles démunies et
orphelins ne puissent plus être en mesure d’étudier normalement.
Beaucoup d’enfants ont été ainsi contraints au chômage. Une fois
dans l’oisiveté, ils sont happés par plusieurs anti-valeurs telles
que l’enrôlement dans les bandes ou les forces armées. Ceux qui y
échappent ont le choix entre la rue où ils se livrent au tabagisme,
à la drogue, à l’alcoolisme, … et le banditisme ordinaire ou
encore l’exploitation sexuelle ou économique par des adultes
cyniques. Avec les années, cette situation crée un retard dans le
cursus normal des enfants. Ainsi l’analphabétisme demeure un fléau
surtout pour le enfants vivant en milieux ruraux où l’on vit des
affrontements entre les troupes étrangères présentes et actives en
RD Congo s’opposant aux forces loyalistes. D’autres enfants sont victimes de viol,
soit à la faveur de ces guerres à répétition qui ont ensanglanté
la RD Congo depuis 1996, soit dans leurs quartiers par des civils ou
des militaires sous prétexte que cet acte leur permet de se débarrasser
de leur Sida. D’autres encore le font au motif que cela leur permet
d’accéder à des promotions au sein de leur service. Ainsi
marginalisés, les enfants congolais souffrent également du non accès
aux soins de santé primaires et à l’eau potable. La plupart des
enfants sont malnutris. Cela détériore lentement mais sûrement leur
santé. Cette situation a des conséquences graves qui peuvent
retentir dans la vie des enfants même après plusieurs années si on
y fait pas attention. Déjà, il est admis que les enfants souffrant
de malnutrition jusqu’à l’âge de 5 ans accusent un quotient
intellectuel très faible et difficile à récupérer au-delà de cet
age. Les enfants qui ont grandi dans un
environnement de violence et de misère tel que cela s’est observé
en RD Congo depuis 1996, environ une décennie déjà, finissent,
selon certains spécialistes, par intérioriser ce mode de vie et
devenir eux aussi violents, tôt ou tard. Tellement préoccupée par
le sort de l’enfant africain en général et congolais en
particulier, l’asbl Héritiers de la Justice en appelle à la
conscience du Gouvernement de Transition pour qu’il respecte ses
engagements vis-à-vis de différents instruments juridiques protégeant
les droits de l’enfants que la RD Congo a ratifiés. L’Association
invite le Gouvernement de Transition à traduire devant les instances
compétentes tous ceux qui continuent à fouler aux pieds les droits
de l’enfant, notamment par les actes de viol, l’enrôlement dans
les groupes ou les forces armées, l’exploitation sexuelle, etc. Il
appartient également à l’Etat de payer aux fonctionnaires publics
un salaire décent et régulier pour leur permettre de répondre aux
besoins vitaux de leur progéniture. C’est à cette condition et à
celle là seulement que l’enfant cessera d’être oublié par le
Gouvernement. Fait à Bukavu, le 14/06/2005 Héritiers de la Justice
------------------------------- Des incidents hier lors de la manifestion à l'ambassade du Congo à Bruxelles 21 juin 2005 - Ce lundi 20 juin 2005 a été une journée très chaude pour la communauté congolaise de Belgique. Non seulemenet parce qu’il faisait effectivement plus de trente cinq degrés dehors, mais aussi parce que la marche de la libération et de la démocratie des congolais a tourné au cauchemar. En prévision de la date du 30 juin considérée comme fin de la transition par le peuple congolais dans sa majorité et par les associations et partis politiques du changement en Belgique, une marche a été organisée ce lundi 20 juin à partir de la Place Bastion (à la Porte de Namur). Dès 10h30, une animation est faite sur le lieu du rassemblement. Il est onze trente quand la marche démarre. Destination, Ambassade de la RD Congo sur rue Marie de Bourgogne. Ils étaient près de 350 au départ mais seront au moins cinq cents à l’arrivée. Durant le trajet, la marche est disciplinée. Dans les chants entonnés, certains en prennent pour leur grade. Joseph KABILA bien sûr, et Louis Michel considéré par les congolais de Bruxelles comme le père spirituel du « 1+4 ». Les calicots sont tout aussi expressifs : « RD Congo, 30 juin 2005 1+4 dehors », « Révolution dans la non violence » « RD CONGO, 5.000.000 de morts, c’est trop ». Le parcours retenu est des plus tortueux, dans des ruelles peu fréquentées. Mais les Congolais faisant contre mauvaise fortune bon cœur, respectent le parcours négocié avec la police. Des incidents Moins d’une heure après, les manifestants entrent dans la rue Marie de Bourgogne. Un véritable comité d’accueil les attend : un grand nombre de policiers anti-émeutes. Et dans les ruelles voisines des véhicules de la police en grand nombre, discrètement parqués. L’accès de l’Ambassade est bouclé dans un rayon de 50 mètres du côté de la rue Montoyer. Par précaution du côté de la rue du Trône des véhicules anti-émeutes sont parqués. Quand les manifestants arrivent, une animation commence. Et progressivement, un bras de fer s’engage. Les manifestants veulent atteindre l’ambassade, mais la police résiste face au siège. Quelques têtes brûlées veulent lancer des projectiles vers les agents de police. Mais la sécurité interne de la marche parvient à calmer les esprits. Mais ceux dont le souvenir de 5.000.000 de morts inutiles en RDC remonte à l’esprit, ont du mal à se maîtriser : ils veulent en découdre immédiatement avec les représentants du pouvoir qu’ils combattent, en principe cloîtrés dans l’ambassade. Soudain, c’est l’incident. Tout le monde se met à courir dans tous les sens : les manifestants, les agents de police en civil. Bref une débandade générale. Dans, ces conditions, difficile de savoir ou de chercher à savoir ce qui s'est réellement passé. Du gaz lacrymogène chatouille les yeux des manifestants. Des pleures d'enfants sont entendus; certains manifestants ayant commis l'imprudence de se faire accompagner des enfants. Des gens qui tombent et se blessent. L’énervement devient total dans les deux camps. Les policiers durcissent leur attitude alors que du renfort arrive. Des jets de pierres commencent. Un quart d’heure plus tard, des arrestations sont opérées dans les rangs des Congolais : une dizaine sont directement mis au frais. Certaines arrestations se feront d’une manière si musclée que les images rappellent des scènes propres aux républiques bananières. La presse belge arrive et constate les dégâts : voitures brûlées ou mises à mal, vitres brisées. On aurait dit une hystérie collective. A croire que le sang de leurs compatriotes morts au pays, montait subitement à la tête des manifestants. Durant près d’une heure, la police fera pression pour que les manifestants se dispersent par petits groupes de cinq. Ce qui se fera progressivement. Et vers 15h00, les manifestants se retrouveront sur Chaussée de Wavre à l’entrée de la galerie d’Ixelles. Là, la chaussée sera bloquée jusque 17h30 quand la police annoncera la libération progressive des manifestants arrêtés. Sous réserve de confirmation de nos informations par la police, voici les noms de ceux qui ont été arrêtés administrativement : Francis Tombolo, Mayola, Buya, Nicole, Monique, John, André Kayembe, Théophile, Gabin, Bombi, Ilunga Papy, Ilunga Shimata. Pour les congolais, la Belgique a toujours eu un langage ambigu si pas complaisant, face à la non gouvernance au pays. Et le simulacre de prolongation de la transition qui vient d’avoir lieu à Kinshasa ne va pas améliorer les choses. Lors des manifestations, les congolais semblent habités par un esprit patriotique qui n’a de pareil que les événements de 1959, à l’aube de l’indépendance. Il convient que les grandes puissances, l’ONU et tous les pays qui sont impliqués dans la marche du Congo ne se trompent pas d’analyse. et les animateurs du pouvoir en place doivent de leur côté éviter de jouer avec le feu. Cheik FITA --------------------- Les Evêques demandent au gouvernement d'expliquer au peuple les raisons du report des élections, préconisent un dialogue avec les forces en présence 23 juin 2005 - Les Evêques de la République Démocratique du Congo demandent au gouvernement de transition d'expliquer au peuple pourquoi les élections n’ont pas été organisées dans le premier délai constitutionnel (Article 196, Ier alinéa), et exigent que des responsabilités de la lenteur constatée soient établies et que les sanctions soient appliquées aux vrais responsables. Ils préconisent, comme solution, l’ouverture des concertations en vue du dialogue entre les forces sociopolitiques significatives du pays. Il s’agit, selon les Evêques, de définir les conditions et les termes de référence de la période de prolongation de la transition. Ci-dessous, le texte intégral de leur message publié ce mercredi. Message des Evêques aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté Préambule 1. Nous, Archevêques, Evêques et Administrateur diocésain, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco), réunis du 20 au 22 juin 2005 en Assemblée plénière extraordinaire, vous adressons ce message sur la situation actuelle caractérisée par l’angoisse de notre peuple pendant cette période cruciale de la Transition politique dans notre pays. Notre conscience de pasteurs et de citoyens nous presse à défendre la dignité de la personne humaine créée à l’image de Dieu. En effet, nos compatriotes sont confrontés à l’incertitude du lendemain, à l’insécurité grandissante et à la misère intolérable. Aussi, quarante-cinq ans après l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, nous estimons que notre peuple ne mérite pas de continuer à porter ce lourd fardeau. Pour une évaluation sans complaisance de la Transition 2. A travers notre message du 14 février 2004, nous avions déjà dénoncé la lenteur et la volonté délibérée de prolonger la Transition, lors de la mise en oeuvre des institutions de la République. Néanmoins, nous relevons quelques faits saillants qui ont marqué la vie politique pendant ces derniers mois. Il s’agit notamment de la promulgation de la Constitution de la Transition, la prestation de serment du Chef de l’Etat, la prestation de serment et l’installation des vice–présidents; la mise en place du Gouvernement de Transition, du Parlement, des Commissions d’appui à la démocratie, des Gouverneurs et Vice–Gouverneurs des Provinces; le lancement du processus d’intégration et de restructuration de l’armée et de la police, l’exécution de certains programmes sociaux et économiques avec l’appui des partenaires extérieurs, l’adoption par le Parlement de certaines lois, l’adoption du projet de Constitution de la 3e République; l’accélération aujourd’hui, dans la précipitation, du processus électoral par la Commission électorale indépendante… Le chemin à parcourir reste encore long, mais ces quelques avancées démontrent qu’il est possible de conduire la Rdc à la démocratie. Par contre, la loi d’amnistie qui aurait pu décrisper le climat sociopolitique et la déclaration solennelle de la fin de guerre entre les ex-belligérants tardent à venir. 3. Face aux enjeux actuels, le peuple a besoin d’être rassuré. Il exige une évaluation sans complaisance des institutions par rapport aux cinq objectifs assignés à la Transition. Dans cette perspective, il importe de donner les vraies raisons de nos crises successives et interminables qui enferment le Congo, notre pays, dans un cercle vicieux. Il faudra également expliquer au peuple pourquoi les élections n’ont pas été organisées dans le premier délai constitutionnel (Art 196, §1). Il est utile que les responsabilités de la lenteur du processus soient établies et que les sanctions appropriées soient appliquées aux vrais responsables. Cette évaluation rigoureuse s’impose. Elle permettra de redonner confiance aux citoyens pendant la période de prolongation demandée et obtenue du Parlement par la Commission électorale indépendante. Elle pourrait donner une impulsion nouvelle à la Transition. 4. Pour nous, le « schéma 1+4 », que nous avons considéré dès le départ comme porteur de germes de conflictualité, tout comme la logique des composantes et entités, le manque de volonté politique, la soif du pouvoir pour le pouvoir, ainsi que le non-respect des textes légaux, paralysent la cohésion nationale. Le fonctionnement des institutions de la Transition s’en trouve affecté, car celles-ci sont devenues toutes des caisses de résonance des familles politiques et un tremplin de la campagne électorale. De notre point de vue, la crise de légitimité récurrente dans notre pays ne pourra être résolue que par l’instauration d’un Etat de droit et d’un nouvel ordre institutionnel issu des urnes. 5. Le processus d’intégration de l’armée et de la police nationale, quant à lui, se poursuit sans grandes avancées. Outre le manque de moyens logistiques, il fait face à des pesanteurs identitaires et partisanes. Le partage vertical et horizontal des responsabilités dans ce secteur reste encore un défi majeur. Les ex-belligérants continuent à entretenir un mystère sur les hommes anciennement placés sous leur commandement. Il semble que certains ont même accru leurs approvisionnements en armes et en munitions grâce aux avantages qu’offre la relative accalmie de la Transition. Dans cette logique, le Programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (Ddr) a du plomb dans l’aile. Il est caractérisé par une bureaucratie dont les résultats sur le terrain sont minimes, sinon négligeables. Par ailleurs, quelques foyers de tension entretenus par des mains invisibles pour des raisons inavouées persistent, notamment à l’Est du pays où l’on déplore la violence armée dont les victimes sont non seulement les combattants et les éléments de la Monuc mais surtout les populations civiles. Sur ce fond, à l’occasion de cette quarante-cinquième année de l’indépendance nationale, la population a absolument besoin d’être rassurée. Psychose du 30 juin 2005 6. Nous déplorons le fait qu’au 30 juin 2005, les élections n’auront pas eu lieu. A l’approche de cette date historique, une controverse sur la durée de la Transition est alimentée au sein de la classe politique d’une part entre les principaux signataires de l’Accord global et inclusif et, d’autre part, avec les non signataires. Tous ne semblent plus s’accorder sur l’esprit et la lettre de l’article 196 de la Constitution de la Transition. 7. Dès lors, il se profile aujourd’hui à l’horizon du 30 juin 2005 le spectre d’une crise profonde au Congo. A notre avis, cette crise est provoquée par le choc de deux positions intransigeantes : celle de ceux et celles qui tiennent à une prolongation automatique de la Transition, sans bilan ni sanction, contre celle de ceux et celles qui exigent la fin de cette même Transition, au 30 juin 2005, tout en brandissant la menace de la violence et du chaos. Raisons d’avoir peur 8. Face à cette surenchère, la population congolaise s’est exprimée à maintes reprises sur les limites de la formule actuelle (1+4) à la tête de l’Etat et sur le retard dans la mise en œuvre du processus électoral. Elle a notamment manifesté sa déception en juin 2004 à la suite des événements de Bukavu et en janvier 2005 après une interview donnée par la Commission électorale indépendante évoquant un report éventuel des élections. De la sorte, la population a donné un signal fort qui exprime son désaveu sur la manière dont la Transition est menée jusque-là. Aussi pensons-nous qu’il serait suicidaire de minimiser ce raz-le-bol qui n’a que trop duré. 9. L’absence d’une vision cohérente et d’une politique d’anticipation de la part des gouvernants a cristallisé la crise actuelle qui remet en cause non seulement l’Accord global et inclusif mais aussi les alliances nées de cet accord. Les frustrations ressenties par certains opérateurs politiques, le malaise social (non-paiement des fonctionnaires et des enseignants, de la solde des militaires, inaccessibilité aux soins médicaux, difficultés de transport, prise en charge des frais scolaires par les parents ….), le manque de confiance de la population envers les gouvernants, la corruption généralisée, le pillage et le bradage du patrimoine national (principalement dans les domaines forestier et minier), l’occupation pure et simple des portions du territoire national par des éléments étrangers, la culture de l’impunité dans les structures de l’Etat, ont fini par créer un malaise bien perceptible partout. 10. Pendant ce temps, l’insécurité refait surface à Kinshasa et ailleurs dans le pays. Les assassinats sont devenus fréquents et les violations des droits humains se perpètrent sans que les citoyens ne soient protégés. Tout porte à croire que le pays n’est pas gouverné. La visibilité de l’Etat est à peine perceptible. 11. L’état d’esprit qui prévaut actuellement au sein de la population est caractérisé par la peur de la violence armée et des infiltrations des troupes étrangères, des pillages et de l’insécurité. C’est la psychose du 30 juin 2005. Il est particulièrement troublant que certaines personnes mal intentionnées menacent les consacré (e)s et visent les biens de l’Eglise. Faut- croire qu’elles entendent la priver de ses infrastructures pour l’empêcher de rendre service à la population? Nous rappelons également que, dans l’exercice de ses fonctions, le président de la Cei, quoiqu’ecclésiastique, ne représente ni n’engage l’Eglise catholique. Que l’on évite d’entretenir tout amalgame à ce sujet. 12. Tout arrêt du processus de la Transition de quelque manière que ce soit retarderait l’espoir de l’organisation d’élections libres, justes et fiables dans le meilleur délai. C’est pourquoi, il est impérieux de poursuivre courageusement le processus en cours en redoublant d’efforts jusqu’à la tenue d’élections démocratiques et crédibles. 13. C’est pourquoi, nous condamnons toutes les manœuvres de violence, d’où qu’elles viennent et appelons tout le monde à la retenue. Nécessité du dialogue 14. L’ouverture des concertations en vue du dialogue entre les forces sociopolitiques significatives du pays devient impérieuse pour définir les conditions et les termes de référence de la période de prolongation de la Transition. Elles peuvent se tenir sous l’égide d’une structure nationale ad hoc. Cette structure pourrait travailler en collaboration avec le Comité international d’appui à la Transition (Ciat). A l’issue de ces concertations sera mis en place un comité national multisectoriel de suivi du processus électoral, lequel sera chargé d’assurer le monitoring du processus et de jouer le rôle de médiation entre les institutions chargées de la question électorale et la population. Recommandations Des convergences 15. En tenant compte de tout le débat engagé au sein des forces sociales et politiques, il ressort des points sur lesquels les acteurs convergent : § la nécessité des élections; § la nécessité de fixer des priorités pour la période de prolongation grâce à des termes de référence et un chronogramme précis; § la nécessité d’insuffler une nouvelle dynamique au sein des institutions de Transition en ayant comme objectif prioritaire l’organisation des élections. Il ne serait pas normal que les situations déplorées avant le 30 juin 2005 se retrouvent telles quelles après le 30 juin 2005. Cap sur les élections 16. Bien que les élections ne signifient pas l’éradication magique de la misère du peuple congolais, elles constituent néanmoins un pas important vers la démocratie et le développement. Dans les circonstances présentes, il est illusoire de prétendre réussir à bâtir la troisième république si on ne réussit pas déjà la période de Transition. Dans ce sens, en lieu et place de discours haineux et de violences, l’organisation d’une campagne de sensibilisation de la population est une urgence, pour expliquer les raisons de prolongation de la Transition et présenter les grandes lignes du calendrier électoral jusqu’à la tenue effective des élections. Cette campagne de sensibilisation doit être faite par le Gouvernement, la Commission Electorale Indépendante, les organisations de la Société civile et les partis politiques. Ceux-ci sont priés d’assurer à leurs partisans la formation civique et électorale. Ils doivent, en plus, éviter à tout prix de financer leur campagne électorale avec les moyens de l’Etat, ou de recourir à la tricherie et à la manipulation de la population. 17. La publication d’un programme électoral avec un échéancier rigoureux se fera de manière consensuelle sous l’égide de la Cei, avec la participation des partis politiques, des organisations de la Société civile et de la Communauté internationale. 18. Le renforcement, par le Gouvernement, des mesures de sécurité est une urgence. Dans le respect de la loi, il est invité à mettre fin aux actes de violence, de criminalité et aux autres formes d’insécurité avant la tenue des élections. 19. Que la gestion responsable des ressources publiques soit décrétée pour privilégier l’organisation des élections et la résolution des questions sociales (éducation, santé). A cet égard, il est impérieux d’élaborer un programme social d’urgence pour atténuer la misère de notre peuple. 20. La poursuite et l’intensification du processus d’intégration de l’armée et de la police doivent permettre de garantir la sécurité des hommes et de leurs biens avant, pendant et après les opérations électorales. Le programme Ddr doit également se poursuivre en veillant à impliquer suffisamment les acteurs non étatiques pour la prise en charge des ex-combattants dans leur milieu de réinsertion. A cet effet, nous pensons qu’il faut envisager la permutation des troupes à travers tout le territoire national, afin de les soustraire au commandement et à l’influence des ex-belligérants. 21. L’impératif de la réconciliation nationale constitue une autre urgence et une priorité en vue de garantir la réussite du processus électoral. Elle implique la fin effective de la guerre grâce à la maîtrise des groupes armés incontrôlés et la mise au pas des troupes dissidentes. Tant que les ex-belligérants et une partie des groupes armés incontrôlés ne renoncent pas à la guerre, la réconciliation ne sera pas possible et les élections seront compromises. 22. La Communauté internationale doit poursuivre son appui à la Rdc et renforcer les capacités et la crédibilité de la Monuc pour garantir le bon déroulement des opérations électorales. Des pays voisins et leurs alliés, nous exigeons qu’ils cessent de perturber la paix et la marche de la Transition en Rdc. Aux puissants de ce monde, nous déclarons une fois de plus que l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la Rdc ne sont pas négociables. 23. Servante de la nation, l’Eglise intensifiera la formation de la conscience et sa campagne d’éducation civique et électorale pour poursuivre la préparation du peuple aux prochaines échéances électorales. Nous continuerons à enseigner aux fidèles les vertus à acquérir pour une bonne gestion de la république et, plus que jamais, à exercer l’œuvre de charité du Christ, surtout auprès des plus pauvres. Nous nous opposons à toute forme de violence et nous nous engageons à prier, à jeûner et à travailler pour la paix. Nous lancerons un programme national de non-violence et de réconciliation. Nous réitérons notre appel au dialogue positif, au calme, à la paix et à l’apaisement des esprits chez tous les Congolais et Congolaises. Conclusion 24. Face à toutes ces peurs, le Seigneur nous dit : « Si Yahvé ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs; si Yahvé ne garde la ville, en vain la garde veille » [Ps 127 (126)] ou encore : « Relevez-vous! Soyez sans crainte » (Mt 17, 7). Car, en effet, l’avenir du Congo dépend de son peuple. 25. Nous confions notre pays et son avenir à la protection de Dieu, Maître de l’histoire qui n’abandonne jamais son peuple. Que par l’intercession de la Vierge Marie Dieu bénisse notre pays. Fait à Kinshasa, le 22 juin 2005 La Conférence nationale épiscopale du Congo
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30 juin : Sassou tente de désamorcer la crise en
appelant au dialogue 27 juin 2005 - Le président Sassou Nguesso, de la
République du Congo-Brazza, s’est entretenu vendredi 24 juin 2005,
tour à tour, avec les vice-présidents Azarias Ruberwa, Yerodia A.
Ndomabasi , Arthur Z’Ahidi Ngoma et Jean-Pierre Bemba ainsi qu’avec
Olivier Kamitatu , Président de l’Assemblée Nationale, Mgr. Marini
Bodho, Président du Sénat ,M. Katintima Bashengezi, 1er Vice-président
de la CEI (Commission Électorale Indépendante) , le Représentant de l’Union
Africaine en RDC, représentant spécial du Secrétaire Général des
Nations Unies en RDC, William Lacy Swing, une délégation de la
Société civile et des personnalités politiques ( Mwando Simba,
Kamanda wa Kamanda, Kisimba Ngoy, Grégoire Mayobo, Etienne Tshisekedi
et Nzuzi wa Mbombo). Le Président Denis Sassou Nguesso, était arrivé
à Kinshasa le même vendredi dans la matinée, où il a eu des
entretiens avec son homologue, le Président Joseph Kabila avant d’entamer
des consultations avec les personnalités politiques, de la société
civile et les représentants spéciaux de l’ONU et de l’Union
Africaine. A en croire le Softonline.net, Sassou aurait demandé
aux opposants de décommander la manifestation qu'ils ont appelée le 30
juin à minuit prenant l'engagement de réunir à Brazzaville, une
semaine plus tard, des concertations avec toute la classe politique.
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30 juin : psychose d'une opération "Lititi mboka"
bis à l'Université de Kinshasa 27 juin 2005 - L’Université de Kinshasa est sous
haute tension. Elle a commencé d’ailleurs à se vider à l’approche
de la date fatidique du 30 juin. L’ambiance n’y est pas différente
de ce qu’ont vécu leurs collègues de Lubumbashi dernièrement ou
encore de ce que connaissent des étudiants de Mbujimayi, presque
assiégés. Selon la radio Okapi, un groupe d’étudiants de l’Université
et des instituts supérieurs de Kinshasa a déposé la semaine passée
un mémorandum entre les mains de William Lancy Swing, représentant
spécial du secrétaire général de l’Organisation des nations unies
au Congo. Le mémo déposé, ces étudiants satisfaits de l’acte, ont
rebroussé chemin pour leurs milieux respectifs. Sur leur chemin de
retour, la police d’intervention rapide (Pir) qui a été sur leurs
traces est parvenue à capturer un de leurs et l’a acheminé à l’Inspection
provinciale de Kinshasa ( Ipk). Là, un traitement inhumain a été
affligé à l’étudiant en question. Les confrères de la radio Okapi
ont stigmatisé ce traitement en ces termes : « Il a été copieusement
tabassé ». Informé du sort malheureux d’un de ses hôtes, William
Swing s’est personnellement rendu à l’Ipk pour demander et obtenir
la libération de l’infortuné, victime de l’arrestation arbitraire
et de la torture. Dans sa motivation, le numéro un de la Monuc a
précisé que l’acte posé par ces étudiants était pacifique.
LE MEMO EN QUESTION Selon certaines indiscrétions, le document portant les signatures de
différents étudiants de Kinshasa, recommande au Ciat de « prendre ses
responsabilités pour arrêter la descente aux enfers avec des
dirigeants qui ont prouvé leurs limites. Les étudiants exigent l’ouverture
d’un dialogue franc entre les dirigeants de la formule 1+4 avec l’opposition
réelle. Ils exigent également le départ des troupes étrangères
venues à la rescousse des dirigeants défaillants et l’arrêt de l’enrôlement
électoral aux allures d’aventure politique ayant pour finalités la
tricherie et la mort des citoyens au bout de l’opération ». Parallèlement à la tragédie endurée par l’étudiant à l’Ipk,
à l’Unikin la tension ne cesse de monter. D’après le recteur qui s’exprimait
d’ailleurs là-dessus sur les ondes de la radio Top Congo Fm, : «
Samedi matin, un malin a déversé un liquide rouge devant le bâtiment
abritant la faculté de droit. Les étudiants l’ayant trouvé ont
pensé au sang humain d’un être abattu la nuit et emporté vers une
destination inconnue. » Voilà qui a été à la base de la panique des
étudiants pour se mettre à manifester. Ce qui a encore attiré vers
eux la police afin de les contenir et remettre l’ordre. Ce sont ces faits qui justifieraient la crainte de rester sur la «
colline inspirée », a-t-on constaté. Mais suivant les propos du
recteur, les tracs invitant les étudiants à descendre dans la rue le
30 juin avaient été distribué au campus. L’enquête se poursuit
pour en déterminer les auteurs et éclairer l’opinion sur le liquide
rouge à la base de la panique dans le milieu estudiantin. Par ailleurs,
selon nos confrère de Top Congo Fm, cogitant sur les propos de leur
invité, le recteur, ils ont relevé le fait que ce dernier a reconnu
que des tirs nourris avaient été tirés dans la nuit du vendredi à
samedi. D’où les observateurs avertis peuvent déduire que les
étudiants n’étaient pas du tout loin de la vérité pour établir un
rapprochement entre le liquide et sang. Qu’à cela ne tienne, l’enquête
serait toujours la bien venue pour établir la vérité à moins qu’elle
n’aboutisse comme tant d’autres annoncées avec pompe et classées
sans suite. Les esprits lucides cherchent toutefois à comprendre s’il n’y a
pas une relation de cause à effet entre la bastonnade de l’étudiant
à l’Ipk et la dénonciation du recteur qui a vu des tracs appelant
les étudiants à manifester le 30 juin. Hilaire Kayembe (Le Potentiel) ------------------------- 4ème journée de la phase finale de la Linafoot 28 juin 2005 - Le talent de Trésor Mputu a pesé lourd dans la confrontation entre le Tp Mazembe et V. Club de lundi au stade de la Kenya en match comptant pour la quatrième journée de la phase finale de la Linafoot. Ouvrant le score à la 11ème minute au moment en prenant la défense de V.Club dans le piège du hors-jeu, le jeune attaquant a, littéralement, tué les vclubiens à la dernière minute en inscrivant le deuxième but. Ce but est intervenu au moment où l’équipe entraînée par Bibey Mutombo semble dominer le match. Avec cette victoire, Mazembe se relance dans la course au titre de cette 10ème édition de la Linafoot. Le onze de départ du Tp Mazembe est presque le même que face au Dcmp jeudi 23 juin, qui a été, littéralement, pulvérisé par le score fleuve de 4-1, dans une partie comptant pour la 3ème journée de la phase finale de la 10ème édition du championnat de la Ligue nationale de football (Linafoot). L’entraîneur Joseph Mukeba refait confiance à Robert Kidiaba Muteba pour garder les perches. En défense, on retrouve Kimalua et Landu dans l’axe tandis que Kasusula et Mohamed Ali sont sur les deux flancs. Le milieu de terrain à 4 est constitué de Mukandila et Mihayo en position axiale. Ilunga Mukadi et Kasongo Ngandu sont excentrés. Les deux flèches de l’attaque des Corbeaux sont Ngbokani Berzua et Trésor Mputu. Bibey Mutombo doit, quant à lui, faire sans Ilonga, un de ses défenseurs axiaux. Johnny Matumona reste dans les perches tandis que Mbuyamba Amoros est aligné en défense axiale avec Yeye. Sur les côtés, on retrouve Lombe (à droite) et Kalumbi à gauche. Le milieu de terrain est bien sûr animé en losange avec Mwamba, Makengele, Matumona Rumm et Batshi « Anelka ». Sur la ligne d’attaque, Bibey Mutombo fait confiance à Mayanga et Mukendi Le trio arbitral de la rencontre est constitué de Matalatala comme arbitre central assisté de Briki et Umba Coco tandis que Lukoji est sur la touche comme arbitre protocole. LE MATCH… Les deux équipes débutent en s’observant prudemment. L’As V.Club semble mieux maîtriser le milieu de terrain. Le jeune attaquant transfuge de l’Aj Vainqueurs Mukendi est titularisé pour la première fois dans la ligne offensive des Dauphins aux côtés de Mayanga Baku. Mais il semble éprouver des difficultés pour trouver ses repères dans cette attaque de V.Club. Du côté du Tp Mazembe, on procède par des contres rapides. Joseph Mukeba a aligné en pointe Ngbokani et Trésor Mputu. Ce dernier se fait remarquer sur sa première touche de ballon à la 11ème minute. Sur un long ballon venant du milieu de terrain, l’attaquant international prend de vitesse la défense V.Club qui pense à un hors-jeu et s’en va battre Johnny Matumona pour l’ouverture du score des Corbeaux. Ce but matinal met en confiance les joueurs du Tp Mazembe. Ils prennent le jeu à leur compte pendant un quart. V.Club revient dans le match. Après avoir laissé passer la tempête, les joueurs de Bibey Mutombo gagnent même la bataille du milieu de terrain. Mais comme à son habitude, V.Club ne parvient pas à concrétiser les occasions qu’il se crée. Peu avant la pause, Bibey Mutombo effectue un changement tactique en prenant une option nettement offensive. Lombe qui est un défenseur, cède sa place à un attaquant Eric Kayembe. Ce changement implique une redistribution des postes. Mbuyamba Amoros titularisé dans l’axe va occuper le couloir droit tandis que Mwamba recule en position de défenseur axial. V.Club joue désormais avec trois attaquants sur le terrain. Il s’agit de Mayanga, Mukendi et Eric Kayembe. La mi-temps intervient sur cet avantage de 1 but en faveur de Mazembe. A la reprise, V.Club semble mieux contrôler les opérations. Les joueurs de Bibey Mutombo dominent le milieu de terrain. Ils multiplient les assauts sur la défense de Mazembe sans parvenir à inverser les choses au marquoir. Lami prend la place de Kasusula. On note également la montée de Loliga, l’autre Burkinabé du Tp Mazembe. Mais tous ces changements n’apportent rien au cours de jeu toujours contrôlé par les Vert et noir. Bibey Mutombo va, quant à lui, changer Batshi et Kalumbi contre respectivement Muziele et Ndjoku. Les Corbeaux vont contenir la pression de V.Club jusqu’aux ultimes minutes avant que le même Trésor Mputu Mabi ne vienne assommer les Vert et noir en marquant le deuxième but. Au dernier coup de sifflet de l’arbitre Matalatala, le marquoir indique 2 buts à 0 en faveur de Mazembe. Aimè katumba (Le Potentiel) -------------------------- 30 juin : journées villes mortes et vive tension à Mbuji-Mayi 28 juin 2005 - La situation reste tendue dans la capitale du Kasaï Oriental. L’opération ville morte déclenchée ce lundi durera trois jours. La psychose face à la date du 30 juin est à la base de cette situation. Conséquence : boutiques et magasins n’ont pas ouvert, et la ville était paralysée ce lundi, selon Radio Okapi. L’activité socio-économique a tourné au ralenti. Dans les différents marchés de la ville, les étalages étaient vides. Par ailleurs, la circulation routière a été presqu'inexistante dans les artères de la ville. Le boulevard Laurent Désiré Kabila, le plus fréquenté, était loin de connaître son affluence habituelle. A cause de cette psychose, les plus grandes sociétés sont restées fermées. Un important dispositif policier et militaire était observé, notamment dans des endroits stratégiques comme des stations services, des résidences, ronds points et carrefours, mais sans convaincre les opérateurs économiques. La population a observé le mot d’ordre lancé la semaine dernière par des tracts attribués à l’UDPS. Une manifestation hostile au gouvernement a été réprimé par les hommes en uniforme, samedi à Mbuji-Mayi, où la tension existe depuis quelques semaines. La nouvelle rapportée par MISNA, précise que plusieurs dizaine de jeunes étaient descendus dans la rue samedi matin pour fêter la fausse nouvelle qui avait circulé en ville, faisant état de la fuite du pays du président Joseph Kabila et d’un de ses 4 vices. Ils ont bloqué la circulation et érigé des barricades. Les forces de l'ordre sont intervenues en dispersant les manifestants par des tirs de grenades lacrymogènes, avant de tirer à balle réelle, a-t-on précisé de source policière. "Quatre personnes ont été tuées et il y a au moins sept blessés", rapporte AFP, citant l'inspection générale de la police à Kinshasa. Selon la radio diocésaine de Mbuji Mayi, les manifestants décédés auraient tous été atteints par des balles tirées par la police. Au de plusieurs heures de violents affrontements, un calme précaire est revenu dans la capitale congolaise du diamant. Jean Tshimanga Mukala, maire de la ville, est passé par la voie des ondes pour inviter la population au calme. C'est la troisième fois que des troubles secouent la ville de Mbuji-Mayi, le bastion de l'UDPS. Le 17 mai, lors d'affrontements entre forces de l'ordre et partisans de l'UDPS qui avaient incendié des permanences de plusieurs partis politiques, dont celle de la formation du président Joseph Kabila, deux personnes ont été tuées, selon des sources officielles, 10 selon d'autres sources. L'arrivé d'un renfort de 250 policiers dans cette ville, il y a de cela plus d'une semaine, a suscité des heurts avec des étudiants, sans faire de victime. Ce déploiement, officiellement prévu dans le cadre de "la sécurisation du processus électoral", visait notamment à "prévenir les troubles à l'approche du 30 juin", selon un responsable de la police nationale, cité par AFP. Ces derniers jours, des tracts anonymes appelant à des opérations "ville morte" du 27 au 30 juin ont été distribués à Mbuji-Mayi et à Kinshasa. (SOURCES : RADIO OKAPI, MISNA ET AFP) ------------------------
Les Congolais de l'étranger adressent un mémorandum
à la communauté internationale 01 juillet 2005 - En vue de couronner les
différentes marches des congolais, ce jeudi 30 juin 2005, tant au pays
que dans plusieurs capitales et villes du monde, des délégués des
associations et partis politiques des congolais de Belgique militant
pour le changement, ont été reçu au ministère des affaires
étrangères belge, ainsi qu'au bureau de l'ONU à Bruxelles. A l'issue
de leurs entretiens, un mémorandum a été déposé, dans lequel les
signataires dénoncent "le terrorisme d’Etat et l’insécurité
généralisée", et exigent "le départ immédiat et sans
condition, du territoire national, de tous les mercenaires" qui
seraient actuellement employés par le gouvernement pour opprimer le
peuple. Ci dessous, l'intégralité dudit mémorandum.
MEMORANDUM A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, VIA LE
MINISTERE BELGE DES AFFAIRES ETRANGERES Nous, Responsables et Représentants des Associations et Partis
politiques des Congolais vivant en Belgique et acquis au changement
politique en RD CONGO, en application des Résolutions du Congrès
Mondial des Congolais vivant à l’Etranger, considérant la ferme
volonté de notre Peuple de mettre fin au système politique
« 1+4 »; considérant le caractère souverain et sacré de
notre Peuple de se choisir librement les institutions et les dirigeants
de son choix, à l’instar des autres peuples de la terre, et le
caractère inaliénable et légitime du droit pour notre Peuple de
manifester librement ses aspirations; considérant l’attitude
esclavagiste et néo-colonialiste de certains décideurs internationaux
par rapport à notre Peuple, laquelle attitude consiste à imposer à
notre Peuple un système et les dirigeants actuels décriés et
désavoués par l’ensemble de notre Peuple ou d’opérer au sein du
système politique actuel certains changements artificiels (modification
ou élargissement dudit système pour y inclure certains dirigeants
acquis au changement…) alors que notre Peuple ne veut plus entendre
parler ni de ce système et des animateurs actuels de la transition,
mais veut doter notre Pays d’un nouveau leadership (leadership
représentatif, responsable et compétent), à partir du 1er juillet
2005, lequel leadership pourra gérer notre Pays et conduire notre
Peuple aux élections libres et transparentes; Attirons l’attention de la Communauté Internationale sur le fait
que le Congo appartient aux Congolais et n’appartient pas à une
fraction d’opportunistes et d’aventuriers congolais soutenus par
certains décideurs internationaux qui ont réduit notre Peuple à l’état
d’esclaves, ont aggravé sa souffrance et sa misère et procèdent à
son génocide et au pillage inconsidéré des richesses nationales. Dénonçons et condamnons la haute trahison dont le Président de la
République et les autres Animateurs de la transition se sont rendus
coupables en faisant appel aux mercenaires (angolais, zimbabwéens,
rwandais, tanzaniens…) pour museler un peuple souverain sur son
territoire et réprimer dans le sang les manifestations pacifiques
programmées pour le 30 Juin 2005; Dénonçons et condamnons le terrorisme d’Etat, l’insécurité
généralisée, les arrestations arbitraires, les détentions illégales,
les tortures, les violences sexuelles sur les femmes et les jeunes
filles, les traitements cruels, inhumains et dégradants ainsi que les
massacres déjà en cours avec dépeçage des victimes humaines,
perpétrés par ces mercenaires sur instruction des animateurs actuels
de la transition; Exigeons de la communauté internationale la reconnaissance du droit
inaliénable du peuple congolais souverain de manifester publiquement en
toute liberté ses revendications, conformément à la charte des droits
humains et de mettre tout en œuvre pour que ce droit soit effectif au
Congo; Demandons à la communauté internationale et à certains décideurs
politiques étrangers de ne pas interférer dans la politique
intérieure congolaise et laisser au peuple congolais le droit du libre
choix de ses dirigeants; Exigeons le départ immédiat et sans condition, du territoire
national, de tous les mercenaires dont la présence est dénoncée par l’ensemble
de notre peuple et d’user de toutes les voies et moyens juridiques
pour ce faire; Exigeons la démission, ce 30 juin 2005 à minuit, de l’attelage
institutionnel actuel de la transition (1+4, Sénat, parlement et tous
les organes d’accompagnement de la démocratie) qui n’a répondu à
aucune attente du peuple, conformément à la volonté souveraine du
peuple qui s’est prononcée dans ce sens à maintes reprises; Exigeons la fin de la transition dans sa forme actuelle et l’endossement,
par la communauté internationale, d’une nouvelle légitimité
reposant sur les résolutions de la CNS, ayant un nouveau leadership
accepté librement par le peuple, pour mener la transition à son terme
et organiser des élections démocratiques, libres et transparentes. Fait à Bruxelles, le 29 juin 2005 Signatures, -------------------------
Joseph Kabila se dit déterminé à organiser les
élections 01 juillet 2005 - Fidel à la tradition, le
président Joseph Kabila a adressé un message radio-télévisé ce 30
juin 2005 à la nation. Il a affirmé qu'en ce qui le concerne, "comme
convenu au Dialogue Inter-congolais, je suis déterminé à mettre fin
à la spirale des transitions interminables et de donner au peuple l’occasion
de se prononcer librement sur ceux qui doivent présider à sa destinée".
Et, il a promis de barrer la route à ceux des acteurs politiques qui
retardent le processus électoral, préférant accéder aux hautes
charges de l’Etat par des conciliabules et arrangements entre
politiciens. Ci-dessous, le texte intégral de son discours.
Discours de S.E. Joseph Kabila, Président de la
République Démocratique du Congo à l’occasion du 45ème
anniversaire de l’indépendance de notre pays, le 30 juin 2005 Congolaises et Congolais, Chers compatriotes, Il y a 45 ans, naissait la République Démocratique du Congo, à l’issue
d’une longue lutte qui a abouti, en janvier 1960, à l’organisation
de la Conférence de la Table Ronde à Bruxelles. Au moment où nous
nous préparons à célébrer le 45ème anniversaire de notre
indépendance, je voudrais, par ce message à la Nation, rappeler, d’abord
le sens, la signification et la portée historique de la date du 30 juin.
Ensuite indiquer le niveau atteint par le processus de Transition
initié par l’Accord Global et Inclusif signé à Pretoria le 17
décembre 2002 et adopté à Sun City le 1er avril 2003 ainsi que par la
Constitution promulguée le 4 avril 2003. Chers Compatriotes, Avant de vous livrer la substance de mon message, je voudrais, en ce
jour anniversaire de la naissance de l’Etat Congolais, rendre hommage
aux combattants et martyrs de l’indépendance et saluer la mémoire de
tous ceux qui ont payé de leur vie pour la libération de notre
pays. Trente juin 1960, jour de gloire, jour de joie et de réjouissances
populaires, jour sacré et mémorable qui marque, non seulement la
naissance de l’Etat Congolais, mais aussi également son entrée dans
le concert des Nations libres et indépendantes. Trente juin 2005, jour du souvenir où le devoir de mémoire interdit
aux fils et filles de ce pays, de profaner, pour quelque raison que ce
soit, cette date glorieuse et ineffaçable de notre histoire. Mais la joie vécue et ressentie par la population congolaise, le 30
juin 1960, a été, hélas, de courte durée. En effet, dès juillet
1960, le pays a connu la mutinerie de la force publique, la
désorganisation de l’appareil administratif, les sécessions, la
révocation du Gouvernement légitime, les assassinats politiques et j’en
passe. Il y a lieu de rappeler ici que le 1er Coup d’Etat est
intervenu deux mois après l’indépendance, en septembre 1960,
balayant ainsi le premier Gouvernement issu des élections. Le régime
de la Loi Fondamentale a pris fin avec la promulgation de la
Constitution du 1er août 1964, Constitution de Luluabourg. La mise en
œuvre de cette Constitution et l’installation des Institutions qu’elle
prévoyait ont été bloquées par le coup d’Etat militaire du 24
novembre 1965. Sous la pression du peuple qui voulait la démocratisation et la
libéralisation du régime politique, une période de transition allant
du 24 avril 1990 au 30 avril 1991 a été instaurée pour permettre la
préparation du référendum constitutionnel et des élections
présidentielles, législatives et locales. Prévue pour une année, la
Transition vient de faire quinze ans; elle est devenue un régime
politique avec ses institutions, ses dignitaires et même sa clientèle.
Elle a connu six textes constitutionnels, une vingtaine de Gouvernements,
douze Premiers Ministres, Chefs du Gouvernement, le Collège des
Secrétaires Généraux de l’Administration Publique sans régler la
question de la légitimité des dirigeants politiques et sans améliorer
les conditions de vies de la population. Pendant cette période, le pays
a subi plusieurs pillages, particulièrement, en septembre 1991 et en
janvier 1993 ainsi qu’une guerre qui a coûté la vie à trois
millions de nos concitoyens. Désireux de vivre à jamais en paix dans
une République unie et indivisible, les filles et fils de ce pays ont
pris la résolution d’engager un dialogue entre eux, aux fins d’arriver
à l’instauration d’un nouvel ordre politique. Chers compatriotes, Ce bref rappel historique montre la nécessité de mettre fin au
régime de la Transition, par l’organisation du référendum
constitutionnel suivi des élections à tous les niveaux pour rendre
concret et effectif le nouvel ordre politique auquel aspire le peuple
congolais. Maintenant que nous venons d’effectuer la première étape
de la Transition, le peuple Congolais est en droit de savoir ce qui va
se passer au cours de la dernière phase qui doit nous conduire aux
élections. A cet effet, plusieurs lois sont promulguées, dont les plus
importantes sont : Chers compatriotes, La tradition démocratique et républicaine exige qu’on accède au
pouvoir par le choix du peuple et non par la violence. Ne privons pas le
peuple de l’exercice de son droit fondamental. Laissons-le choisir ses
propres dirigeants. L’histoire de notre pays nous apprend que chaque
fois que le peuple Congolais se rapproche de ce moment historique pour
choisir librement ses représentants, il surgit toujours quelques
acteurs politiques qui retardent le processus électoral, préférant
accéder aux hautes charges de l’Etat par des conciliabules et
arrangements entre politiciens. En ce qui me concerne, comme convenu au
Dialogue Inter-congolais, je suis déterminé à mettre fin à la
spirale des transitions interminables et de donner au peuple l’occasion
de se prononcer librement sur ceux qui doivent présider à sa destinée. Chers Compatriotes, Ce 30 juin 2005 est un jour d’anniversaire qui, au regard de la
situation actuelle du pays, incite à la réflexion et à la méditation
sur le devenir et l’avenir de la République Démocratique du Congo,
de sa population et particulièrement de sa jeunesse. Acte de foi et d’espérance
que nous ont légué les Pères de l’Indépendance, l’hymne national
ne cesse de nous rappeler chaque jour que, unis par le sort, nous ferons
de ce pays plus beau qu’avant. Dès lors, j’invite tous les acteurs
politiques à soutenir le processus électoral en cours et à participer
de façon positive à l’édification de cette œuvre grandiose,
notamment, en préparant les militants et sympathisants aux élections
prochaines. La République Démocratique du Congo a besoin de concours
de tous ses fils et filles pour sa refondation. Congolaises et Congolais, Mes Chers Compatriotes, Soucieux de Conduire le peuple congolais vers les élections dans la
concorde nationale, la paix et la stabilité, je reste ouvert à tout
dialogue qui a pour finalité de faire avancer le processus de
Transition. Je vous convie tous à regarder dans la même direction pour
relancer le pays dans la voie de la reconstruction, du développement et
de la renaissance. Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo. Je vous remercie. --------------------
La fête de l'indépendance se termine dans le sang,
bilans contradictoires 01 juillet 2005 - Le 30 juin 2005 aura ressemblé à
une ville morte à Kinshasa et dans la plupart des villes de la Rdc. Pas
de défilé, ni autres manifestations festives pour célébrer le 45ème
anniversaire de l’accession du Congo à l’indépendance. Les
principales artères de la capitale ont été privées de leur trafic et
grouillement habituels. Les marchés n’ont pas ouvert, la circulation
était quasiment nulle, à l’exception des véhicules de la police
nationale dans sa nouvelle diversité et quelques voitures des curieux
qui ont tenté de mettre le nez dehors après l’accalmie qui est
intervenue en fin de mi-journée dans la plupart des quartiers. Des
échos en provenance de l’intérieur du pays indiquent qu’à Kananga
et à Kisangani des défilés ont été organisées dans une atmosphère
quelque peu sans éclat. Il reste que comme promis, le dispositif
sécuritaire mis en place hier jeudi a été dissuasif pour la plupart
des Kinois qui avaient opté pour la manifestation de colère en ce jour
anniversaire des 45 ans d’Indépendance qu’ils considéraient
également comme la fin de la transition. Mal leur en a pris. Les
habitants des quartiers Est ont été obligés de se terrer chez eux. «
Kingasani y a suka », « quartier un » et le pont sur la
rivière Ndjili constituaient des barrières infranchissables pour les
manifestants.
Bilans contradictoires Les premières informations parvenues à notre rédaction ont fait
état de plusieurs victimes aussi bien dans les rangs de l’Udps que
parmi les innocents. Si du côté officiel l’on parle d’un seul
mort, d’autres sources parlent de plusieurs victimes. Joint au
téléphone jeudi dans l’après-midi, Me Mukendi, conseiller politique
du président national de l’Udps Etienne Tshisekedi, a confié que son
parti a perdu six combattants à Kinshasa, cinq à Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental),
cinq à Tshikapa (Kasaï-Occidental) et 1 à Mwene-Ditu (Kasaï-Oriental),
sans compter plusieurs blessés par balles transférés dans
différentes formations médicales de la place. Me Mukendi a ajouté que
les présidents fédéraux de l’Udps au Kasaï ont été arrêtés.
Celui du Kasaï-Occidental, Tshimbombo Blandard a été relâché
quelques heures plus tard. A Kinshasa, deux secrétaires adjoints de l’Udps
ont été arrêtés, il s’agit de MM. Kabangu et Molende. Au même
moment, deux secrétaires nationaux, en l’occurrence Shambuyi Vincent
et Serge Mayamba n’ont pas échappé aux mailles de la police lancées
en cette journée du 30 juin 2005. Joël Bolumbu, un jeune homme de 20 ans, élève de son état, a
reçu une balle qui l’a tué sur le champ. Il habitait au N°14 de l’avenue
Ndjili, au quartier Yolo-Nord, dans la commune de Kalamu. Selon des
témoins, Joël était un convalescent qui venait de subir une
opération chirurgicale à l’hôpital. Insouciant, il est sorti sur sa
petite ruelle au moment où les policiers ont surgi et tiré sur lui, l’atteignant
au flanc. Victime innocente, il avait été pris pour l’un des
manifestants qui avaient érigé des barricades au niveau du rond point
Bongolo et que la police venait de disperser. Les manifestants avaient
lapidé la police avant de prendre la poudre d’escampette. Les
policiers poursuivaient les manifestants à travers les rues du quartier
quand ils sont tombés sur le jeune Joël. La famille affirme que leur
fils n’était pas un activiste politique. D’autres victimes
innocentes seraient à l’article de la mort à l’hôpital général
de Kinshasa. Il s’agit d’une mère de famille et ses deux enfants
qui ont été grièvement blessés. Ces derniers ont reçu des balles à
bout portant de la part des policiers qui ont fait irruption dans leur
propriété à la recherche des manifestants qui s’y seraient
réfugiés. Le péché de la pauvre dame serait celui d’avoir refusé
de livrer les « fugitifs ». Un autre cas a été signalé, toujours dans la commune de Kalamu, au
croisement des avenues Bongolo et la chaussée de Kimwenza. Le jeune
homme non autrement identifié, aurait été fauché par des policiers
qui auraient tenté par la suite de le dissimuler. Le bourgmestre de la
commune de la commune de Kalamu, que l’on dit connaître la victime, a
été saisi de ce cas. L’Asadho mentionne deux morts et 150 arrêtées et gardées dans
différentes geôles de la capitale Les blessés sont nombre. L’ong de
défense des droits de l’homme signale que l’arrestation des membres
de l’Udps a commencé plusieurs jours auparavant à Mbuji-Mayi et
Kinshasa. Dans le lot il fait également état du rafle des membres de l’Uld
de Katebe Katoto dont le secrétaire général Alu Bashonga. Au chapitre des arrestations, il faut noter que la presse
indépendante a été confondue aux manifestants. Les confrères Luc
Mikomo Kabongatre et ses cameramen de Raga Tv, John Ngombua de Antenne A
ainsi qu’un cameraman de Rfo/Tv travaillant également pour le compte
de Africa N°1, ont été raflés par la police et transférés aux
services de renseignements de la police situés à Kin-Mazière. Selon
nos sources, on reprocherait à nos confrères d’avoir « fait le
direct » sur les manifestations du 30 juin 2005. Les images qu’ils
diffusaient en direct à partir de différents points chauds de la
capitale n’auraient pas plus à certaines autorités qui ont exigé
immédiatement l’interruption du reportage et l’interpellation des
reporters indélicats. Ce sont les aléas du métier qui remettent sur
la table la question de la liberté de presse. Pendant que dans les communes de Kasa-Vubu, Kalamu, Kinshasa, Barumbu
et les communes de l’Est les manifestations sont réprimées, un
groupe de manifestants conduits par une dame qui se réclame du Pprd, s’est
donné en spectacle sur le Boulevard du 30 juin en plein ville, sans
être inquiété le moindre du monde. D’aucuns se sont demandé si le
groupe apparemment insolite détenait une autorisation de l’hôtel de
ville de Kinshasa. (SOURCES : LE POTENTIEL) -----------------------------
30 juin 2005 : le film des manifestations des
Congolais dans les rues de Bruxelles 04 juillet 2005 - Les Congolais ont manifesté, ce
30 juin 2005, dans les rues de Bruxelles pendant cinq heures. La marche
a commencé vers 12 heures devant le petit château sur le boulevard 9ème
de ligne dans la commune de 1000 Bruxelles, sous l'encadrement de la
police. Toutes les grandes villes de Belgique ont été représentées :
Mouscron, Gand, Liège, Anvers, Charleroi, Namur, Wavre… Mieux, des
compatriotes étaient venues d’autres villes de l’espace Schengen
pour communier avec les leurs : Danemark, Hollande, Allemagne,
Angleterre, Hollande, France, Italie, Suisse. Les messages sur les
banderoles étaient clairs : « Révolution dans la paix et la
non-violence », « 1+4 dehors », « 1+4 criminels,
Barroso et Louis Michel Complices », « le 30 juin 2005 fin
de l’esclavage en République Démocratique du Congo, 1+4 dehors »,
« élection, oui, mais sans le 1+4 » et bien d’autres
quolibets peu flatteurs pour les animateurs de la transition. Bref, un
véritable désaveu.
Aux environs de la porte de Halle, une jonction se fait avec des
manifestants qui s’étaient rassemblés à Matongé-Ixelles. Et à la
porte de Namur, une deuxième jonction se fait avec ceux qui attendaient
dans ce quartier congolais de Bruxelles. A ce moment, la tête de la
marche est déjà au niveau de l’ambassade des Etats-Unis. Durant
près de trente minutes les congolais assiègent la représentation
diplomatique de l’oncle Sam au cri de « libérez le
Congo ». Un renfort de police arrive, craignant sans doutes les
incidents qui avaient eu lieu au même endroit, le trente juin de l’année
passée. Les congolais quittent le lieu très tranquillement.
Destination : ambassade du Congo. A ce moment, le comptage permet
de constater qu’il y a entre 2500 et 3000 congolais dans la rue :
une marée humaine. Hommes et femmes de tout âge, enfants et même
bébés dans leurs poussettes. L’ambassade du Congo étant quadrillée
et inaccessible, le flot humain se déverse sur la rue Beliard. Des
camions anti-émeutes se positionnent devant les manifestants afin qu’ils
n’accèdent pas au quartier européen. En fait, ce sont toutes les
issues qui sont quadrillées par la police. Et un sit-in commence, qui
durera près de quatre-vingt dix minutes (nonante ici). Un hélicoptère
de la police survolera le lieu durant de très longues minutes. Toutes les tentatives de médiation entre la police et les
manifestants pour libérer la grande artère restent vaines. Pourquoi?
Les manifestants veulent investir leur ambassade. C’est impossible, la
police veut rétablir la circulation. L’embouteillage ainsi créé
risque de coûter le poste à certains mandataires belges aux prochaines
élections communales, le citoyen belge étant très pointilleux sur les
performances de ses élus. Dialogue des sourds. Un élu belge d’origine
congolaise viendra même sur place pour une négociation afin de
rencontrer Louis Michel selon les informations nous parvenues : fin
de non-recevoir de la part des manifestants. Autour de 15 heures, la police est obligée d’user des canons à
eau et de gaz lacrymogène. Comme lors de la manifestation du 20 juin, c’est
l’affrontement entre la police et les manifestants. Frustrés et sous
la colère, ceux qui quittent la grande artère brisent les vitres des
quelques voitures stationnées dans les environs. Une fois la rue
Beliard dégagée, les manifestants se retrouvent dans le coin Montoyer-Rue
Marie de Bourgogne. La pluie commence. Au lieu d’affaiblir les
manifestants, elle les dope : chants de libération, slogans contre
les ennemis du peuple et contre l’humiliation. Vers 16h30, ceux des manifestants qui étaient venus de loin
commencent progressivement à quitter les lieux. Surprise, un cordon de
la police filtre les passants. Des arrestations sont effectuées,
parfois brutalement. Une vingtaine de manifestants se retrouveront ainsi
au cachot. Une quinzaine y passeront la nuit. A 17h10, les organisateurs
annoncent la fin de la manifestation après avoir remercié tous les
compatriotes qui s’étaient mobilisés. L’initiative de la marche était venue des étudiants congolais de
Belgique. Et toutes les forces du changement se sont rangées derrière
ces futurs dirigeants du Congo. Durant deux semaines, au 9 rue de la
flèche à 1000 Bruxelles, siège de l’asbl Artisans de paix et
permanence du comité du suivi du Congrès mondial des Congolais vivant
à l’étranger, les stratégies se sont élaborées, les liens se sont
noués, les moyens ont été mis en commun. Pour libérer le peuple
congolais de « l’esclavage ». Depuis la chute du régime
Mobutu, c’est la première fois qu’il y ait eu autant de Congolais
dans les rues de Bruxelles, contre le régime politique en place en République Démocratique
du Congo. L'événement était tellement de taille que la presse belge n'a
pas daigner l'ignorer. Les télévisions, la plupart des radios tant
flamandes que francophones, les différents journaux. paraissant en
Belgique, les correspondants de plusieurs agences et médias étrangers,
et bien sûr, les journalistes congolais qui couvrent les activités
bruxelloises pour les compatriotes restés au pays, étaient là pour la
circonstance. Cheik FITA ----------------
Les exploitants aériens
qualifient la piste de N’Djili de « primitif » 05 juillet 2005 - Les violons ne semblent plus s’accorder
entre les exploitants aériens et les autorités de la Régie des
voies aériennes (Rva), notamment celles assurant la gestion de l’aéroport
international de N’Djili. Selon la presse locale qui a fait écho de
cette information, le commandant de l’aéroport de N’Djili,
Gilbert-Richard Munyapara N’singa, s’est fortement opposé aux
propos tenus par les responsables de la compagnie Belge, Sn Brussels
Airlines, à travers lesquels ils qualifiaient la piste de l’aéroport
international de N’Djili de « primitif ». Il se pose véritablement un problème de la
qualité de chaussée sur la piste de N’Djili et ce, malgré les
travaux sporadiques initiés par la Rva pour colmater les fissures de
manière à la rendre praticable. Autant de difficultés qui
justifient donc l’urgence de la modernisation rapide de la
principale porte d’entrée et de sortie du pays. Construit depuis l’année 1954, l’aéroport
international de N’Djili commence gravement à subir le poids de l’âge.
Nombre de ses infrastructures ne répondent plus aux exigences
modernes de l’aviation civile internationale. De la piste aux
installations techniques de l’aéroport, un travail approfondir de
modernisation est indispensable pour ramener le premier aéroport
international de la République démocratique du Congo aux normes
tracées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci).
A titre d’exemple, ses salons officiels, arrivée et départ, sont
dans un état peu enviable, chacun ne pouvant contenir qu’à peine
une cinquantaine d’occupants. Pour divers spécialistes, l’aéroport
international de N’Djili doit être refait de fonds en comble. Cependant, à la Rva, gestionnaire officiel
de toutes les installations aéroportuaires de la Rdc, tout s’arrête
au niveau de simples projets, en attente d’un hypothétique
financement. Et, l’on s’étonne que la Rva qui recouvre auprès de
l’Oaci et divers autres organismes internationaux de régulation du
transport aérien à travers le monde des taxes d’exploitation de l’espace
aérien, soit à cours de moyens pour amorcer des travaux requis par
le niveau de dégradation des installations aéroportuaires du pays. Divers observateurs espèrent que la
finalisation des travaux préparatoires à la mise en œuvre du plan
de restructuration de la Rva, pourra apporter un nouveau souffle au
secteur aérien congolais, véritablement en perte de vitesse aussi
bien en termes organisationnel que d’infrastructures techniques. LOIN DES NORMES INTERNATIONALES Il faut dire que l’aéroport international
de N’Djili, ayant pour code Fih auprès de l’Association
internationale de transport aérien (Iata) est situé sur la commune
de N’Sele en bordure du Pool Malebo, à une vingtaine de kilomètres
à l’Est de la ville de Kinshasa, à laquelle il est relié par le
boulevard Lumumba. A sa construction, cet aéroport avait pour avion
de base le DC6. Aujourd’hui, près de 50 ans après, les
infrastructures existantes ne sont plus appropriées aux types d’aéronefs
desservant diverses destinations nationales ou internationales.
Malgré la réouverture il y a quelques mois de l’aérodrome de
Ndolo, les problèmes d’encombrement tant niveau du tarmac que du
parking continuent à se poser à l’aéro N’Djili. Dans la voie de la modernisation de l’aéroport
international de N’Djili, les spécialistes sont divisés entre la
construction d’une nouvelle installation aéroportuaire, moderne et
bien équipée dans la ville de Kinshasa, ou sa reconstruction pure et
simple en vue de le doter de toutes les infrastructures nécessaires
du trafic aérien. A ce propos, il faut dire que la Rdc, bien ayant
ratifié depuis 1961 la convention de Chicago créant l’Oaci, est
encore loin de se conformer aux principes et règles de base
régissant l’aviation civile internationale. L’Iata est une organisation commerciale
internationale de sociétés de transport aérien. Ces entreprises
sont spécialement autorisées à consulter les prix entre elles par
le truchement de cet organisme. Cette association, fondée à La Havane à
Cuba en avril 1945, a été accusée d’agir comme un cartel, et de
nombreux transporteurs à bas prix n’en sont pas membres complets.
Son siège social est situé à Montréal. L’Iata assigne des codes
de 3 lettres aux aéroports (ainsi qu’aux gares de chemin de fer
importantes) et des codes de 2 lettres aux compagnies aériennes. Ces
codes sont utilisés dans le monde entier. Faustin Kuediasala (Le Potentiel) ------------------
Un mémorandum de l'Udps à Kofi Annan exige la
démilitarisation de Kinshasa 06 juillet 2005 - L'Udps a déposé mardi un
mémorandum auprès du représentant spécial du secrétaire général
de l'Onu et chef de la Monuc, dans lequel elle exige la
démilitarisation de la ville de Kinshasa, l’usage par la Monuc du
chapitre VII de la Charte de l’Onu pour imposer la paix en RDC, le
retrait des troupes étrangères et le désarmement des interahamwe.
Elle motive sa revendication au regard « de la situation
préoccupante de la sécurité dans notre pays, en l’absence d’une
armée républicaine, intégrée et restructurée ». Par ailleurs,
l'Udps demande à l’Onu de diligenter une enquête internationale afin
de déterminer les responsabilités et de traduire, en justice, les
auteurs et commanditaires de sa manifestation du 30 juin 2005.
Ci-dessous, le texte intégral de mémorandum.
MEMORANDUM DE L’UDPS Transmis copie pour information à : - Monsieur le Président du Conseil de Sécurité
des Nations Unies - Messieurs les Ambassadeurs des pays membres
permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (Tous) à New York. - Monsieur le représentant du Secrétaire
général de l’Onu en Rdc. N/Réf. : 067/UDPS/PN/05 Concerne : Mémorandum de l’Udps A Monsieur le Secrétaire Général de l’Onu à
New York. L’Union pour la Démocratie et le Progrès
Social, Udps, se f’ait l’insigne honneur de vous soumettre le présent
mémorandum afin de demander à la communauté internationale de prendre
la mesure de la situation qui prévaut actuellement en République
démocratique du Congo consécutive à l’échec de la formule 1+4 issue
du dialogue Intercongolais et au refus des animateurs de différentes
institutions de la transition de se conformer d’une part à l’esprit
et à la lettre de l’Accord global et inclusif et de la Constitution de
la transition qui ont fixé à vingt quatre mois, durée de la Transition,
et d’autre part, à la volonté du peuple souverain, déçu par l’amateurisme,
l’incompétence et la cacophonie au sommet de l’Etat. A cet effet, le
mémorandum de l’Udps porte sur les cinq points ci-après : 1 ° L’échec
de la Formule 1 +4; 2° La problématique de l’organisation des
élections en Rdc; 3° La répression dans le sang des manifestants
pacifiques; 4° Les problèmes sécuritaires; 5° Les propositions de l’Udps. 1° L’échec de la Formule 1+4. Tout le monde
est unanime pour constater que, par rapport aux objectifs assignés à la
transition pour concourir à sa mission principale qu’est l’organisation
des élections libres démocratiques et transparentes dans le délai de 24
mois, les animateurs de la transition n’ont pu réaliser aucun des cinq
objectifs assignés à la transition. Ce constat amer a été fait en son temps par l’Udps,
les forces politiques et sociales acquises au changement, l’Eglise
catholique et la communauté internationale à travers le Ciat, le
gouvernement belge, le Secrétaire général de l’Onu, etc., qui ont à
plusieurs reprises attiré l’attention de ces animateurs et stigmatisé
la lenteur du processus électoral... pour des raisons sus-évoquées et
la gestion calamiteuse de la transition. Il s’est donc révélé ‘que
ces animateurs se sont inscrits dès le départ dans la logique de la
prolongation de la transition pourtant définie comme exception par l’alinéa
2 de l’article 196 de la constitution. Devant l’entêtement des faits,
les animateurs des Institutions politiques de la Transition ont chacun, à
sa manière, fait le même constant d’échec. Ainsi : 2° La problématique de l’organisation des
élections en Rdc Devant l’échec patent de la formule 1+4,
échec consécutif au manque de volonté politique et au sabotage du
processus électoral, le peuple congolais a exprimé son appréciation sur
l’action du Gouvernement à travers les manifestations populaires et
pacifiques les 2,3, et 4 juin 2004 ainsi que le 10 janvier 2005. Pour le
peuple congolais donc, la formule 1+4=0. En effet, il est de notoriété
publique, qu’au lieu de doter notre pays des instruments juridiques
essentiels devant régir le processus électoral, le parlement n’a pas
été capable, loin s’en faut, de remplir sa mission. Ainsi, la loi organique portant organisation et
fonctionnement de la Commission électorale Indépendante, Cei, (loi
04/009) n’a été promulguée que le 05 juin 2004, soit douze mois
après le début de la transition. Le règlement intérieur de la Cei n’est
intervenu que le 8 octobre 2004, soit 15 mois après le début de la
Transition. La loi relative à la nationalité congolaise (loi n° 04/24)
et la loi portant identification et enrôlement des électeurs (loi n°
04/28) n’ont été respectivement promulguées que le 12 Novembre et le
27 décembre 2004, soit à six mois de la fin de Transition. Le projet de
la constitution de la troisième république dont dépendent les lois
référendaire et électorale n’a été adopté par le parlement que le
16 mai 2005, c’est-à-dire à 44 jours de la fin de la transition. De son côté, le Gouvernement n’a versé jusqu’en
mai 2005 que 2 millions de. dollars sur les 20 millions qui constituaient
sa quote-part au budget électoral. De ce fait, la Cei n’a exécuté
aucune opération préélectorale durant les vingt trois mois qui
précédaient la fin de la Transition. Partant, elle n’a pas été en
mesure d’arrêter le moindre calendrier électoral. Il est dès lors
évident que le retard ainsi consommé : n’est pas dû « aux
problèmes spécifiquement liés à l’organisation des élections »
prévus à l’alinéa 2 de l’article 196 de la transition qui
justifieraient la prolongation, mais à la défaillance du gouvernement et
du Parlement de Transition En conséquence, l’Udps considère que la
prolongation automatique décidée par le parlement s’est faite en
violation de l’esprit et de la lettre de l’Accord global et inclusif
ainsi que de la constitution de la Transition C’est malheureusement et curieusement dans ces
conditions, que la Cei, pour sauver le gouvernement face à l’opinion
nationale et internationale, décidera de lancer, le 20 juin 2005, dans la
précipitation et avant la date butoir du 30 juin 2005, l’opération d’identification
et d’enrôlement des électeurs. Il suffit, pour s’en convaincre, de
considérer l’insuffisance des kits électoraux et des groupes
électrogènes, les ratés dans le recrutement et la formation des
opérateurs de saisie..., auxquels cas il faut ajouter la qualité
douteuse du matériel de la maison ZETES PAS qui a été retenue par la
Cei. Voilà pourquoi nous avons tous déploré beaucoup de ratés et d’irrégularités
constatés dans les six communes de Kinshasa. Par ailleurs, certains actes
posés par les animateurs de la Transition pour régir le processus
électoral dans notre pays sont de nature à préparer la fraude à grande
échelle. Ainsi, la lettre du Président de la République adressée à l’Onu
pour obtenir l’organisation des élections par la Cei, a permis au
Gouvernent d’avoir la mainmise sur le Cei qu’il manipule à sa guise.
D’autre part, dans la loi organique de la Cei (04/009) à l’article 7
fait la part trop belle aux belligérants dans la composition de cette
institution, alors que par essence, celle-ci était censée traiter une
matière technique qui requiert l’expertise et non l’apprentissage sur
le tas, comme c’est le cas aujourd’hui malheureusement. En son temps l’Udps, le Ciat, les sociétés
savantes et autres forces du changement avaient alerté le parlement en
vue d’y apporter les corrections nécessaires. De même, la loi portant
identification et enrôlement des électeurs (04/028), ouvre la voie à la
tricherie, comme l’attestent déjà des irrégularités et des
tentatives de fraude massives décriées dans les six communes de
Kinshasa. II est également reproché à cette opération de brader la
nationalité congolaise au risque de créer d’autres antécédents et
conflits plus graves pour l’avenir de notre pays. L’usage des Kits informatiques relève des
insuffisances graves depuis les 20 juin, date du début de l’opération
d’identification à Kinshasa II s’agit notamment de son incapacité de
déceler les doublons, du fait que les PC n’étant pas reliés à la
mémoire centrale, le transport et la manipulation des disquettes sont
sujets à caution... Pour les mêmes raisons on peut facilement se
déplacer avec ces kits et procéder à l’enrôlement n’importe où,
en Rdc ou dans les pays limitrophes. Il se dégage, avec le recul du
temps, qu’en faisant le jeu du Gouvernement, la Cei a perdu toute
crédibilité aux yeux de ses vrais partenaires que sont les partis
politiques compétiteurs représentatifs et s’est, de ce fait,
disqualifiée pour organiser des élections libres et transparentes que l’on
devait attendre d’elle, et dont les résultats ne feront pas l’objet
de contestations. Par voie de conséquence, l’Udps considère cette
opération lancée à Kinshasa. le 20 juin 2005, comme une phase
expérimentale. 3° La répression dans le sang des manifestants
pacifiques. Ayant constaté que la formule 1+4 n’a pas
conduit notre peuple aux élections dans le délai constitutionnel de
vingt-quatre mois au 30 juin 2005, celui-ci vient de confirmer sa
désapprobation à travers une grandiose manifestation pacifique
totalement réussie, ce jeudi 30 juin 2005 sur toute l’étendue de la
République spécialement à Kinshasa ainsi que dans les grandes capitales
occidentales. La marche pacifique que l’Udps a organisé le jeudi 30
juin 2005, a été annoncée depuis le 02/04/2005 à l’occasion de l’ouverture
de la session extraordinaire du Comité National. Parlement du Parti. Le
Gouvernement congolais en a profité pour créer la psychose et la terreur
en inventant tour à ‘tour les phénomènes Kata-Kata, entendez, des
assassinats avec amputation des organes à travers la ville de Kinshasa,
et Tramontina, une marque des machettes qui symbolise l’arme blanche
dont la population pourrait se servir lors de la manifestation pour
provoquer des tueries et autres pillages. En réalité, il s’est agi d’une
astuce pour justifier les descentes punitives et autres exactions
perpétrées dans des villes et provinces favorables à l’Udps,
notamment : les villes de Kinshasa, Lubumbashi, Likasi et Kolwezi
(Katanga), Kahemba (Bandundu), Uvira (Sud - Kivu), Goma, (Nord-Kivu),
Kisangani (Province Orientale)..., et les provinces du Kasaï occidental
et oriental où l’ordre a été donné de ne plus hisser l’emblème de
l’Udps. Alors que le Gouvernement, sur pression des Ong de défense des
droits de 1’homme et de la communauté internationale, avait promis d’encadrer
les manifestants, il est inadmissible de constater que ceux-ci qui n’avaient
que des rameaux, banderoles et drapelets en mains et qui ont fait preuve d’une
discipline jamais vécue en République démocratique du Congo, ont été
fauchés par balles et sauvagement réprimés par des militaires
déguisés en policiers parmi lesquels on a identifié des éléments des
forces étrangères, notamment des Angolais et vraisemblablement des
zimbabwéens et des tanzaniens Plus grave, du 30 juin au 1er juillet 2005, la
résidence officielle du Président national de l’Udps, Monsieur Etienne
Tshisekedi wa Mulumba a été violée à plusieurs reprises par des hommes
en uniforme qui y ont allégrement tiré des rafales, jeté des grenades
et bombes lacrymogènes, procédé aux arrestations des membres de sa
sécurité A ce jour le bilan provisoire de cette répression barbare et
injustifiée se chiffre à des dizaines de morts et à des centaines de
blessés graves et d’arrestations. 4° Les problèmes sécuritaires Partout les voix se lèvent pour décrier l’insécurité
à travers le territoire national en général et la ville de Kinshasa en
particulier. Ce phénomène caractéristique, propre à tout régime de
dictature et vomi par notre peuple à la recherche de la paix, de la
sécurité et de la sérénité. 4.1. Concernant l’insécurité dans la ville de
Kinshasa. Il convient de déplorer : Sur le plan militaire et sécuritaire, l’Udps
rappelle que l’annexe 4 de l’Agi à son point 1 alinéa A, interdit l’acheminement
à Kinshasa des forces congolaises supplémentaire tandis que les
dispositions du point 2, alinéa A de la même annexe prévoient la mise
en place d’une force de police intégrée, chargée d’assurer la
sécurité des personnes et de leurs biens. II est pourtant de notoriété
publique que l’ex composante gouvernement fait venir à Kinshasa,
plusieurs unités de ex-Fac en provenance notamment de la base de Kamina
et les a cantonnés à Kibomango, au camp Tshatshi et la base aérienne de
Ndolo ainsi que les forces militaires étrangères qui sont réparties
comme suit : 5.1. Sur le plan politique Face à la gravité de la situation ainsi
décrite et afin de prévenir le pire, mais aussi et surtout sauver le
processus électoral en cours, l’Udps a proposé depuis le 2 avril 2005,
une solution concrète, à savoir le retour à l’ordre institutionnel de
la Conférence Nationale Souveraine, adaptée à la nouvelle donne
politique du pays. Ce schéma, simple et classique, constitue la réponse
appropriée à donner pour imprimer une nouvelle dynamique à la
transition afin de réaliser l’organisation des élections dans un bref
délai. L’Udps, estime que seules les élections libres et transparentes
sont à même de mettre définitivement fin à la crise de légitimité
qui n’a fait que trop durer. Aussi, la Cei s’étant disqualifiée pour
s’être transformée en caisse de résonance du pouvoir en place et donc
incapable de sécuriser tout le monde, notre Parti demande-t-elle
instamment à l’Onu d’organiser et de superviser les élections à l’instar
de ce qui s’est fait au Kosovo, Timor Oriental et en Afghanistan. 5.2. Sur le plan sécuritaire Au regard de la situation préoccupante de la
sécurité dans notre pays, en l’absence d’une armée républicaine,
intégrée et restructurée, l’Udps demande ce qui suit : 5.3. Sur le plan judiciaire. L’Udps est choquée et scandalisée de
constater que pour une manifestation qui a été pacifique, les congolais
qui n’avaient que des rameaux, drapelets banderoles en mains, ont été
froidement abattus à balles réelles. - A cet effet, elle demande à l’Onu
de diligenter une enquête internationale afin de déterminer les
responsabilités et de traduire, en justice, les auteurs et leurs
commanditaires. Fait à Kinshasa, le 04/07/2005 Pour le président national de l’Udps Aka Mantsia, -------------------
La vice-première ministre et ministre de la justice
belge s'entretient avec des manifestants congolais 07 juillet 2005 - Ce mercredi 6 juillet 2005, de
10h15 à 10h50, madame Laurette ONKELINX, Vice-première ministre et
ministre belge de la Justice a reçu une délégation de congolais,
représentant différentes associations et partis politiques qui avaient
organisé la marche du 30 juin. Cet entretien faisait suite à une
petite manifestation que les congolais avaient faite mardi, devant le
cabinet de la ministre, réclamant la libération des détenus
politiques congolais en Belgique. En effet, à l’issue de la grande
marche du 30 juin, des congolais avaient été interpellés par la
police. Une semaine après, les organisateurs ne savaient toujours pas
combien de personnes avaient été arrêtées, combien avaient été
libérées. Devant rendre des comptes à la communauté, les
organisateurs avaient été obligés de demander une audience auprès de
la ministre de la justice.
Les services de la ministère avaient tenté en vain de convaincre
les congolais, soit d’être reçus à trois ou quatre par un
collaborateur de la ministre, soit de revenir le lendemain. Conséquence :
tapage. Les congolais avaient préparé déjà une lettre qui fut remis
aux services de la ministre. Aux environs de 12h, la ministre ONKELINX
apparaît dans la rue. Souriante, elle sert la main de tous les
manifestants, au grand dam des services de polices arrivés en renfort,
et cherchant déjà à déloger les compatriotes de Lumumba. Un dialogue
s’engage sur le trottoir. Les congolais posent leur problème :
la libération des prisonniers politiques congolais. Oui, pour les
congolais, les détenus n’auraient jamais été arrêtés s’ils n’avaient
pas participé à une manifestation politique. La ministre promet aux
congolais de s’informer sur le dossier et fixe un rendez-vous pour le
lendemain à 10h15. Ce mercredi, d’entrée de jeu, la ministre informe les congolais
que certains problèmes posés dans la lettre des congolais ne sont pas
de sa compétence. Néanmoins qu’en tant vice-premier ministre, elle
ne manquera pas de servir de courroie de transmission entre la
communauté congolaise et le pouvoir fédéral. Quant au problème des
détenus, la ministre donne aux délégués congolais les informations
qu’elle a pu recueillir : - Il y avait eu 20 arrestations. Dix administratives et dix
judiciaires. La plupart avaient été relâchés le jour même ou le
lendemain. - A ce jour il n’y a plus qu’ un détenu, et qui aurait dû
déjà être relâché en ce jour, n’eurent été certaines lourdeurs
purement administratives. Après l’intervention de la ministre, quelques délégués
congolais prennent la parole pour essentiellement dépeindre la
situation du Congo et ses implications ainsi que la nécessité du
pouvoir fédéral belge de s’impliquer plus sérieusement dans la
résolution de la crise congolaise. Ci dessous un large extrait de la
lettre transmise à la Ministre belge de la justice : « …Des manifestants ont été arrêtés. Certains ont été relaxés, d’autres sont toujours sous les verrous. Avant la manifestation, nous avons eu des contacts avec des services officiels dont la police. Après la manifestation, nous n’avons plus d’interlocuteur devant nous. Devant fournir des informations aux familles des détenus ainsi qu’à toute la communauté, nous avons décidé de nous adresser à vous. Les manifestants étant venus chacun anonymement, nous ne sommes pas en mesure de savoir qui est détenu, qui ne l’est pas. Ce flou crée un climat d’énervement dans la communauté. Vous le savez Madame la Ministre, depuis le 30 juin 2005, la République Démocratique du Congo notre pays est devenu une grande prison où la population est muselée, torturée et même tuée par un pouvoir sans légitimité ni légalité. La communauté congolaise vivant à l’étranger ne peut pas comprendre que ses membres deviennent des prisonniers dans un pays démocratique, alors qu’elle se bat pour que le Congo ne soit plus une prison. C’est pour cela qu’ au nom de tous les congolais vivant à l’étranger, nous entreprenons auprès de vous cette démarche. La communauté congolaise voudrait : - obtenir suffisamment d’informations sur la détention de nos compatriotes incarcérés, puis leur libération. Pour notre communauté, ces détenus, sont des prisonniers politiques. Car, n’eut été l’existence au pays d’un régime totalitaire et inhumain, ces compatriotes n’auraient pas grossi les rangs des détenus en Belgique - que vous attiriez l’attention de vos collègues du gouvernement sur la situation politique actuelle du Congo : depuis le 30 juin, ce gouvernement déjà très impopulaire, a perdu toute légalité. Et tout ce qu’il entreprendra n’engagera en rien le peuple congolais, mais bien les individus actuellement au pouvoir. Même l’actuel Ambassadeur n’a plus qualité pour engager la République. - que vous soyez notre interprète auprès du gouvernement fédéral pour que la situation du Congo soit abordée dans l’urgence et sans tabou, en prenant soin d’être résolument du côté de la population qui n’a jamais autant souffert. Le peuple congolais veut d’urgence les élections, mais sans le « 1+4 » - que vous disiez à vos collègues du gouvernement ceci : si le gouvernement belge prend une position claire et nette dans le problème congolais, L’Union Européenne suivra, les Etats-Unis suivront, et les bandits qui sont au pouvoir à Kinshasa s’inclineront. Et toute tergiversation du gouvernement belge conforte le pouvoir en place, tout en jetant les soixante millions de congolais dans un désespoir toujours plus grand. » Prochaine action déjà rendue publique de la communauté congolaise de Belgique : Une messe en mémoire des victimes du 30 juin, le dimanche 17 juillet à 10h30, à la paroisse saint Roch de 1000 Bruxelles. Mais avant cela, une conférence de presse sera donnée pour annoncer la liste des actions prévues ainsi que leur cadre d’organisation. Cheik FITA ----------------------------
Des entreprises européennes vendent les armes
utilisées pour les massacres en RDC, selon Amnesty International 07 juillet 2005 - Des stocks d'armes et de munitions
sont transportés depuis les Balkans et l'Europe de l'Est vers la
région des Grands Lacs, affirme Amnesty International, qui en publie
les détails dans son rapport : "République démocratique du
Congo: armer l'est". Amnesty met en cause des "vendeurs
d'armes, intermédiaires et entreprises de transport de nombreux pays,
notamment l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la république
tchèque, Israël, la Russie, la Serbie, l'Afrique du Sud, le
Royaume-Uni et les Etats-Unis". L'organisation de défense des
droits de l'Homme basée à Londres appelle le gouvernement britannique
à ouvrir une enquête et les Nations unies à renforcer leur embargo
sur les armes dans la région. Ci-dessous, le texte intégral du
communiqué de presse de Amnesty.
République Démocratique du Congo : les
exportations illégales d’armes exacerbent les meurtres, les viols en
masse et les actes de torture Mardi 5 juillet 2005 (00 h 01 TU) COMMUNIQUÉ DE PRESSE Un grand nombre d’armes et de munitions en provenance des Balkans
et d’Europe de l’Est affluent dans la région des Grands Lacs,
région d’Afrique déchirée par les conflits. Pourtant, selon de
nouvelles recherches publiées ce mardi 5 juillet 2005, il est établi
que ces armes servent à commettre des violations flagrantes des droits
humains. Les cargaisons continuent d’arriver en République démocratique du
Congo (RDC), au mépris d’un processus de paix lancé en 2002 et d’un
embargo sur les armes décrété par les Nations unies. Dans une étude circonstanciée, Amnesty International dévoile le
rôle joué par les fournisseurs, les négociants et les transporteurs
qui exportent des armes depuis de nombreux pays, notamment l’Afrique
du Sud, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, les États-Unis,
Israël, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Russie et la Serbie.
Cette étude met l’accent sur les livraisons d’armes et de munitions
à destination des gouvernements de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda.
Elles sont ensuite distribuées à des groupes armés et des milices
basés dans l’est de la RDC, qui commettent des atrocités constituant
des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. «Des millions de personnes ont déjà perdu la vie dans le cadre du
conflit qui ravage depuis sept ans la RDC. Les hommes armés continuent
de violer, de piller et de tuer des civils, tandis que les livraisons d’armes
se poursuivent. Si la communauté internationale, les Nations unies et
les États voisins ne parviennent pas à endiguer cette prolifération,
le fragile processus de paix s’effondrera – et les conséquences
seront catastrophiques pour les droits humains», a averti Kolawole
Olaniyan, directeur du programme régional Afrique d’Amnesty
International. Ce nouveau rapport, intitulé Democratic
Republic of Congo: Arming the east, s’appuie sur des éléments
probants pour faire valoir que, durant tout le processus de paix en RDC,
des agents proches des gouvernements du Rwanda, de l’Ouganda et de la
RDC ont fourni une aide militaire à des groupes armés et des milices
opérant dans l’est de la RDC. Il donne aussi la preuve de l’implication
de Victor Bout, trafiquant d’armes russe, et de ses proches associés
qui, par l’intermédiaire d’agents locaux, ont armé en secret
toutes les parties au conflit en RDC. Ce rapport recense également les transferts d’armes et aides
militaires cités ci-dessous : Rwanda – Quelque 400 tonnes de munitions de Kalachnikov, pour la plupart
excédentaires, ont été exportées d’Albanie et de Serbie vers le
Rwanda, avec la contribution de sociétés israéliennes, rwandaises,
sud-africaines et britanniques, de la fin 2002 à la mi-2003 ; à la
mi-2004, d’autres livraisons ont été effectuées en provenance d’Europe
de l’Est. – Une autre commande de 130 tonnes d’armes et de munitions
excédentaires en provenance de Bosnie a été approuvée par le
gouvernement américain en novembre 2004, sur fond de nouveaux accords d’assistance
militaire passés entre les États-Unis et le Rwanda. – Le Rwanda apporte un soutien militaire constant à des groupes
armés en RDC, notamment au Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD-Goma), mêlé à l’exploitation des ressources naturelles du
pays. RDC – Souscrits entre le gouvernement de la RDC et des entreprises en
République tchèque, en Israël et en Ukraine, des accords organisent
le commerce «des armes contre des diamants». – En 2004, il est prouvé qu’un réseau de trafic d’armes
reliant la RDC et le Libéria implique des entreprises internationales
de fret. – Plus de 200 tonnes d’armes sont transférées à destination d’un
groupe armé progouvernemental dans le Nord-Kivu ; ce transfert est
effectué par une société locale dans des avions appartenant à une
firme sud-africaine qui a approvisionné les soldats de la force de
maintien de la paix de l’ONU en 2003. Ouganda – Le gouvernement ougandais a omis de signaler aux Nations un |