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Indice du neo-colonialisme; qu’en pensons-nous?

31 août 2005 - Le 17/08/2005, La libre Belgique publiait un article intitulé « l’habit ne fait pas le moine » et qui soutenait « que ce sont les médecins et les enseignant qui inspirent toujours confiance. La foi dans les politiciens continue de s’effriter. » Cet article publiant les conclusions d’une enquête menée dans 18 pays occidentaux (dont la Belgique et la France) affirmait que dans ces pays « les politiciens détiennent toujours la lanterne rouge, suivis de près par les chefs d’entreprise. A peine 1 personne interrogée sur 7 (soit 15 %) a encore un tant soit peu confiance dans les politiciens. ». Un autre article du même numéro de la Libre Belgique venait expliquer l’origine de cette méfiance. Marc Jacquemain, sociologue de l’Université de Liège trouvait « que la classe politique ferme le peloton ne constitue pas vraiment une surprise, de nombreuses enquêtes confirment la perte de confiance des gens dans les politiciens. Cela s’explique principalement par le décalage croissant entre le pouvoir effectif des politiques sur la marche du monde et les attentes des gens. Ces derniers ont le sentiment que les véritables centres de pouvoir sont ailleurs : dans les entreprises, les grandes institutions internationales, etc. En réalité, il y a un déplacement de la confiance qui se concentre plus sur l’institution politique que sur l’homme politique, perçu lui comme gestionnaire de conflits, fatalement suspect car sa fonction le fait apparaître défenseur d’intérêts particuliers. »

II. Des questions pour comprendre

Comment nous arrivent-ils de croire que ces messieurs et dames ne jouissant presque plus de la confiance de la majorité de leurs populations puissent être les libérateurs de l’Afrique en général et de certains de ses pays (comme la RD Congo) en particulier? S’ils n’arrivent plus à répondre aux attentes de leurs peuples, peuvent-ils répondre à celles des gens d’ailleurs? Surtout de ceux que Hegel a placés en marge de l’histoire de l’humanité? Si leurs peuples les connaissant de l’intérieur estiment qu’ils n’ont pas l’effectivité du pouvoir, le crédit que nous africains leur accordons n’est-il pas de la naïveté? Ne devrions-nous pas toujours nous poser la question de savoir pour quels intérêts particuliers roulent les bienfaiteurs de l’humanité?

Après le rejet du traité de constitution européenne par la France et les Pays-Bas, cet indice de confiance ne devrait-il pas nous inciter à un peu plus de doute sur les bonnes intentions déclarées des inspecteurs occidentaux en Afrique? Pourquoi le mouvement inverse n’a jamais été envisagé jusqu’à ce jour? Pourquoi n’y aurait-il pas des africains qui iraient dire régulièrement à leurs partenaires occidentaux ce qu’ils doivent faire pour répondre aux attentes de leurs peuples? Bantu balwe bakajalamijilangana bilowa…

III. Le cas du Congo

Il semble que l’imaginaire du congolais moyen est tellement violé qu’il est devenu incapable de penser, de douter, de remettre en question les déclarations de bonnes intentions faites par ses maîtres d’hier. Quand au vu et su de tout le monde, le patrimoine national est pillé, les entreprises publiques livrées entre les mains des prédateurs, la sécurité de simples citoyens compromise, la nationalité congolaise bradée, il y en a qui continuent à croire que les élections sont, dans l’immédiat, une solution à la crise multiforme que connaît le pays! Ils répètent les leçons de leurs maîtres à penser, au nom de l’argent. A temps et à contretemps, le refrain revient : la communauté internationale a investi beaucoup d’argent pour que le Congo aille aux élections; c’est une chance à ne pas rater. Esclaves de la philosophie de la chance (chance eloko pamba…), nous remettons aux calendes grecques notre pouvoir de penser ensemble, d’imaginer un avenir à notre taille, de créer en toute liberté une nation digne de ce nom. Face au petit reste appelant de tous ses vœux un dialogue politique permanent, la majorité d’hommes et de femmes liges répète la leçon apprise auprès des maîtres de la chance : avec les congolais, nous irons de dialogue en dialogue sans aucun résultat probant. Il n’y a de résultat que dans la mise en pratique des diktats des serviteurs des grandes entreprises transnationales!

Ces hommes et femmes liges, esclaves de l’argent facile, préfèrent la paresse intellectuelle et politique à la lutte ardente et idéaliste pour un Congo plus beau qu’avant. Ils s’imaginent que leur incapacité amateuriste à créer les conditions d’un dialogue permanent en un temps record est une tare partagée par tous leurs compatriotes. Ils prétendent mieux connaître les congolais que quiconque.

Conclusion

Nous ne savons plus qui disait que pour cacher les choses importantes aux africains, il faut les mettre dans les livres. Cette pensée, bien que n’étant pas fondée sur toute la ligne, nous interroge sur la place que nous accordons aux choses de l’esprit dans notre combat pour un autre avenir. Elle nous questionne sur ce que nous faisons de ce que nous lisons et entendons à la radio et/ou à la télévision. Notre foi en la philosophie de la chance, bien que nous disqualifiant comme acteurs historiques de notre devenir en commun, semble avoir encore de longs jours devant elle. Nous devenons aveugles face à ce qui se vit et s’écrit sous d’autres cieux. L’Occident qui innove, qui critique, qui remet en question passe après celui des politiciens et autres chefs d’entreprise, serviteurs des intérêts particuliers. Nos hommes et femmes liges nous prennent en otages et participent à notre imbecilisation en nous offrant plus de musique, de football et de danse. Ainsi les aveugles deviennent-ils des rois dans notre royaume! Mais il est possible que le petit reste constitué d’ascètes du provisoire relève le défi. A terme.

J.-P. Mbelu

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L’état actuel du cadre juridique ne garantit pas des élections libres, démocratiques et transparentes, selon le prof Mampuya

31 août 2005 - Les élections sont partout considérées comme une marque de la démocratie; mais, à elles seules, elles ne font pas la démocratie. D’une part, elles ne sont qu’une partie de mécanismes et de principes, et selon un processus, susceptibles de garantir, en conjonction, la démocratie par une réelle participation des citoyens au choix des dirigeants et des projets parmi ceux qui se présentent à eux. D’autre part, les élections doivent elles-mêmes, pour être démocratiques, répondre à certaines conditions techniques, juridiques et politiques, sans parler du cadre socio-politique, nécessaires à un choix libre et authentique des citoyens. Enfin, les élections ne sont pas une panacée à tous les problèmes que connaissent le pays et l’Etat ou que subissent les Congolais. Mensonge que de dire au « peuple » aujourd’hui que tous ses problèmes trouveront une solution avec les élections. Ne voit-on pas que les compétiteurs aux futures élections sont les mêmes qui sont aujourd’hui aux commandes de la transition et dont nous connaissons déjà les prouesses? Les élections ne les transformeront pas en artisans du « bonheur du peuple » et de « l’intérêt général » compétents, intègres et imbus d’abnégation qu’ils n’ont pas su être jusqu’à présent, ni ne leur feront pas abandonner les pratiques négatives qui sont les leurs, improvisation, népotisme, gabegie, mal-gouvernance, prédation et pillage par diverses formes de détournement, amateurisme et égoïsme.

Nous ne devons pas croire que les élections sont une fin en soi, ni qu’elles doivent, étant donné ce retard délibérément entretenu, avoir lieu coûte que coûte, à et dans n’importe quelles conditions; elles ne sont pas un fétiche puissant, un sésame miraculeux, à acquérir à n’importe quel prix. Le fétichisme électoral est incontestablement la maladie infantile de l’apprentissage de la démocratie; il nous faut absolument en guérir.

J’ai, dans les phrases qui précèdent, repris quelques-uns de mes propos dans un article paru au Potentiel en juillet 2004; le fait que le retard ait été accru ne change rien à la vérité que je voudrais exprimer : il faut que les élections soient « démocratiques, libres et transparentes », certes, mais il faut également qu’elles soient justes et crédibles et qu’elles soient de quelque utilité pour les citoyens. Il ne s’agit pas de faire des élections pour les élections, comme une mode ou une panacée démocratique. Aujourd’hui, il est de bon ton de dire que la crise congolaise est une crise de légitimité et, que, dans ce contexte, la fin des élections serait de légitimer le pouvoir et les détenteurs du pouvoir. D’abord, il n’est pas vrai que la crise congolaise, que tous reconnaissent comme « multiforme » (à moins de se payer des mots), ne soit qu’une crise de légitimité. Par ailleurs, on a vu, à travers le monde, des dictatures non légitimes capables de résoudre nombre des problèmes socio-économiques des populations. Enfin, en quoi des élections ayant une telle fin différeraient-elles de celles organisées par les putschistes et autres faiseurs de coups d’Etat pour légitimer leur pouvoir, ce qui leur a permis de s’éterniser tout en poursuivant allègrement la dictature jusqu’à leur renversement violent ou par coup d’Etat, le dernier de ce schéma étant le Mauritanien? La fin des élections ne saurait être la légitimation des détenteurs du pouvoir; nous ne devrions donc pas, dans l’impatience de les légitimer, aller aux élections aux conditions juridiques et socio-politiques qu’imposent les tenants du pouvoir de fait qui aimeraient bien, comme les autres dont nous avons parlé, se faire légitimer selon le même schéma. Par ailleurs, tout le monde insiste ces derniers temps sur la situation sécuritaire caractérisée par l’absence d’une véritable armée nationale, dont les conséquences sont connues dans nombre de provinces et villes du pays. Mais, tout le monde en parle comme le dernier obstacle, très important c’est vrai, étant entendu que l’on considère généralement que le processus institutionnel et juridique est presque achevé, avec l’adoption de la loi sur le « recensement électoral et l’enrôlement des électeurs », l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de constitution qu’il ne reste plus qu’à soumettre au référendum, la promulgation de la loi référendaire, le lancement « réussi » du recensement et de l’enrôlement, et la préparation presque terminée de la loi électorale dont la presse a rendu compte pour affirmer qu’il ne reste plus que sa discussion et son adoption par les deux chambres du parlement.

Mon propos est justement de montrer que, malgré les apparences, tel qu’il est à ce jour réalisé, ce cadre juridique n’est pas apte à nous garantir des élections les plus démocratiques et crédibles souhaitables, qu’il est encore plein d’insuffisances, d’incorrections et de défauts techniques susceptibles d’entraver l’organisation des élections, d’en fausser les résultats, de déformer la représentation nationale et d’enterrer l’Etat de droit avant même qu’il soit installé dans ce pays. Comme toujours, quitte à déplaire, comme souvent, aux politiciens de tous bords, je n’examinerai pas ces textes et opérations sous un angle politique, pour ne pas tomber dans le piège que je dénonce toujours et que commettent ceux qui préparent nos textes, celui de se laisser influencer par ce que penseraient ceux qui sont au pouvoir ou ceux qui y aspirent et qui aimeraient voir les textes traduire leurs points de vues et préserver leurs intérêts politiques et électoraux. Recensement, identification et enrôlement des électeurs.

Du côté officiel, c’est l’autosatisfaction habituelle, médiatisation, publication de chiffres dithyrambiques depuis revus à la baisse, longs discours de propagande, etc. Mais la réalité est bien plus prosaïque : ni recensement, ni identification. Comment peut-on identifier des personnes sans pièces d’identité ni domicile personnel connu et sûr, sans certificat de nationalité, comme le sont pas mal de gens dans les grandes villes en particulier à Kinshasa? Quel est le sérieux et quelle est la crédibilité de l’opération lorsque elle enrôle des « électeurs » en dehors de leur résidence, des déplacés de guerre, des retardataires d’une commune ou d’une ville dans la province d’à côté ainsi que ceux de Kinshasa auraient été invités à le faire à Kasangulu ou ailleurs en province. Alors qu’on avait laissé entendre que chacun des près de dix-mille bureaux ou sites aurait son « kit », à présent ce sont les mêmes kits, dont on ne connaît pas le nombre, qui sont transportés de Kinshasa au Bas-Congo, de l’Ituri à Kisangani, de là où l’opération est déclarée close vers les autres sites, province après province, etc. Alors que, lorsque les choses sont bien faites comme ailleurs, l’opération est étalée sur toute la période qui précède les élections, jusqu’à environ un mois de ces dernières, le temps de préparer et afficher les registres électoraux; de cette manière, on peut escompter le plus grand nombre d’inscrits possible, c’est d’ailleurs ce qui est présenté comme le souhait des organisateurs, afin que les élections gagnent en légitimité et en crédibilité. Or, chez-nous, on fixe sept semaines par ci, trois par là, quatre ailleurs, etc.; il est clair que l’on ne approchera pas le nombre des électeurs éventuels prévisible, ni même le nombre optimal. On peut arrêter cette longue liste par ce qui risque d’être source de tricherie et d’inégalité entre les circonscriptions et entre les entités administratives, provinces, territoires, secteurs, etc. Pour avoir choisi le « recensement électoral » au détriment du recensement de la population, les organisateurs auront toutes les difficultés à donner un contenu satisfaisant à la loi électorale en ce qui concerne l’attribution de sièges à pourvoir par circonscription. En effet, en l’absence du découpage électoral dont nous n’avons aucune expérience et qui est susceptible de servir les manœuvres frauduleuses, le recensement de la population eût permis d’allouer à chaque circonscription ou à chaque entité un nombre de sièges proportionnel à son importance démographique : le projet de loi électoral prévoit que ce nombre sera fixé au prorata du nombre des inscrits; autrement dit, il dépendra de la possibilité des habitants de l’entité d’aller se faire enrôler. Est-on sûr qu’en province, en dehors du chef-lieu, de la cité dans les territoires ruraux et, éventuellement, du siège du secteur ou de la chefferie, les citoyens des villages reculés et isolés seront atteints par les enrôleurs ou va-t-on contraindre des populations affamées et malades à parcourir à pieds plusieurs km dans un pays où les pistes ont disparu sous les feuillages ou dans les ravins? Dans cette éventualité, ne pourront véritablement avoir « la chance » de se faire inscrire que les habitants des quartiers urbains et des quelques endroits « urbanisés » de la République ou disposant de quelques infrastructures routières ou de desserte plus ou moins praticables. On peut donc dire que les populations rurales, c’est-à-dire la majorité de la population congolaise, risquent de n’être qu’insuffisamment enrôlées sans que ce soit de leur fait ou par leur mauvaise volonté, avec la conséquence qu’elles vont se voir attribuer un nombre de sièges non proportionnel à leur importance démographique : les provinces majoritairement rurales ainsi que, dans chaque province, les populations rurales seront sous représentées; ce qui signifie a contrario que les provinces plus ou moins urbanisées ainsi que, dans chaque province, les populations urbaines seront sur-représentées. Pour ne pas être mal interprété, ou qu’on ne me prête pas des intentions que je n’ai pas, je ne donnerai pas des exemples des entités ainsi favorisées et de celles qui seraient défavorisées. Mais, qui ne comprend pas que nous risquons d’une part d’aller au devant des élections organisées pour les citadins et, d’autre part, de connaître entre les provinces et entre les territoires des inégalités que rien d’objectif ne saurait justifier?

Le projet de loi électorale

Lorsque, seul, j’ai évoqué les défauts et insuffisances du projet de loi électoral que venait de concevoir l’équipe technique installée auprès de la CEI, ceux qui se sentaient morveux se sont mouchés en dénonçant confidentiellement ma démarche. Je ne suis pas peu fier d’avoir pris alors cette initiative : mes critiques ont effectivement eu un certain effet, même si les interférences des gens intéressés ont empêché les experts d’aller plus loin dans les modifications à apporter à ce qui leur a été présenté péremptoirement comme des « options » à l’encontre desquelles ils ne pouvaient aller. Or, justement, certaines de ces « options » sont de nature à contredire les objectifs poursuivis par les élections, une représentation aussi fidèle que possible de toutes les composantes socio-politiques de la population congolaise, aussi bien toutes les forces politiques et sociales significatives que les entités territoriales qui sont au Congo, heureusement, la base de la représentation en lieu et place de circonscriptions artificielles et à découpage partisan et inégalitaire; certaines d’autres options aboutissent à. l’inefficacité des administrations provinciales et locales.

Les options sur les circonscriptions électorales proposent dans certaines de leurs variantes que la circonscription pour l’élection des députés soit le district ou le territoire national tout entier, avec, dans ce dernier cas, listes nationales. Il y aura d’abord des difficultés financières liées au coût d’une campagne sur une si vaste circonscription, et ensuite que, dans la mesure où une liste nationale ne comprend pas nécessairement des candidats de tous nos territoires et districts, plusieurs entités administratives, notamment des territoires et quelques districts, risquent de ne pas être représentées. Il y a là une double inégalité : entre les forces politiques parce que les plus riches, c’est-à-dire, la bande des trois belligérants de la coalition gouvernementale actuelle, seront seules capables de faire face à une campagne coûteuse; et entre les entités administratives dont quelques-unes n’auront pas de représentation; c’est un système qui exclut certaines forces politiques et certaines régions du pays. La solution logique et équitable est de faire du territoire la circonscription électorale des députés.

Par ailleurs, le mode de scrutin pose problème même si le projet a fait quelque progrès après mes critiques de l’avant-projet antérieur. En effet, la note technique explicative des experts eux-mêmes reconnaît la complexité de scrutin dit « mixte »; mais en même temps elle semble ne réserver la représentation proportionnelle qu’à un scrutin de listes nationales avec la république comme circonscription. Il faut éviter des confusions : certes la représentation proportionnelle implique des circonscriptions ayant plusieurs sièges à pourvoir, mais il suffit qu’il y en ait plus d’un, le mode de répartition par quotient électoral établit une équité presque parfaite et ne consacre pas des distorsions. Donc, ici aussi avec la proportionnelle, le territoire devrait être la circonscription électorale; étant entendu que dans les territoires qui, en raison du quotient, n’auront droit qu’à un seul siège, le scrutin uninominal majoritaire s’impose sans autre possibilité, tandis que les territoires dont la population n’atteint pas le quotient électoral devront avoir droit à un siège qui leur est ainsi garanti par équité et démocratie, là aussi ce serait le scrutin uninominal. D’ailleurs, la justice et l’équité voudraient que si une circonscription peuplée garde un reste très important par rapport au nombre de sièges auquel elle a droit en raison du quotient électoral, p.ex. un reste démographique supérieur à la moitié du quotient, on li attribue un siège supplémentaire. De telle sorte que le nombre des députés fixé à 400 ne doit pas être immuable, il faut penser à y ajouter les députés qui devront représenter les territoires dont la population n’atteint pas le quotient électoral, ainsi que les sièges supplémentaires du fait que certains territoires peuvent avoir un reste représentant une fraction importante du quotient électoral. Une telle considération n’est pas inédite : le projet de constitution prévoit un cas semblable lorsqu’aux sénateurs élus dans chaque province et dont le nombre est prévisible, il ajoute des sénateurs cooptés ‘notamment des chefs coutumiers) dont le nombre ne peut être connu d’avance. Ainsi, pour éviter l’iniquité de la non représentation de certains territoires et l’exclusion des partis pauvres, c’est le territoire et la ville qui doivent être la circonscription électorale du député; pour éviter l’inégalité de représentation et parfois l’exclusion de certaines forces politiques, c’est la proportionnelle qui devrait être le mode de scrutin, avec le scrutin uninominal pour les territoire n’ayant droit qu’à un seul siège et pour ceux qui, même si leur population n’atteignait pas le quotient électoral, devraient avoir droit à un siège. Nous aurons ainsi un scrutin clair, simple à comprendre pour tout le monde et simple à appliquer pour l’attribution de sièges en fonction des résultats et des suffrages obtenus par chaque liste dans les territoires ayant plusieurs sièges (la proportionnelle au plus fort reste) ou par chaque candidat présenté par un parti ou indépendant dans les territoires à un seul siège (scrutin uninominal).

Concernant les implications de l’efficacité des administrations locales élues. Nous nous trouvons dans une organisation administrative qui attribue d’importantes responsabilités aux entités de base pour leur développement et attribue aux organes locaux de nombreuses compétences et tâches. Cela exige que ces entités soient outillées et équipées pour y faire face : ce n’est pas avec un maire et un adjoint, un bourgmestre et un adjoint, un chef de secteur et un adjoint qu’un travail presque gouvernemental va être effectué à ces trois niveaux du développement à la base; ou alors on ne sait pas de quoi il s’agit, restant dans le système actuel qui n’avait aucune préoccupation de développement. D’ailleurs, en Belgique il y a le système d’ « échevinat », tandis qu’en France il y a plusieurs adjoints chargé des différents secteurs d’activités urbaines ou communales, etc. C’est également la raison pour laquelle, les élections à ces niveaux ont pour objet de constituer des équipes soutenues par des majorités au service d’une politique et d’un programme annoncés; c’est pourquoi les exécutifs provinciaux, urbains municipaux et locaux doivent émaner de la majorité élue au conseil correspondant : le gouvernement provincial ne doit pas être un gouvernement personnel, individuel, mais émaner de la majorité à l’assemblée provinciale qui va donc présenter ses candidats, un « ticket » gouverneur-vice gouverneur, de même à la ville et à la commune où l’équipe exécutive doit émaner de la majorité au sein du conseil. L’option de candidats individuels se présentant à l’un quelconque des postes des exécutifs des entités décentralisées n’a plus aucun sens et ne présente aucune logique, tandis que la logique démocratique exige également que le gouverneur, vice-gouverneur, le maire, le bourgmestre et leurs adjoints soient eux-mêmes membres élus de l’assemblée et des conseils correspondants, ainsi ils seront en quelque sorte issus des suffrages de leur population.

Le projet de constitution

Je ne reviens pas dans ces lignes sur les options fondamentales, notamment sur le choix ou le non-choix d’un régime politique clair, ni sur le fait que l’organisation des pouvoirs publics et la répartition des pouvoirs au sein de l’exécutif maintiennent un pouvoir personnel et déséquilibré au profit du président de la République sans qu’il réponde de ces attributions importantes qu’il reçoit au niveau du pouvoir gouvernemental. Mais, je ne peux ne pas mettre en exergue l’absence d’un système effectif de responsabilité pénale des dirigeants, au moment où tout le monde se plaint de la mauvaise gouvernance, alors qu’on assiste à la mise en œuvre à grande échelle de cette même mauvaise gouvernance par le « système de dépouilles » dit de partage des responsabilité qui met en coupe réglée le patrimoine national au profit d’intérêts égoïstes de quelques individus et de quelques partis politiques. Je ne peux pas non plus passer sous silence les nombreuses imperfections qui rendent nombre de dispositions incompréhensibles, contradictoires ou inapplicables.

Mais, avant ces deux points, je voudrais que l’on sache que certaines autres faiblesses du projet de constitution ont un impact négatif sur la loi électorale. En effet, les auteurs du projet ont tout simplement oublié, ou ne le savaient-ils pas, de précisé le principe que les organes des entités décentralisées émanent d’élections, de même il ne dit pas quels sont les organes des entités décentralisées. Du coup, c’est la loi, elle a beau être électorale, mais c’est une loi ordinaire, pas organique, qui va régler ainsi une matière constitutionnelle, qui fixe quels sont les organes et locaux et lesquels de ces organes doivent être élus. La logique juridique c’est que si la constitution, qui organise la décentralisation, n’indique pas que tel organe est élu, même s’il s’agit d’une entité décentralisée, il ne devrait pas y avoir élection. Il y a donc un vide dans ce projet, qu’il faudra bien combler.

En effet, comment comprendre que quand l’exposé des motifs prétend vouloir mettre fin à l’impunité et à l’immoralité, la constitution assure aux dirigeants politiques une impunité absolue. Je suis étonné que certains continuent encore de parler du « rapport Bakandeja » sans se rendre compte qu’il est bien mort, mis en échec par des mécanismes constitutionnels, déjà présents dans la constitution de transition, qui ne permettent pas de donner une la suite juridique et pénale qu’impliquent les conclusions du rapport? Le système mis en place par la constitution de transition dans ses articles 143 à 145, qui est repris et même aggravé par les dispositions floues et inapplicables des articles 164 à 169 du projet de constitution, prévoit que des membres de l’exécutif ne puissent être mis en accusation et poursuivis qu’après le vote de l’Assemblée nationale acquis à la majorité des deux tiers pour le président et le premier ministre, ou à la majorité absolue pour les autres membres de l’exécutif. Tout le monde sait qu’il est presque impossible de réunir ces conditions. Par ailleurs et surtout, un tel système, en faisant intervenir le législatif dans l’exercice de la Justice, empiète sur la compétence que la constitution (article 147 al.2 du projet de constitutionnel) attribue exclusivement au pouvoir judiciaire dont il est dit qu’il est « indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif » (art. 147 de la constitution de transition, article 149 du projet de constitution actuel. Enfin, voilà un régime qui installe l’inégalité entre les citoyens : une justice immunitaire des « citoyens d’en-haut » délinquants à col blanc, et une justice tortionnaire des « citoyens d’en-bas » délinquants ordinaires et vulgaires, impunité pour les premiers, féroce répression pour les seconds. De cette façon, les gestionnaires de l’Etat, de l’économie, des finances, des biens et des personnels de l’Etat et des services publics ne seront soumis à aucun contrôle effectif; le projet de constitution, loin de combattre l’impunité et l’immoralité, les encourage, pérennisant ainsi les maux dont notre pays souffre en permanence et que tout le monde dit vouloir combattre; en cela ce projet est immoral et scélérate. Enfin, toutes les personnes dotées d’une autorité au sein des pouvoirs publics, parlement, gouvernement, cours et tribunaux, organes provinciaux (soit dix séries de catégories d’autorités), ne sont justiciables pour quelques faits que ce soit, que devant la Cour de cassation qui les juge en premier et dernier ressort (c’est-à-dire sans voie de recours, ni appel ni cassation) : comment un « simple Congolais » dont les droits ou intérêts auraient été violés ou lésés par l’une de ces personnes (l’expérience montre que c’est le cas le plus courant) pourrait-il atteindre la juridiction suprême, dont le siège est pour certaines pauvres victimes à près de 2000 km, et dont la procédure est complexe et compliquée? Ce système revient à ainsi sacrifier les droits et les intérêts des citoyens du peuple aux privilèges, avantages et intérêts des grands; tandis qu’il viole le principe du droit procédural, qui est en même temps principe des droits de l’homme, dit de la « double juridiction », garantissant à chacun le droit de disposer de voies de recours contre des décisions de justice (prévu par l’article 23 de la constitution de transition et par l’article 21 du projet de constitution).

S’agissant des imperfections dont est truffé le projet de constitution, je n’en prendrai que quelques exemples sans citer toutes les bourdes de légistique, tellement elles jonchent les pages :

-L’article 85, relatif à l’état d’urgence, précise que pour déclarer l’état d’urgence le président de la République consulte les présidents des deux chambres « conformément aux article 144 et 145 », or ces articles ne parlent nulle part d’une telle consultation.

-L’article 91 relatif à la responsabilité gouvernementale, voulant se référer aux dispositions sur les modalités de la mise en jeu de cette responsabilité, renvoie aux articles 90 et 100 qui n’ont rien à voir avec cette matière.

-L’article 144 dit qu’en cas de déclaration de l’état d’urgence, l’Assemblé nationale et le Sénat se réunissent de plein droit, et si ils ne sont pas en session, il sera convoqué une session extraordinaire « conformément à l’article 114 », or celui-ci ne traite pas de la convocation des sessions extraordinaires mais de la session d’office de chaque chambre immédiatement après les élections en vue de son organisation et de l’élection de son bureau.

-L’article 148, relatif à la dissolution de l’Assemblée nationale, dit en son dernier alinéa que la session ordinaire ou extraordinaire est de droit retardée pour permettre le cas échéant l’application des dispositions de l’article 144 qui, lui, concerne l’état d’urgence; quel rapport?

-L’article 207 stipule que « Tout chef coutumier désireux d’exercer un mandat public électif doit se soumettre à l’élection, sauf application des dispositions de l’article 198 alinéa 3 », or l’article 198 alinéa 3 concerne la désignation des ministres provinciaux au sein ou en dehors de l’assemblée provinciale; quel rapport y a-t-il entre les deux pour que l’article 207 se réfère au 198 al.3?

Prof. Auguste MAMPUYA KANUNK’a-TSHIABO/Tiré du journal Le Potentiel

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Bukavu : « Un climat de peur épouvantable », selon Reporters sans frontières

01 septembre 2005 - Un mois après l'assassinat du militant congolais des droits de l'homme Pascal Kabungulu Kibembi, Reporters sans frontières exprime sa consternation devant le « climat de peur épouvantable » qui pèse sur les journalistes travaillant à Bukavu et dans les provinces de l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'organisation appelle les autorités de Kinshasa à « trouver des solutions justes et pérennes » aux différents problèmes énoncés par les professionnels des médias, confrontés à une violence permanente dans les provinces. Reporters sans frontières exhorte les mouvements politiques congolais à « prendre des mesures énergiques pour assurer publiquement la profession de leur respect » et pour que « les criminels de la liberté de la presse ne se voient pas accorder, comme aujourd'hui, une place de choix dans le débat démocratique ». Reporters sans frontières appelle enfin l'Organisation des Nations unies (ONU) à « prendre sérieusement en compte » les conditions de travail de la presse dans la préparation et l'évaluation des scrutins à venir en RDC. 

Pascal Kabungulu Kibembi, âgé de 55 ans, a été assassiné par balles à son domicile de Bukavu (Est), en présence de sa famille, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2005. Peu après 3 heures 30 du matin, deux hommes en uniforme et un homme en civil, armés de fusils-mitrailleurs AK-47 et de couteaux, sont entrés par effraction au domicile du secrétaire exécutif de l'association Héritiers de la justice, basée à Cyangugu, au Rwanda, et vice-président de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL), basée à Kigali, capitale du Rwanda. « Aujourd'hui est ton dernier jour, lui aurait lancé l'un des inconnus, en langue swahili. Tu te crois invincible à cause de ce que tu écris et déclares dans les journaux et les radios. On en a marre de vous autres, journalistes et militants des droits de l'homme, qui croyez refaire le monde. » Devant ses enfants et sa femme, ils l'ont abattu d'une rafale de Kalachnikov dans le ventre. Les assassins se sont enfuis en emportant le téléphone, l'ordinateur, le téléviseur et le magnétoscope de leur victime. 

Depuis cet assassinat, les journalistes de l'est de la RDC vivent dans la peur. « Nous sommes obligés de nous autocensurer si nous ne voulons pas y laisser notre peau, a déclaré à Reporters sans frontières un journaliste de la radio communautaire Maendeleo, sous couvert de l'anonymat. Dans le contexte actuel où la vie d'un journaliste ou d'un militant des droits de l'homme ne vaut rien, comment voulez-vous que nous disions ce que nous savons? » 

Après l'exécution de Pascal Kabungulu, que la plupart des journalistes de la région considéraient comme un confrère, les soupçons se sont unanimement portés vers le lieutenant-colonel Thierry Ilunga, commandant de la 105e brigade des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et ancien cadre de la rébellion soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, aujourd'hui intégrée à la vie politique congolaise. En mai 2003, le lieutenant-colonel Ilunga avait publiquement menacé de mort le militant des droits de l'homme après que ce dernier avait publié un rapport sur le pillage des ressources minières du Kivu organisé par son mouvement armé, le RCD Goma. « Personne ne me fera croire que Pascal Kabungulu a été assassiné parce qu'il appartenait à la société civile, conclut le journaliste de Maendeleo. Il a été tué à cause de ce qu'il a écrit sur les méfaits, massacres et pillages organisés par les Rwandais et les gens du RCD. » 

Interrogés par Reporters sans frontières, la plupart des journalistes de la région évoquent une « liste noire » des journalistes et militants des droits de l'homme à abattre. « Qui, plus que nous, est exposé à la vindicte de ceux qui prétendent continuer de diriger ce riche pays? » explique le rédacteur en chef de l'hebdomadaire L'Aurore. « Les éternels assoiffés de pouvoir savent très bien que nous détenons, dans notre mémoire ou dans nos archives, les preuves de leurs crimes. Nos informations, évidemment, feront pencher la balance en leur défaveur au moment des élections. » Et ce climat d'insécurité permanente est alimenté par l'apparente impunité dont bénéficient les agresseurs de journalistes. Quelques jours après l'assassinat de Pascal Kabungulu, le lieutenant-colonel Thierry Ilunga est ainsi venu, arme au poing, libérer deux suspects qui avaient été mis aux arrêts par la police, le capitaine Gaston et le lieutenant Vasco. Pour se justifier, le lieutenant-colonel a affirmé que les deux hommes avaient été placés « en résidence surveillée ». 

De nombreux journalistes et militants des droits de l'homme de Bukavu avouent donc sans fausse honte qu'ils préféreraient, s'ils le pouvaient, quitter la région avant les élections. « Soyons sérieux! », a expliqué à Reporters sans frontières un journaliste de la radio publique RTNC, de passage à Uvira, à 130 km de Bukavu. « A moins d'être fous, téméraires ou suicidaires, à moins de vouloir devenir des héros, la seule solution pour nous, c'est de fermer notre gueule et de laisser du temps au temps. » Le macabre exemple de Pascal Kabungulu a ainsi achevé de convaincre les journalistes locaux, comme les correspondants, qu'ils n'avaient pas vocation à se transformer en Don Quichotte de l'information. Nombre d'entre eux affirment recevoir régulièrement des menaces, assumées ou anonymes, sans pour autant les signaler aux organisations de défense des droits de l'homme ou de la liberté de la presse. « Aujourd'hui, pensez-vous que, moi, pauvre journaliste, père d'une nombreuse famille qui ne compte que sur ma tête et mes deux bras, je vais mettre ma tête sur le billot, sous prétexte de faire un travail impeccable? », demande le correspondant d'une agence de presse étrangère à Bukavu. « Franchement, non. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est de la prudence. » 

Les « barons » de la politique congolaise, appuyés ou non par des hommes en armes, font donc régner leur propre loi, dans ce territoire de l'Est si convoité par les puissances voisines. Le gouvernement fédéral, assemblée fragile d'anciens belligérants, n'insiste pas pour rétablir l'état de droit dans cette région volatile aux frontières du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi. Par conséquent, alors que se profilent à grand-peine des consultations électorales nationales, les appétits des baronnies locales se sont aiguisés et leurs stratégies se sont affinées, disent les journalistes. « Non seulement ils ont plein d'argent, mais en plus ils ont très bien compris le rôle et l'importance des médias en période électorale », déclare une femme journaliste de la radio communautaire Maria Malkia wa Amani (Marie Reine de la Paix), appartenant à l'archevêché catholique de Bukavu. « La plupart d'entre eux possèdent d'ailleurs leurs propres journaux, leurs propres chaînes de radio ou de télévision. Je ne serais pas étonnée de voir, dans les prochains mois, un foisonnement de médias privés à la solde de tel ou tel individu, ou de tel ou tel mouvement politique. » Lorsque certains médias se seront mués en organes de propagande, contredire leur ligne éditoriale, en révélant des fraudes électorales ou en rappelant le passé sulfureux de certains candidats par exemple, pourra exposer les journalistes indociles à de sévères représailles. 

Et même si elles se déroulaient dans la paix, la tenue effective d'élections générales en RDC ne signifierait donc pas pour autant que les journalistes ne travailleraient plus dans ce climat de psychose permanente. « Dans le Kivu comme ailleurs dans le pays, la plupart des journalistes n'oseront jamais révéler certaines informations préjudiciables aux intérêts post-électoraux de certains candidats », assure le journaliste de la RTNC. « Ce que les gens ignorent ou minimisent, c'est que les prétendants au trône sont souvent des vautours », résume, laconique, la journaliste de la radio de l'archevêché.

Léonard Vincent, Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie 75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 84 Fax : (33) 1 45 23 11 51
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Web : www.rsf.org

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Le Congo malade de ses princes « Ngirabantware »

02 septembre 2005 - Tout Congolais se pose la question de savoir où va la Rdc aujourd’hui. Avec un gouvernement qui n’a ni assise politique, ni la légitimité. Parce que tirailler par divers commanditaires dont chacun a ses propres prétentions. Les Congolais se sentent flouer par la communauté internationale qui présida à la médiation qui permit la signature des accords de Sun City, et la mise en place de ce gouvernement de transition avec sa monstrueuse formule de 1+4. En effet, bien que le noyautage du pouvoir congolais commença, dès l’annonce de la mort de M’Zee L. D. Kabila. La communauté internationale qui assura la paternité de toutes les négociations qui permirent, l’arriver de ces institutions de la transition; aurait pu avant tout rechercher la cohérence, la compétence et surtout l’appartenance des acteurs à la communauté congolaise, dont ils prétendaient représenter. Toutefois, nées avec les accords de Sun City qui leur conféraient la légalité, les institutions de la transition se sont disqualifiées depuis le 30 juin 2005; du fait de non respect du programme contenu dans ces mêmes accords, au terme de leur durée légale de 24 mois. Ce qu’il faut savoir est que la légalité, n’est pas la légitimité. Or les institutions de la transition devaient tirer leur légitimité dans l’application scrupuleuse du programme d’accompagnement de ces accords. Chose qui n’a pas été fait. D’autre part, un gouvernement qui n’assure pas la défense du territoire national et l’intégrité de celui-ci; perd de ce fait sa légitimité. Or, à Sun City; les acteurs de la transition avaient reçu une mission à savoir :
1° Constituer une armée nationale unifiée, intégrée et républicaine.
2° Bouter hors du territoire national toutes les forces négatives (Far et les milices interahamwe). 
3° Mettre fin à l’insécurité qui sévit à travers la Rdc. 
4° Organiser les élections libres, transparentes et démocratiques.

A ce jour, aucun de ces objectifs n’a été atteint. Brossant la situation du pays en guise du bilan de la transition le 30 juin dernier, Monsieur Joseph Kabila reconnaîtra lui même l’échec patent de son régime. En bon démagogue, Kabila parlera des réalisations de son gouvernement dont on ne perçoit pas, et qu’il présente comme des réussites. Mais finira quand même à reconnaître l’échec de celui-ci. Drôle de constat! Cependant, l’impéritie de ce gouvernement n’est pas due au manque des moyens. A en croire le Président de la communauté économique Européenne, Monsieur Barroso. Mais plutôt, la volonté politique qui a surtout manqué aux acteurs de la transition. Et pour cause, ces institutions sont truffés des personnalités à la nationalité douteuse et plus est acquise pour la plupart à la cause de nos agresseurs directs qui sont l’Ouganda et le Rwanda. Ainsi, au lieu de travailler pour la réalisation du programme définit en Afrique du Sud, l’espace Présidentiel s’est attelé à la réalisation du programme d’un autre accord appelé « l’accord de Lemera ».

Je ne suis pas d’accord avec ceux qui présentent les manifestations qui ont émaillées les festivités marquant le 45è anniversaire de l’Indépendance de la Rdc d’abord, comme un échec, et, en attribuent la paternité au seul Udps d’Etienne Tshisekedi ensuite. Ce que je voudrai dire ici, est que tous les Congolais qui ont bravé l’autorité nationale ce jour là; n’ont pas tous répondu au mot d’ordre de l’Udps. Ce jour là, les Congolais ont voulu tout simplement exprimer leur mécontentement non seulement vis à vis des autorités nationales, mais aussi, et surtout de la communauté internationale.

Pourquoi? parce que dans sa grande majorité, le peuple congolais a compris. Les congolais savent que Monsieur Kabila et ses acolytes ne mèneront le Congo nul part, le pays continuera à s’enfoncer et nous devons nous préparer à des pires moment dans si peu de temps. Car tout ce qui se passe au sommet de l’état n’est que distraction, mensonge et compagnie. Le vrai travail des autorités congolaises se fait ailleurs.

En fait, si en terme plus ou moins voilés, les principaux responsables de la sécurité d’un Etat; en l'occurrence Messieurs Mbemba Ministre de l’Intérieur et le Général Etumba Commandant des renseignements militaires, reconnaissent les menaces qui pèseraient sur les institutions du pays et plus particulièrement le processus électoral, sans qu’ils n'aient donné des indications sur la stratégie mise en place pour mettre fin à ces menaces, il y a là un aveu d’impuissance. En outre, si nous considérons que ces menaces qui pèsent sur le pays sont pour la plupart, les œuvres des responsables militaires de quelques factions ou composantes qui siègent au plus haut niveau des instances de la transition; il y a là une trahison.

Comment pouvons-nous accepter, qu’un gouvernement fondé sur la base de composantes qui se sont livrées des guerres fratricides et dont les principaux leaders ont intégrés les instances gouvernementales nationales, après un accord dit de réconciliation, que, les branches militaires de ces mêmes composantes se comportent comme si de rien n’était. Ils continuent à semer les désordres, la terreur et l’insécurité dans le pays, tuant, violant les populations civiles sans défense; sans que personne ne lève la voix pour dénoncer cette ambiguïté doublée des actes de forfaitures; il y a là quelque chose qui échappe à la logique intellectuelle.

A quoi servent ces accords de Sun City, si chaque composante continue à recevoir les ordres de ses commanditaires respectifs? Nous avons vu comment le Mlc a traité le problème de son ex-ministre des affaires Etrangère, cédant aux injonctions de son commanditaire Monsieur Y. Museveni. Il sied de signaler ici les actes de barbarie auxquelles nous assistons dans l’Est du pays dont les auteurs ne sont autres que des généraux (L. Kundabantware) de Rcd-Goma, obéissant aux ordres de Monsieur Kagame. Alors que ces officiers et leurs lieutenants bénéficient des largesses de la République jusqu’à ce jour. Manifestement, il y a là un problème de fond dans la transition en Rdc.

Que font Messieurs J.P. Bemba, O. Kamitatu et bien d’autres à Kinshasa? Travaillent-ils pour l’Ouganda ou la Rdc? Que font à Kinshasa Messieurs Ruberwa, Bizima et bien d’autres qui occupent d’importantes fonctions dans l’administration congolaise? Travaillent-ils pour le Rwanda ou la Rdc? Qu’elle est la réponse des autorités congolaises à la prolifération des milices armées à l’est du pays, principalement dans les deux provinces du Nord et Sud Kivu? Qu’attendent les autorités congolaises pour désarmer et bouter hors du pays les Far et les milices Interahamwe? Qu’est ce qu’il faut de plus pour que nous comprenions? Sommes-nous devenus des aveugles à ce point? 

Aujourd’hui, tout ce que Monsieur Honoré N’Gbanda a dit se vérifient. Malgré cela, à Kinshasa tout se fait avec une frénésie maladive. Le noyautage qui, à l’avènement de Kabila II était vécu comme un hold-up, est entériné et renforcé par les accords de Sun City qui érigent la Rdc au rang des Etats de non droit. La corruption devient l’arme principale de l’exercice du pouvoir. Tout le monde est au courant, mais personne n’en parle. Tels des somnambules, les Congolais s’acheminent aux élections dites libres, transparentes et démocratiques. Comme si tout était parfait. Alors que, lorsqu’il s’agit de défendre la paix intérieure de la nation, l’unité et l’intégrité de la République, on ne peut pas transiger.

C’est pourquoi nous affirmons ici : l’insécurité et le désordre qui règnent dans l’est du Pays sont voulus, entretenus et de surcroît organiser et planifier par les princes qui nous gouvernent. Cette stratégie répond à un seul objectif : La Realisation de l'accord de Lemera. C’est le problème majeur de cette transition, auquel tout congolais doit s’atteler pour apporter une réponse adéquate avant d’aller aux élections. Ceci ne concerne pas l’Onu ni la communauté internationale. C’est l’affaire des congolais et c’est à eux seuls de le résoudre.

Congolais, ne laissons pas l’avachissement gagner le mouvement enclencher le 30 juin. L’histoire nous apprend ce que l’expérience nous prouve : Un régime ne se réforme pas de lui même. Seule la pression de l’opinion, suscitée par les événements peut amener le régime à céder la place à un autre, plus adapté à la conjoncture. J’ai parlé de la nécessité du retour à l’Indépendance nationale car, à nos yeux, l’indépendance de la Rdc n’est pas assumée par ces princes Ngirabantware, et, dès lors, leur pouvoir n’est pas légitime. Dans le même ordre d’idée, les accords de Sun City; instrument de leur légalité n’étant pas respectés, sont tombés en désuétude. D’où la caducité de ceux-ci depuis le 30 juin 2005.

François Nzitanu-Fambonga

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Les Congolais de Strasbourg demandent aux deputés européens d'auditer les fonds engagés au Congo

05 septembre 2005 - Dans un mémoradum à remettre ce lundi à chacun de 730 deputés européens réunis en session de septembre, les congolais de Strasbourg demandent aux parlementaires européens de diligenter un audit sur les fonds engagés en République démocratique du Congo. Et, si les cas de malversations ou de détournements s’avéraient fondés, ils leur recommandent d’engager de poursuites contre les responsables. Ci-dessous, le texte intégral dudit mémorandum. 

Sauvons un peuple, Sauvons une nation, 
Sauvons le Congo-Zaïre

Mémorandum adressé aux parlementaires européens

La communauté congolaise de Strasbourg vous adresse ce mémorandum car l’Union européenne (EU) demeure pour le moment le plus grand bailleur de fonds de la République démocratique du Congo. Elle intervient dans plusieurs projets notamment dans le processus électoral, la formation de la police et d’une armée républicaine. Et des fonds très importants sont ainsi engagés.

La communauté congolaise de Strasbourg ne peut que vous en féliciter et vous en remercie dans la mesure où ces efforts et soutiens peuvent concourir à la réalisation des aspirations profondes du peuple congolais pour l’émergence d’un État de droit, résolument tourné vers l’avenir, dans le respect strict des droits fondamentaux de tout congolais sans exception.

Malheureusement, il importe de souligner et de constater qu’aujourd’hui la République démocratique du Congo est en réalité un « État fictif ». L’’État congolais n’exerce plus son autorité dans certaines contrées du pays notamment à l’Est où des bandes criminelles font régner l’insécurité.

La situation se présente comme suit :

° La formule « 1+4 » dont les limites sont flagrantes est plutôt un véritable goulot d’étranglement qu’un modèle de bonne gouvernance, car les ambitions partisanes et égoïstes des uns et des autres sont incompatibles; Ce qui explique l’échec de la réalisation des objectifs de la transition. La prolongation de celle-ci nous laisse pessimiste.

° L’impunité est érigée en mode de gouvernement. La corruption et le clientélisme généralisé et endémique ont atteint des proportions inquiétantes. De nombreux cas de corruption ont été publiés par la presse ou dénoncés par les ONG locales et internationales, les chefs religieux, voire les diplomates en dépit du droit de réserve sans que ces réactions préoccupent les autorités politiques.

° Les violations des droits de l’homme sont massives. Elles se traduisent entre autres par les massacres de populations civiles et autres actes de barbarie, ainsi que les viols et les agressions sexuelles. Aujourd’hui, les enlèvements et enrôlements des enfants mineurs dans les milices se sont considérablement banalisés en République démocratique du Congo. A ce jour, les auteurs de toutes ces violations ne sont ni poursuivis, ni inquiétés.

° Avec la complicité de certains pays frontaliers, les pillages des richesses naturelles surtout minières (diamant, cobalt, uranium) sont systématiques. L’enquête diligentée par l’Onu à ce propos n’a jamais connu une quelconque suite fiable et le phénomène ne cesse de s’amplifier. L’opinion internationale attendrait-elle sans doute que certaines matières stratégiques comme l’uranium tombent entre les mains de réseaux terroristes pour oser lever le ton?

Au regard de tout ce qui précède, et s’appuyant sur des inquiétudes légitimes exprimées notamment par rapport aux élections sous l’égide de ceux qui détiennent le contrôle de l’armée, des renseignements, de la police, des finances et des médias, la Communauté congolaise de Strasbourg vous demande :

° de bien vouloir vous enquérir, en cette période de restrictions budgétaires, de l’usage des fonds européens, qui sont au demeurant l’argent du contribuable européen, engagés en République démocratique du Congo;

° de diligenter un audit sur les fonds engagés en République démocratique du Congo. Si les cas de malversations ou de détournements s’avéraient fondés, d’engager de poursuites contre les responsables;

° d’interpeller la commission européenne sur les garanties qu’elle a pu exiger et obtenir de la part du gouvernement de la République démocratique du Congo et de la commission électorale indépendante sur les caractères transparents, équitables, impartiaux et démocratiques des prochaines élections pour engager des fonds européens colossaux (plus de 100 000 000 €);

° d’obtenir des acteurs politiques congolais sans exclusion et des organismes internationaux comme la Monuc (Mission des Nations Unies au Congo), le Ciat (Comité international pour l’accompagnement de la Transition dont quelques pays européens sont membres) une double évaluation : d’une part celle de la normalisation de la vie politique en République démocratique du Congo et d’autre part celle de l’évolution des préparatifs des élections afin que des fonds européens ne soient tous engloutis dans une entreprise vouée à l’échec par manque d’expertise ou par excès d’optimisme, tel que l’a dernièrement exprimé le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire.

° de favoriser, avec l’implication de la communauté internationale, le retour effectif et rapide, des réfugiés rwandais dans leur pays, comme signe de détente et une « fenêtre de paix » dans la région des Grands Lacs. C’est même à la demande expresse de ces réfugiés estimés à 50 à 80 milles, réunis au sein du Fdlr (Front démocratique pour la Libération du Rwanda). Ils se déclarent prêts à affronter la justice de leur propre pays.

° d’enquêter sur les entreprises européennes impliquées dans le trafic et le pillage des ressources naturelles en l’occurrence le cobalt et le diamant. Ce qui prive « l’État congolais » de certains revenus!!

Il est urgent que la communauté internationale se penche au chevet de ce grand pays malade dont l’agonie ne cesse de s’aggraver au jour le jour malgré les millions d’euros investis dans un processus sans lendemain garanti, si le statu quo persiste. Il y a urgence à sauver un peuple, sauver une nation, sauver le Congo-Zaïre. Nous espérons ainsi avec votre soutien, contribuer à construire un avenir truffé d’espérances pour notre peuple sur le difficile et long chemin de la paix, de la justice et de la démocratie.

Strasbourg, le 5 septembre 2005

Communauté congolaise de Strasbourg
Les signataires (voir liste annexée)

Contact :

Communauté congolaise de Strasbourg
Chez Massamba Kisoka
2 rue de Crastatt
67200 STRASBOURG

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Eliminatoires Can-Mondial 2006 – 9ème journée : Les Simba battent les Ravalados du Cap-Vert : 2-1

05 septembre 2005 - La Rdc est désormais deuxième du groupe B des éliminatoires combinées Coupe d’Afrique des nations – Coupes du monde Allemagne 2006. Les Simba ont battu hier au stade des Martyrs les Ravalados du Cap-Vert par 2 buts à 1. Les Congolais disposent du meilleur goal average par rapport à l’Afrique du Sud battue le samedi 3 septembre au stade du 4 août de Ouagadougou par les Etalons du Burkina Faso (3 buts à 1). Les Congolais jouent leur dernier match en octobre prochain face aux Bafana Bafana d’Afrique du Sud à Pretoria.

Film du match

Pour cette rencontre à grand enjeu, Claude Le Roy titularise Pascal Kalemba dans les perches. L’axe central de la défense congolaise, assez inédit, est composé de Cyrille Mubiala et Gladys Bokese. Ce dernier joue pour la première fois dans ce compartiment de jeu. Nsumbu et Ilunga Hérita sont respectivement dans les couloirs droit et gauche. Ilongo Ngasanya Saddam et Milambo sont alignés en plein axe pour la récupération du ballon. Mputu Trésor (Kinkela) et Mbala Biscotte animent le jeu sur les côtés. Nonda Shabani est en pointe avec Lualua Trésor qui tourne autour de lui. Le sélectionneur Alexandro Alhinho du Cap-Vert démarre avec le portier José Manuel Monteiro da Veida dans les perches. En défense, on retrouve Rui Nuno Almeida Monteiro et José Jorge Carvalho sur les côtés. Dans l’axe de la défense, la charge est confiée à Nelson César Tavares Veiga et Janicio de Jesus Gomes Martins. Le milieu de terrain est constitué de Claudio Zelito da Aguiar, Victor Manuel Borges Moreno, Emerson Dos Santos Da Luiz et José Rui Tavares da Veiga. Sur la pointe de l’attaque, ce sont les deux flèches Arlindo Gomes Semedo « Cafu » et Carlos Pedro Silva Morais qui bénéficient de la confiance du sélectionneur Alexandre Alhinho.

Les Simba effectuent une bonne entame en ouvrant le score avant la fin de la deuxième minute de jeu. Lualua déboule sur la droite. Son centre au ras du sol est détourné en corner. Ilongo qui se charge de la réparation dépose le cuir sur la tête de Mubiala qui catapulte le cuir dans les buts de José Veiga. Les Capverdiens reviennent progressivement, prennent même le contrôle du match au milieu de terrain. A la 22ème minute, Bokese -dans son nouveau rôle de défenseur axial - commet une faute sur Aguiar en pleine surface de réparation. L’arbitre Guezzaz Mohamed du Maroc siffle et indique le point de penalty. Moraïs, le joueur de Al Ahly d’Egypte, tire et loge le cuir dans le petit filet de Pascal Kalemba.

C’est l’égalisation du Cap vert. Après ce but, les Simba perdent leur organisation tactique. Le jeu est hâché et la relance est approximative. L’équipe entraînée par Claude Le Roy pèchent dans l’animation offensive. Malgré ces minutes de passage à vide, les Simba résistent jusqu’à la mi-temps.

Les Congolais reviennent avec des meilleures dispositions. Ils sont plus organisés dans le jeu. Trésor Mputu revient au milieu pour apporter les ballons à son attaque. C’est d’ailleurs sur une balle récupérée dans l’entre-jeu que le petit prodige du Tp Mazembe signe le deuxième but à la 48ème minute sur une action individuelle.

D’une frappe à ras du sol de près de 25m, Trésor Mputu réussit à battre José Veiga. Les Simba reprennent l’avantage au tableau d’affichage : 2 buts à 1. Ilongo Ngasanya Saddam touche énormément de ballons au milieu de terrain. Lualua assez personnel en première période, change sa façon de jouer. Il se retrouve beaucoup plus sur le côté. Les Simba se font très tranchants devant les perches de José Veiga. Nonda Shabani buteur avec l’As Roma lors de la première journée du championnat, échoue plusieurs fois devant José Veiga. Mais les Capverdiens se font maîtres du jeu dans les dernières minutes. Le sélectionneur Claude Le Roy sort Mputu Trésor et Mbala Mbuta pour monter Kinkela Christian et Matumona Zola Rum. Les Simba gardent l’avantage jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre Guezzaz.

Dans l’autre match de ce groupe 2 des éliminatoires Can- Mondial 2006, les Blak Stars du Ghana ont assuré leur place de leader en dominant les Cranes de l’Ouganda par 2 buts à 0. La Rd Congo remonte à la deuxième loge avec 15 points devant l’Afrique du Sud battue (1-3) samedi par le Burkina Faso (4ème). Le Cap vert reste à la 5ème position tandis que l’Ouganda tire toujours la queue avec 4 petits points.

Les résultats dans les autres groupes

Groupe 1

Zambie- Sénégal : 0-1 Mali-Congo : 2-0 Togo-Libéria : 3-0

Groupe 3

Libye- Soudan : 0-0 Côte d’Ivoire- Cameroun : 2-3

Groupe 4

Zimbabwe- Rwanda : 3-1 Angola-Gabon : 3-0

Groupe 5

Maroc-Botswana : 1-0 Kenya-Tunisie : 0-2

Martin Enyimo & Aimé Katumba/Par Le Potentiel

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Ngbanda demande à l'Onu, l'Ue, et l'Ua d'aider les Congolais à mettre en place un gouvernement crédible et compétent

09 septembre 2005 - Pour ramener la paix et la sécurité au Congo, Honoré Ngbanda demande à l'Onu, l'Ue et l'Ua de s’investir d’abord avec tous leurs potentiels diplomatiques, matériels et humains pour aider le peuple congolais à mettre sur pied un gouvernement de transition crédible et compétent. Un gouvernement qui répondrait aux attentes du peuple congolais, pour réaliser dans les délais impartis, les conditions de base pour le retour rapide de la paix, de la sécurité et de la souveraineté, en vue de l’organisation des élections transparentes et crédibles. Il l'a fait dans une lettre ouverte à ces institutions. Ci-dessous, le texte intégral de cette lettre.

LETTRE OUVERTE DE L’ALLIANCE DES PATRIOTES CONGOLAIS 

- A Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies 
- A Son Excellence Monsieur le Président de l’Union Européenne 
- A Son Excellence Monsieur le Président de l’Union Africaine Excellences, 

Devant la tournure inquiétante que prend l’évolution de la crise multiforme de la République Démocratique du Congo, crise qui figure désormais parmi les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité, et devant le laxisme, l’incompétence et la malhonnêteté avérés des dirigeants politiques de la transition à gérer les causes fondamentales de cette crise, les patriotes congolais, réunis au sein de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (Apareco), se tournent résolument vers vous pour tirer publiquement la sonnette d’alarme, avant que cette situation ne devienne incontrôlable. 

En vous adressant cette lettre ouverte en ce moment fatidique de l’évolution de la crise en République Démocratique du Congo, nous voulons non seulement attirer publiquement votre haute attention sur l’extrême gravité de la calamité qui menace aussi bien notre peule que ceux de la région des Grands Lacs, mais nous tenons aussi et surtout à vous exprimer les profonds sentiments de frustration, de lassitude, d’angoisse et de ras le bol de la grande majorité du peuple congolais, à l’égard de ses dirigeants politiques et de la manière dont le dossier de cette crise congolaise est gérée par l’ensemble de la Communauté internationale. 

En vous décrivant, à travers cette lettre ouverte, l’état des lieux de la situation de crise dans notre pays, notre démarche vise à attirer votre attention, Excellences, sur les préoccupations sécuritaires et politiques du peuple profond, celui qui souffre dans sa chair et qui a l’impression que la Communauté internationale banalise ses souffrances en bâclant la solution de ce drame qui menace son existence même. 

Et pour ce faire, l’Alliance des patriotes congolais s’est mobilisé partout à travers le pays, pour recueillir les images, les documents, et les témoignages directs des victimes et des membres des familles des victimes, des paysans, des chefs coutumiers, des commerçants congolais et étrangers, des officiers et des soldats des différentes fractions belligérantes, des prêtres, des évêques, des pasteurs, des enseignants, des étudiants et des simples voyageurs qui proviennent de cette région trouble de la RDC, en proie aux conflits et aux horreurs innommables. Nous avons reçu les témoignages confidentiels de certains réfugiés hutus rwandais enrôlés par le gouvernement du Rwanda dans les rangs des milices dites INTERAHAMWE. Nous avons ensuite recoupé les différents témoignages et récits pour les vérifier, en vue d’en éliminer, tant que faire se peut, les rumeurs, les inventions et les produits de la distorsion ou de l’invention des hommes. Nous avons organisé des voyages dans les régions concernées et nous avons fait sortir du pays certains témoins importants pour recueillir dans les moindres détails leurs témoignages. Nous sommes donc certains des faits que nous vous exposons, et du sentiment réel des Congolais qui souffrent dans leur chair et dans leur sang, des affres de cette guerre meurtrière qui dure déjà près d’une décennie. 

Vous n’êtes pas sans savoir, Excellences, que toutes les trois composantes belligérantes qui se sont retrouvées à Sun City et à Pretoria en Afrique du Sud pour se partager le pouvoir étaient toutes, sans exception, l’émanation des dirigeants politiques des pays agresseurs de la RDC. La composante Gouvernement a été portée au pouvoir par les agresseurs rwandais et ougandais en 1997, tandis que les deux autres composantes belligérantes ont été crées par les mêmes agresseurs de la RDC en 1998, suite à la brouille intervenue entre eux et leur protégé LD Kabila. C’est une vérité historique que personne ne peut plus nier aujourd’hui ! En Afrique du Sud, ce sont donc ces forces créées par les agresseurs de la RDC, et dont elles dépendaient étroitement, qui se sont retrouvées pour se partager le pouvoir pour la transition. 

Et malgré cette situation cocasse, le peuple congolais a fait confiance à la Communauté internationale et a consenti à accepter l’Accord global et inclusif de Pretoria, dans le seul espoir que cet arrangement, entre les seigneurs de guerre, conduirait à mettre fin très rapidement aux causes profondes de ses misères. Ce qui lui permettrait alors de voir s’organiser, dans les délais prévus, des élections pour mettre définitivement fin à la transition, autrement dit, à l’instabilité et à l’arbitraire, dans l’espoir de recouvrer sa stabilité, sa dignité et sa souveraineté perdues. 

Or, après deux années d’une transition plutôt chaotique, les dirigeants politiques de la transition n’ont résolu aucune des causes principales de cette crise, comme cela avait été prévu par la Communauté internationale, à travers les cinq objectifs de l’Accord de Pretoria ! Mais à la grande surprise du peuple congolais qui attendait qu’au 30 juin 2005, le Gouvernement pluriel de la transition s’explique devant lui et devant la Communauté internationale sur les causes réelles de son échec, afin d’en tirer les conséquences qui s’imposent, ce Gouvernement a non seulement violemment muselé le peuple congolais, mais il a en plus bénéficié de l’appui de la Communauté internationale pour procéder à l’organisation précipitée et bâclée des élections, sans avoir résolu aucun problème préalable de fond qui sous-tend toute cette crise. 

Vous n’êtes pas sans savoir, Excellences, que la cause profonde de la crise congolaise réside dans l’occupation illégale d’une partie de la RDC par les armées régulières, des milices armées et des civils Rwandais et Ougandais, dont l’intention manifeste est d’occuper nos terres, de piller nos richesses, de violer et tuer les jeunes Congolais, et de balkaniser notre pays. Et tant que ce problème de fond ne sera pas résolu, on ne pourra pas parler sérieusement de paix, ni d’intégrité territoriale, ni de souveraineté, ni donc d’élection qui est justement l’expression par excellence de la souveraineté d’un peuple. Voilà pourquoi nous vous présentons ici cette requête profonde du peuple congolais pour que vous rectifiiez le tir, pendant qu’il est encore temps. 

En effet, les patriotes congolais n’arrivent pas à s’expliquer comment la Communauté internationale peut se précipiter à débloquer des grands moyens pour lancer les opérations électorales à travers la Rdc, alors qu’elle sait pertinemment bien que l’épicentre de la crise qui se trouve à l’Est du pays est toujours intact, parce que jusqu’ici, rien n’a encore été entamé pour trouver une solution de fond à cette problématique fondamentale. Autrement dit, comment peut-on prétendre que l’organisation des élections, sous une haute protection temporaire des militaires de l’Onu, puisse demain donner lieu à une paix durable et à l’harmonie dans la région, sans qu’aucun problème de fond ne soit au préalable résolu? 

A moins que l’intention réelle de l’Onu soit de faire un simple «show électoral» pour se donner bonne conscience avant son départ, quitte à laisser les peuples de la région s’entredéchirer après, dans une guerre civile interminable. Nous aurions compris que la Communauté internationale mette d’abord toute la pression sur le Gouvernement pluriel de la Rdc et ceux des pays envahisseurs, que sont le Rwanda et l’Ouganda, pour mettre définitivement fin à toutes les formes d’occupation de notre pays. C’est alors seulement qu’on pourrait envisager des élections transparentes et crédibles. 

Pourquoi, d’importants moyens financiers débloqués précipitamment en quelques mois par la Communauté internationale ne l’ont pas été des années durant, depuis la présence des forces de l’Onu en Rdc, pour d’abord démobiliser les milices rwandaises et congolaises opérant à l’Est de la Rdc, et contraindre ensuite le Rwanda et l’Ouganda à mettre fin à l’occupation de ce pays? 

Car vous le savez bien, Excellences, que les élections en elles-mêmes n’ont jamais été une panacée dans la recherche des solutions des crises politiques et militaires. Elles ne sont efficaces et utiles que lorsqu’elles sont d’abord l’émanation du peuple, et ensuite lorsqu’elles apparaissent comme l’aboutissement d’un processus rigoureux de l’ensemble des différents paramètres sociaux, politiques et militaires. 

En revanche, le processus électoral qui se passe présentement en Rdc reste unique dans les anales de l’histoire du monde, où une puissance étrangère, en l’occurrence l’Union Européenne, s’occupe de la conception, du financement, de l’équipement, des directives et de l’organisation des élections dans un pays indépendant (la Rdc), sans que le peuple souverain n’en connaisse ni les tenants ni les aboutissants! 

Voilà pourquoi, nous avons tenu à vous présenter ci-dessous quelques faits que les services de la Monuc connaissent probablement mieux que nous, dans le but de vous montrer que l’organisation des élections telle qu’entreprises actuellement, a d’abord très peu de chance d’aboutir, et qu’ensuite, elle ne pourra apporter aucune solution à la crise congolaise dont l’épicentre qui se trouve à l’Est de la Rdc, n’a encore connu aucun début de solution. C’est pourquoi, nous vous prions de bien considérer, à la lumière des faits que nous vous exposons dans la partie technique qui suit, les propositions de solution que nous vous présentons, au nom des compatriotes congolais qui entendent désormais s’assumer pleinement, quoiqu’il arrive, pour empêcher la réalisation du projet machiavélique du Rwanda et de l’Ouganda, projet qui menace l’existence même de la Rdc en tant que pays souverain. 

L’ETAT DES LIEUX DE LA SITUATION DE CRISE EN R.D.C. 

Excellences, Dans cette partie de notre exposé, nous nous contentons de vous présenter quelques faits, des témoignages et des informations tels que nous les avons recueillis auprès des sources très crédibles, mais dont nous sommes contraints de taire les identités pour leur sécurité, la plupart vivant au Rwanda, en Ouganda et dans la région du Kivu. Nous savons cependant pertinemment bien que les services de la Monuc sont dotés de tous les moyens pour vérifier ces informations, surtout que la plupart de celles-ci sont déjà très bien connues d’eux dans les moindres détails. 

I. L’OCCUPATION DE LA PARTIE ORIENTALE DE LA R.D.C. 

Les données ci-dessous témoignent de la poursuite par le Rwanda et l’Ouganda, du plan d’occupation de la partie orientale de la Rdc, qui échappe au contrôle du Gouvernement de transition de Kinshasa, lui-même noyauté et phagocyté par des complices internes infiltrés en son sein jusqu’au plus haut niveau des institutions de l’Etat. 

a. Les activités d’infiltration et de déstabilisation menées à l’Est de la République Démocratique du Congo par le Gouvernement du Rwanda. 

Le Gouvernement du Rwanda a mis au point deux projets alternatifs : le premier consiste à la préparation d’une grande action de déstabilisation de l’Est de la Rdc pour empêcher l’organisation des élections; et le deuxième, en cas d’échec du premier projet, consiste à l’organisation d’une infiltration massive des Rwandais à l’Est de la Rdc, sous différentes couvertures, pour les faire participer frauduleusement aux élections, dans le but de faire élire la majorité des leaders «Rwandophones» qui ensuite mettront en application le plan d’annexion de la partie Est de la Rdc au Rwanda par la voie référendaire, avec cette fois ci, l’accord et la supervision de la Communauté internationale. 

Et voici les faits qui constituent les indices très révélateurs de ces plans: 

1.1. Dès l’annonce du démarrage des opérations d’enrôlement en Rdc, le « Mouvement des révolutionnaires congolais » (Mrc), organisation des rebelles congolais créé par l’Ouganda, a lancé depuis ce pays la menace d’attaquer la Rdc par l’Ituri. Malgré l’annonce fracassante de l’expulsion de leurs officiers, dont le but avéré est pour la consommation diplomatique en vue d’endormir l’opinion, ces rebelles continuent de bénéficier de l’encadrement de Kampala. 

1.2. Cette menace du Mrc lancée depuis l’Ouganda a été relayée par celle du général Laurent Nkunda le 25 Août 2005, juste au moment où les opérations d’enrôlement commençaient dans la partie Est de la Rdc. Une phrase du communiqué du général rebelle est très révélatrice quant à la planification et à la coordination de leurs actions. En effet, Laurent Nkunda affirme péremptoirement dans son communiqué: « Nous estimons que le moment est pleinement et amplement arrivé de nous y employer, et ce par tous les moyens utiles, pour contraindre ce gouvernement à décrocher… ». L’opération déclenchée en Août 2004 pour attaquer la ville de Bukavu avait donc été bien planifiée dans l’espace et dans le temps! 

1.3. Ce qui étonne le peuple congolais, c’est que deux individus hors-la-loi puissent narguer ainsi impunément toute la Communauté internationale sans être inquiétés. En effet, cette déclaration de Nkunda intervient un mois seulement, jour pour jour, après la publication le 26 juillet 2005, du rapport des experts de l’Onu demandant aux autorités rwandaises de prendre des mesures sécuritaires et conservatoires au sujet de Laurent Nkunda et de Jules Mutebutsi. 

1.4. Et ce qui irrite le peuple congolais, c’est l’arrogance du président Paul Kagame qui nargue impunément depuis le début de cette crise, toute la Communauté internationale. Et pour preuve, il vient encore de refuser d’obtempérer aux injonctions des experts de l’Onu lui demandant de fournir des informations sur les activités de subversion et de trafic d’armes auxquelles se livre Laurent Nkunda sur le territoire rwandais. Il a prétendu ne pas connaître le lieu où celui-ci se trouve, alors que l’intéressé et toute sa famille sont logés dans le camp militaire de la garde présidentielle à Kigali! 

1.5. Bien plus, comme pour marquer son mépris, le président rwandais vient d’accorder l’exil politique au Colonel Jules Mutebutsi, juste après la publication du rapport des experts de l’Onu qui recommande l’ouverture de la procédure d’extradition de l’intéressé en Rdc pour répondre de ses crimes. Et personne ne réagit! 

1.6. Par ailleurs, le gouvernement de Kigali poursuit sans s’inquiéter, son plan de déstabilisation de la Rdc par le truchement de ses pions qu’il a placé à la tête des institutions dans ce pays. Le Gouverneur Serufuli du Nord Kivu joue à cet effet un rôle clé dans les activités de déstabilisation de l’Est de la Rdc. Tous les témoignages concordent à son sujet. Il utilise les moyens financiers et les infrastructures de l’Etat, les services de l’immigration et des douanes, pour faciliter différentes opérations. A titre indicatif, beaucoup de jeunes congolais « rwandophones », membres de sa milice Tpd, issus des tribus Bashi et Fulero, et particulièrement de la tribu dite «Banabuisha», formant principalement le groupe Mundundu 40, sous le commandement de Odilon et de Patient Mwendanga, sont envoyés depuis deux ans au Rwanda pour y installer leur quartier général et recevoir la formation militaire dans différents centres d’instructions. D’autres jeunes congolais « rwandophones » recrutés par Serufuli à Goma, Masisi et Rutshuru sont envoyés dans les mêmes centres d’instructions au Rwanda, particulièrement à Ruhengeri. Dans ces centres d’instruction, le nombre des jeunes en provenance de la Rdc est sensiblement renforcé par les jeunes recrues de l’armée rwandaise. C’est dans ce centre de Ruhengeri que se trame différents projets de blocage et de sabotage, voire par empoisonnement, de l’opération de brassage des éléments de l’armée congolaise. 

1.7. Plus de six cents jeunes congolais «rwandophones» viennent de terminer leur formation dans le centre d’instruction de Ruhengeri. Les instructions proprement dites dans ce Centre de formation de Ruhengeri ont été assurées par des instructeurs des Forces de Défense du Rwanda (Rdf en anglais). Mais pour leur retour en Rdc après leur formation, ces jeunes « Congolais Rwandophones» ainsi que leurs collègues Rwandais ont été encadrés par 220 militaires dits «banyamulenge», issus du contingent du très célèbre Colonel Mutebutsi. Le prétexte, traditionnellement avancé pour leur mission en Rdc, est la poursuite des bandes armées anti-rwandaises opérant à l’intérieur du territoire congolais. 

1.8. Pour appuyer l’action des milices du Gouverneur Sefufuli, l’armée rwandaise a déployé ses hommes dans les villes et localités rwandaises ci-après : Nyakabuye, Cyangungu, Bugumya, Kammbe, Gombo, Rwesero, Rwamatamu, Kibuye, Matura, Kora, et Ruhengeri. Le prétexte officiel de ce déploiement est de prévoir la riposte aux attaques des éléments armés du Fdlr à partir de la Rdc. Dans la même logique, d’autres déploiements des troupes rwandaises ont été constatés, au début du mois d’août 2005, à Katundu, entre Kyavinyonge et Vitsumbi (1 bataillon), sur l’axe Isale-Kamandi (2 bataillons) et dans la vallée de Uvira (1 division) 

1.9. Des réfugiés rwandais basés en Tanzanie et se réclamant être des citoyens congolais sont recrutés et formés dans des centres d’instruction à Kagera et à Kadhua au parc national du Rwanda, non loin de la frontière avec la Tanzanie. Selon les témoignages des réfugiés qui ont fuit ces centres, chaque vendredi, un avion de type C130 en provenance de Kigali amène des équipements militaires sur ces sites. 

1.10. Depuis sa prise de fonction, le Gouverneur Serufuli organise une vaste opération d’infiltration des citoyens rwandais en Rdc pour occuper les terres abandonnées par les autochtones Congolais chassés par les militaires de l’armée rwandaise opérant sous la couverture des milices locales en Rdc. Ces centaines de milliers des citoyens rwandais infiltrés sont accueillis et installés grâce à la complicité des autorités congolaises «rwandophones», qui leur fournissent des attestations de perte de pièces d’identités. Ce qui leur permet aujourd’hui de s’enrôler pour les élections, en vue de faire élire la majorité des candidats «rwandophones», et assurer ainsi par les urnes, le contrôle de la région du Nord Kivu. Quelques échantillons des preuves nous ont été apportés par des fonctionnaires congolais du Nord Kivu, qui ont pris le risque de dénoncer cette fraude massive. Nous vous présentons en annexe un de ces nombreux cas. Il s’agit d’un citoyen Rwandais : Nziatabakuze Pierre. Sa carte d’identité rwandaise porte n°005536 ; sa carte d’électeur rwandaise porte n°0686305842. Ce même citoyen Rwandais a obtenu, avec son épouse, l’attestation de perte des pièces dans la chefferie de Bashli en Rdc, de la main de Mwami Kapenda Muhima. (Cfr. Annexe n°1) 

1.11. Au-delà de la fraude électorale, ces centaines de milliers de Rwandais qui ont reçus des attestations de perte des pièces deviendront demain des citoyens Congolais, parce que le Ministère de l’Intérieur de la RDC a décidé que, après les élections, la carte d’électeur sera considérée comme la pièce d’identité provisoire de tous les Congolais. (Cfr Annexe n°2) 

1.12. Le danger que représente cette opération prend toute sa dimension quand on considère les intentions déclarées des « Congolais Rwandophones», intentions exprimées clairement dans un document confidentiel que nous avons rendu publique. Il s’agit de la lettre du 20 février 2004 de l’Administrateur du Territoire de Minembwe, Monsieur Mugaza Ruseruka Théo, adressée par porteur au Vice-Président de la République Démocratique du Congo, Monsieur Azarias Ruberwa. Dans cette lettre, Monsieur Mugaza rappelle au destinataire la réunion qu’ils ont tenue le 06 janvier 2004 à Kigali pour procéder à la création du Territoire de Minembwe en Rdc. Il lui rappelle ensuite, dans la même lettre, les trois objectifs de la création de ce Territoire : Primo : Imposer partout, dans la Province du Sud Kivu l’autorité des « Rwandophones » ; Secundo : Prendre le contrôle du Lac Tanganyika et du Lac Kivu ; Tertio : Contrôler tous les minerais dans la Province du Sud Kivu. (Cfr. Annexe n°3). En clair donc, les opérations d’infiltrations menées par le Gouverneur Serufuli sous l’œil complice et complaisant du Vice Président Ruberwa visent à l’accomplissement de ce plan d’occupation dont l’exécution est déjà très avancée! Pour preuve, l’existence effective du territoire de Minembwe, et cette lettre manuscrite de l’Administrateur Mugaza adressée à son collègue de Fizi, interdisant aux agents de l’état congolais, de procéder au contrôle de l’exploitation des mines sur son nouveau Territoire. (Cfr Document annexe n°4) A ce jour, les personnalités rwandaises citées et concernées par cette lettre n’ont jamais déclarées publiquement avoir abandonnées les objectifs définis dans cette lettre, et dont l’authenticité n’a non plus jamais été contestée depuis sa publication. 

1.13. Ainsi donc, comme les différents rapport des experts de l’Onu l’ont démontré, le gouvernement rwandais tire d’énorme profit de cette situation. Cependant, nous tenons à préciser que ce pillage des ressources des mines d’or du Territoire de Minembwe, profite personnellement aux plus hautes autorités politiques rwandaises, qui sont directement impliquées dans ce trafic honteux et indigne. C’est l’officier de l’armée rwandaise, Emmanuel Nzantuga, qui est chargé de la vente du produit de trafic pour leur compte. Cet officier vient de séjourner, du 13 au 16 août 2005, à Nairobi où il a écoulé 127 Kg d’or sur le marché. Il est descendu à Serena Hotel où il a occupé la chambre n°105. 

1.14. C’est dans la logique de la poursuite de leur projet d’occupation de la Rdc qu’il faut situer aussi les deux dernières opérations qui tiennent à cœur le Président Kagame d’une part, et le Vice Président Ruberwa d’autre part. Le premier vient de procéder à la libération de 36000 prisonniers Hutus Rwandais accusés de génocide, tandis que le second s’est lancé à fond dans l’opération du retour précipité des réfugiés dits «Banyamulenge» qui avaient fui le pays lors des troubles provoqués en août 2004 par des officiers « Banyamulenge », les tristement célèbres colonel J. Mutebutsi et général L. Nkunda. Le retour précipité et incontrôlé de ces réfugiés aura servi d’occasion pour infiltrer parmi eux un nombre important des Rwandais à déverser dans le Sud Kivu. Tandis que selon les informations reçues de Kigali, plusieurs personnes parmi les 36000 prisonniers Hutus ont subi un lavage de cerveau et ont été préparés à être infiltrés en Rdc pour des missions spéciales. Les d eux opérations visent donc à déverser un nombre important des Rwandais dans le Kivu pour réaliser le plan décrit ci-dessus! 

1.15. Par ailleurs, la radio Okapi de la Monuc, par ses émissions du lundi 29 août 2005, signale la désertion de plus de la moitié des soldats du1° et 2° bataillon mixte de la Fardc. Cette information a été confirmée par le général Amisi, commandant de la 8° région militaire. Certainement, ces soldats «Banyamulenge» fuient le brassage de l’armée, et rejoignent ainsi les leurs, à l’appel de leur Commandant Nkunda. 

1.16. Nous ne pouvons pas clore ce chapitre sans souligner le rôle très important de fusible que joue le Gouverneur Serufuli en faveur de Paul Kagame. Pour échapper à la pression de la Communauté internationale, le président rwandais se sert de Gouverneur Serufuli qui facilite et couvre toutes les formes d’infiltration et d’occupation de l’Est de la Rdc par le Rwanda. Ainsi, sous couvert des activités de sa milice Tpd, il procède à la création des faux Maï Maï et des faux Interhamwe dont les membres sont recrutés, formés, équipés et téléguidés par Kigali pour pérenniser l’insécurité et créer la confusion dans les esprits. Ainsi, l’existence des deux groupes parallèles, des vraies et des fausses milices, ne permet plus aucune lisibilité dans ce qui se passe dans cette région, et facilite ainsi au Rwanda la poursuite de son plan d’occupation et du pillage de la Rdc! 

b. Le trafic d’armes et de minerais de la Rdc par le Rwanda et l’Ouganda sont à la base de la déstabilisation de la partie Est de la Rdc 

Les deux pays, le Rwanda et l’Ouganda entretiennent le climat d’instabilité dans l’Est de la RD Congo pour perpétuer le pillage des multiples richesses de cette partie de notre pays, à travers des milices et des rebellions organisées et alimentées par leurs gouvernements, grâce aux réseaux variés de trafic d’armes qu’ils entretiennent. La RD Congo est frappée d’embargo d’armes depuis le régime du président Mobutu. Seuls le Rwanda et l’Ouganda continuent de bénéficier de la liberté d’achat d’armes dans cette région. Et ce sont les dirigeants de ces deux pays qui entretiennent, à travers leurs officiers et proches, le trafic d’armes au profit de leurs armées respectives et des milices armées opérant en RD Congo. Le Kenya et la Tanzanie sont les deux pays de la région qui servent principalement de transit à ces opérations. Et voici, à titre d’indication, quelques faits récents qui étayent cette réalité maintes fois dénoncée par les différents rapports des experts de l’Onu, et qui démontrent que la tension est loin de baisser, au moment où l’on organise les élections précipitées dans cette région Est de la Rdc : 

1.1. Les experts de l’Onu sont persuadés, à travers leurs multiples rapports d’enquête, de l’existence et de l’entretien des réseaux de trafic d’armes vers la Rdc par l’Ouganda. Plusieurs proches collaborateurs du président Museveni sont nommément cités dans ces rapports. Nous n’y reviendrons donc pas. Néanmoins, nous insistons ici sur la recrudescence de ces activités de trafic, ces derniers mois, et ce malgré les nombreuses mises en garde de la Communauté internationale. Nous voudrions stigmatiser ici le rôle important de canal de liaison que joue la société Ashanti Gold qui exploite les mines d’or en Ituri. Cette société qui sert de couverture aux activités des personnalités ougandaises, poursuit la fourniture d’armes, de munitions et d’uniformes militaires achetées en Afrique du Sud, aux milices congolaises et rwandaises opérant dans la région précitée en Rdc. 

1.2. Dans le secteur de Kibirizi, les Interahamwe Hutus organisés par Paul Kagame depuis Kigali et envoyés en opération en Rdc organisent et contrôlent l’exploitation des mines d’or. Une piste aménagée dans ce secteur accueille chaque semaine des avions en provenance de Kigali. Plusieurs pistes analogues sont signalées dans la région du Nord et du Sud Kivu. Voilà qui explique, à titre indicatif, les données du rapport de l’Onu qui révèle que la Rdc n’a exporté que 8 098 tonnes de cassitérite en 2004, alors que le Rwanda qui n’en produit pas, a exporté 3 553 tonnes, sans compter les exportations non déclarées qui sont souvent supérieures! 

1.3. Différentes sources crédibles ont confirmé la recrudescence de l’exploitation des mines d’or à Masisi, Lulinda et Lubichako par les milices rwandaises et congolaises, qui bénéficient de la complicité de certains officiers de la Fardc, mais pour le compte du Rwanda. 

1.4. Un important réseau de trafic se développe sur le Lac Tanganyika. L’or est exporté vers la Tanzanie où les milices rwandaises et congolaises achètent des armes et des minutions qui sont transportées à bord des embarcations spéciales appelées «Marambo», et cachées sous les marchandises des commerçants. Le trafic se fait donc à partir des ports de Kigoma et Mwandinga en Tanzanie, vers le port de Kalemie en Rdc. De là, les armes et munitions sont embarquées dans des «speed boats» jusqu’au port de Maendeleo à Uvira d’où elles sont acheminées par route dans des maquis en Rdc. 

1.5. Le Gouvernement rwandais entretient un réseau de trafic d’armes entre le port maritime de Mombasa (au Kenya), et Goma (en Rdc) via Kigali (au Rwanda). L’agent rwandais à Mombasa, JB Gasangwa, s’occupe de la réception de la commande des armes qui transitent par Kigali pour rejoindre les maquis en Rdc via les services du gouverneur Serufuli à Goma. Un incident intervenu le 25 juillet 2005 a mis à jour le fonctionnement de ce réseau. Mr JB Gasangwa a entrepris les démarches auprès des autorités de Kenya Ports Authority pour obtenir le transit à Kigali des containers des pièces détachées d’un aéronef dont la destination finale sur les documents de transport était (par mégarde?) Goma en Rdc. L’agent rwandais précité a écrit aux autorités de Kenya Ports Authority pour demander que ces containers soient déviés à Kigali pour y attendre l’autorisation des autorités de Goma, avant d’y être acheminés. Les autorités kenyannes ont refusé. 

1.6. Un grand réseau de trafic d’armes, de minerais et de carburant s’est développé entre l’Ouganda et la Rdc. Ce réseau est entretenu par des agents des services de sécurité ougandais qui opèrent à partir de KArugutu et de Bundibugyo en utilisant les ports de Chomia et de Kasenta vers la Rdc. L’Ouganda se sert ainsi de plusieurs réseaux de trafic pour entretenir l’insécurité en Ituri et justifier la présence de ses troupes qui se livrent au pillage des mines d’or et de coltan en Rdc. 

1.7. Plusieurs sources signalent l’intense participation de la société russe Arzamas Engineering dans le trafic d’armes. Cette société collabore avec les autorités ougandaises dans la livraison des armes et des véhicules militaires aux milices congolaises opérant en Ituri. Une livraison des véhicules blindés de type Btr - 80 devrait intervenir dans les prochains jours pour renforcer l’activité des milices autour des mines d’or, et créer l’insécurité lors des opérations électorales. 

1.8. Plusieurs officiers appartenant aux milices armées en conflit en Ituri ont leur sanctuaire de replis à Kampala en Ouganda où ils sont protégés et entretenus par des officiers supérieurs de l’armée ougandaise, qui les encadrent et les équipent en hommes et en matériels. A titre indicatif, au mois de juillet, après leur dissidence avec les Fapc, deux colonels : Ali et Odongo, trois majors : José Burashada, Samy Rasta et Luda, et un capitaine : Abdul, sont rentrés en Ituri en provenance de Kamapala pour se coaliser avec le commandant Bosco de l’Upc, et ce grâce aux «bons offices» des officiers de l’armée ougandaise. Il en est de même avec la milice du Colonel Kakolele repliée dans les massifs de Ruwenzori à la frontière de l’Ouganda avec la Rdc, sans oublier l’autre milice de Apollinaire Katende opérant dans le secteur de Kamango à la frontière ougando – congolaise. 

II. NOS CONCLUSIONS ET SUGGESTIONS 

Excellences, Comme vous pouvez donc le constatez, toutes les conditions sont réunies pour empêcher le retour de la paix et de la stabilité en Rdc. Les causes et les motivations qui ont été à la base de la crise qui endeuille la Rdc sont toujours intactes. Qui pis est, les pays et les hommes qui sont à la base de cette crise opèrent maintenant sans inquiétude, car chacun a trouvé des « couvertures » et des complices parmi les hommes au pouvoir en Rdc, et qui le met à l’abri de toutes pressions et de toutes sanctions possibles de la Communauté internationale. 

Les autorités rwandaises et ougandaises opèrent en Rdc avec les complicités internes et externes. Outre les cas flagrants que nous avons décris ci dessus, les sources très crédibles révèlent la complicité de certains hauts responsables des services congolais de l’Anr (Agence nationale de renseignements) dont nous détenons les identités, et qui coopèrent, contre « rémunération », avec les services rwandais et ougandais, hors du circuit officiel, et parfois même en se servant du circuit officiel entre les services de ces pays, pour faciliter les opérations de déstabilisation, de trafic et d’occupation de la Rdc. Nous sommes persuadés que les experts de la Monuc en savent certainement plus. 

Des témoignages et des indications crédibles confirment l’existence d’une collaboration étroite entre certaines hautes autorités politiques et militaires du Gouvernement de la transition à Kinshasa avec les agresseurs de la Rdc, pour faciliter leur projet d’occupation de l’Est de notre pays. Certaines milices opérant à l’Est sont ravitaillées en armes, en munitions et en argent par les hautes autorités politiques et militaires de Kinshasa. Nous espérons que les experts de la Monuc ne manqueraient pas de détenir les mêmes indications. Les dernières déclarations publiques d’un ancien proche collaborateur de LD Kabila, confirmant le soutien du gouvernement de Kinshasa aux Interahamwe, prouve, si besoin en était encore, l’existence d’une politique ambiguë et complice que pratique les autorités au pouvoir à Kinshasa depuis 1997. Ce manque de visibilité et de lisibilité quant à la politique et aux origines des hommes au pouvoir à Kinshasa, jette encore une plus grande confusion à la nébuleuse déjà existante. 

Excellences, 

Le peuple congolais ne veut pas appliquer une politique xénophobe contre ses voisins de l’Est. Il est plutôt disposé à accepter une solution équitable, juste et définitive qui clarifie une fois pour toutes, le statut des exilés Rwandais qui se sont installés en Rdc suite aux différentes vagues de migration dues aux conflits ethniques et endémiques au Rwanda et au Burundi. Mais le peuple congolais, par la voix de l’Alliance des Patriotes pour le Refondation du Congo, dénonce et combat le plan secret et les manœuvres frauduleuses des hommes au pouvoir au Rwanda et en Ouganda, qui développent avec arrogance et mépris, et en complicité avec certains hommes au pouvoir en Rdc, leur projet de déstabilisation, d’occupation, d’exploitation et d’humiliation de tout le peuple congolais! Face donc à la gravité de cette situation, le Comité national de l’Apareco, au nom des patriotes Congolais réunis en son sein, se fait le devoir de vous présenter ses recommandations: 

1. Tout en reconnaissant que l’organisation des élections constitue la voie incontournable pour accéder à la démocratie que tout le peuple congolais appelle d’ailleurs de tous ses voeux, nous recommandons cependant que la Communauté internationale accorde d’abord une priorité absolue au retour de la paix et de la sécurité à l’Est de la Rdc, et aide ainsi au rétablissement de l’autorité de l’état sur tout le territoire national. 

2. Pour ramener la paix et la sécurité, nous recommandons que la Communauté internationale s’investisse d’abord avec tous ses potentiels diplomatiques, matériels et humains pour : 

a) Aider le peuple congolais à mettre sur pied un gouvernement de transition crédible et compétent qui répondrait aux attentes du peuple congolais, pour réaliser dans les délais impartis, les conditions de base pour le retour rapide de la paix, de la sécurité et de la souveraineté, en vue de l’organisation des élections transparentes et crédibles. 

b) Aider en priorité ce gouvernement de transition à mettre sur pied une armée nationale intégrée et républicaine, et une police nationale professionnelle et sécurisante pour la population; 

c) Aider ensuite ce Gouvernement et cette Armée congolaise à désarmer toutes les milices rwandaises et congolaises qui sèment la mort, la désolation et la honte dans la région Est de la Rdc. Et pour sécuriser cette région en attendant le déploiement définitive de l’armée congolaise intégrée, et pour sécuriser le processus électoral durant la transition, remplacer toutes les milices désarmées, par les troupes internationales des forces inter africaines de l’Onu et de l’Ua; 

d) Aider surtout à mettre fin au plan d’occupation et d’exploitation de la Rdc par le Rwanda et l’Ouganda en contraignant les gouvernants de ces deux pays à retirer totalement leurs troupes déguisées ou non, du territoire congolais; 

f) Aider enfin la Rdc à se doter d’une base d’infrastructure matérielle et humaine d’une administration moderne et efficace pour son développement. 

Excellences, 

C’est dans cet ordre que nous pensons qu’il faudrait fixer les priorités des solutions à la crise congolaise. Car l’inverse consisterait à donner au peuple congolais le traitement final pour calmer la douleur, sans avoir procédé au préalable à l’opération chirurgicale pour extraire ou soigner l’origine du mal à l’intérieur du corps. Une telle démarche n’offrirait aucune garantie de stabilité et de souveraineté, et pourrait conduire à d’autres cycles de violence dont personne ne peut prévoir l’issue. Et nous sommes convaincus que, compte tenu de son expérience, la Communauté internationale partage intimement cette approche. 

Nous sommes donc persuadés que ce cri du peuple congolais ne vous laissera pas indifférent. Car nous ne souhaitons pas que demain des voix se lèvent, quand il sera trop tard, pour dire : «Nous n’étions pas informés». Voilà pourquoi, l’Alliance des patriotes Congolais a choisi de s’adresser désormais directement à vous, pour attirer votre attention sur certaines réalités de cette crise, et surtout sur le sentiment profond du peuple congolais, vis-à-vis des solutions que la Communauté internationale entend appliquer pour mettre fin à la spirale de ses souffrances. 

Face donc à l’absence totale de l’esprit de dialogue et d’écoute de la part du Gouvernement pluriel de Kinshasa, telle nous semble être la seule voie efficace pour faire entendre la voix du peuple profond de la Rdc. Et c’est de cette manière que l’Alliance des patriotes Congolais pense désormais apporter sa modeste pierre à la recherche de solution de la crise multidimensionnelle que connaît notre pays, la Rdc, devenu la seule jungle sur cette terre, où les crimes les plus ignobles et les plus horribles se commettent chaque jour, sans que personne ne s’en émeuve. Nous vous prions d’agréer, Excellences, nos sentiments les meilleurs. 

Paris, le 31 Août 2005 

Pour le Comité national de l’APARECO 

Honoré Ngbanda-Nzambo Ko Atumba 
Président National

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La crise congolaise, la dogmatique néo-libérale et les fausses croyances

10 septembre 2005 - Il est difficile d’aller de l’avant dans la quête des réponses à la crise multiforme que connaît notre pays sans un minimum de connaissance de la dogmatique néo-libérale, de fausses croyances qu’elle génère et de la peur qu’elle entretient. Cela pourrait nous aider, un tant soit peu, à commencer à comprendre pourquoi nous nos cris et nos lamentations ne trouvent d’échos que dans quelques cœurs d’hommes et femmes de bonne volonté, sans pouvoir réel (immédiat) sur la marche de l’histoire et du monde. Des prophètes du Nord et du Sud peuvent nous prêter main forte dans cette entreprise. Anne-Cécile Robert, Jean-François Malherbe, Fabien Eboussi Boulaga et Thomas Sankara nous sont d’un apport inestimable. Penser ce qui se fait ailleurs et ce que nous faisons peut ouvrir des horizons libérateurs. L’idéalisation des politiques de chez nous comme de ceux d’ailleurs est une illusion. Ces messieurs et dames ont besoin des lieux où ils peuvent apprendre à devenir libres, à se désaliéner. Souvent, ils sont étrangers à eux-mêmes, simples émissaires des maîtres tapis dans l’ombre. Souvent, ils sont des sacrificateurs du dieu-argent dans le vaste marché néo-libéral. Il arrive qu’ils ne sachent pas…par opportunisme, par ignorance et/ou par simple aveuglement. Ne devrions-nous pas en avoir pitié? Ce sont de pauvres types…Malgré les apparences. C’est l’intérêt que nous leur accordons qui leur donne des ailes…

I. La dogmatique néo-libérale et les fausses croyances

Le néolibéralisme tend à transformer le monde entier en un vaste marché, même là où les marchés locaux ne sont pas compétitifs. Il sacrifie tout sur l’autel du dieu-argent. Ses sacrificateurs, défenseurs des intérêts particuliers dépourvus de tout pouvoir réel sur les véritables centres de décisions courent le monde, imbus de leur complexe de supériorité mais aussi victimes d’un tout un tas de fausses croyances. Au nom de l’argent, ils croient imposer une ligne de conduite à leurs valets. Les esprits faibles leur obéissent!

En son temps Thomas Sankara invitait ses compatriotes à combattre l’impérialisme par une plus grande production car, disait-il, « il faut produire. Produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte ses volontés. » Cette sagesse de ce digne fils de l’Afrique peut, encore aujourd’hui, constituer un appel à lancer aux dignes fils et filles du Congo : « produire plus votre propre argent, parce qu’il est normal que celui qui vous donne son argent vous dicte ses volontés. Produire autant de solidarité que d’argent parce que nos ancêtres ont jadis bâti nos petites nations sur le diyi dimpe (la bonne parole, la parole de réconciliation). Ils savaient, eux, que diyi dimpe mbulanda nansha kumpele kantu. » Les bienfaiteurs de l’humanité jetant leur argent par la fenêtre avec la complicité de nos hommes et femmes liges passent outre le diyi dimpe et nous disent : « Nous vous donnons notre argent. Vous devez vite aller aux élections et choisir nos hommes et femmes liges afin que dans un temps record, cet argent soit récupéré avec des marges bénéficiaires conséquentes. Vous n’avez rien à redire sur la ligne de conduite que nous vous traçons. »

Avec la complicité de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, ces serviteurs des maîtres du capital « se satisfont d’un régime autoritaire qui s’arrange à payer ses dettes. Ils soutiennent le statu quo dans la peur ou l’incertitude qu’un changement ne remette en cause les engagements souscrits dans le cadre de l’ajustement par les nouveaux venus. » Donc, dans un pays comme le nôtre, travailler à l’avènement d’un Etat de droit, géré par les dignes filles et fils de notre peuple reviendrait à compromettre les chances d’un remboursement arrangé de la dette. Un gouvernement responsable et lucide chercherait par exemple à organiser un audit sur l’usage de cet argent détourné et serait ainsi un frein à l’enrichissement illicite des maîtres du monde. Cela fait peur. Il y a plus. A en croire Jean François Malherbe, la plupart des sacrificateurs du dieu-argent sont victimes d’une pathologie sociale, fruit de la dogmatique néo-libérale. A ce propos, il note : « Nous sommes pris dans des plis comportementaux (et dans les plis mentaux qui leur apportent de pseudo-justifications) qui réduisent à la portion congrue notre capacité d’être libres, lucides et rationnels. » Dans ce contexte de perversion du rapport à l’argent, « l’individu humain se croit libre, lucide et rationnel dans la mesure où il s’aliène à un système de croyances qui, loin de cultiver en lui le sujet, l’assujettissent à des habitudes qu’il prend pour de l’autonomie. » Notre auteur estime que « presque tous, à vrai dire dans des positions différentes, doivent être considérés comme des victimes de la dogmatique néo-libérale qui leur inocule les fausses croyances qu’exprime les trois fallacieuses évidences propres à la pensée conv