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de la même année. Son père s'appelait Mvubu-Tsiku qui, ayant
acquis dans sa jeunesse des notions de portugais, avait émigré
vers le Cabinda durant plusieurs années en y faisant l'interprète
des commerçants ambulants de sa région. Il y fit fortune et rentra
à Tshela, où il se maria à Mavangu Mpoba qui lui donnera une
abondante progéniture, dont Joseph Kasa-Vubu. Sa situation prospère
ayant suscité la jalousie, il se retira du village pour aller
s'installer à l'écart. Certains récits font état d'un cas de médisance
lui attribuant des pratiques sorcières du fait qu'une domestique
qui vivait chez lui était gravement malade. Il se résolut de défier
l'opinion. Il demanda de boire du poison rituel des mains du chef du
village. Il vomit abondamment après avoir consommer le poison, mais
sans trépasser. Ceci était un signe d'innocence. Ce même jour-là,
son épouse donna naissance à un beau bébé à qui le père, en
souvenir de ce qu'il venait de vivre, donnera le nom de Kasa qui
signifie poison, ou épreuve, ou jugement. L'orthographe correcte
est « Nkasa » et « Mvumbu », qui implique
l'idée de « ce dont il s'agit ne vous regarde pas ».
Cependant, ledit bébé avait une peau « si anormalement
claire » et des petits yeux comme « un Chinois » que l'on
soupçonna sa mère de s'être méconduite. Il s'en suivit une enquête
coutumière qui ne révélera rien de délictueux dans le chef de la
mère.
Kasa-Vubu, qui était huitième enfant et
dernier garçon de la famille, connut à peine sa mère qui mourut
quand il n'avait que quatre ans. En 1925, Il a douze ans, il est
baptisé et commence des études primaires à la maison de Kizu,
tenue par des missionnaires de Scheut. Son père mourut aussi en
1936. C'est son frère aîné Nsambu Michel qui exerça sur lui une
influence décisive. Il logea à la mission en 1927 pour y faire son
école primaire par les premiers moniteurs noirs formés par les pères.
Sur lui, on nota « sa réserve, son intelligence, une pointe
d'indépendance ». Quand le jeune homme termina sa quatrième
année, il fut sélectionné dans un recrutement ecclésiastique,
parmi les meilleurs et les plus intelligents des élèves pour être
envoyés au petit séminaire de Mbata-Kiela où il resta huit ans,
de 1929 à 1936..
Un séminariste révolutionnaire
Le petit séminaire de Mbata-Kiela était
une sorte de monastère d'assez fière allure, lieu choisi,
silencieux et paisible. Les conditions de vie y étaient très
dures, « les heures se passaient en prières, méditations,
offices et corvées ». « Kasa-Vubu était un élève
brillant, doué pour la religion et surtout pour les mathématiques.
Il excellait aux travaux d'analyse et de synthèse, décomposant les
données du problème, les classant, étudiant leurs relations pour
se faire un chemin jusqu'à la solution. Tout son effort visait à
comprendre et à utiliser ».
En 1934, pour la classe de 3ème, Kasa-Vubu
eût comme condisciple un certain Joseph Malula, le futur cardinal.
Sur les 30 élèves qui débutèrent le cycle en huitième, il n'y
eut que six à la fin de cycle. En dernière année, Kasa-Vubu
sortit deuxième de la promotion. « Les compagnons qui terminèrent
avec Joseph Kasa-Vubu le petit séminaire se souvenaient de lui
comme un garçon d'une grande réserve, calme, tranquille, mais
l'esprit jamais en repos. D'une prudence extrême, il ne répondait
aux questions de ses maîtres que sûr de sa réponse. Le professeur
avait beau faire et le traiter d'entêté, il n'obtenait de lui
qu'une réponse juste ou le silence. Les élèves l'avaient surnommé
« Kiboba », c'est-à-dire : « le vieux ».
Ses loisirs passaient en lectures. Quelquefois, il jouait au ballon,
mais mal… » Tous les six finalistes de Mbata-Kiela demandèrent
d'aller au grand séminaire de Kabwe au Kasaï. Le groupe passe par
Léopoldville où ils logent à sainte Anne. Ils sont bien
accueillis à Kabwe. Ici les corvées ne sont plus imposées, mais
volontaires. Les exercices spirituels et les travaux manuels
prennent le pas sur les études qui durent huit ans dont trois de
philosophie après lesquels on prend la soutane, puis cinq ans de théologie
avant d'être consacré prêtre. Kasa-Vubu sera chassé en troisième
année après avoir terminé brillamment les examens de fin d'année.
A la veille de Noël 1939, alors que tous les séminaristes se préparaient
à prendre les vacances de fin d'année, le père recteur Kettel le
fait venir : « Vous partez ce soir. Il est préférable
que vous travailliez dans « le monde ». Votre évêque
en a décidé ainsi. Préparez vos bagages ». La nouvelle se répandit
et créa de la peine aux autres séminaristes. Kasa-Vubu en est
« mortifié ». Il en gardera une blessure douloureuse
toute sa vie. Son visage ne trahit pas sa souffrance atroce, il
resta d'apparence calme. C'était cela aussi son caractère :
ne pas montrer sa douleur. Pour expliquer ce renvoi, il y avait un côté
de son esprit qui demeurait rebelle à tout enseignement des
missionnaires au cours d'un entretien que Kasa-Vubu avait eu avec le
père Auguste Severyns, son directeur spirituel. Le jeune homme
avait poussé la franchise jusqu'à souligner la discordance entre
l'attitude de certains missionnaires et l'enseignement évangélique.
Le père demeura silencieux un long moment. Le rapport du père
spirituel, associé au caractère rebelle du jeune homme, explique
probablement ce renvoi.
Un enseignant tenu à l'œil
En 1939, il n'était pas facile de se
reclasser pour un jeune séminariste chassé pour indiscipline. Pire
Kasa-Vubu n'avait jamais songé à un autre métier, tant il était
sûr d'entrer dans les ordres. Après le grand séminaire, il fut
renvoyé à son évêque Van den Hoven qui accepta, sans joie de
l'employer comme commis aux écritures à la mission de Kangu. Après
les heures de travail, le jeune Kasa-Vubu âgé de 26 ans suivait
des cours de moniteur. Comme secrétaire à la mission, il devait
surveiller les catéchumènes, les accompagner à l'église, y
diriger les prières, écouter les palabres des paroissiens et faire
rapport au père. Son salaire était minable, soit 80 francs par
mois. Ayant sollicité l'amélioration, on la lui promet quand il
sera devenu moniteur.
A la veille de la Noël 1940, il reçoit
son diplôme de moniteur en étant le premier. Il est nommé
titulaire de la classe de sixième à l'école normale. Jusque-là,
cette classe était confiée aux Frères des écoles chrétiennes
qui avaient décidé de quitter Kangu suite à une divergence avec
les Scheutistes sur des questions de salaire et de programme.
Kasa-Vubu fut le premier noir à enseigner dans cette classe.
Kasa-Vubu innove, il donne tous ses cours en français. Cela fait
sensation. L'atmosphère lui semble hostile, il se sent toujours épié
et surveillé. On a toujours une méfiance envers ce séminariste
« renvoyé ». Il s'en plaint auprès de Mgr, qui
s'exclame faussement; « Nous avons confiance en vous ».
Quand, après trois mois de patience, il repose la question du
salaire, Monseigneur s'énerve carrément, et a ces propos quelque
peu prophétiques : « Je ne veux pas créer ici de petit
président ». C'est encore cet évêque qui avait décidé de
son renvoi de Kabwe. Kasa-Vubu craque littéralement. Alors il lui
adresse une lettre au vitriol, une lettre-vérité où il fait
parler son cœur : « Quant à mes difficultés, je ne
vous les dirai plus car ce sont des choses en l'air, des irréalités.
J'ai rencontré les plus terribles, le mois passé et en ces jours
touchant les conditions les plus nécessaires à la vie. Ce sont les
petites difficultés devant vos yeux… je vois clairement
maintenant pourquoi certains anciens séminaristes luttent
indirectement contre les missions par le scandale public…. vous ne
comprenez pas nos difficultés…parce que vous ne les avez pas vécues
et vous pensez que tout le monde est dans les mêmes conditions de
vie que vous… Nous travaillons pour le Bon Dieu, dites-vous? Le
Bon Dieu n'est pas un tyran, il donne à ses serviteurs les moyens
de le servir… ». Il a tellement de projets, qu'après avoir
travaillé un temps à la Société forestière et agricole du
Mayumbe (Agrifor), il postule et obtient une place à
l'administration centrale.
Président de l'Abako
Quand à la possibilité d'exprimer les idées
qui le tenaillent, il scrute une occasion, qui lui sera offerte par
Jean Bolikango, celui qui devient son adversaire plus tard lors de
l'élection présidentielle du 24 juin 1960, au parlement. Bolikango
était président d'une multitude d'associations d'anciens élèves :
Adapes, Assanef, Unelma…. En 1945, il crée l'Union des intérêts
sociaux congolais (Unisco) pour combattre les discriminations
raciales et l'amélioration des conditions des Congolais. Le président
de l'Unisco, Eugène Kabamba qui travaillait aux finances et appréciait
Kasa-Vubu l'intéresse au projet. Kasa-Vubu accepte et est vite
adopté par Bolikango. Malheureusement, Kasa-Vubu n'occupe aucune
fonction dans une des associations d'anciens élèves, ce qui était
la condition. Alors Bolikango usa de son influence pour faire de
Kasa-Vubu le secrétaire général de l'Adapes en 1946. Sa première
allocution ici, intitulée « Le droit du premier occupant »,
revendiquait pour les Congolais la reconnaissance de leur droit sur
le sol. Joseph Kasa-Vubu y développait l'idée que "le sol du
Congo appartenait aux premiers occupants, c'est à dire aux
Congolais, et qu'il devait par conséquent leur être rendu".
Un discours politique jugé « prématurément révolutionnaire »,
et qui était précurseur de la lutte pour l'indépendance. Ce
discours, pour le moins, très osé fut très mal vu par
l'administration. C'était une bombe, à l'époque. Les autres
membres de l'Unisco s'en désolidarisèrent. Les mentalités n'étaient
pas encore prêtes pour l'action de libération. Kasa-Vubu écrit
dans plusieurs périodiques de l'époque. Cela fait déjà sa
« renommée ». Mais il attend, il épie le moment où il
pourra entreprendre une action publique, décisive et radicale
« Le premier signe sera son élection à la présidence de
l'Abako le 21 mars 1954. l'Abako fut créée en 1949 par Edmond
Nzeza Nlandu pour unifier, conserver et perfectionner la langue
kikongo ». Il tenait énormément à la survie du journal
Kongo dia Ngunga dont les cotisations des membres servaient à la réalisation.
Nzeza Nlandu était associé aux pères jésuites dans l'œuvre de
l'Abako, surtout du journal en la personne du Rp Van Wing. Cette présence
ecclésiastique répugnait Kasa-Vubu au plus haut point. Ainsi, il
n'en fut jamais membre sous la présidence de Nzeza Nlandu. Au lieu
d'être unificateur, ce dernier eût des élans divisionnistes, en
plus il n'organisa jamais l'Abako, se préoccupant beaucoup de
renouveler le bureau. La réunion extraordinaire se tient le 21 mars
1954 au stade Reine Astrid (stade du 24 novembre). Kasa-Vubu y vient
pour la première fois, il était assis au fond de la salle, mêlé
à la foule. Nzeza Nlandu dépose sa démission pour se consacrer au
journal. Kasa-Vubu est proposé à la présidence sous un tonnerre
d'applaudissements. Lui-même ne s'y attendait pas. Ce choix avait
deux explications : d'abord il existait à l'Abako une
divergence entre les Bantandu, groupe de Nzeza Nlandu et les Bandibu
groupe auquel appartenaient des membres influents du comité Abako,
tels Pierre Canon et Simon Tezzo. Alors l'on fit appel à un Muyombe
qui avait une forte personnalité et un grand caractère. Kasa-Vubu
commença à donner à l'Abako des bases solides, d'en assurer une
expansion numérique, d'en faire un puissant instrument politique.
« La parution à Léopoldville, le 1er juillet 1956 du
manifeste de Conscience africaine allait lui donner enfin la
possibilité dont il rêvait depuis tant d'années, de réagir, et
d'exprimer publiquement ses opinions.
Un bourgmestre contestataire
En janvier 1956 sortit le plan Van Bilsen
de décolonisation de 30 ans. Un cercle d'étude des intellectuels
congolais autour de l'abbé Malula (ancien collègue de Kasa-Vubu à
Mbata-Kiela et futur cardinal) comprenant Ileo, Ngalula, Ngwenza
sortit le « Manifeste de la conscience africaine ». Ils
appuyaient les idées de Van Bilsen. Ils étaient opposés aux
partis politiques dont la caractéristique est la division, alors
que les Congolais ont besoin d'union.
L'Abako réagit immédiatement pour démontrer
qu'il y a des partis politiques congolais bien implantés. Des
commissions sont constituées pour étudier ce manifeste. Les résultats
seront publiés le 23 août 1965 lors d'une Assemblée générale
dans les locaux de la population noire (en face du terrain de basket
du stade des Martyrs, chez Paulino) devant une foule immense. Ce
sera le manifeste de l'Abako qui exige l'indépendance immédiate.
« Le mot magique et tabou est lancé. Léopoldville qui est
habité majoritairement des Bakongo, c'est l'enthousiasme et le délire.
L'administration coloniale prend peur et panique, même cas pour
certains groupes des missionnaires et quelques intellectuels
congolais. Cette union sacrée contre-attaque en diabolisant
Kasa-Vubu et l'Abako : ce sont des tribalistes, des séparatistes
qui ne demandent l'indépendance que pour le Bas-Congo. Toute l'année
1957 fut meublée par un combat sourd et éprouvant de l'Abako et
les fédérations ethniques du haut : des Mongo, des Bangala
appuyés par l'administration coloniale ». Kasa-Vubu devient
la bête noire, l'homme à abattre. Les Européens craignaient énormément
le « roi Kasa » plus que tout autre leader congolais vu
sa constance dans le rejet extrémiste de la colonisation et surtout
le poids humain et la discipline de l'Abako à Léopoldville. Aux élections
municipales du 8 décembre 1957, l'Abako remporte 130 sièges des
conseillers sur 170, soit 78,2. Pour Kasa-Vubu, c'est un triomphe.
Il deviendra bourgmestre de Dendale, l'actuelle commune de
Kasa-Vubu. Le jour de son installation, le 20 avril 1958, une grande
cérémonie est faite à l'actuel rond point Gambela devant une
impressionnante foule et le premier bourgmestre belge, Tordeur. Le
discours de Kasa-Vubu crache du venin sur la colonisation : la
foule exulte, mais les Belges présents se lèvent et partent. Le
nouveau bourgmestre refuse de hisser devant sa maison les couleurs
belges, il ne veut pas que l'on puisse croire que ce drapeau ait
quelque raison d'être planté au Congo. Seul le drapeau bleu à étoile
d'or, le vieux drapeau de l'Etat indépendant du Congo trouve grâce
à ses yeux.
Premier président de la République
Les premières élections législatives
organisées sur l'ensemble du territoire national en 1960
connaissent la victoire du Mnc/Lumumba sur l'Abako de Kasa-Vubu qui
remporte, néanmoins, tous les sièges dans le Bas-Congo et trois sièges
sur quatre à Léopoldville. Aucun parti n'ayant obtenu une victoire
suffisante pour gouverner seul, deux principales coalitions
politiques se forment, l'un autour du Mouvement National Congolais
(Mnc/L), de Patrice Lumumba; l'autre sous l'appellation Cartel
d'Union Nationale, autour de Kasa-Vubu. Les deux coalitions représentées
au parlement se partagent le pouvoir; Lumumba
forme le gouvernement en tant que premier premier ministre, et
Kasa-Vubu devient le tout premier président de la jeune République.
Quelques jours seulement après l'indépendance, le gouvernement est
secoué par une mutinerie de la Force publique, l'armée belge
intervient pour protéger le résidants belges restés au Congo, et
soutenir la sécession (11 juillet 1960) de la province du Katanga
sous Moise Tshombe. Kasa-Vubu et Lumumba font venir les Casques
bleus des Nations Unies, qui ne parviendront pas à restaurer
l'autorité de l'Etat. Il eu des folles rumeurs dans les médias
occidentaux que Lumumba allait faire venir les troupes soviétiques
pour restaurer l'autorité de l'Etat. Le 5 septembre, avec le
soutient de la Force publique, Kasa-Vubu révoqua Lumumba qui, à
son tour le révoqua aussi. En octobre, Mobutu
fait son premier coup d'Etat militaire, avec l'appui tacite de
Kasa-Vubu, en formant le gouvernement des commissaires généraux,
et, plus tard, en négociant la nomination de Tshombe comme premier
ministre en 1964. Mais le même Mobutu fera encore un deuxième coup
d'Etat en reversant Kasa-Vubu, le 24 novembre 1965. Il est décédé,
pauvre, le 24 mars 1669, en résidance surveillée à Boma. Le régime
militaire, en place à l'époque, aurait refusé d'autoriser son évacuation
pour des soins appropriés à l'étranger.
Vie privée
Peu connue du public, la vie privée du Président
Kasa-Vubu n'offrait cependant rien de bien mystérieux : elle
était tout entière marquée de discrétion et de simplicité, de
discipline et de travail. Le Président était matinal, et se levait
tous les jours à cinq heures, de manière à entendre les premières
nouvelles. Il travaillait ensuite à son bureau de la résidance
jusqu'à 7 heures. Les heures calmes et paisibles étant propices à
la réflexion. C'est alors qu'il prenait la plupart de ses décisions,
notamment en signant les textes et décrets soumis à sa signature
et qu'il avait pu parcourir la veille. Ensuite, il prenait son petit
déjeuner en famille et s'apprêtait à se rendre à Kalina (Gombe),
où se trouvait son Cabinet (actuel ministère de l'Intérieur). Il
y arrivait d'habitude vers 8 heures.
Chaque matin avait lieu la réunion du
Cabinet. Le président distribuait le travail et remettait à
chacun, dûment annotés, les documents et les pièces qu'il s'agit
de traiter. Aussitôt après, c'est le défilé des audiences :
ambassadeurs, ministres, hommes politiques, personnalités de
passage se succédaient, souvent jusqu'à midi, et parfois au-delà
dans le bureau présidentiel. Rentré chez lui, le président
prenait son dîner. Ensuite, quand le temps était favorable, il
aimait se rendre avec son épouse, Hortense Kasa-Vubu N'goma
Massunda, dans le parc pour s'y reposer à l'ombre des arbres.
C'est l'après-midi que le président
recevait solennellement les ambassadeurs qui venaient lui présenter
leurs lettres de créance. Le reste de l'après-midi est consacré
à la correspondance, à l'étude des dossiers, à la lecture de la
revue de presse. Comme le disait avec humour le président :
"Quand les enfants rentrent de l'école, ils commencent leurs
devoirs, tandis que moi, je continue les miens". Quand le
travail ne le retenait pas jusqu'à une heure plus avancée de la
nuit, le président se couchait vers 9 heures.
Ses loisirs, le Président Kasa-Vubu les
consacrait de préférence à travailler dans les champs qu'il possédait
au-delà de N'djili. Il n'hésitait pas à mettre lui-même la main
à l'ouvrage, et maniait tout aussi bien la machette que le sécateur.
Les jours où ses enfants ont congé, il aimait à passer la soirée
en famille, à regarder des films qu'il faisait projeter chez lui,
ou, d'autres fois, la télévision. Hors de l'exercice de ses
fonctions, le Président Kasa-Vubu circulait d'habitude dans une démocratique
Volkswagen. Ses goûts sont simples. Il ne fumait pas, ne buvait
d'alcool que rarement, les soirs de réception.
Méthodique et infatigable, il n'a accepté
de prendre quelques vacances que sur l'ordre formel de ses médecins,
et il dira ce jour là : "C'est mon premier congé depuis
1955".
Et il ajoute en riant : "A part
bien entendu les deux mois qui ont suivi les événements du 4
janvier 1959". C'est un homme d'Etat qui appréhendait la
dimension morale de la politique et refusait les compromissions dégradantes
auxquelles le pouvoir conduit parfois ceux qui ne voient dans
l'autorité qu'une occasion de puissance et d'enrichissement rapide.
SOURCES : www.lepotentiel.com,
www.kasa-vubu.info, sunset.ennis.ie et autres
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