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Joseph
Désiré Mobutu
1930-1997
Né à Lisala, le 14
octobre 1930, il est prénommé Joseph-Désiré et est l'aîné
d'une famille de quatre garçons. Son père, Albéric Gbémani,
est chef cuisinier chez les missionnaires capucins de Molegbe,
en pleine brousse
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équatoriale. Sa mère, elle, s'appelait
Marie-Madeleine Yemo et avait déjà eu deux enfants d'un premier
lit avec un chef tribal de Kawele. Il arrive pour la première fois
à Léopoldville (Kinshasa) en mars 1934 en compagnie de ses
parents; entré à l'école primaire Saint-Anne en 1937, il est
contraint de la quitter en classe de quatrième année. A la mort de
son père, le 11 août 1938, il est pris en charge par son grand père
paternel et son grand oncle dont il porte le nom. Il est, dés lors,
placé chez les Scheutistes et les Capucins à Molegbe, Bwamanda,
Mawuya et Libenge. Sa scolarité se poursuit à l'Ecole Moyenne,
tenue par les Frères des Ecoles Chrétiennes à Mbandaka
(Coquilhatville).
En février 1950, il est enrôlé à la
Force publique et envoyé à l'école centrale de Luluabourg
(Kananga) pour suivre la formation de secrétaire-comptable dont il
obtient le brevet en 1952. Troisième de sa promotion, il est affecté
en 1953 à l'Etat-Major de la Force Publique à Kinshasa. Là, il
collabore à la rédaction du journal de l'armée "Sango ya
bisu" et, bientôt, à celle du journal l'Avenir (l'Avenir
colonial belge). En effet, le 5 janvier 1956, la direction de ce
journal décide d'ouvrir ses colonnes aux Congolais dans les
"Actualités Africaines" et fait paraître certains
articles signés d'un certain "De Banzy", qui n'est autre
que le jeune Mobutu. L'utilisation du pseudonyme s'explique par le
fait qu'un soldat n'avait pas le droit d'écrire dans un journal
civil. De Banzy dérive de "de Banzyville", son territoire
d'origine, actuellement Mobayi Mbongo. Libéré de ses engagements
militaires à la fin de son terme le 31 décembre 1956, il entre
dans le comité de rédaction des "Actualités Africaines"
avec la recommandation de Pierre Davister.
Il rencontre pour la première fois Patrice
Lumumba en juillet 1956 dans les bureaux des "Actualités
Africaines". Son premier voyage en europe, il l'effectue en
1958 à l'occasion de sa participation au Congrès de la Presse
Coloniale organisé dans le cadre de l'Exposition Universelle de
Bruxelles; de retour à Kinshasa, il est nommé rédacteur en chef
des "Actualités Africaines". En 1959, il est retenu comme
stagiaire à l'Office de l'Information et des Relations Publiques
pour le Congo belge et le Rwanda-Urundi (Infor-Congo). Il suit des
cours à la Maison de la Presse de Bruxelles. En septembre 1959, il
s'inscrit à l'Institut Supérieur d'Etudes Sociales de Bruxelles
après avoir réussi le Jury Central. Loin du pays, il suit néanmoins
de près l'accélération du processus de libération. Lorsque les délégués
congolais débarquent à bruxelles pour la tenue de la Conférence
de la Table Ronde Politique, il se met à l'écoute de son coeur; Il
rejoint l'équipe du M.N.C.-Lumumba en janvier-février 1960 et est
confirmé membre effectif de la délégation du M.N.C.-lumumba à la
Conférence de la Table Ronde Economique, Financière et Sociale (26
avril - 16 mai 1960). De retour à Kinshasa le 10 juin 1960, il est
nommé le 24 juin Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil
chargé des questions politiques et administratives dans le premier
gouvernement constitué par Lumumba.
Lorsqu'éclate début juillet 1960, la
mutinerie de la Force Publique, le gouvernement lui confient la
mission de pacifier les esprits dans les camps militaires. Le 8
juillet, alors qu'il se trouvait en plaine mission au camp devenu
Kokolo un militaire vient à sa rencontre en courant pour lui
apprendre qu'un bulletin d'information radiodifusé vient d'annoncer
sa nomination en qualité de Chef d'Etat-Major général de l'armée
avec grade de Colonel. La lutte ouverte entre le Chef de l'Etat et
le Premier Ministre déclenchée le 5 septembre, le conduit à
intervenir pour mettre fin à la "chien-lit", comme il le
disait. Il neutralise le, 14 septembre 1960, les hommes politiques
en présence et met en place une équipe de jeunes technocrates, le
Collège des Commissaires Généraux. Il venait là d'opérer son
tout premier coup d'Etat militaire. Il réorganise et restructure
l'armée à partir des factions dissidentes de la Force Publique.
Promu, le 7 janvier 1960, au grade de Général Major, Commandant en
Chef de l'Armée Nationale, il s'attelle à la modernisation et à
l'équipement des forces armées. Le 3 novembre 1965, il est nommé
au grade de Lieutenant-général de l'Armée Nationale Congolaise.
Le 24 novembre 1965, après le coup
d'Etat du Haut Commandement Militaire des Forces Armées, il
assume les prérogatives constitutionnelles du Chef de l'Etat.
Mobutu nomme comme Premier ministre un militaire, le colonel Léonard
Mulamba, et gouverne par "ordonnances-lois", sans aucun
contrôle du Parlement. Toutes les activités des partis politiques
sont suspendues. Candidat unique, après élimination physique de
tout concurrent potentiel ou déclaré, il est élu à la
Magistrature Suprême au suffrage universel direct en 1970, réélu
en 1977 et 1984 avec 99,99% de voix. Il a perdu sa première épouse,
Antoinette Mobutu, le 22 octobre 1977 et s'est remarié avec Bobi
Ladawa le 1er mai 1980, un jour avant l'arrivée du Pape Jean-Paul
II à Kinshasa. Il a été élevé à la dignité de Maréchal du Zaïre,
par acclamation, au cours d'une plénière du troisième congrès
ordinaire (du 6 au 11 décembre 1982) du Mouvement Populaire de la Révolution
- Parti-Etat, à la suite d'une motion émanant de l'Ordre des
Compagnons de la Révolution. Il a revêtu les insignes de Maréchal
le 19 mai 1983. Selon la Constitution, le Président du Mouvement
Populaire de la Révolution est de droit Président de la République.
Tous les Congolais, y compris les foetus dans les ventres de leurs mères,
étaient membre du MPR-Parti-Etat (Olinga, Olinga te, ozali obele na
MPR!). L'animation politique ou la propagande du culte de la
personnalité du "Guide éclairé" ou du "Grand
Timonier" avait préséance sur la loi ou le droit. Ne pas
danser ou chanter pour le Guide était quelque chose que les
Congolais n'osaient pas faire en publique, au risque de disparaître
sans laisser des trances.
La "zaïrianisation" de 1972-73,
vit l'abacost ("à bas le costume") supplanter la cravate
européenne, proscrite en même temps que les prénoms chrétiens.
Cette "révoilution culturelle" donna le jour aussi au
"citoyen" zaïrois. Le mot "monsieur" était
seulement utilisé pour désigner un non citoyent, c'est-à-dire ou
étranger. Sous la pression interne et externe Mobutu prononce, le
24 avril 1990, un discours historique, au cours duquel le
"Guide" fond en larme ("comprennez mes émotions"
sic!) après avoir annoncé l'ouverture au pluralisme politique.
Mobutu aura été le seul maréchal de l'histoire à avoir pleuré
publiquement pour s'etre contredit. "De mon vivant, il n'y aura
jamais deux partis politique au Zaïre", martelait-il souvent.
Anéanti par le cancer de la prostate et l'invasion du pays par les
voisins de l'Est, Mobutu a fui le Zaïre, le 16 mai 1997, laissant
le pouvoir à Kabila, soutenu par les pays agresseurs.
L'ex-président zaïrois est décédé le
dimanche 7 août 1997 dans une clinique de Rabbat au Maroc.
(CONGOLITE/SOURCES: AFROLOGY.COM)
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