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Contes de chez
nous
"Contes de chez
nous" c'est le nom d'un recueil de contes populaires de la
République Démocratique du Congo publié par le Centre de
Recherche Pédagogique (CRP) de Kinshasa. Ces contes populaires qui
existent depuis des temps immémoriaux et qui ont été transmis de
bouche à oreille, de générations en générations, sont très
riches en enseignements. Vous pouvez les consulter progressivement
un à un, par choix des titres ou par choix des pages.
Le lapin et le
singe
La chatte et la souris
La mouche et le moustique
La gazelle et le léopard
LE LAPIN ET LE
SINGE
Le lapin qui était l'ami de
tout le monde, était aussi l'ami du singe. "Ils se
voyaient", comme nous disons, nous les hommes.
C'est à cause de cette grande
amitié que Jeannot Lapin osa dire un jour à Tiennot le singe :
"Pourquoi te grattes-tu toujours ainsi? Si tu savais comme cela
te rend drôle et désagréable, tu ne le ferais plus, je
t'assure." Le singe, qui se gratte par habitude, resta un
moment tranquille et dit : "Est-ce que vraiment je me gratte
tellement?" - "Mais oui, tu as l'air ridicule, mon
Tiennot, et tu peux me remercier de t'en avoir fait la remarque,
sans quoi, personne ne songerait à te corriger."
"Ridicule...ridicule..."
murmurait le singe un peu humilié. Pourtant ayant bien réfléchi,
il vint remercier le lapin et ajouta : "Mais toi, Jeannot, si
tu savais comme les gens rient de toi en te voyant continuellement
tourner la tête à droite, puis à gauche, puis devant, puis
derrière comme un phare d'aérodrome... Que crains-tu? De quoi
as-tu peur?"
"Je n'ai peur de rien, je
n'ai peur de prersonne, répliqua le lapin, c'est pour me distraire
que je tourne la tête. Je pourrais parfaitement rester droit,
regardant devant moi, bien tranquillement."
Il n'avaiat pas finit de
parler que, croyant entendre une voix qui ricanait derrière lui, il
se retourna brusquement....ce qui, bien entendu, fit pouffer de rire
notre Tiennot.
"Ecoute, ami singe,
poursuivit Jeannot, ne profite pas d'une distraction pour te moquer
de moi. Si je te dis que je puis rester tranquille, tu dois me
croire."
"Gageons le
contraire", riposta le singe.
"Oui, parions, mais
parions aussi que tu ne peux renoncer a te gratter."
Ils se donnèrent la patte en
signe d'accord.
Du Coup, les voilà fixés
comme des statues. Chacun voulait montrer de quoi il était capable.
Mais après quelques instants d'entdurance, ni l'un ni l'autre ne
put tenir. Le singe, tel un dactylographe, se grattait partout et le
lapin, redoutant je ne sais quel ennemi, tournait la tête dans tous
les sens.
Moralité : chassez le
naturel, il revient au galop.
Auteur: anonyme
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LA CHATTE ET
LA SOURIS
Dame Chatte et Demoiselle
Souris s'entendaient à merveille quand la première mit au monde
sept charmants petits chatons. Dame chatte était indisposée; ce
fut avec joie que son amie - qui était célibataire - s'offrit à
soigner les nouveau-nés. Elle le fit avec beaucoup d'amour.
Mais un beau jour, la souris
reçut la visite de sa tante, la gazelle Mboloko. Mboloko dit à la
souris : "Petite nièce, sais-tu que la viande des chatons est
la meilleure de toutes les viandes? Sit tu veux, mongeons un de ces
petits." La souris hésita, mais son hésitation ne fut pas
longue, et bientôt un des chatons était mis à la broche.
"Quelle viande
délicieuse", murmurait la souris, oubliant son crime affreuxx.
Le plat lui plut tellement que quelques jours plus tard, il ne
restait plus uncun chaton en vie.
Quand la pauvre chatte revint
au logis, elle appela en vain ses petits : l'écho seul répondit à
ses miaulements plaintifs. Quand le crime fut découvert, maman
chatte se mit à la poursuite de la souris, mais elle ne la trouva
pas.
Elle réunit tout le clan des
chats et tous firent le serment de croquer toutes les souris qu'ils
rencontreraient.
Cette histoire s'est passée
il y a bien longtemps et cependant, aujourd'hui encore, les chats la
racontent à leurs petits.
Ils n'ont pas fini de venger
les sept chatons dont je viens de vous raconter la mort.
Auteur anonyme
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LA MOUCHE ET
LE MOUSTIQUE
Un jour, de grand matin, la
mouche vint trouver le moustique et lui dit : "Ami, nous
n'avons plus d'eau; allons nous débarbouiller au ruisseau. Ensuite
nous remplirons nos calebasses et nous pourrons ainsi ramener de
l'eau à notre retour."
Tous deux, calebasse sur la
tête, s'en allèrent au ruisseau.
Ils prirent un bon bain et
remplirent d'eau leurs récipients. Vint le moment de rentrer à la
maison. Le moustique souleva la calebasse et tenta en vain de la
poser sur sa tête. Il essaya dix fois, la calebasses retomba dix
fois. La mouche, voyant les efforts de son ami moustique, se mit à
rire à gorge déployée. Elle riait si fort que les larmes lui
jaillissaient des yeux.
Elle prit son mouchjoir pour
essuyer ses larmes mais elle se tordit le cou. Sa tête continua à
sourire dans la poussière du chemin
Auteur anonyme
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LA GAZELLE ET
LE LEOPARD
Un jour, un léopard se
promenait. Il rencontra une gazelle endormi. Il la lia dans un
panier et se dirigea vers le fleuve pour la jeter dans l'eau.
Arrivé sur le rivage, il déposa le panier et s'éloigna quelque
peu pour aller chercher des pierres.
Une antilope arriva sur les
lieux. "Ne t'étonne pas, dit la gazelle, je dors dans ce beau
lit. Viens un peu essayer, tu sentiras comme c'est doux."
L'antilope délia les cordes et s'introduisit dans le panier. La
gazelle l'y enferma solidement et s'enfuit.
Quelqus minutes plus tard, le
léopard arriva. Il accrocha des pierres au panier pour l'alourdir
et le jeta dans le feuve, restant sourd au hurlements plaintifs de
l'antilope dont il ne reconnut pas la voix.
Quand la gazelle arriva chez
elle, elle emprunta des couvertures, des draps et toutes sortes de
belles choses et elle organnisa une exposition.
Le léopard fut ahuri de voir
la gazelle encore vivante et si riche tout à coup. La gazelle lui
dit : "Ne vous étonnez pas, Seigneur Léopard, tout ce que
vous voyez, je l'ai rapporté du pays merveilleux où vous m'avez
envoyée. Si j'avais été plongée au milieu du fleuve, je serais
plus riche encore." - "Liez-moi donc dans le panier, dit
le léopard jaloux, allez me jeter au milieu du fleuve. Je serai
alors plus riche que vous."
Il s'introduisit dans le
panier. La gazelle le ferma soigneusement et s'embarqua sur une
pirogue.
Arrivée au milieu du fleuve,
elle laissa le léopard tomber dans l'eau où il périt pour
toujours.
Auteur anonyme
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