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Contes de chez
nous (suite)
"Contes de chez
nous" c'est le nom d'un recueil de contes populaires de la République
Démocratique du Congo publié par le Centre de Recherche Pédagogique
(CRP) de Kinshasa. Ces contes populaires qui existent depuis des
temps immémoriaux et qui ont été transmis de bouche à oreille,
de générations en générations, sont très riches en
enseignements. Vous pouvez les consulter progressivement un à ou
par choix des titres.
Engoulevent le
grand
Le caméléon et le singe
ENGOULEVENT LE
GRAND
L'engoulevent avait été élu
roi des animaux; il était d'une sagesse sans précédent; il
tranchait avec habileté toutes les palabres et il était parvenu à
se faire estimer sinon aimer par tout le monde. Même le lièvre,
qui était pourtant si difficile, reconnaissait les mérites du
nouveau souverain. La renommée du roi était telle qu'on l'avait
surnommé «Engoulevent le Grand.»
Un jour, le coq se mit en
route pour aller consulter le sage monarque. A un carrefour, il
rencontra Madame Eléphant et la salua galamment : «Mes hommages
Madame. Quelle heureuse rencontre! Puis-je vous faire un pas de
conduite? Où allez-vous?»
«Bonjour, répondit l'éléphant,
je vais trouver le roi.»
«J'y vais, moi aussi, faisons
donc route ensemble.»
Le coq, bavard, interrogea son
compagnon : «Pourquoi allez-vous trouver le roi?» «Parce que j'en
ai assez ... l'injustice est floagrante, il faut qu'elle cesse ..»
«Vous en avez assez ... injustice? ... De quoi s'agit-il, Madame?»
«Voilà : toutes mes amies
mettent au monde deux, trois, quatre, voire dix enfants à la fois;
ma voisine, la sotte truite a même eu douze petits porcelets ... et
elle se moque de moi qui chaque fois ne mets bas qu'un seul enfant.
Si cela continue, notre race sera bientôt exterminée, d'autant
plus que les hommes ont trouvé maintenant de nouvelles méthodes
pour nous assassiner et nous arracher notre ivoire. Les traîtres!
toujours nous attaquer de loin ou de derrière, toujours éviter le
corps à corps.»
«Votre cause est juste, dit
le coq, et je suis certain que le roi veillera à vous donner
satisfaction. Je vais aussi touver le roi, je vais aussi lui exposer
une situation injuste. Pour moi aussi les hommes sont injustes et méchants.
Je vis avec eux, je suis à leur service, c'est moi qui les réveille
le matin, c'est moi qui mets de l'ordre dans le poulailler, et voilà
... tandis que les chiens et les les chats mangent dans des écuelles,
je dois manger à même le sol ... Je voudrais que le roi mette fin
à cette situation. Mais, allons vite, la nuit tombe déjà ...»
Ils arrivèrent chez le roi et
furent bien accueillis. Chacun put exposer à l'aise ses difficultés.
«Très bien, dit le roi, nous
en reparlerons demain. Maintenant, il fait nuit, allons nous
reposer. Toi, coq, tu passseras la nuit dans la chambre que mon
domestique t'indiquera, c'est là qu'on te servira demain ton petit
déjeuner. Toi, éléphant, gros comme tu es, aucune chambre ne
pourrait te contenir. Tu pourras passer la nuit dans la bananeraie,
derrière mon palais.»
Le lendemain, ils se présentèrent
de nouveau devant le roi. Le roi n'avait pas encore eu le temps
d'ouvrir la bouche qu'un domestique entra: «Maître, dit-il au roi,
ce monsieur est indigne d'être logé dans une chambre propre: il a
tout sali ... les draps, la table, les chaisses tous les coins de la
chambre, tout est sale, tout sent mauvais ...»
Le roi n'avait pas eu le temps
de répondre qu'un autre domestique arriva, éssoufflé: «Maître,
hurla-t-il, c'est honteux, venez voir les ravages que cet éléphant
a faits tous les bananiers sont piétinés, la plupart des arbres du
verger sont arrachés; s'il y avait deux êtres pareils dans le
village, la famine s'y installerait après quelques jours».
Le roi soupira et dit, les
yeux tournés vers les deux compagnons honteux: «Les réponses à
vos problèmes sont données. Coq, pourquoi dormir dans un lit,
pourquoi manger à table quand on est incapable de garder quelque
choses propre? Tu salis tout, l'homme a bien raison de ne pas te
vouloir dans sa maison. Et vous, Madame Eléphant, un enfant touts
les deux ans vous suffit. Nous devons vivre, nous aussi, et si vous
étiez plus nombreux, vous les éléphants, vos ravages amèneraient
la famine partout. Aller donc, soyez heureux et vivez comme vous
avez toujours vécu: c'est ce qu'il y a de mieux pour vous.»
Auteur: anonyme
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LE CAMELEON ET
LE SINGE
Un jour, le caméléon et le
singe entreprirent un long voyage. Le singe gambadait et sautait
d'arbre en arbre tandis que notre caméléon se dandinait
gauchement. Ils arrivèrent dans une palmeraie. Le tireur n'était
pas là, mais une calebasse était attachée au tronc d'un palmier.
Le singe l'eut vite remarquée et dit à son comapagnon : «Si nous
buvions quelques gorgées de vin de palme.» «Je ne bois pas, je ne
fume pas, dit le caméléon, j'ai mes principes. D'ailleurs, ce vin
de palme ne nous appartient pas..»
«Ne bois pas, c'est ton
affaire, dit le singe, moi, j'ai soif...» Et, en moins de temps
qu'il n'en faut pour le dire, le singe est installé près de la
calebasse et déguste le délicieux breuvage : une gorgée, deux
gorgées, trois...quatre...la calebasse est vide. Les deux voyageurs
se remirent en route. Le tireur de vin de palme arriva bientôt et
remarqua bien vite que sa calebasse avait été déplacée...et vidée.
Il se mit immédiatement à la recherche du coupable. Arrivé près
des deux compagnons, il demanda : «Qui a bu mon vin?» «C'est le
caméléon», dit le singe. «Menteur, c'est toi», dit le caméléon.
«C'est facile à voir, dit le singe, regardez-nous marcher. Celui
qui a bu tant de vin de palme ne sait plus marcher droit.»
Le tireur de vin remarqua que
le caméléon marchait de gauche à droite et il le frappa. Ils
reprirent leur route : le maleureux caméléon méditait sa
revanche. L'occasion se présenta quand ils arrivèrent près d'un
village. Il mit le feu à la brousse et le feu se communiqua aux
maisons : elles furent toutes brûlées. Les billageois revinrent
des champs et coururent à la l'endroit d'où venait le feu. Ils
rencontrèrent les deux voyageurs : «Qui de vous deux a mis le feu
à la brousse?» demandèrent-ils. «C'est le singe», dit le caméléon.
«Menteur, c'est toi», dit le singe. «Si vous voulez une preuve,
dit le caméléon aux villageois, regardez nos mains. Le morceau de
bois qui portait le feu était tout noir, donc celui qui a mis le
feu a les mains sales.»
Vous devinez la suit... le
singe fut bien puni.
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