Livre : Je vendais de la Skol sur le
fleuve Zaïre
de Jean Suys
Tel est le titre d’un livre en deux tomes et d’un film
documentaire qui ont été présentés à la communauté congolaise
de Belgique ce jeudi 26 janvier 2006 au soir, au centre culturel
Kriekelaar sis avenue Rogier 214, dans la commune de Schaerbeek à
Bruxelles. Initiée par Désiré KATOMPA de Culturek asbl, avec l’appui
de Ghislaine MOLAI, du CEPROC asbl., la manifestation a réuni un
bon petit public mixte composé de congolais et de belges amis du
Congo. « Je vendais de la Skol (un marque de biere en
Republique Democratique du Congo) sur le fleuve Zaïre » est l’œuvre
du belge Jean SUYS, de 1962 à 1984, agent de l’Union Minière du
Haut Katanga (devenue Gécamines, société d’Etat d’exploitation
minière.)
On ne passe pas impunément vingt-deux ans au Congo sans en
tomber amoureux, sans devenir congolais, de cœur au moins. En 1988,
jean Suys revient au Congo dans le cadre de la coopération belge.
Mais celle-ci est rompue. Et comme en 1984, Jean Suys se retrouve
sur le carreau. Cette fois, il ne rentre pas en Belgique. Il se fait
fabriquer un bateau d’une trentaine de mètres avec lequel il va
naviguer sur le fleuve Zaïre en vendant de la bière aux riverains
et achetant des produits vivriers à vendre à Kinshasa au retour.

Dans le film documentaire on a l’occasion de voir le grandiose
et majestueux fleuve Zaïre Congo ainsi que ses affluents. La
richesse naturelle de toutes les contrées traversées, la
diversité culturelle des populations. Le livre quant à lui est un
témoignage original sur le vécu quotidien du congolais, ses mœurs
avec certains de ses travers. Mais aussi cette énergie débordante,
cet amour de la vie, cette hospitalité et surtout cette
ingéniosité, cette débrouillardise qui a fait que le Congolais
soit encore en vie, malgré les contre-performances des dirigeants
politiques. Tracasseries militaires? Corruption de l’appareil de l’Etat
ou des lambeaux qui font office de l’Etat? Combines de tout genre?
Rien ne manque. Pour le lecteur congolais, ce regard du
« Mundele » (blanc) sur les réalités congolaises est
parfois amusant, autant quand les subtilités de nos humours
respectifs ne se rejoignent pas que quand ils se télescopent.
Cheik FITA
Publié sur le web le 30 janvier 2007