|
|
Conférence International sur la
Paix, la Sécurité, la Démocratie et le Développement dans la Région
des Grands Lacs.
1er Sommet des Chefs
d’Etat et de Gouvernement
Dar-es- Salaam, 19-20
Novembre 2004
DECLARATION DE DAR -ES- SALAAM
SUR LA PAIX, LA SECURITE, LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT DANS LA
REGION DES GRANDS LACS.
I.
PREAMBULE
1. Nous, Chefs
d’Etat et de Gouvernement des pays membres de la Conférence
Internationale sur la Région des Grands Lacs, réunis à Dar es
Salaam, le 19 et 20 novembre 2004, sous les auspices des Nations Unies
et de l’Union africaine ;
2. Profondément préoccupés
par les conflits endémiques et la persistance de l’insécurité
provoqués ou aggravés, entre autres, par la stagnation économique
et l’aggravation de la pauvreté, la méfiance et la suspicion
entre gouvernements, les violations massives des droits de l’Homme
et autres politiques d’exclusion et de marginalisation, les
disparités entre les sexes, le recours à la violence pour la conquête
ou la conservation du pouvoir, l’impunité des crimes de génocide,
des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, le trafic
illicite des armes légères et de petit calibre, la prolifération
des groupes armés, et de criminalité organisée, et
l’exploitation illégale des ressources naturelles ; reconnaissant
les efforts entrepris aux niveaux national, régional et
international pour résoudre ces problèmes endémiques ;
3. Rappelant que les
causes des conflits et de l’insécurité dans la région sont
aussi ancrées dans notre histoire, y compris durant l’ère précoloniale,
coloniale et post coloniale ;
4. Conscients de la
nécessité du respect de la démocratie et de la bonne gouvernance,
ainsi que des principes fondamentaux inscrits dans la Charte des
Nations Unies et l’Acte Constitutif de l’Union africaine tels
que, l’intégrité territoriale, la souveraineté, la non-ingérence
et la non-agression, l’interdiction à tout Etat membre
d’autoriser l’usage de son territoire par des groupes armés
comme base d’agression et de subversion contre un autre Etat
membre, ainsi que la nécessité d’une volonté politique
effective et durable de rechercher ensemble des solutions pacifiques
et en particulier d’honorer nos engagements dans l’esprit de
confiance mutuelle ;
5. Conscients
qu’en raison des liens étroits qui unissent nos peuples, les
crises et les conflits affectant un pays peuvent s’étendre
rapidement à un autre, voire à l’ensemble de la région ;
6. Profondément préoccupés
par les conséquences humanitaires et sociales des crises et des
conflits armés, notamment les violations des droits humains des
femmes, des enfants, des personnes agées, des personnes vivant avec
un handicape et des jeunes, le recrutement et l’utilisation des
enfants soldats dans les conflits armés, la violence et
l’exploitation sexuelles des filles et des femmes et leur
utilisation comme esclaves sexuelles, les déplacements forcés des
populations, la vulnérabilité des communautés vivant aux frontières,
la destruction des services de base, en particulier des
infrastructures de santé et d’éducation, l’insécurité
alimentaire et la malnutrition des populations qui s’ensuit, la dégradation
de l’écosystème et de l’habitat humain ainsi que la pression
exercée sur la répartition des ressources nationales entre la sécurité
et les secteurs sociaux ;
7. Préoccupés par
l’impact des conflits armés sur l’environnement, en particulier
l’effet des réfugiés et déplacés internes sur la dégradation
des écosystèmes du bassin du Congo et de la région des Grands
Lacs africains, et pleinement conscients du lien entre la paix,
l’environnement et le développement ;
8. Profondément préoccupés
par la non-application intégrale des instruments juridiques
essentiels du Droit international humanitaire et certains principes
fondamentaux, en particulier ceux qui ont trait aux réfugiés et
aux déplacés internes, et sur les graves conséquences de ces
manquements sur la protection des populations affectées et la
fourniture d’assistance humanitaire ;
9. Preoccupés par
le fléau du VIH/SIDA, la propagation du paludisme, de la
tuberculose et autres maladies infectieuses, le taux élévé de
l’analphabétisme, et par leurs conséquences sur le développement
humain ;
10. Conscients du
retard sur le plan du développement économique et de l’intégration
régionale, liés entre autres facteurs, aux choix de politiques
inappropriées, aux résultas mitigés des programmes d’ajustement
structurel, à la mauvaise gestion des ressources publiques, au
fardeau insoutenable de la dette et aux effets destructeurs des
guerres ;
11. Considérant que
la discrimination à l’égard des femmes à tous les niveaux de
prise de décision, dans les domaines de la paix et de la sécurité,
de la démocratie et de la gouvernance politique, économique et
sociale, exige un redressement volontariste, immédiat et durable ;
12. Conscients du
fait que les dirigeants politiques doivent oeuvrer individuellement
et collectivement en vue de la reconstruction et du développement
de la région et de l’avènement d’un avenir de paix, de
stabilité et de prospérité ;
13. Convaincus que
l’édification d’un avenir viable pour tous passe par le rétablissement
de relations inter-étatiques fondées sur la confiance, la relance
de la coopération et de l’intégration, dans ce cadre d’une
vision régionale inclusive en vue de la promotion de la paix, de la
sécurité, de la démocratie et du développement durables ;
II. VISION
14. Proclamons notre détermination
collective à faire de la région des Grands Lacs un espace de paix et
de sécurité durable, et ce pour les Etats les peuples, de stabilité
politique et sociale, de croissance et de développement partagés, un
espace de coopération fondé sur des stratégies et politiques de
convergence dans le cadre d’un destin commun que nous sommes déterminés
à réaliser, selon les aspirations de nos peuples, en conformité
aussi avec la vision et la mission de l’Union africaine, avec la
pleine participation de toutes nos populations, en partenariat avec
l’Organisation des Nations Unies, I’Union Africaine et
l’ensemble de la Communauté internationale ;
15. Réaffirmons notre
engagement à réaliser ce destin commun dans le strict respect des
dispositions de la Charte des Nations Unies, de l’Acte constitutif
de l’Union Africaine, de la Déclaration universelle des Droits de
l’Homme, de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des
peuples, ainsi que de tous les instruments juridiques internationaux
et régionaux pertinents ;
16. Nous engageons à
construire une région des Grands Lacs ouverte à d’autres régions
du continent en bâtissant notre coopération autour des axes
prioritaires que sont : la paix et la sécurité, la démocratie et la
bonne gouvernance, le développement économique et l’intégration régionale,
les questions humanitaires et sociales et réaliser notre vision à
travers les options politiques prioritaires, les principes directeurs
et les mécanismes ci-après ;
LLL. OPTIONS POLITIQUES
PRIORITAIRES ET PRINCIPES DIRECTEURS PAIX ET SECURITES.
Nous engageons à :
17. Appuyer sans réserve
les processus nationaux de paix dans la région, et nous abstenir de
tout acte, déclaration ou attitude susceptible de les affecter négativement,
y compris à travers les médias ;
18. Renforcer la
coopération bilatérale et régionale grâce à l’adoption et
l’application effective de pactes de non-agression et de défense
commune ;
19. Mettre en place
un cadre régional de sécurité pour la prévention, la gestion et
le règlement pacifique des conflits et, à cet effet, évaluer sur
une base régulière les initiatives et mécanismes sous-régionaux
pertinents et les adapter, tout en encourageant les structures
traditionnelles appropriées ;
20. Lutter contre le
génocide dans la région des Grands Lacs et décisions de
neutraliser, de désarmer, d’arrêter et de déférer aux
tribunaux internationaux les auteurs du génocide, y compris les
forces qui ont commis le génocide au Rwanda en 1994, et toutes
autres forces similaires pouvant se constituer à l’avenir,
conformément à la Convention de 1948 sur le génocide et aux Résolutions
pertinentes du Gonseil de Sécurité des Nations Unies ;
21. Renforcer la
coopération en matière de défense et de sécurité et promouvoir
la confiance grâce à la mise en place de politiques, de mesures et
de mécanismes ayant pour obectif de renforcer les relations de bon
voisinage et la coopération multisectoreille ;
22. Promouvoir des
politiques communes pour mettre fin à la prolifération et au
trafic illicite des armes légères et de petit calibre, ainsi que
des mines anti-personnel et, à cet égard, harmoniser et
assurer la mise en oeuvre des accords et des mécanismes existants ;
23. Assurer la sécurité
des frontières communes dans le cadre de stratégies de gestion de
proximité des questions transfrontalières, en consultation avec
les populations de ces zones ;
24. Empêcher tout
soutien direct et indirect, toute livraison d’armes ou toute autre
forme d’assistance aux groupes armés opérant dans la région, et
interdire aux groupes armés de mener, à partir de tout
territoire, des actes d’agression ou de subversion contre
d’autres Etats membres ;
25. Adopter et mettre en
oeuvre, de façon effective et durable, des programmes nationaux
de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (DDR), assurer,
là où cela est applicable, une coordination régionale pour le
Rapatriement et la Réinstallation (DDRRR), en tenant compte des
besoins apécifiques des anciens enfants soldats et des ex-combattantes
;
26. Intensifier la
lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme et,
à cet égard, mettre en oeuvre des mesures contre l’impunité, à
travers des mécanismes régionaux mis en place pour assurer le
suivi de l’application des Conventions internationales pertinentes
;
27. Protéger les
groupes vulnérables, les femmes, les enfants, les personnes âgées,
les personnes vivant avec un handicap, les malades, les réfugiés
et les déplacés, les impliquer dans nos efforts de paix, nous
attaquer aux problèmes de la violence sexuelle, mettre en oeuvre
une stratégie régionale de lutte contre la pandémie du VIH/SIDA
en tant que question relative à la paix et sécurité et conformément
aux instruments politiques, légaux, régionaux et internationaux
pertinents, y compris les résolutions 1308 et 1325 du Conseil de Sécurité
des Nations Unies, et créer les conditions pour protéger les
jeunes de toutes sortes de manipulation, en particulier durant les
conflits armés ;
DEMOCRATIE ET BONNE GOUVERNANCE
Nous engageons à :
28. Promouvoir dans
nos Etats et dans la région, des politiques et stratégies dictées
par le respect des valeurs, principes et normes de démocratie et de
bonne gouvernance ainsi que le respect des droits de l’Homme;
29. Combattre toutes
les idéologies, les politiques et pratiques discriminatoires et tous
les actes de génocide, de massacres, de terrorisme, de racisme,
d’ethnicisme, d’exclusion, ainsi que toutes autres formes de
violence ou de crimes;
30. Développer des
politiques et programmes communs dans les domaines de l’éducation
civique, de libre circulation des personnes, de la liberté
d’expression et le libre échange d’idées et d’informations;
31. Promouvoir des
politiques d’unité nationale fondées sur le multiculturalisme, la
tolérance, la culture de la paix et le dialogue, en vue de bâtir un
destin commun sur des valeurs culturelles africaines partagées;
32. Mettre en place
des politiques nationales et régionales fondées sur la démocratie
et la bonne gouvernance visant la consolidation de l’état de droit,
le renforcement des capacités de leadership, la transparence des
processus électoraux, le renforcement de l’efficacité des services
judiciaires et des services de sécurité et la promotion des
nouvelles technologies de l’information et de la communication
(TIC);
33. Promouvoir la
participation effective des différents acteurs socio-économiques, en
particulier, le secteur privé, la société civile, les femmes et les
jeunes, dans le renforcement de la démocratie et de la bonne
gouvernance, notamment à travers la promotion de la bonne gouvernance
au niveau local, et l’emergence de médias indépendants et
responsables;
34. Encourager les
pays membres de la Conférence à adhérer au Mécanisme africain d’évaluation
par Pairs du NEPAD et à mettre en place des appareils régionaux
veilant au respect des conventions internationales sur les droits
humains et sur les pratiques criminelles, tels que le trafic illicite
des armes légères et de petit calibre et l’exploitation illégale
des ressources dans la région des Grands Lacs;
35. Adopter des
politiques et mécanismes volontaires pour promouvoir l’égalité
entre les hommes et les femmes, à tous les niveaux et dans tous les
domaines, aux niveaux national et régional, conformément à la Déclaration
du Millénaire, à la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité
des Nations Unies la Convention sur l’élimination de toutes les
formes de discrimination à l’égard des femmes, à la Charte
africaine des Droits de l’Homme et des peuples, au Protocole relatif
aux droits de la femme en Afrique, au Plan d’action de Beijing et à
la Déclaration de l’Union africaine sur l’égalité entre les
hommes et les femmes en Afrique;
36. Encourager la coopération
politique et juridique entre les Etats de la région en vue de traiter
des crimes, en particulier le génocide, les crimes contre l’humanité,
les crimes de guerre et les actes de terrorisme;
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET
INTEGRATION REGIONALE
Nous engageons à :
37. Promouvoir une
vision partagée du développement économique et de l’intégration
régionale qui appuie un développement global et durable;
38. Parvenir à
l’intégration régionale en oeuvrant à l’harmonisation des
instruments de coopération économique ; adopter des stratégies
pour la convergence macro-économique et pour la mise en oeuvre de
politiques régionales en vue de la libre circulation des personnes,
des biens et des services;
39. Coopérer en vue
du renforcement de la croissance économique à travers l’intégration
économique et la recherche de solution aux défis majeurs qui se
posent au pays, et l’incorporation d’une stratégie intégrée de
reconstruction au niveau régional des secteurs de production et des
infrastructures;
40. Créer ou renforcer
au niveau régional, des cadres juridiques, administratifs et
institutionnels et développer les capacités vue de l’intégration
régionale;
41. Créer un espace
économique unique en vue d’une efficacité économique renforcée,
pour éradiquer la pauvreté, et parvenir à un développement économique
durable;
42. Promouvoir la
croissance et le développement grâce à la relance et
l’harmonisation des organisations d’intégration régionale
existantes et l’établissement de pôles/zones de part et d’autre
des frontières;
43. Adopter des
politiques régionales de promotion d’un secteur privé dynamique,
socialement responsable, dans le cadre d’un environnement propice
aux investissements, notamment par le biais d’un mécanisme d’intégration
du secteur informel dans l’ensemble de l’économie;
44. Promouvoir des
politiques et stratégies régionales de diversification et
d’accroissement des sources de revenus, de la compétitivité des
secteurs productifs, de la gestion rationnelle des ressources agraires,
de la gestion durable et saines des ressources naturelles vitales de
la nature et de l’environnement telles que les écosystèmes
aquatiques, les réserves minérales et les forêts du bassin du
Congo, ainsi que l’habitat humain durable;
45. Promouvoir la coopération
régionale dans les secteurs du commerce, des politiques monétaires,
de l’énergie, du transport, du tourisme, de la culture, de
l’environnement, des nouvelles technologies de l’information et de
la communication (NTICS), ainsi que dans le domaine des télécommunications,
une attention particulière devant être accordée aux chemin de fer,
aux oléoducs, aux câbles sous-marins et à l’interconnexion par
fibres optiques des réseaux de télécommunications;
46. Elaborer une stratégie
régionale de développement de l’agriculture, de la pêche, de l’élévage
et de l’agro-industrie, et des politiques d’irrigation propres à
réduire la dépendance à l’égard des précipitations et
changements climatiques;
47. Promouvoir la coopération
dans le domaine de la recherche scientifique et dans les domaines
sociaux, notamment ceux de l’éducation et de la santé, en vue
d’harmoniser les programmes ou politiques, de renforcer les échanges,
de favoriser la gestion judicieuse des ressources humaines, de réduire
l’exode des compétences et d’améliorer les conditions de vie;
48. Formuler des
politiques nationales et régionales pour favoriser l’emploi des
femmes et des jeunes et développer les mécanismes régionaux
de financement appropriés, afin de leur permettre d’avoir
d’avantage accès aux institutions de micro-finance, aux possibilités
d’investissement dans le domaine commercial et au contrôle des
facteurs de production tels que la terre, la propriété et le
capital;
49. Formuler des
politiques et des stratégies en vue de créer de la valeur ajoutée
par le biais de la transformation de nos matières premières et promouvoir
des activités basées sur les connaissances ainsi que les
industries de services tels que le tourisme, les banques et les
assurances en vue de créer des richesses;
50. Harmoniser les
politiques et mécanismes régionaux de gestion de l’environnement,
et notamment des parcs nationaux et des écosystèmes protégés,
conformément aux conventions et aux normes internationales en la matière;
51. Poursuivre une
stratégie régionale collective en vue d’un meilleur accès aux
marchés internationaux et d’une intégration accélérée du marché
régional;
52. Adopter, promouvoir et
appuyer la formulation de stratégies et politiques nationales équilibrées
de développement rural et urbain, aux niveaux national et régional;
53. Impliquer la
Communauté internationale, notamment l’ONU et toutes ses agences,
l’UA et les Communautés économiques régionales pertinentes, les
Institutions financières internationales, le Groupe des Amis de la Région
des Grands Lacs et les autres partenaires au développement, à
apporter leur soutien aux pays de la région en déclarant la région
des Grands Lacs “Zone spécifique de reconstruction et de développement”
dotée d’un fonds Spécial pour la reconstruction et, dans ce cadre,
nous engageons à mobiliser les ressources disponobles dans la
région;
54. Lancer un appel
pressant aux partenaires en vue de l’annulation totale de la dette
compte tenu des besoins spécifiques relatifs aux problèmes de
reconstruction et de développement post conflit de la région;
55. Créer et renforcer
des mécanismes nationaux et régionaux pour intégrer les aspects
sexo-spécifiques dans tous les secteurs du développement économique;
QUESTIONS HUMANITAIRES ET
SOCIALES
Nous engageons à
:
56. Respecter
scrupuleusement les obligations et les principes de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme, à ratifier, à mettre
en oeuvre au niveau national et à rendre opérationnel
tous les autres instruments internationaux et régionaux sur les
Droits de l’Homme;
57. Nous conformer aux
obligations et principes de la Convention des Nations Unies de 1951
relative au statut des réfugiés et de la Convention de l’OUA de
1969 régissant les aspects spécifiques des problèmes des réfugiés
en Afrique;
58. Respecter et faire
usage des Principes directeurs sur les déplacés internes, tels
que proposés par le Secrétaire des Nations Unies, à harmoniser
toutes les législations pertinentes et à définir un cadre
national et régional pour le contrôle et le suivi des normes qui y
sont inscrites et qui ont trait à l’accès et protection des
populations sinistrées, des déplacés internes, des femmes et des
enfants victimes des conflits;
59. Observer
scrupuleusement les normes et les principes du Droit international
humanitaire et les Conventions pertinentes y relatives, entre autres,
les Conventions de Genève de 1949, pour la protection des civils en
temps de conflits et la fourniture d’une assistance humanitaire, y
compris un accès intégral et libre à toutes les personnes qui ont
besoin d’assistance;
60. Garantir la sécurité
du personnel humanitaire, conformément à la Convention de 1994 sur
la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé,
ainsi que la résolution 1502 du Conseil de Sécurité des Nations
Unies, étant attendu que les organisations humanitaires
internationales respectent les lois nationales des pays dans lesquels
elles interviennent;
61. S’attaquer aux
causes profondes et trouver des solutions durables aux problèmes
persistants des populations déplacées et des réfugiés, en
particulier en ce qui concerne leur cohabitation pacifique avec les
populations locales, leur rappatriement et leur retour volontaires ou
leur intégration locale, avec la pleine participation des autorités
locales et des populations d’accueil et, le cas échéant, dans le
cadre des accords tripartites ; Encourager les pays d’origine
à créer les conditions propices au retour des réfugiés;
62. Encourager la
communauté internationale à aider les communautés d’accueil et
les zones où vivent des réfugiés et à atténuer les effets néfastes
de la présence prolongée des réfugiés, dans un esprit de partage
du fardeau;
63. Mettre en place un
mécanisme régionale et des systèmes nationaux qui permettent
d’identifier, de désarmer et de séparer les ex-combattants des réfugiés
et des personnes déplacées, et de les installer dans des
emplacements distincts pour les empêcher de manipuler les réfugiés
et les personnes déplacées à des fins politiques ou militaires;
64. Appliquer la
Convention d’Ottawa sur les mines anti-personnel et assurer le déminage,
y compris des zones abrittant des réfugiés, des rapatriés et des
personnes déplacées, et installer les camps à une distance
raisonnable des frontières, conformément à la Convention de l’OUA
régissant les aspects spécifiques des problèmes des réfugiés en
Afrique et aux conclusions pertinentes du Comité exécutif du
programme du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés,
approuvées par l’Assemblée générale des Nations Unies;
65. Créer un mécanisme
régional d’alerte précoce et de réponse rapide aux catastrophes
naturelles et provoquées par l’homme et renforcer les capacités
pour la restauration de l’environnement dans les zones détruites
par l’installation des personnes déplacées et des réfugiés;
66. Interdire le
recrutement des enfants dans les forces armées ou leur quelconque
participation aux hostilités, notamment comme renforts, et à cet
effet, se référer aux dispositions pertinentes de la Charte sur le
bien-être de l’enfant, au protocole facultatif de la Convention sur
les droits de l’Enfant et les recommandations pertinentes du Représentant
spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants
dans les conflits armés, et prendre toutes les mesures nécessaires
pour s’assurer que les enfants soldats démobilisés soient exemptés
du service militaire obligatoire, réunis avec leurs familles, réintégrés
dans leurs communautés, réhabilités, qu’ils bénéficient d’un
appui psychologique et soient réinstallés;
67. Mettre en place
des mécanismes régionaux, et notamment divers mécanismes
traditionnels d’accompagnement destinés à fournir de l’appui
psychosocial, médical et juridique aux femmes et aux jeunes filles
victimes de viol et de tout autre acte de violence et d’exploitation
sexuelles;
68. Adopter une
approche régionale commune en vue de la ratification et la mise en
oeuvre des Conventions de l’ONU sur l’Apatridie, harmoniser les
législations et normes nationales y relatives et fournir aux réfugiés
et aux déplacés des documents d’identité qui leur permettent
d’avoir accès aux services de base et de jouir de leurs droits;
69. Veiller à ce que
les réfugiés et déplacés, lorsqu’ils retournent dans leurs zones
d’origine, récupèrent leurs propriétés avec l’assistance des
autorités traditionnelles et administratives locales;
70. Affecter les fonds
provenant de l’annulation de la dette en priorité aux programmes de
réhabilitation et de reconstruction des infrastructures sociales et
d’éducation, ainsi qu’au développement des zones rurales;
71. Promouvoir des
stratégies de prévention et de lutte contre la propagation des
maladies endémiques telles le VIH/SIDA, le paludisme et la
tuberculose et réduire l’impact desdites maladies grâce au
renforcement des initiatives régionales, notamment l’Initiative des
Grands Lacs sur le SIDA (GLIA), l’Initiative des pays riverains des
fleuves Congo-Oubangui et Chari pour la lutte contre le VIH/SIDA, afin
de faciliter l’accès aux interventions médicales et de renforcer
la collaboration, la coordination et le partage des informations entre
les Etats de la région;
72. Faire des Obectifs
du Millénaire pour le Développement (OMD), un cadre de référence
pour l’élaboration de politiques intégrées visant l’éradication
des phénomènes de pauvreté;
73. Elaborer et promouvoir,
dans les systèmes d’enseignement, des programmes scolaires
exhaustifs sur la culture de la paix;
74. Promouvoir
l’utilisation du Kiswahili comme langue de travail dans la région
des Grands Lacs;
IV. MECANISME DE SUIVI
Décidons de :
75. Donner un sens à
notre vision commune de la région des Grands Lacs et, à cet effet, rendre
plus régulières nos consultations politiques, consolider et matérialiser
notre coopération sous la forme d’un Pacte sur la Sécurité, la
Stabilité et le Développement qui sera adopté lors du deuxième
Sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs,
prévu à Nairobi en 2005 ;
76. Mettre en place un
Comité Régional Interministériel chargé de préparer des projets
spécifiques, concrets, réalisables et mesurables de protocoles et de
programmes d’action assortis d’objectifs précis à court, moyen
et long termes ; le Comité est aidé dans sa tâche par le Comité préparatoire
régional, renforcé par des représentants de la société civile,
des femmes, des jeunes et d’autres experts de renom dont le tiers au
moins de l’effectif sera composé de femmes ; les projets de
protocoles et de programmes d’action seront soumis au deuxième
sommet et constitueront, avec la présente Déclaration, le Pacte pour
la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des
Grands Lacs ;
77. Charger le Comité
Régional Interministériel de prendre en compte les recommandations
issues des rencontres du Comité Régional Préparatoire, des autres réunions
régionales spécialisées ainsi que des rencontres tenues dans le
cadre de la préparation de la Conférence, y compris de Forum des
Premières Dames ;
78. Charger par
ailleurs, le Comité Régional Interministériel d’incorporer dans
les projets de protocoles et de programmes d’action les modalités
pratiques pour la mise en oeuvre, le suivi régulier et l’évaluation
périodique des différentes composantes du Pacte, aux niveaux
national et régional ;
79. Recommander au
Comité Régional Interministériel de travailler en étroite
collaboration avec l’ONU, l’UA, les Communautés économiques régionales
concernées, les partenaires au développement et le Groupe des Amis
de la Région des Grands Lacs ;
V. DISPOSITIONS FINALES
80. Invitons le Groupe
des Amis de la Région des Grands Lacs à poursuivre son louable appui
diplomatique, politique, technique et financier, en vue d’aider à la
création de conditions favorables à la mise en oeuvre de la présente
Déclaration et pour la bonne préparation des décisions du deuxième
Sommet;
81. Invitons en outre
l’ONU et l’UA, en consultation avec le pays hôte de notre premier
Sommet et avec l’appui du Groupe des Amis de la Région des Grands
Lacs, à aider les Etats membres de la Conférence à mettre en oeuvre
la Déclaration jusqu’à la tenue du duexième Sommet de la Conférence;
82. Proclamons
l’entrée en vigueur immédiate de la présente Déclaration et
notre engagement à respecter et à mettre en oeuvre ses dispositions;
EN FOI DE QUOI, NOUS, Chefs
d’Etat et de Gouvernement ou nos représentants officillement désignés,
avons signé la présente Déclaration.
Fait à Dar es Salaam, le 20
novembre 2004, en quatre (4) version originales, l’anglais, le français,
l’arabe et le portugais, toutes versions faisant également foi.
1. S.E. JOSE EDOURDO DOS SANTOS
Président de la République de
l’Angola
2. S.E. DOMITIEN NDAYIZEYE
Président de la République du
Burundi
3. S.E. FRANCOIS BOZIZE
Président de la République
Centrafricaine
4. S.E. DENIS SASSOU NGUESSO
Président de la République du
Congo
5. S.E. JOSEPH KABILA
Président de la République Démocratique
du Congo
6. S.E. MWAI KIBAKI
Président de la République du
Kenya
7. S.E. PAUL KAGAME
Président de la République du
Rwanda
8. S.E. OMAR HASSAN EL-BASHIR
Président de la République du
Soudan
9. S.E. BENJAMIN WILLIAM
MKAPA
Président de la République
Unie de Tanzanie
10. S.E. YOWERI KAGUTA
MUSEVENI
Président de la République de
l’ouganda
11. S.E. LEVY MWANAWASA
Président de la République de
Zambie
TEMOINS
1. S.E. THABO MBEKI
Président de la République de
l’Afrique du Sud
2. S.E. OMAR BONGO ONDIMBA
Président de la République
gabonaise
3. S.E. BINGU WA MUTHARIKA
Président de la République de
Malawi
4. S.E. JOAQUIM ALBERTO
CHISSANO
Président de la République du
Mozambique
5. S.E. SAM MUJOMA
Président de la Namibie
6. S.E. OLUSEGUN OBASANJO
Président de la République Fédérale
du Nigéria
et Président en exercice de
l’Union africaine
7. S.E. ROBERT MUGABE
Président de la République du
Zimbabwe
8. S.E. KOFI ANNAN
Secrétaire Général des
Nations Unies
9. S.E. ALPHA OUMAR KONARE
Président de la Commission de l’Union
Africaine
|
|