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La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
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La chute de Mobutu et la mort Mahele racontées par le général Likulia Le Général Likulia affirme qu’il y avait eu des trahisons dans la classe politique, par le gouvernement Kengo et parmi les généraux proches de Mobutu. Pour être plus précis, Likulia confirme que les généraux Nzimbi (Commandant de la fameuse Division spéciale présidentielle, Dsp) et Mahele avaient trahi l’Armée. L’homme à la toque de Léopard et canne avait juré ne jamais être appelé « ex-président » de son vivant. L’homme propose et Dieu dispose. Le séisme violent du vieux lion d’Hewabora va le contraindre à terminer sa vie sur les genoux. Après sa fuite de Kinshasa, le vendredi 16 mai 1997, le Général Mahele « Tigre » est abattu rageusement par la Dsp au camps Tshatshi. Mobutu avait été lâché par « ses meilleurs amis » américains, trahi par ses généraux et vomi par la population. Tous les épisodes de la chute du vieux « Elombe Sese » constituent une page passionnante de notre histoire récente. Dans une interview salée accordée à Modeste Mutinga Mutuishayi (Cfr Le Potentiel du 12 février 2002), le Général Likulia exhibe les linges sales du pré-carré du Maréchal, où tout le monde se livrait au dangereux jeu des chauves-souris : tantôt oiseaux, tantôt souris. Sous le titre « Likulia parle de la trahison de Nzimbi, Baramoto et de la mort de Mahele », le dernier Premier ministre de Mobutu instruit un procès implacable, en réaction à une autre interview. Celle-ci était accordée par Léon Kengo, deux semaines auparavant, au même journaliste (Cfr Le Potentiel du 31 janvier 2002). Le Général Likulia révèle que « les actions gouvernementales sous Kengo ont été menées pour que l’Armée ne puisse pas gagner la guerre ». FAIBLESSES DES FAZ Très acide envers les Forces armées zaïroises, Kengo pose malicieusement la question de savoir « quelle guerre depuis 1960, l’Armée nationale congolaise d’abord, les Faz ensuite ont-elles déjà gagnées?. Et très vite il y répond vertement : « je n’en ai pas connaissance ». Tout en étalant les faiblesses qui avaient miné l’Armée, le Général Likulia prend de contre pied « l’homme de la rigueur » en alignant quelques hauts d’arme : « nous avons connu Moba I, Moba II, la guerre de 6 jours, notre Armée a pu repousser toutes ces rebellions. En plus, notre armée est intervenu efficacement au Rwanda pour repousser le Fpr ». Quand il devient ministre de la défense dans le gouvernement Kengo, le Général Likulia résume le problème de l’Armée en une question des moyens pour assumer efficacement leurs missions. Et cela datait de ‘époque où le comité central du Mpr avait déclaré sous le monopartisme que l’Armée était coûteuse. Et que par conséquent, il fallait réduire le budget. Likulia révèle que le premier chef d’état-major général sous la guerre, le Général Eluki avait déclaré à Kisangani qu’il n’était pas en mesure de faire la guerre faute des moyens. Cette déclaration lui fit perdre son poste. Son successeur, le Général Mahele fera aussi le même constat. Likulia l’accompagnera à Gbado-Lité pour réclamer les moyens à Mobutu. En tant que ministre de la défense, Likulia avait réclamé les moyens au Conseil des ministres. Son collègue des finances, Banguli dira qu’il n’avait pas des moyens pour l’Armée. Dans le même temps, le vice-ministre de la défense Yamba-Yamba avait solennellement déclaré : « nous ne voulons pas que l’Armée gagne cette guerre ». Quand Likulia va menacer, et hausser le ton, il arrachera $ 500 000 US. Cette somme fut prélevée sur l’effort de guerre gérée conjointement par la primature, par Mambu le ministre de l’Economie, et par Mende Omalanga, le ministre des transport et communications. Au regard des besoins de l’Armée, évalués à plus de 200 millions des dollars, les 500 mille n’étaient qu’une goutte d’eau dans la mer. En comparaison, Likulia informe que, à la même période, Kabila, alors président de l’Afdl, dépensait par jour 1 million des dollars pour faire la guerre. Tandis que les Faz ne payaient pas les militaires et étaient dans l’impossibilité de s’approvisionner en armes et minutions. Devenu Premier ministre le 10 avril 1997, après que Mobutu ait révoqué Tshisekedi de la primature pour avoir décidé la suppression de l’Acte constitutionnel de la transition et le Hcr-Pt, Likulia avoue avoir utilisé la planche à billet pour payer la solde des militaires. Hormis la question fondamentale de l’absence des moyens, Likulia reconnaît que l’Armée était tribalisée, régionalisée : « au sommet de la hiérarchie, il y avait divers commandements. Il y avait des troupes des troupes qui obéissaient à ces divers commandements, de façon tout à fait désordonnée ». « Vous vous rappelez qu’on a acheté le matériel, des équipements, des munitions qui ne correspondaient pas aux calibres des armes qu’on donnait aux militaires. Les militaires qu’on envoyait au front n’avaient pas à manger, et avaient abandonné leurs familles sans moyens. Toutes les conditions étaient ainsi réunies pour qu’il y ait débâcle ». Pire que tout cela, des mercenaires avaient été recrutés, et ne relevaient pas du commandement militaire. Le Général Likulia constate avec regret que, toutefois, les Faz étaient une des armées les plus organisées en Afrique, laquelle a eu à former la plupart des armées africaines, dont celles qui ont attaqué le Congo. Le Général Likulia épingle le fait que, après qu’il fut nommé Premier ministre, le général Mahele qui était déjà chef d’Etat-major général des Faz, ne devait pas cumuler avec le poste de ministre de la Défense. Ces deux fonctions étant antinomiques du fait que le ministre de la Défense contrôle le chef d’Etat-major général. Likulia en fera l’observation à Mobutu qui, « pour des raisons que j’ignore », voulait que Mahele puisse cumuler les deux fonctions. LES TRAHISONS Le Général Likulia affirme qu’il y avait eu des trahisons dans la classe politique, par le gouvernement Kengo et parmi les généraux proches de Mobutu. Pour être plus précis, Likulia confirme que les généraux Nzimbi (Commandant de la fameuse Division spéciale présidentielle, Dsp) et Mahele avaient trahi l’Armée. Il renseigne, qu’avant sa mort, Mobutu avait amèrement regretté : « si j’ai perdu le pouvoir, c’est à cause de mon neveu Nzimbi que j’ai placé à la tête de la Dsp, à qui j’ai donné beaucoup des moyens tant sur le plan militaire que financier pour qu’il me protège ». A la même occasion, Mobutu dévoilera la trahison des Généraux Mahele et Baramoto. Le jeudi 15 mai 1997, Mobutu revient d’un rendez-vous manqué avec Mandela et Kabila à Pointe-Noire. Les généraux Nzimbi, Mahele et Likulia se retrouvent, seuls, avec Mobutu à sa résidence privée du Camp Tshatshi. L’on fait partir tout le monde, y compris les membres de la famille présidentielle. Le Premier ministre Likulia fait son rapport au chef de l’Etat : « Si les moyens que j’ai commandés en Afrique du sud arrivent demain matin, la rébellion n’atteindra plus jamais Kinshasa. Car, j’ai commandé des hélicoptères armés, avec minutions capables de défendre la ville de Kinshasa. J’ai même payé une avance importante pour que ces équipements puissent arriver ». Immédiatement après, Mahele prend la parole et jette un gros pavé dans la marre : « Voilà Maréchal, je ne suis plus en mesure d’assurer votre sécurité ». Surpris, Mobutu inquiet : « Qu’est-ce qui se passe? Je n’étais pas au courant ». Likulia s’adresse alors à Nzimbi : « Vous qui assurer la protection et la sécurité du président Mobutu, vous avez prétendu que vous avez 15 mille hommes. Quelles sont les dispositions prises pour défendre le président Mobutu? ». S’adressant à Mobutu, et partant de l’aveu de Nzimbi et Mahele de ne pouvoir plus le défendre, Likulia propose à Mobutu d’aller à Brazzaville pour attendre, et voir comment ils allaient défendre la capitale. Mobutu leur demande alors de revenir à 17 heures, tout en leur enjoignant d’organiser la défense de Kinshasa. Revenus à l’heure du rendez-vous, les trois généraux font face à Mobutu qui s’adresse à Nzimbi : « Est-ce que vous avez trouvé des hommes pour assurer la sécurité de la ville de Kinshasa? ». Le patron de la Dsp garde un silence de mort. Puis Mobutu leur annonce, de guerre lasse, « voilà, je vais alors partir demain à Gbadolite ». Le lendemain vendredi 16 mai 1997, tous les trois généraux accompagnent Mobutu à l’aéroport pour son voyage de Gbadolite. Alors que Mobutu est déjà monté dans l’avion, Likulia l’y rejoint, et lui parle confidentiellement : « Compte tenu de la situation du pays, on a trahi, on ne sait pas qui a trahi. La seule façon de contourner la trahison c’est de mettre en place un nouveau commandement militaire ». Likulia tend à Mobutu un papier, où il lui propose de nommer à la tête de l’armée le Général Kikunda, qui serait assisté de quelques colonels dont le colonel Dongo. La proposition portant sur Kikunda tenait au fait que, la protection de Kinshasa tournait autour de l’utilisation des avions, le commandant de la Force aérienne était le mieux indiqué. Mobutu a accepté et lui dit : « venez me voir demain à Gbadolite avec la liste. On va voir comment ». Likulia descend de l’avion. Il n’ira pas le lendemain à Gbadolite. Les événements vont se précipiter et se bousculer, pour souffler et balayer les restes du pouvoir de Mobutu. MORT DE MAHELE Après que l’avion de Mobutu ait décollé, les généraux Mahele, Nzimbi, Baramoto et consorts traversent vers Brazzaville avec leurs familles. Et cela, à bord de leurs bateaux respectifs, au vu et au su des officiers et militaires de la Dsp qui n’apprécient vraiment pas cette « fuite des chefs ». Vers 19h, l’ambassadeur de la Grande Bretagne appelle le Général Likulia au téléphone et lui dit : « Mon général, nous de la troïka, aimerions vous mettre en contact avec Lubumbashi, pour parler avec Kabila ». A ce moment là Likulia est en compagnie de son oncle Likata, et du professeur Kabuya. Immédiatement après, il se rend à l’ambassade de la Grande Bretagne. L’ambassadeur téléphone à Kabila, puis passe le téléphone à Likulia. Leur entretien ira jusqu’à une heure de temps. Kabila lui demande s’il était prêt à envoyer une délégation de Kinshasa à Lubumbashi pour négocier avec lui. Likulia accepte, et ajoute que les hommes sont prêts. Ils peuvent même venir le lendemain. Mais, de commun accord, le rendez-vous est pris pour le lundi 19 mai. C’est après cet entretien, que le Général Mahele vient le voir vers 20h. Likulia l’informe qu’il venait d’avoir Kabila au téléphone, que ce dernier lui demande d’envoyer une délégation à Libumbashi pour négocier avec lui et voir comment on peut gérer la transition ensemble. Mais que, compte tenu de la situation de la guerre, il ne peut pas se déplacer personnellement ave la délégation. Donc, il resterait à Kinshasa pour gérer les affaires. Et que, en tant que vice-premier ministre chargé de la Défense, c’est lui Mahele qui conduira la délégation de Kinshasa composée du ministre des Affaires étrangères et celui de la Justice. C’est convenu. Alors Mahele lui dit : « il y a une situation trouble à la Dsp, les militaires tentent de se révolter, je vais aller les calmer ». Likulia l’en dissuade fermement : « L’organisation militaire est telle qu’en pareilles situations, on envoie d’abord le commandant de compagnie pour mettre de l’ordre, et non directement le commandant en chef. Il va être minuit, essayer d’aller c’est prendre beaucoup des risques ». Mahele lui rétorque courageusement qu’il tient absolument à s’y rendre sur le champ : « Les soldats me connaissent tous. J’ai commencé comme garde du corps du président. Toutes les unités qui sont là-bas me connaissent ». Après quoi Mahele se sépare d’avec Likulia, et part vers le danger? Un danger mortel, car il était déjà catalogué comme « traître » par ces troupes d’élite. Arrivé au camp Tshatshi, il rassemble les troupes? Il les moralise : « Calmez-vous, nous allons négocier avec la rébellion pour essayer de régler la crise » Les commandos de la Dsp très remontés lui font cette remarque assassine : « Général, c’est bien bon. Nous avons ici au camp nos familles. Les rebelles se trouvent à Kenge et vous, vous venez de traverser ce matin à Brazzaville avec vos enfants, vos femmes et vos biens. Quel est notre sort? ». La tension monte. Les militaires s’énervent. Alors Mahele décide de sortir du camp. A la sortie, il est bloqué par les gardes qui refusent de lever la barrière. Dans sa tentative d’exiger la levée de celle-ci un militaire qui était aux environs tirera sur lui. TSHILOMBO MUNYENGAYI, ASS. FAC DROIT, UNIKIN (Tiré du Le Potentiel) Posté sur le web le 10 juillet 2005 (Lire aussi Biographie de Mobutu) |
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Revised: January 31, 2007