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La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
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Mwenze Kongolo : "Le tort que Kagame a causé à la Rdc est immense" Evoluant dans le pré-carré du M’zee L.D. Kabila, durant l’éphémère règne de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (Afdl), le jeune Mwenze Kongolo s’est révélé au public, dans son costume de ministre respectivement de la Justice puis de la Loi et de l’Ordre, comme le futur gardien du temple kabiliste. L’avenir ne l’a pas démenti. Sauf que le régime de l’Afdl a sombré corps et biens en janvier 2001 et que, à la place, de nouvelles institutions ont été installées en Rdc avec la bienveillance de la communauté internationale. Mwenze Kongolo évoque, ci-dessous, l’épopée Afdl, la trahison des tutsi, l’influence rwandaise, la parenthèse Tshisekedi, les élections, ... Avec des accents tantôt railleurs tantôt rageurs. Pour terminer, il offre ses bons offices dans le traitement du dossier des Interahamwe et des Fdlr. Une photo d’archives (1997) présente J. Mwenze Kongolo et Gaétan Kakudji entourant M’zee L.D. Kabila sur Outeniqa, faisant face au maréchal Mobutu assis avec, à ses côtés, H. Ngbanda, F. Vunduawe et G. Kamanda. Aviez-vous conscience, dès cet instant-là, que votre destin était désormais lié à l’avenir de la République? En fait, je ne peux pas dire tout ce qui s’est passé. Ce qui est vrai est que Mobutu était accompagné de sa famille. L’une des choses qui a fait capoter cette rencontre, c’est que Mobutu avait demandé, particulièrement pour des raisons de santé, d’aller se reposer. Il a interrompu la réunion, pour ensuite dire qu’il devrait au préalable consulter sa famille. Cela lui a été concédé. Peu après, il est revenu proposer de nous revoir prochainement. Mais c’était notre dernière rencontre. Vous connaissez la suite. En trois ans de pouvoir, l’Afdl s’est disqualifiée par la malgouvernance; au point que son président, M’zee Kabila, la dissoudra après l’avoir qualifiée de « conglomérat d’aventuriers ». En quoi les « libérateurs du 17 mai » étaient-ils devenus soudain des « aventuriers »? D’abord je ne partage pas l’avis selon lequel l’Afdl s’était disqualifiée. L’Afdl a beaucoup travaillé. Elle aura toujours le mérite d’avoir libéré le pays de la dictature. Mais quant au discours du président Mzee Laurent Désiré Kabila, je ne pense pas qu’il nous mettait tous dans le même sac. Vous devriez comprendre que nous nous étions alliés à des gens qui nous ont quittés parce qu’ils se considéraient tutsi. L’Afdl n’avait plus la structure d’origine au lendemain du retrait des tutsi. Il était dès lors question de refondre le mouvement et lui trouver une structure susceptible d’amener le pays vers les élections. C’est dans ce contexte que M’zee a parlé d’aventuriers. Il n’aurait jamais osé traiter ses collaborateurs congolais d’aventuriers. Je crois qu’il y a eu une mauvaise interprétation. Quant aux partants, c’était justement des aventuriers tels que vous les voyez aujourd’hui. Malheureusement vous les avez remis en service. Le divorce d’avec les alliés tutsi vous a-t-il personnellement rendu rancunier? Individuellement? Non. Mais ils ont contribué au recul du pays et au retard sur nos prévisions. On ne comprend pas leur décision de partir des institutions au motif que les Rwandais, leurs frères de sang, ont été priés de se retirer. Cette attitude remet même en question leur appartenance au Congo. Que ceux qui se disent Congolais quittent un dirigeant congolais pour s’associer avec un dirigeant rwandais! Ça remet tout en cause. C’est ça, en fait, le problème. Personnellement, je ne leur en tiens pas rigueur. D’ailleurs, depuis qu’ils sont revenus, je n’ai jamais parlé contre eux. Les Congolais ont décidé de les remettre en place, de leur confier même la vice-présidence de la République, je suppose que c’est cela qu’une grande nation peut faire. La tragédie du 16 janvier 2001 a emporté les derniers faucons du temple kabiliste, dont Mwenze Kongolo. On sent que vous militez depuis dans l’opposition contre … Joseph Kabila. Qu’est-ce qui vous différencie de lui? Je ne veux pas, une nouvelle une fois, engager une polémique avec le président de la République. Mon seul souci est de voir le pays dirigé comme il faut. J’ai apprécié comment M’zee dirigeait le pays : il tenait à ce que le peuple se l’approprie pour le sortir d’une crise de plusieurs décennies. Moi je ne m’en tiens qu’à cette vision. Je constate tout simplement que le président J. Kabila ne tient pas à la même valeur. C’est cela qui nous différencie. Tant qu’il maintiendra ce cap, nous marcherons toujours sur des voies parallèles. Vos positions, curieusement, rejoignent celles d’un autre kabiliste notoire, Augustin Kikukama et son M17! Kikukama est un camarade. Il a eu à dire des choses qui sont vraies et je l’encourage tant qu’il reste sur le schéma de la vérité, parce que c’est la vérité qui construit la nation. Je pense qu’il aurait mieux valu qu’il y ait dans ce pays plusieurs Kikukama et plusieurs Mwenze Kongolo, parce que le pays en profiterait. Que répondez-vous aux partisans de J. Kabila qui justifient son enrôlement sur les registres électoraux, par l’argument selon lequel il n’est pas ‘militaire en fonction’? Moi, je crois que c’est une tricherie. Je ne le dis pas pour blesser qui que se soit. Par rapport à la loi en vigueur, c’est une tricherie, elle saute aux yeux. La justification qui a été donnée est une injure pour tous ceux qui réfléchissent. On ne peut pas dire que quelqu’un ‘n’est pas en fonction’ et qu’il doit déroger à la loi. C’est vraiment une tricherie en elle-même. Nous disons au sein de notre parti, les Patriotes Kabilistes (Pk), qu’on doit permettre à tous les militaires et policiers d’exercer leur droit d’élire. Nous ne disons pas de se faire élire. Le droit d’élire est un droit fondamental comme tous les droits fondamentaux. Comment pouvez-vous expliquer qu’on puisse nier à cette catégorie de citoyens congolais le droit d’élire et, en même temps, leur demander de verser leur sang pour la patrie? C’est contradictoire. Dans toutes les démocraties, les militaires et policiers votent puisque il en va de leur avenir aussi. Ils sont sous le drapeau parce qu’ils sont d’abord citoyens du Congo. Et à tout citoyen on reconnaît le droit à l’autodétermination, à pouvoir élire ses dirigeants. Aujourd’hui, les militaires cherchent un salaire décent, ils veulent aussi avoir un dirigeant qui peut le leur garantir. Comment vont-ils le chercher sinon en élisant. En plus, pourquoi ne pas enlever cette interdiction, qui est si illusoire, surtout que le président lui-même, étant militaire, s’est fait enrôler. On vous dit proche parent de feu M’zee. Que savez-vous de la filiation de Joseph Kabila, à qui le tonitruant Etienne Kabila dénie dans les médias le statut de fils biologique du M’zee? Premièrement, je ne suis pas parent à Mzee. De deux, nous connaissons Jésus Christ comme le fils de Dieu, non pas parce qu’il est né de Marie. Marie n’était pas de la famille de Dieu. Jésus est fils de Dieu parce que Dieu lui-même, le jour du baptême, a déclaré : « Voici mon fils ». A partir de là, Jésus est reconnu fils de Dieu. A moi, Mzee a dit : « Voici J. Kabila, mon fils ». Comment moi, Mwenze Kongolo, après la mort de M'zee, vais-je commencer à dire qu’il n’est pas le fils de M'zee? Ce serait trahir M'zee, cracher sur sa mémoire. Je n’ai aucun droit de mettre en doute la vérité de M’zee. Je ne suis pas de la famille. Mais j’y crois et je voudrais que les Congolais le croient aussi. Si Etienne Kabila fait des déclarations, c’est un conflit interne de la famille. Cela n’engage que lui. Voudriez-vous expliquer pourquoi E. Tshisekedi, le leader de l’Udps, s’est retrouvé en porte à faux avec M’zee Kabila, au point qu’il a déclaré en 1997 « On m’a empêché de rencontrer mon frère »? Je ne sais pas ce qui s’est passé entre MM. Tshisekedi et Bugera, qui était chargé de prendre contact avec lui. J’avais appris qu’un problème de protocole s’était posé. Ceci aurait provoqué la frustration de M. Tshisekedi. Donc, ce n’est pas M’zee qui a décidé d’éconduire Tshisekedi. Témoin, sa déclaration, très exacte, à laquelle vous faites allusion. Je dois vous dire que, plus tard, j’avais échangé avec un haut responsable de l’Udps pour la tenue d’une seconde rencontre. De notre côté, les gens étaient de bonne foi mais c’est Tshisekedi qui n’avait plus accepté l’offre. D’après ses proches, il m’avait trouvé trop jeune pour jouer à l’intermédiaire. Mais en dehors de ce raté, il y avait la démarche du ministre de l’intérieur de l’époque, Gaétan Kakudji. Il avait obtenu un rendez-vous ferme avec Tshisekedi à la cité de l’Oua; mais celui-ci, sans explication, ne s’est jamais présenté. Président du parti des Patriotes kabilistes (Pk), ne vous sentez-vous pas fragilisé par la publication par l’Onu, il y a quatre ans, du sulfureux rapport de pillage des ressources naturelles de la Rdc, pillages auxquels votre nom a été associé? Non, je ne me sens pas fragilisé. Je pense que ce rapport est un rapport politique et les Congolais devraient le considérer comme tel. La preuve est que sa publication n’a pas eu des répercussions. Son objectif a été de nous disqualifier politiquement. Celui-ci atteint, c’est le calme plat. Que des Congolais regardent la littérature onusienne comme un volet négatif de mon passé serait dommage. Je continuerai à me battre et à dire aux Congolais que l’Onu a menti. Il y a des cours et tribunaux en Rdc, elle n’a qu’à venir prouver ses accusations. Le fait que les cours et tribunaux se taisent montre qu’ils n’ont aucune matière sur cette question. La Communauté internationale régente la Rdc à travers son soutien au processus de la transition jusqu’aux élections. Un vrai leader politique doit-il indéfiniment s’accommoder de cette situation? Nous avons perdu la souveraineté. Cette transition sera marquée dans l’Histoire par la perte de notre souveraineté. Si les autres politiciens sont vraiment responsables, ils doivent se battre pour que nous puissions recouvrer rapidement notre souveraineté présentement détenue par l’Occident qui dirige l’Onu. Vous avez vu le scandale du palais du Peuple, au cours duquel le président de l’Union européenne a injurié la classe politique, alors que nos fameux parlementaires l’acclamaient! C’est un signe clair qu’on a complètement perdu notre souveraineté. Je pense qu’il existe d’autres Congolais qui pensent comme moi. On doit se battre. Et le Pk est totalement contre la perte de notre souveraineté. Nous continuerons à nous battre tant que nous aurons le souffle. L’insécurité dans les Kivu, en Ituri, au Nord-Katanga et ailleurs constitue une menace sur les élections. Comment y mettre fin? Je crois qu’il faut continuer à négocier avec les derniers seigneurs de guerre parce qu’ils sont des compatriotes. D’ailleurs, nous avons négocié avec tous les bandits du monde. Nous avons négocié avec le Mlc qui tuait les Congolais chaque jour. Nous avons négocié avec le Rcd qui tuait et égorgeait les femmes. Ceci est confirmé par des organismes internationaux. Mais pourquoi ne pas négocier avec les dernières bandes armées? Je crois que les partis politiques devraient être mis à contribution pour pouvoir résoudre ce problème. Que pensez-vous du cas de Laurent Nkundabatware? Nkundabatware est un hors-la-loi, un bandit qu’il faut arrêter. Je ne suis pas convaincu qu’il soit Congolais. C’est un Rwandais qui travaille pour Kagame. Il est chargé de créer la diversion. Nous devons tout faire pour l’arrêter et le mettre hors d’état de nuire. Cela constituerait un message fort pour les autres bandes armées. C’est vraiment triste que les gens aient pensé qu’en faisant venir les marionnettes de Kagame au gouvernement, cela résoudrait les problèmes. Moi je les connais : ils disparaissent la nuit et réapparaissent la journée. Observez les bataillons qui sont en train de disparaître à l’Est. Ne soyez pas étonné de voir ceux qui sont actuellement au gouvernement disparaître un jour. Quel devra être le sort des rebelles hutus rwandais des Fdlr devenus, en 1998, les plus sûrs alliés du régime M’zee Kabila durant la guerre contre le Rcd? Leur histoire n’a pas commencé avec l’Afdl. C’est Kagame qui les a poussés en Rdc. Nous, nous les avons trouvés ici. Nous avons essayé de trouver une solution pour qu’ils rentrent. Quand vous dites que nous avons collaboré avec eux, c’était dans la logique de les voir rentrer chez eux. Nous les avons cantonnés à Kamina. C’est moi qui les ai sortis du front pour les faire partir pacifiquement conformément aux mécanismes des organismes internationaux. Ils étaient relevés de tous les fronts et évoluaient vers le Rwanda, avec femmes et enfants, selon leur volonté. J’ai circulé dans le monde pour faire comprendre qu’il faut un mécanisme pour faire partir ces gens pacifiquement. Kagame avait refusé qu’ils rentrent en masse. C’est pourquoi ils ont traîné à Kamina. C’est dommage que nos efforts aient été contrariés par les pressions de la communauté internationale qui tenait à les amener de force. Sans succès. Considérez-vous réaliste l’ultimatum gouvernemental de les voir évacuer du territoire congolais d’ici le 30 septembre? La communauté internationale a joué un très mauvais rôle dans la problématique des Fdlr. Maintenant qu’ils sont là, au Parti des Kabilistes (Pk), nous soutenons l’idée de les voir partir pacifiquement. L’ultimatum que le gouvernement vient de donner n’est pas réaliste parce que je ne vois pas comment il va l’exécuter concrètement. Il faudrait plutôt engager des négociations sérieuses comme le fit Sant’Egidio à Rome. Mais, ne pensez pas que l’Accord de Rome a échoué parce que les Fdlr étaient de mauvaise foi. Ils ont donné leurs conditions et tout le monde leur a promis d’y donner suite. Mais rien n’a été fait. Je pense qu’il faut respecter les conditions qu’ils ont posées. C’est pourquoi j’ai offert mes bons offices. Ici, je m’adresse aussi bien au gouvernement qu’à la communauté internationale : je peux les aider à résoudre ce problème. Nous, Congolais, avons intérêt à ce qu’ils rentrent chez eux. Nous avons des méthodes pour parler avec eux et rassurer le monde qu’ils peuvent rentrer sans un coup de feu. Cependant, convaincre Kagame d’accepter leur retour reste le devoir de la communauté internationale. Croyez-vous au retour rapide de la confiance entre dirigeants politiques et peuples des pays des Grands lacs, comme le leur recommande la Communauté internationale? Le tort que les Rwandais ont causé à la Rdc est immense. La confiance est totalement érodée, que ce soit au niveau des dirigeants ou des peuples. Je ne vois pas comment les gens du Sud-Kivu, par exemple, peuvent avoir du jour au lendemain confiance en un Rwandais. Une guérison, dit-on, prend le temps que cela est nécessaire. A cet égard, les Congolais considèrent les Rwandais, non comme d’autres citoyens du monde, mais comme des citoyens à part. A l’origine, le 1+4 justifiait la nécessité de mettre fin à la guerre civile entre différentes factions. Peut-on recommander cette formule ailleurs? La rue de Kinshasa a clamé tout haut que « 1+4 égale à zéro ». Il faut être fou pour la recommander à quiconque, à moins de vouloir prolonger la crise. Je vous informe par ailleurs que cette formule est venue de l’Ouganda; elle a transité par l’Afrique du Sud avant de venir sur le terrain d’expérimentation en Rdc. J’ai des preuves. La Cei a démarré en fanfare. Entrevoyez-vous des élections fiables au bout du processus? Je trouve incongru le comportement des politiciens congolais qui rentrent se faire enrôler chez eux dans leur village d’origine. Il est vrai que les gens de mon village peuvent m’élire. Pourquoi un nationaliste, comme moi, doit-il aller se faire nécessairement enregistrer au village? En tant que nationaliste, mon fief naturel reste le Congo. M’zee Laurent Désiré Kabila a fait la révolution des décennies durant; ce n’était pas au Katanga. C’était plutôt au Kivu. Il savait qu’en servant le peuple, celui-ci vous apprécie et peut vous accompagner dans votre lutte. Enlevons l’esprit tribal du milieu politique. Rien n’indique que les villageois ont confiance en tous leurs fils de Kinshasa qui les sollicitent aujourd’hui. Ils ont d’autres cadres qui vivent là bas et qui ont des ambitions politiques. En ce qui concerne la Cei, nous l’avons toujours dit, l’allure à laquelle les choses marchent n’inspire pas confiance qu’on aura les élections. Je parle de l’allure, je ne dis pas qu’il n’y a pas de bonne foi. Il faut que les résultats des opérations d’identification et d’enrôlement soient réalistes pour que les élections soient crédibles. Ce qui n’est pas encore le cas. Et cela nous inquiète. Je crois que la Cei a encore du travail parce que nous, les politiciens, nous n’allons pas lui laisser un temps de répit. Votre commentaire sur les statistiques démographiques du ministère de l’Intérieur! Ses statistiques sont inappropriées, injustes et inacceptables. Il doit quitter ce processus très vite, au profit de la Cei, qui a légalement autorité en la matière. Je déplore que les autorités aient manifesté beaucoup d’engouement sur l’inutile. Raisonnablement, le ministère de l’Intérieur aurait dû préalablement procéder au recensement de tous les citoyens afin de produire des statistiques plus ou moins vraies dont devait se servir la Cei pour déterminer la taille du corps électoral. Le ministère de l’Intérieur n’a jamais aidé à l’organisation des élections. Maintenant il s’en mêle pour faire des histoires tribales, régionalistes. Le Pk s’engage à combattre cet opportunisme. Pourquoi, à votre avis, la Rdc ne décolle-t-elle pas, 45 ans après l’indépendance? J’aime beaucoup le verbe décoller que vous venez d’utiliser parce que vous faites allusion à un avion. La Rdc, en tant qu’avion, a commencé à décoller avec M’zee parce que, dans cet avion, il y avait un seul commandant de bord et, dans ses soutes, on trouvait des Cantines populaires, les Réserves stratégiques, le Service national, la nouvelle monnaie, un plan triennal ambitieux. Cet avion pesait moins lourd et il a effectivement décollé. Il était en train d’atteindre la vitesse de croisière. Il est arrivé qu’on a tiré sur le commandant de bord et l’avion est tombé. A sa chute, toute la communauté internationale s’est ruée autour. Elle a engagé cinq pilotes qu’elle a placés dans le cockpit. Elle a désigné le représentant de la Monuc comme commandant de bord. Chacun des pilotes, y compris le commandant de bord, avait sa manette et un plan de vol différent. Dans les soutes on a entassé des containers d’argent de la Banque mondiale, des étrangers, la Monuc et tout ce que vous connaissez. Dans ces conditions, l’avion ne peut plus décoller. C’est pourquoi il est encore immobilisé sur la piste. La solution est qu’il faut revenir à la vision de M’zee. C.à.d. évacuer tout ce qui encombre les soutes. Notre parti veut remettre de l’ordre dans l’avion, en renvoyant tous les pilotes. Si les électeurs vous confiaient les leviers de commande de ce pays, par quelles actions commenceriez-vous à rebâtir le rêve brisé des Congolais? La première démarche consisterait à lutter pour nous débarrasser de toutes les ingérences extérieures. Dès qu’on s’en sera débarrassé, nos différends internes pourraient être bien traités, parce que maintenant nous sommes tiraillés de toutes parts, d’abord entre nous, puis avec l’extérieur. La deuxième démarche viserait à amener le pouvoir vers la base, connaître les besoins réels des Congolais. La rentrée scolaire 2005, voyez-vous, est devenue problématique parce que nous avons un gouvernement qui ne connaît pas les préoccupations réelles de la base. Il avait promis monts et merveilles et le voici rattrapé par ses promesses. Moi je prendrais la démarche de Mzee : libérer le pays de l’ingérence extérieure, ramener le pouvoir à la base d’où jaillirait le bien-être du peuple parce que seul le peuple sait où se trouve son bien-être. Entretien avec Ben-Clet Kankonde Dambu & Amédée Kiboko (Le Potentiel) Posté sur le web le 19 septembre 2005 |
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Revised: February 25, 2007