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Peuple meurtri victime des armées boucliers du régime plutôt que de la défense publique, UPMC 13 juillet 2007 - Aucun régime politique congolais n’a assigné à l’Armée ses missions réelles, normales. Le constat est des militaires congolais en exil, regroupés sous l'UPMC. En effet, selon eux, l’armée a plutôt été « systématiquement utilisée par les différents pouvoirs en place comme instrument de répression contre la population et, dans certaines situations de conflit armé interne, comme supplétif des forces étrangères intervenant au profit desdits pouvoirs établis. Par contre la population civile reste une cible continuelle et meurtrie depuis plus d’un siècle par ses compatriotes militaires qui pourtant sont censés la protéger. L’armée joue un rôle policier, de bouclier du régime au lieu de celui de la défense publique. De leur côté, il va sans dire que les militaires congolais sont de bons exécutants, très zélés des ordres. Et donc, autant ils sont efficaces pour servir la dictature, autant ils seraient capables de contribuer au développement et à la consolidation de la Démocratie au Congo. Tout dépend des orientations politiques imprimées à l’action de l’armée. » Ci-dessous, le texte intégral de la prise de position de l'UPMC. UNION des PATRIOTES MILITAIRES CONGOLAIS Refondation d’une Armée Nationale Congolaise en RDC : Des remises en question et une révolution culturelle sont indispensables Avant les élections tout comme après celles-ci, avec l’installation des institutions nationales qui en sont issues, il s’est dégagé un constat clair : le problème primordial en RDC reste la reconstruction d’une Armée Nationale Congolaise crédible véritable base de tout : la stabilité, la sécurité, la souveraineté, la paix, le développement tant sur le plan national que régional voire international. A l’heure présente et de l’avis des analystes avisés, cette question de la mise sur pied d’une armée moderne reste pendante malgré les efforts et divers programmes de restructuration des forces de sécurité (démobilisation, intégration, brassage, mixage etc.) qui ont tous prouvé leur inefficacité. Les résultats obtenus sont plus que décevants et sans exception : l’on s’aperçoit que les unités formées par le biais de ces processus par ailleurs très onéreux restent peu fiables et inefficaces sur le plan défense nationale et, pire, constituent la principale source de l’insécurité généralisée. Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, lors des restructurations et autres programmes de mise sur pied des forces de défense et de sécurité, a-t-on réellement bien identifié les véritables raisons des dysfonctionnements et du comportement insatisfaisant qui caractérisent de manière immuable cette institution et les militaires congolais? En effet, au risque de mettre de l’emplâtre sur une jambe de bois et de se retrouver ainsi pour des décennies avec sur les bras une armée incapable de sécuriser ou de remplir ses missions universelles, les solutions à envisager pour la reconstruction d’une nouvelle institution de défense congolaise capable et citoyenne doivent faire preuve d’imagination, de courage politique en vue d’une auto-critique approfondie pour une révision doctrinale même déchirante afin de rompre avec les causes séculaires réelles de l’inefficacité des forces de défense en RDC depuis l’aube de leur création. Identifier les causes lointaines et immédiates des manquements constatés dans le chef de nos forces armées et de ses hommes ne peut s’imaginer sans un survol même très synoptique de son histoire intimement liée à la naissance et à l’existence de notre pays depuis un siècle. Une telle analyse qui se veut exorciste ne peut se permettre de passer sous silence les fondements réels passés et présents de l’organisation de cette machine à savoir : la ou les politique (s) de sa mise en œuvre, la philosophie qui l’a animé et l’anime encore aujourd’hui, sa finalité, la moralité des hommes et femmes qui la composent etc. Mettre en évidence, connaître les soubassements des forces publiques en RDC devrait permettre d’en dégager les forces et les faiblesses aux fins de mieux en définir les options pour demain dans le sens d’une armée républicaine, citoyenne et patriotique capable de remplir efficacement ses missions militaires et civiles dans une RDC souveraine et prospère. Ce retour vers le passé et son présent doit permettre de scruter l’Armée congolaise dans ses multiples déclinaisons que sont : la Force Publique coloniale (FP), l’Armée Nationale Congolaise (ANC), les Forces Armées Zaïroises (FAZ), les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). En effet, « Quand on ne sait pas d’où on vient, on ne sait pas où on va », dit un proverbe africain. Et en cette matière, la RDC comme toute nation qui veut se doter d’une force publique compétente et capable, ne peut se permettre d’ignorer ou de mal connaître le passé et le présent de son armée au risque de reproduire les mêmes tares dans la nouvelle institution avec pour conséquence que « les mêmes causes produiront les mêmes effets dramatiques pour la nation et le peuple ». Le but de ce propos n’est pas uniquement d’épingler tous les maux qui ont été à la base de la déliquescence de l’armée congolaise mais aussi, d’attirer l’attention sur la nécessité d’une réforme en profondeur de la doctrine de la mise en place d’une armée citoyenne dans notre pays. Il s’agit pour nous, militaires patriotes, anciens d’une Armée qui fut bien structurée, classique et moderne, d’apporter notre contribution citoyenne à la mise sur pied d’une Armée véritablement Républicaine capable d’accompagner la République Démocratique du Congo dans son processus de développement. *** L’AVENEMENT D’UNE ARMEE REPUBLICAINE AU CONGO : CONTRIBUTION POSITIVE DES MILITAIRES CONGOLAIS Pour des États généraux de l’armée en RDC Les causes des guerres récurrentes qu’a connues la RDC ces 10 dernières années et la situation d’incertitude (politique, sociale et sécuritaire) qui y règne aujourd’hui sont sans doute multiformes. Cependant, il demeure évident que le dénominateur commun à toutes les horreurs qu’ont subi les populations congolaises est, sans conteste, l’absence d’une armée républicaine capable de réaliser les missions qui lui sont assignées. Quelle est, en effet, la mission première d’une armée? Elle est double : assurer, d’une part, la protection des personnes et de leurs biens; d’autre part, garantir les institutions de l’État et l’intégrité du territoire National. Dans la réalité congolaise, le constat est malheureusement amer car dans notre pays depuis la colonisation jusqu’à ce jour, les Armées mises en place au Congo ne se sont jamais acquittées valablement de cette mission universelle. Au contraire, le peuple congolais n’a jamais été en paix. Elle a toujours été victime des hommes en armes impliqués dans des faits d’extorsion et de tracasseries de toute sorte. Par ailleurs, l’intégrité du territoire n’a jamais été assurée comme il se doit, plus particulièrement ces dernières années. Une petite incursion de quelques insurgés armés, une agression par des pays étrangers etc. suffisent assez souvent pour mettre en débandade nos troupes même les plus aguerries. Au plan des perspectives, il peut être épinglé que l’influence qu’exercent actuellement les forces étrangères sur ce qui est considéré comme l’armée congolaise d’aujourd’hui n’augure pas d’un avenir meilleur. En effet, étant par essence un instrument de la souveraineté de l’État, une armée nationale ne devrait en aucun cas être soumise à la politique étrangère d’un autre pays et encore moins dépendre de la stratégie politique et militaire des pays-Parrains. Petite rétrospective. Pour une meilleure compréhension des causes profondes de la défaillance chronique qui a caractérisé notre armée tout au long de l’histoire nationale, il est très utile de brosser un rappel succinct des principes et des orientations politiques qui ont marqué le comportement souvent déplorable de l’armée congolaise tout au long de son existence depuis l’État Indépendant du Congo à nos jours. Ainsi, le comportement, le visage et usages de l’armée congolaise épousent étroitement les systèmes politiques en place. 1. Sous le Roi Léopold II L’objectif principal du Roi fut l’exploitation du Congo de gré ou de force. Aussi le Roi entendait diriger « son » Congo comme une « affaire » où les profits devaient à tout prix dépasser les dépenses. Pour atteindre cet objectif, il avait eu recours aux militaires belges et créa par la suite la Force Publique (FP) le 30 octobre 1885 dont la mission était : « assurer l'occupation effective du territoire, la liberté du commerce et de navigation dans le bassin du Congo et de mettre fin à la traite des esclaves. » La Force Publique était donc une armée d'occupation qui n’avait pas pour mission celle classique d’une armée nationale en ce sens qu’elle n’avait jamais assuré la protection ni des personnes (les indigènes) ni de leurs biens. Il faut souligner également qu’il était difficile de découvrir les intentions cachées du Roi souverain sous la couverture d’une mission salvatrice et d’une vision développementaliste. Mais en réalité, le Roi imposa une dictature sans précédent et porta gravement atteinte aux droits et liberté fondamentaux des citoyens de l’État Indépendant du Congo, la FP jouant le rôle du bras exécutant de la politique répressive du souverain. Si le bilan de cette armée était largement positif au regard des missions qui lui était confiées par le pouvoir politique en vertu du prétendu principe selon lequel « le politique commande les armes », la Force publique a occupé le territoire congolais au prix d’une longue guerre. A noter aussi que le succès économique et politique du Régime léopoldien reposait essentiellement sur l’Armée mais au prix de 15 millions d’âmes. En définitive, la Force Publique, composée au départ des mercenaires africains notamment ouest-africains puis, progressivement, des congolais coupés de leur racine voire montés contre leurs compatriotes, s’est rendue coupable avec ses cadres et officiers européens, d’un massacre noir, l’un des plus importants que l’histoire ait jamais connu mais non reconnu comme tel officiellement par la communauté internationale. 2. Sous le Congo Belge (1908-1960) Les orientations politiques n’ayant pas changé, la Force publique continua à jouer son rôle, celui d’un instrument de terreur et de violation des droits fondamentaux des citoyens par le colonisateur. Les relations entre militaires et population étaient très mauvaises et voulues telles en vue de tenir les hommes en armes loin d’éventuelles fraternisations avec les autochtones, les premiers se considérant comme supérieurs méprisant les seconds. 3. Après l’indépendance, une Armée sans vision L’Armée nationale congolaise (ANC) fut crée précipitamment le 8 Juillet 1960 à la suite d’un vide de commandement provoqué par la mutinerie du 5 Juillet 1960. Cette mutinerie du reste orchestrée par l’ancien colonisateur, provoqua le départ massif des fonctionnaires belges ainsi que la paralysie de l’Administration congolaise. L’ANC, manipulée en sous mains, partage avec les autres acteurs politiques de l’époque eux aussi manipulés, la lourde responsabilité de la dérive de tout un peuple malmené et mal défendu par son armée. 4. Le Président Mobutu et les Forces Armées Zaïroises (FAZ) Le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) affirmait que la défense du territoire était l’œuvre de chacun et de tous, et que dans cette entreprise qu’il n’eût pas de spectateurs d’un coté et les acteurs de l’autre. Qu’il n’eût que des patriotes activement engagés dans toute action tendant à sauvegarder et à promouvoir l’intérêt national. Cette orientation dans son essence noble, voulait, en outre, réduire l’espace-distance qui existait entre l’Armée et la population pour en faire un lieu d’union et de rapprochement. Une armée au service du peuple. Une armée capable de sauvegarder l’intégrité du territoire, l’unité nationale, la protection des personnes et de leurs biens. Un accent particulier fut mis sur la formation des officiers. La réussite peut-être unique de cette armée, les FAZ, fut d’avoir contribué largement à l’édification de l’unité et d’une identité nationale par sa présence sur toute l’étendue du territoire national. Malheureusement et de façon globale, dans les faits tout comme dans la philosophie, les FAZ, émanation directe de l’ANC, n’ont pas évolué dans leur rapport avec la population et n’ont toujours pas bénéficié entièrement du soutien ni de la confiance des citoyens. Aussi, comme conséquence prévisible, malgré le dispositif apparemment important des FAZ, des ex-gendarmes Katangais, venant de l’Angola, attaquèrent la Région du Shaba en 1977 et occupèrent plusieurs villes sans résistance quelques fois avec l’aide de la population locale excédée par les exactions des militaires. Ce fait ébranla quelque peu le Président Mobutu qui réagit en déclarant dans son discours du 1er Juillet 1977 : « L’Armée Zaïroise est une armée forte et capable de grandes choses. Mais comme j’ai eu l’occasion de le dire, elle avait subi une défaite morale. La défaite morale nous concerne tous car elle risque de nous humilier devant le monde…. C’est ainsi qu’on a connu des attitudes criminelles de certains officiers qui détournaient à leur profit personnel les biens destinés aux soldats combattants ». A la longue et pour des motifs politiques et de sécurité personnelle, le système de défense se caractérisa par la création des unités indépendantes échappant à l’unité de commandement ce qui généra un dysfonctionnement préjudiciable de l’armée. Des conflits de pouvoir et de compétence entre les différents chefs militaires voire entre divers services et unités de la même Armée portèrent un coup fatal au fonctionnement de l’Armée. De même les relations entre la population et l’Armée se détériorèrent davantage, les « civils » étant toujours brimés et souvent victimes d’extorsion, de tortures et des abus de toute sorte. Ainsi, comme à l’époque de l’État Indépendant du Congo sous Léopold II ou durant l’époque coloniale, les FAZ semblaient avoir eu du pouvoir en place pour seule mission la protection du régime politique qui en réalité s’imposa pendant 32 ans. Les FAZ, comme la Force Publique se sont acquittées valablement de leur mission de police politique de répression avec pour consigne : protéger les régimes politiques au détriment de la population. Cependant une rupture brutale se concrétisa lors de l’invasion camouflée du Rwanda et de l’Ouganda avec son cheval Troie l’AFDL en 1997. Les militaires des FAZ refusèrent de combattre et de protéger un régime politique auquel ils ne s’identifiaient plus. 5. Laurent Désiré Kabila et son Armée : une mosaïque et une pyramide renversée Le régime Kabila semblait vouloir assigner à la nouvelle armée la mission universelle de toute armée, celle de défendre l’intégrité du territoire et la protection des personnes et de leurs biens. Structure mosaïque constituée de troupes et d’unités disparates, elle était aussi voulue une pyramide renversée avec pléthore des gradés, « commandants » et peu d’hommes de rang, le tout sous l’encadrement étranger des alliés. Mais les accords signés par le Président Kabila avec ses « alliés » ne pouvaient pas permettre la réalisation de ces missions. Vite, l’Armée devint cet instrument de rétorsion, de vengeance, d’exécution sommaire des citoyens congolais et de très nombreux militaires des ex- FAZ dont une frange importante sera emprisonnée ou se trouve encore confinée dans le chômage en ce moment. La mauvaise gestion du dossier Rwanda-Ouganda provoqua une nouvelle guerre qui a coûté la vie à plus de 5 millions d’âmes en moins d’une décennie rappelant les 15 millions de morts de l’occupation de la Force publique dans l’État Indépendant du Congo. 6. Les armées des belligérants, notamment celle de Kinshasa L’armée de l’AFDL sous Joseph Kabila est devenue une garde prétorienne avec comme mission principale la protection du régime politique dont elle sert de bouclier. L’Armée est encore une fois tribalisée avec aussi des unités autonomes comme au temps de Mobutu et soumise aux caprices des autorités en place. Le dysfonctionnement, l’injustice, le manque de l’unité de commandement, l’inféodation des autorités militaires aux partis politiques refont surface comme du temps de FAZ. 7. La réalité présente : les FARDC en brassage-mixage A l’heure présente, bien plus qu’à l’époque de l’État Indépendant du Congo, à celle de la colonisation ainsi que celle de la dictature mobutienne, l’armée apparaît comme le principal facteur et source d’insécurité pour les populations congolaises. Même les unités dites de référence, brassées en Belgique n’échappent pas à la criminalité notamment les attentes graves aux droits humains. Les puissances étrangères comme la Belgique, l’Angola, l’Afrique du Sud, l’Union européenne etc. qui en sont les principaux fournisseurs des équipements, de logistique et de formation n’ont de tout temps jamais fait pression sur la partie congolaise de ne jamais utiliser la force publique pour mater les revendications légitimes des populations civiles. Un constat inquiétant. De ce bref survol de l’histoire de l’armée en RDC, il apparaît clairement, qu’aucun régime politique congolais avant ou après l’indépendance n’a assigné à l’Armée ses missions réelles, normales et cela depuis la création de la Force Publique en 1885 jusqu'à ce jour. L’armée a plutôt été systématiquement utilisée par les différents pouvoirs en place comme instrument de répression contre la population et, dans certaines situations de conflit armé interne, comme supplétif des forces étrangères intervenant au profit desdits pouvoirs établis. Par contre la population civile reste une cible continuelle et meurtrie depuis plus d’un siècle par ses compatriotes militaires qui pourtant sont censés la protéger. L’armée joue un rôle policier, de bouclier du régime au lieu de celui de la défense publique. De leur côté, il va sans dire que les militaires congolais sont de bons exécutants très zélés des ordres. Et donc, autant ils sont efficaces pour servir la dictature, autant ils seraient capables de contribuer au développement et à la consolidation de la Démocratie au Congo. Tout dépend des orientations politiques imprimées à l’action de l’armée. Perspectives : De la nécessité d’une rupture avec le passé : C’est un amer constat, répétons-le et une constante : d’une part, depuis 1985 à ce jour, les différentes armées qui se sont succédées sous diverses déclinaisons en terre congolaise n’ont été très efficaces que dans des missions de maintien de l’ordre intérieur faisant usage des répressions violentes, sanglantes et mortelles à l’endroit des citoyens non armés et dans le but principal d’assurer la pérennité des régimes en place. D’autre part, il faut cependant noter que les militaires, exécutants zélés des ordres politiques, d’un côté et la population civile bénéficiaire ou généralement victime selon le cas de l’action de l’Armée de l’autre côté, n’ont jamais été consultés ni jamais donné leur avis sur la politique, les orientations ni même sur la création ainsi que le fonctionnement de l’Armée nationale. Il en résulte que tout au long de son existence en tant que pays, le Congo n’aura jamais connu que des Armées totalement coupées du peuple voire montée contre lui tout en restant des instruments du pouvoir établi. Pourtant, dans la perspective d’un avenir naturel, le Congo ne peut se passer d’une armée nationale réconciliée avec le peuple et remplissant avec zèle et brio ses missions primaires de défense. En effet, si comme Stanley l’a si bien dit « Sans chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny », de même, il est clair que sans une armée républicaine digne de ce nom, le Congo n’a aucun avenir, ce d’autant plus vrai que de l’avis des analystes nationaux comme étrangers, l’Armée constitue actuellement la principale source d’insécurité et d’instabilité en RDC. Il ressort que l’armée peut être un instrument dangereux si les objectifs qui lui sont assignés sont loin des intérêts du peuple. Il importe dès lors de repenser la politique et les missions à lui assigner. Par ailleurs, une armée républicaine se doit d’évoluer dans un espace de droit et de respect des règles qui s’imposent à tous. Elle doit aussi être constituée sur base d’une représentation ethnique équilibrée, d’une représentativité de toutes les couches sociales. Par ailleurs, comme vu ci-dessus, l’analyse du passé historique de différentes forces armées qui ont œuvré ou évolué dans l’espace territorial congolais sous différents régimes politiques permet les observations et enseignements suivants : - La durée de vie d’une « formulation donnée » de l’armée
congolaise (FP, ANC, FAZ) est d’environ 30 à 50 ans; Particularités de la problématique actuelle relative à la mise sur pied de l’armée congolaise La politique de brassage, encore moins le mixage en cours actuellement en RDC a été reconnu comme un échec. C’est l’avis de tous. En fait, au lieu de permettre la création d’une Armée nationale, cette politique procède à une simple juxtaposition/mélange des forces, où chaque groupe armé garde son identité et ses hommes. Elle n’instaure aucune volonté, vision ou philosophie d’appartenance à une même armée avec une vraie tradition séculaire. La stratégie de brassage tel qu’elle est envisagée aujourd’hui ne pouvait être compréhensible que dans le but de faciliter les négociations entre belligérants et non de constituer une armée nationale, républicaine qui, elle, doit avoir son fondement sur tout le peuple et non sur des groupes d’individus qui ont pris les armes pour des motifs différents. Ce n'est pas par ces juxtapositions que la RDC sera dotée d'une armée forte regroupant en son sein des hommes issus de toutes les provinces du pays et partageant une histoire commune et les mêmes idéaux. En effet, le Bas-Congo, les deux Kasaï et le Bandundu pour ne citer que ceux-là ne se reconnaîtront pas dans une armée issue de brassage telle qu’elle est envisagée aujourd’hui et dans laquelle ils sont peu représentés. Il y a donc un déséquilibre hérité des rébellions qui doit être corrigé, précédé, dans un cadre de dialogue ou états généraux, d’une réflexion profonde sur des points essentiels par exemple : - les missions de l’armée congolaise dans une nouvelle
démocratie particulièrement celles de la défense du pays, des biens
et des citoyens; de l’intégrité du territoire, de la souveraineté
nationale etc. Des états généraux de l’armée comme pistes pour la réfondation d’une armée nationale L’armée congolaise de demain sera citoyenne et respectueuse des lois et droits des citoyens. Pour ce, elle devra s’imposer un devoir d’exorcisme vis-à-vis d’elle-même d’abord, celle du pouvoir ensuite et, enfin, vis-à-vis des populations congolaises auprès desquelles elle fera amende honorable pour divers préjudices lui infligés. Il est dès lors plus qu’impérieux de convoquer les états généraux de l’armée pour un audit sans complaisance et une expertise approfondie des questions de l’Armée et leurs incidences sur la nation aujourd’hui et demain. En effet, comme pour l’Administration publique ou privée, les universités, etc. la RD Congo dispose d’innombrables cadres dont des hommes de troupe bien formés notamment dans les meilleures académies militaires et Universités du monde. Nombre de ces militaires précieux sont aujourd’hui écartés volontairement des affaires pour la consécration des commandants et autres hommes en armes recrutés sur le tas dans la foulée et l’urgence de guerres de rébellions. Il s’impose donc l’organisation des États-généraux de l'Armée qui auront pour mission de : a. Établir l’état des lieux de l’Armée, de proposer des
pistes et solutions. Les états généraux proposés auront le mérite de dresser un état des lieux de l’Armée par les militaires et les citoyens et, pour la première fois de notre histoire nationale, de mettre les hommes en armes devant leurs responsabilités citoyennes et patriotiques principalement dans la défense et le développement de la République en leur offrant pour une fois la possibilité de s’exprimer et de participer activement en tant que premiers concernés, à l’éclosion d’une armée réellement républicaine qui leur assure une carrière digne et valorisante. Chacun devra donc se rendre compte que les efforts des uns et des autres n’auront aucun résultat positif si on ne donne pas à l’armée la possibilité de se remettre en question elle-même en vue de se restructurer pour travailler la main dans la main avec les institutions de la république et en symbiose avec la population. Ce schéma passe par un constat qui doit être fait par les militaires sur les conséquences de leurs actes dont ils devront répondre dans la gestion de la nouvelle mission citoyenne de défense du territoire, des personnes, des biens publics et privés et la nécessité de leur engagement pour la démocratie, le respect des institutions, le développement du Congo dans un nouvel esprit d’une Armée des temps modernes. Autrement, nous allons assister à un éternel recommencement de l’histoire concernant le comportement incivique de l’armée congolaise telle que nous l’avons démontré plus haut c’est-à-dire toujours une force publique dressée ou en conflit permanent avec le peuple dont elle est issue. Auquel cas, le peuple congolais continuera à en payer le prix fort et la fracture armée/peuple n’en deviendra que toujours plus large. Ce que les militaires congolais ne veulent plus. Compte tenu de tout ce qui précède et pour en finir avec ce cercle vicieux, nous demandons à la population et aux instances nationales, l’organisation diligente des États-généraux de l’Armée. Fait à Bruxelles et à Londres, ce 02 mai 2007 Pour les Militaires Congolais, L’UPMC, Dr Lusadusu Daniel, Officier Supérieur, Breveté AdMed Mil |
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Revised: July 13, 2007