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WALUNGU APRES LES MUDUNDU 40 :ETATS DE LIEUX 0. INTRODUCTION Ces affrontements ont causé des morts, des blessés, des traumatisés de toute sorte, et surtout des déplacements massifs des populations. Pendant ces premiers jours, la cohabitation entre les militaires et la population est très difficile. Un climat de suspicion se fait sentir de partout. Pour plusieurs militaires du RCD, tous les jeunes qu’ils voient ne sont que des Mudundu 40 déguisés et dont il faut se méfier ou traiter comme tel. Pour la population civile, la présence des militaires, au lieu de rassurer, inquiète. En cela elle a justement raison puisque au cours de ce premier mois, les soldats du RCD ont pillé des biens et violé des filles et des femmes dans plusieurs localités du territoire. Le fait que les atrocités aient été plus graves dans certains villages que dans d’autre reste un mystère qu’il faille que l’avenir élucide. Y avait -il eu erreur ou préméditation ? Dans ce dernier cas à qui cela pouvait-il profiter ? Tout compte fait, on relève que malgré les traumatismes de tous premiers jours qui se trouvent encore frais dans les mémoires, une petite lueur d’espoir est en train de pointer à l’horizon ; pourvu que ça dure. Dans le territoire de Walungu, opèrent aussi d’autres groupes comme les mayi- mayi dits FAC du général Padiri et des groupes des combattants hutus rwandais portant plusieurs appellations ( Interahamwe, FDLR ou ALIR ). Depuis que les Mudundu 40 sont en déroute, les activités de ces groupes sont de plus en plus intenses avec tous ce qu’ils comportent comme négativité. Dans
chacun de 16 groupements qui constituent la seule collectivité de
Ngweshe, le scénario est le même : Plusieurs cas des violations des
droits humains enregistrés, une situation humanitaire qui frôle la
catastrophe et l’incertitude du lendemain. Une
vérification dans les villages auprès des familles des victimes et des
leurs voisins, nous a permis de constater ce qui suit : Son cadavre était en décomposition très avancée qu’il était pratiquement impossible de découvrir l’identité de cette victime (un homme). Peut-être sera-t-elle connue quand toute la population va rentrer du refuge. A
Izirangabo, on relève donc 6 personnes mortes confirmées, dont une
non-identifié. MULETA (et non Mulota comme l’avions précédemment écrit) ; CIHUSA, M’KULUMA, MUSIKANI et BAHIZIRE, sont bel et bien morts. BAHIZIRE Sébastien et Baba TUMUSIFU que nous avons présentés comme étant 2 personnes différentes représentent en réalité une même personne. A
Karhundu on a donc enregistré aussi 5 personnes réellement mortes. Un
témoin aurait vu 7 corps non identifiées dans le champs non loin du
lieu où la croix rouge locale découvrira cette fosse commune le lundi
14 / 4 / 2003. Les
6 personnes qui ont été citées (Mukamba, M’Bomboro, Muhuluza,
Mushoshera, Muheha et Luhuha Venant) seraient effectivement mortes. Les
3 derniers sont même enterrés presque au même endroit dans le foret
entre Canjavu et Cigezi. Deo MUBALAMA RUBASHA; M’
MONDO ; les deux enfants de German KAHARA (Bulonza et cikwanine) ;
MWILARHE Shababirhi Pierre ; MAYERI KATASHIRA Gilbert, BALALUKA Katoro ;
BUHENDWA Luhinzo ; MURHEGA Charhondagwa ; Paul BIRURU ; KABUDOGO Luhinzo
; MUHAGAZA, Benjamin KAHIRHI ; CINAMULA Cinama et MUGISHO Cinamula se
trouvent dans notre premier rapport et sont réellement morts. Gervais
KAHARA BALEMBA que nous avons repris sur la 1ère liste comme mort, est
grièvement blessé (mâchoire broyée) et se trouve interné à l’hôpital
général de Walungu pour des soins. Nous l’avons cru mort puisqu’en
effet, il était avec d’autres personnes qui sont mortes et lui même
a passé une journée et une nuit endormi à côté des cadavres avant
qu’il «ne réalise qu’il était encore vivant ». - BIRINDWA Ruhamya - M’ RUBOVU (Madame Bakububwa) et - SIFA SHOSHO (cette petite fille de 10 ans a été retrouvée plusieurs jours plus tard et son corps était en décomposition très avancée) . BAHATI
KAVUNGIRWA a été grièvement blessé ; il est actuellement soigné à
Bukavu où ses frères ont réussi à l’évacuer. MOPAPE, MASHAURI et MUKOMBE Cikuru sont réellement morts. A Lukumbo Les deux personnes mortes que nous n’avions pas su identifier autrement que comme fils à Zahinda dans notre premier rapport sont : MPARANYI
CIKOROHI BAHATI et KULIMUSHI MULIKUZA ZAHINDA. DARHI NAMWIJIMA est bien mort. Par contre, nous avons pu vérifier que Kabego RUHAMANYI et Legos LWABAGUMA représentent la même personne et elle est vivante seulement lorsque les militaires du RCD ont attaqué son quartier, il était avec un des ses amis du quartier voisin de Cibeke nommé Claude MUSHAGALUSA. Ils ont pris fuite ensemble mais une balle a atteint son ami qui est mort et lui s’est caché dans un WC où il a passé plus de 48 heures. Ses voisins et ses proches le croyait mort. A Bushadu / cibinda MAKUNGU
est vivant. Le cadavre trouvé sur la route derrière chez lui et
qu’on croyait être le sien n’a jamais été identifié. Il a été
enterré sans être identifié. Dans ce quartier non mentionné dans notre premier rapport, une personne à été tuée (Mr Shamali) et une femme grièvement blessée par balles au niveau du genou droit. Elle
est actuellement internée à l’hôpital général de Walungu où elle
éprouve beaucoup de difficultés à accéder aux soins. Dans
ce quartier général du commandant ODILON, 3 personnes ont été tuées.
Leurs identités n’ont pas été révélées. Pour les militaires du
RCD en poste à Lwanshoka / lubona, il s’agissait de Mudundu 40 ; mais
pour la population de Mushinga, il s’agit bien des civiles. 1) Que
personne n’a encore su identifier les 3 corps qui ont été enterrés
par la croix rouge locale dans la forêt sur la route Izirangabo -
Karhundu. La population affirme qu’une de ces tombes qui contenait 2
corps a été profanée par les militaires du RCD qui ont déterré
ces corps pour les amener à une destination inconnue le 17avril 2003.
Ceux qui fréquentent cette route se rendent compte qu’effectivement,
dans cette tombe, il n’y a plus rien. En
effet, la population habitant les alentours de ce lieu confirme que
les militaires du RCD, venus dans 2 camionnettes DAIHATSU (une rouge
et une blanche) sont venus déterrer et emporter le contenu de la
fosse jusqu’à une destination inconnue. Ils ont ensuite incendié
la terre avec du carburant pour faire disparaître l’odeur. C’était
le 17 avril 2003. Les morceaux de bois utilisés pour ce besogne sont
encore visibles sur ce lieu. Une question se trouve alors sur toutes
les lèvres : qu’ y avait - il à cacher ? 2 .LES
PORTÉS DISPARUS 1. Que
les 5 élèves de Nfuluso et leurs professeurs pour lesquels on avait
des inquiétudes sont retrouvés sains et saufs. C’est ici qu’il
faut signaler que malheureusement, la victime Déo RUBASHA (déjà citée
) a été atteinte juste quand elle revenait voir ces précités, qui
étaient ses collègues de classe. 3 .DES
VIOLS ET VIOLENCES FAITS AUX FEMMES ·A Walungu centre (Cibarhama et environs) SIFA (15 ans ) ; NSIMIRE (21 ans) ; M’ KALOLO (43 ans ) ; M’BOMBORO (53 ans). Une douzaine de filles et femmes de ces villages auraient été victimes des viols mais souhaiteraient garder l’anonymat pour des raisons évidentes de sécurité et surtout de pudeur. ·L’infirmier
du centre de santé de Burhuza, fait état de 6 cas de viol qu’il a
enregistrés depuis le début des hostilités. Suite à
cette situation qui menace particulièrement les femmes , les
groupements de Mushinga, Lubona, Burhale, Izege, et d’Ikoma se sont
presque complètement vidés de leurs filles et jeunes femmes qui se
sont déplacées vers la ville de Bukavu ( pour celles qui ont eu le
moyen et la voie). Celles qui sont restées au village ne passent pas la
nuit dans les maisons mais bien dans la brousse. Combien de temps
cela pourra-t-il durer? De
Mushweshwe à Mushinga, en passant par Mugogo, Walungu centre et Burhale,
nous ne connaissons pas un seul quartier où les militaires du RCD
n’ont pas pillé presque maison par maison , emportant tout ce qui est
emportable et détruisant ce qui ne l’est pas. Pendant les 3 premiers jours des opérations, les militaires du RCD ont pillé complètement les paroisses de Burhale, Kaniola et Mubumbano ainsi que les centres de santé et nutritionnelle associés à ces paroisses. Il en a été de même pour la mission protestante (CELPA) de Burhuza ainsi que son centre de santé qui était appuyé par Malteser. L’
Institut Nfuluso, le lycée Kamangala, l’Institut technique
professionnel de Burhuza (ITP), l’Institut Karhagwa de Mubumbano et
l’institut Pédagogique de Burhuza ont tous été complètement pillés.
Les bureaux des préfets ont été particulièrement saccagés. Il
s’agit de : - IPERU - JAQUES MUSUMBI - NYANKOZI - BINENWA - Dieudonné MUNYIFO - NYORHA - MWILARHE - MUHAGAZA - MBOTE - MUHALA - NYABUDIKU - MUNGUAKONKWA BUHENDWA - DUNIA MUSIMBI - MAZAMBI MUSIMBI - MUNYIFO Concilie - MANYUKU MUNYIFO - NTASHANGIRA KASHEMWA - MUTYOGOZI
NYANKOZI Raphaël Au moment où nous rédigeons ce rapport, des pillages du bétail (petit et grand) continuent ( même si c’est à moindre échelle) dans les villages environnant les positions des militaires : Luhoko , Lukumbo, et Mushinga. Les
autorités militaires du RCD basées sur terrain ont promis de juguler
cet état de chose qui bloque le retour de plusieurs déplacés. A Cishumba, on a déjà enregistré quatre morts de maladies qui auraient pu être soignées dans une situation normale. Nous rappelons que les centres de santé ont été pillés par les militaires du RCD et le personnel soignant sont en fuite. Il faudra donc rétablir la sécurité et la confiance pour que le personnel soignant puisse rejoindre leur poste d’attache. Naturellement les installations sanitaires auront un besoin de réhabilitation et d’approvisionnement en médicaments de toute première nécessité. Les organisations d’aide devront aussi assister la population en leur distribuant des vivres et non vivres pour qu’elles refassent la vie. Les
infrastructures scolaires détruites ou endommagées sont une menace sérieuse
pour l’avenir de la jeunesse. Tout le monde sait que faute
d’infrastructures ou d’équipements scolaires, plusieurs jeunes de
ce milieu vont abandonner le chemin de l’école. Or, c’est précisément
cette jeunesse non scolarisée, désœuvrée et non encadrée qui est
souvent manipulée par les pêcheurs en eau trouble que sont les
politiciens en mal de positionnement. Aussi, faudra-t-il se demander ce
que deviendrait demain ce milieu si sa jeunesse ne peut pas être préparée
pour des responsabilités importantes. Cette préparation ne se fait
nulle part ailleurs qu’à l’école. Donc pour sauver la jeunesse ,
prévenir les prochains conflits et envisager l’avenir avec confiance,
il faudra nécessairement investir dans des écoles et l’instruction,
secteurs aujourd’hui détruit par la présente guerre. La section
Humanitaire de la MONUC vient de montrer un bon exemple en facilitant le
transport des finalistes des humanités des écoles de Burhale, de
Mulamba et de Mushinga pour la passation de leur épreuve de
dissertation à Walungu centre. C’était le dimanche 27 avril 2003. Cela
pourrait être le cas à Burhale ! Des sources officielles de Mudundu 40 faisaient état de plus de 4000 enfants que les animateurs de ce groupe armé s’étaient même déjà engagé à démobiliser. Lors de la seule résistance de Mudundu 40 dans la forêt dite « IRHUNVU », séparant les villages CANJAVU et LUKOMBO, ce sont des enfants qui ont été placés sur la première ligne de front. Conséquence
: 8 cadavres d’enfants seront retrouvés dans cette forêt et enterrés
par la Croix-rouge locale et la population On sait maintenant qu’au moment fort des combats, les autorités militaires des Mudundu 40 ont décrété un « sauve qui peut » et plusieurs de leurs éléments se sont infiltrés dans la population civile. S’agit-il d’une désertion ou d’une démobilisation de fait ? On sait aussi que certains commandants de Mudundu 40 (Jean-pierre BIYOYO et Roger MATONDO) viennent de se rallier au RCD avec quelques uns de leurs hommes, dont des enfants. De ces éléments actuellement gardés au camps Jules MOKE de Bukavu et que les autorités du RCD veulent déplacer vers le centre d’instruction de NYAMUNYUNYE, il y a une dizaine des mineurs. Il semblerait qu’ils vont y suivre une formation avant d’être réintégrés au sein de l’armée du RCD. Le commandant ODILON et les hommes qui lui sont restés fidèles ( estimés à 1 seul bataillon ) ont pris soin de se débarrasser des mineurs avant leur fuite ; il ne reste qu’avec « quelques » enfants parmi ceux-là qui gardent les « fétiches ». Il est donc clair ( et cela se vérifie sur terrain ) que le gros des enfants et d’autres éléments Mudundu 40 se trouvent infiltrés dans la population. Une
inquiétude se fait déjà sentir au sein de la population actuellement
en déplacement. Ces enfants constitueront sûrement une nouvelle source
d’insécurité ; soit parce qu’ils seront traqués par les nouvelles
autorités comme déserteurs ou comme bandits, soit qu’ils
constitueront eux même des bandes des malfaiteurs difficilement contrôlables
puisque connaissant très bien la géographie et les réalités du
milieux. La communauté sera placée devant un choix très difficile à
opérer : Protéger leurs enfants malgré d’éventuels dégâts ou les
livrer à un pouvoir hostile. Il faudra donc un vaste programme
d’animation civique aux uns et aux autres pour régler les conflits de
cohabitation qui se profile déjà à l’horizon. qui est aujourd’hui en déroute. On
parle déjà des barrières informelles contrôlées par des civiles sur
les limites de Ngweshe avec, Kabare, avec Burhinyi et avec Kaziba. La population est informée que ce discours divisionniste qui est entrain de prendre place dans la rue et certains salons ne relève que de la simple manipulation politicienne. Les mutuelles et les organisations à la base doivent redoubler de vigilance afin
de barrer la voie à ces tentatives inspirées du diable . Ce n’est
plus le moment d’être distraits . Notre peuple connaît aujourd’hui
l’identité complète de ses politiciens et ce qu’ils sont capables
de faire pour conquérir le pouvoir ou s’y maintenir. MESEP MESEP présente toutes ses excuses à toutes les personnes qui ont lu son premier rapport du 16 avril 2003 pour les quelques erreurs et omissions qui s’y sont glissées. Le
présent rapport a, entre autre pour objectif, celui de corriger ces
erreurs. MESSAGERS POUR L’EDUCATION ET LA SENSIBILISATION DES ENFANTS A LA PAIX (Education civique, promotion des droits humains et paix ) 42 Av. Industrielle Bukavu RDCongo Tél : 00250-08563979 Email :mesep02@yahoo.fr (SOURCES: ANB-BIA) |
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"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)
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Revised: February 26, 2007