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Lettre ouverte à Madame Jeanine Mabunda Mubiayi, ministre du Portefeuille

15 février 2008 - Nous avons remarqué un certain amalgame regrettable dans votre tendance funeste à la Lévitation caligulienne en ce qui concerne l'interprétation des textes en vigueur. Pour preuve, la série suivante et anachronique, voire ubuesque : Primo, dans l'ordonnance nommant les nouveaux mandataires lue sur le petit écran, vous avez recouru à la loi n°78-002 du 06 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises publiques, spécialement en ses articles 7,9 et 17; Secundo, curieusement, pour supprimer leurs avantages sociaux en vertu du principe des bénéfices des droits pourtant acquis, vous vous basez sur l'ordonnance n°09/004 du 12 janvier 2008 portant nomination des membres des Conseils d'administration des Entreprises Publiques et subsidiairement aux circulaires n°006/CMN/JML/2007 respectivement des 11 et 29 mai 2007 de votre propre ministère fluvial et fructueux en affaires. (Extrait de la lettre ouverte dont ci-après le texte intégral)

Lettre ouverte à Madame Jeanine Mabunda Mubiayi, ministre du Portefeuille

Objet : Chasse aux sorciers et aux sorcières des Entreprises publiques!

Kinshasa, le 14 février 2008

Excellence Madame la ministre,

La tâche ô combien lourde et déterminante, qui vous avait été jadis confiée par le gouvernement sur la réforme du Portefeuille de l'Etat, semble malheureusement n'avoir guère été exécutée convenablement par votre cabinet des pêcheurs et des pécheurs en eaux troubles autour de la baobab que vous êtes devenue. Pour preuve, la grogne et la rogne suscitées d'abord par la publication longuement retardée de l'ordonnance présidentielle du samedi 12 janvier dernier sur la nomination des nouveaux quadras et, ensuite, par votre lettre génocidaire du 22 janvier portant sur la quasi-suppression « des avantages sociaux des mandataires publics sortant des Entreprises Publiques ». (sic) Il vous est globalement reproché, Madame la ministre, ainsi qu'à votre clique de l'avenue du Fleuve Congo, une violation - le terme est bel et bien choisi par les temps qui courent - des dispositions juridiques et administratives par les concernés, les arbitres de l'Anep, les juges du Copirep et les observateurs avertis de la chose publique. Votre cabinet des pêcheurs et des pécheurs est donc responsable d'avoir induit en erreur le Chef de l'Etat, Joseph Kabila Kabange, leader de la coalition gouvernementale AMP-PALU-UDEMO, sur la violation flagrante de la loi n° 78/002 du 06 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises publiques telle que modifiée et complétée aujourd'hui. Pour preuve, les Administrateurs Délégués Généraux (contrairement à leurs adjoints!), respectivement de l'Onatra, de la RVA et de la SNCC, ont été maladroitement oubliés par vos experts portuaires! Mobile : ces postes importants devraient être confiés aux mandataires expatriés (blancs) à proposer par les partenaires extérieurs à l'issue des négociations avec le gouvernement Antoine Gizenga Fundgi.

Dans l'entre-temps, certaines entreprises stratégiques ont été confiées aux cadres dont vous seule connaissiez leur "compétence" (Snel, Sosider, Inera, Ofida...). Aux dernières nouvelles, les Expatriés en question auraient opposé leur veto quant à leur débarquement en RD. Congo avec des mallettes pleines des plans de redressement. Curieusement, d'autres investisseurs de tous bords ont envahi les palaces de Kinshasa, entre autres Brésiliens, Portugais, Chinois, Russes, Sud-africains, Maliens, etc. En outre, Madame la ministre, qu'il nous plaise de vous rappeler que la composition du Conseil d'Administration dans nos entreprises publiques, devenues des canards boiteux depuis le siècle dernier, comprend 9 membres avec un Comité de gestion contrôlé par des administrateurs sous la férule d'un Président. D'où la question pertinente que nous vous posons, celle de savoir si cette erreur ministérielle serait intentionnelle par la négation de la continuité de l'Etat ou une précipitation funeste de vos experts en questions juridiques? Diantre! Vous devrez comprendre que la grogne et la rogne que vous avez délibérément provoquées au début de cette année cruciale pour la reconstruction et le développement de la RD. Congo aura des vagues sociales jusqu'à la rentrée parlementaire du 15 mars prochain. Et pour cause, la non-applicabilité des 4 projets des lois que vous avez ostensiblement déposés au bureau de la chambre basse en vue de la réforme du Portefeuille de l'Etat durant la législature actuelle (2006-2010). Est prise donc, celle qui croyait prendre!

Excellence Madame la ministre,

Il nous revient, par nos fins limiers de la médiathèque kinoise, que, dans votre rage de sévir sur les mandataires publics sortant des Entreprises Publiques, vous avez encore décidé unilatéralement de supprimer leurs avantages sociaux. Indices d'enquête : dans votre lettre du 22 janvier dernier adressée aux PCA et ADG, vous avez décidé que « tous les membres des Conseils d'Administration sortants des Entreprises Publiques bénéficieront seulement de la moitié de leurs rémunérations mensuelles pour le mois de janvier 2008 » (sic). Et pire : vous avez accordé aux PCA, une indemnité de sortie égale à 1 mois de leur rémunération. Même facture salée pour les Administrateurs-directeurs financiers et techniques qui n'ont pas signé des contrats de travail antérieurs à leur nomination. Pouvaient-ils le faire alors que le pays était divisé en plusieurs administrations belligérantes et rebelles? Par contre, vous effectuez une volte-face en ce qui concerne les ADG et les ADGA gratifiés superbement d'une indemnité de sortie équivalente de six mois de leur traitement de base leur alloué! Dans les deux cas cités plus haut, le premier ne constitue ni plus ni moins qu'un détournement en bonne et due forme des deniers publics revenant à des personnes bien identifiées, car lesdits fonds ont été pré-affectés par le budget annexe de la Fonction Publique pour l'exercice 2007-2008. Eh oui! Sur ce point, qu'il nous plaise de vous rappeler votre lettre-couperet du 1er juin 2007 par laquelle vous avez annoncé la démission des Mandataires de l'Etat dans les Entreprises Publiques.

Depuis lors, cela a duré un semestre d'angoisse, de patience et de suspense, les organes de gestion étaient appelés à expédier les affaires courantes comme de coutume partout au monde. What is your problem, Miss Calamity Jane? Somme toute, nous avons remarqué un certain amalgame regrettable dans votre tendance funeste à la Lévitation caligulienne (et non émilienne) en ce qui concerne l'interprétation des textes en vigueur. Pour preuve, la série suivante et anachronique, voire ubuesque : Primo, dans l'ordonnance nommant les nouveaux mandataires lue sur le petit écran, vous avez recouru à la loi n°78-002 du 06 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises publiques, spécialement en ses articles 7,9 et 17 (les lois mobutistes ne sont valorisées que lorsque cela vous arrange!); Secundo, curieusement, pour supprimer leurs avantages sociaux en vertu du principe des bénéfices des droits pourtant acquis, vous vous basez sur l'ordonnance n°09/004 du 12 janvier 2008 portant nomination des membres des Conseils d'administration des Entreprises Publiques et subsidiairement aux circulaires n°006/CMN/JML/2007 respectivement des 11 et 29 mai 2007 de votre propre ministère fluvial et fructueux en affaires.

Tertio, à contrario dans le corps du texte (point 3), vous vous référez aux fameuses dispositions de l'article 16 de l'Ordonnance n°86-202 du 11 juillet 1986 portant statut des PDG et des DGA des Entreprises Publiques « en ce qu'elle ne doit pas être payée aux mandataires publics sortants bénéficiaires immédiatement d'un autre mandat public ». Or, à l'époque du bain béni mobutiste, les ADS et ADT étaient des enfants maison. Et que dire de votre circulaire où vous demandez aux intéressés actuels de scinder en deux les salaires du mois de janvier, pour partager avec des nouveaux venus pas encore mécanisés à la fonction publique! En définitive, votre politique discriminatoire de deux poids, deux mesures envers les mandataires issus de la formule politique et consensuelle 1+4 du Dialogue inter congolais (Dic) de Sun City (RSA) expose carrément l'Etat congolais à des procès nationaux et internationaux souvent ruineux pour la trésorerie publique, du reste scannée sous le sceau des Institutions de Bretton Woods (FMI, BM). Une femme avertie en vaut deux! A bon entendeur, salut!

Honorable Jean-Claude Vuemba Luzamba

Elu du territoire de Kasangulu

 

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Revised: February 15, 2008