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Lettre à l'éditeur |
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Intolérance ethnique à Lodja : un ministre Amp demande au parlement de surseoir à l'enquête 16 février 2008 - La commission d’enquête parlementaire instituée par la résolution n°0049, à l’issue de la motion présentée le 11 janvier 2008 à l’Assemblée Nationale par l’Honorable Onosumba continue à traîner à Kinshasa alors qu’elle devait déjà se retrouver à Lodja pour établir toute la lumière sur les événements malheureux qui se sont déroulés dans cette partie du pays au mois de décembre de l’année passée. Pour rappel, le Député National l’Honorable Adolphe Onosumba avait lu une motion d’information en date du 11 janvier 2008 dans laquelle il informait la plénière de l’Assemblée Nationale au sujet des actes de barbarie dont on été victimes le Chef de Division Provinciale de l’EPSP et le Chef de cité de Lodja qui se sont vus menacés et dont l’un, le dernier cité, a vu son bureau de travail et sa maison brûlée par des inciviques manipulés par des intérêts qui dépassent leur compréhension. En effet, c’est à la suite d’un appel pressant et soutenu à la haine ethnique que ces individus se sont empressés de commettre ces actes d’intolérance pour la simple et bonne raison que les personnes visées, hauts cadres de l’Administration locale, soutiendraient des non originaires de Lodja. Ce climat délétère, entretenu depuis des années et accentué par des rivalités politico-ethniques, a finit par céder la place à l’affrontement lorsque certaines personnalités influentes ont cherché à placer leurs protégés à la tête de ces deux services de l’Etat au niveau de Lodja en faisant pression sur les autorités Centrales de Kinshasa en vue de démettre des Congolais, très compétents, au motif qu’ils seraient des mèches avec des non originaires et dans le but de placer les membres de leur famille biologique. La brutalité et la barbarie qui s’en sont suivies ont ému plusieurs de nos compatriotes dont les plus directement concernés, à savoir les élus du Sankuru qui ont cherché à sensibiliser l’Assemblée Nationale en vue non seulement de condamner de tels actes, mais aussi et surtout de réprimer les responsables matériels ou les éventuels auteurs intellectuels de ces actes criminels qui violent en plus l’esprit et la lettre de l’article 30 de la Constitution de la République qui donne droit à tout Congolais de s’établir et de circuler librement à l’intérieur de nos frontières. Au moment où la résolution n°0049 ainsi que la décision n°0050 signée par le Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale ouvraient le champ pour l’exercice de l’action parlementaire, force est de constater que certaines personnalités, au surplus membres de cette communauté de Lodja, s’évertuent par des manœuvres dilatoires s’apparentant aux gesticulations d’un animal décapité, à bloquer la démarche de l’Assemblée Nationale pour que la lumière ne soit pas faite au sujet de ces événements. Le Ministre Lambert Mende Omalanga, puisqu’il s’est trahi lui-même, est le fer de lance de cette action déstabilisatrice des institutions de l’Etat. Pour preuve, alors qu’il n’a été cité ni dans les propos de l’Honorable Onosumba tenus le 11 janvier 2008 à l’Assemblée Nationale, ni encore moins dans ceux des autres intervenants qui se sont succédés soit à la tribune de l’Assemblée Nationale ou encore dans les médias, le Ministre des Hydrocarbures s’est permis de donner ses avis et considérations sur la commission d’enquête de Lodja. Cette démarche désespérée est contre-productive à deux niveaux : - D’abord, elle trahit une certaines implication personnelle puisque pour réagir à une action initiée par l’Assemblée Nationale, il faut être cité ou visé par cette action. Cela est la conséquence logique de la présomption d’innocence dont bénéficie tout citoyen et la garantie des droits de l’homme puisque toute personne visée ou citée dans une action soit disciplinaire, soit judiciaire, soit encore politique doit présenter ses moyens de défense. Or, jusqu’à preuve du contraire, le Ministre des Hydrocarbures n’a jamais été cité nommément. Pourquoi s’évertue-t-il alors à donner des avis et considérations qui vont dans le sens de réfuter la mission et la composition de la commission d’enquête? - Ensuite, cette démarche est contre-productive dans la mesure où Lambert Mende Omalanga est membre du Gouvernement, c’est-à-dire représentant du pouvoir exécutif. En cette qualité, il ne peut, ni ne doit s’impliquer directement ou indirectement dans la marche du pouvoir législatif. Séparation des pouvoirs oblige. Nonobstant le principe de collaboration, lequel doit en outre être exercé à la demande d’une institution, les pouvoirs sont séparés à telle enseigne que les Députés Nationaux ont été obligés de boire la potion amère concoctée par la Cour Suprême de Justice lorsque celle-ci avait injustement invalidée dix huit de leurs anciens collègues. De ce qui précède, il apparaît clairement que le Ministre des Hydrocarbures n’a pas compétence pour donner un avis ou une considération au sujet de la composition ou de la mission d’une commission parlementaire. Mais qu’à cela ne tienne, dans sa correspondance datée du 05 février 2008 et adressée au Président de l’Assemblée Nationale, Lambert Mende, qui demande dans ses conclusions au bureau d’annuler l’envoi de la commission d’enquête et d’en informer la plénière à la rentrée, renforce le pressentiment généralisé dans l’opinion publique au sujet du fonctionnement de l’Assemblée Nationale dont certains membres de la majorité veulent transformer en caisse de résonance ou en simple chambre d’enregistrement de leurs intérêts. Il est déplorable de constater que l’aboutissement des plusieurs années de lutte pour l’instauration de la démocratie dans notre pays se matérialise aujourd’hui par l’emprisonnement des institutions démocratique par certaines personnalités politiques qui n’hésitent pas à violer les textes et qui font référence aux vieilles habitudes décriées de la IIème République, c’est-à-dire le népotisme, le clientélisme, le trafic d’influence, l’abus du pouvoir etc. Lorsque Lambert Mende demande à Vital Kamerhe de surseoir à l’application d’une décision de la plénière, organe suprême de l’Assemblée Nationale, il prend le risque d’embarquer le Président de l’Assemblée Nationale dans l’illégalité et le met en porte-à-faux avec ses collègues Députés Nationaux à qu’il avait promis lors de son installation de tout mettre en œuvre en vue de redorer l’image et le prestige de leur institution. En outre, le bureau va-t-il prendre le risque de se mettre à dos les députés Nationaux au moment où lui-même fait l’objet de beaucoup des critiques de la part des Députés? L’avenir nous le dira. En tout état de cause, il faut avouer que le Ministre Lambert Mende s’est trahi, car comme le dit le dicton : « Qui se sent morveux, se mouche ». Il ne lui appartient pas de nier l’existence des faits criminels qui ont touché une partie de son électorat, il aurait plutôt intérêt à voir la paix régner à Lodja entre les divers membres de la communauté. Enfin, le Ministre des Hydrocarbures, contestant la composition de la mission en évoquant les liens supposés ou réels que certains membres dont les Honorables Bussa et Milemba entretiendraient avec les victimes de ces événements, se place lui-même dans une position inconfortable puisque le Chef de Division de l’EPSP nommé en remplacement de l’une des victimes aurait des liens avérés avec lui. Conclusion : Mende défend son frère et est pris la main dans le sac, en flagrant délit d’incitation à la haine ethnique. Pour l’avenir de nos institutions et de la démocratie dans notre pays, le Chef de l’Etat et le Premier Ministre ne doivent pas permettre aux personnalités politiques membres du Gouvernement et de la majorité à mettre en moule les institutions, car le peuple est jaloux des acquis démocratiques arrachés de haute lutte. Constant Maimona |
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Revised: February 15, 2008