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Lettre à l'éditeur |
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Les Bakongo doivent-ils continuer à faire les frais d’ostracisme? 07 mars 2008 - Les Bakongo doivent-ils continuer à faire les frais d’ostracisme? Cette question vaut son pesant d'or. Les tristes nouvelles qui viennent de la province du Bas-Congo ne peuvent plus nous laisser indifférents. Des éléments des forces militaires envoyées depuis la semaine dernière sur instruction du Général Dennis Kalume, ci-devant Ministre d’État à l’intérieur, pour soi-disant renforcer les unités stationnées au Bas-Congo pour rétablir l’ordre et l’autorité de l’État dans le territoire de Luozi et à Seke Banza, se sont s’illustrés par un comportement qui s’apparente à une véritable opération d'extermination de la population civile. Selon des sources concordantes, on compte des dizaines de morts et la traque aux supposés adeptes du mouvement dit politico-religieux Bundu di Kongo se poursuit. La question qui vient à l’esprit est de savoir pourquoi l’autorité centrale, représentée par Dennis Kalum (un récidiviste) choisit toujours l’usage de la force quant il s’agit du Bas-Congo, alors qu’ailleurs où l’autorité de l’État (du moins ce qui en reste) et la souveraineté nationale sont ouvertement menacée, quand toute une partie du territoire national est occupée, on préfère faire la politique de l’autruche (cas de Kyungu au Katanga), ou d’avaler des couleuvres sous forme d’interminables négociations (cas du Général Nkunda). Il est fort regrettable, que le gouverneur de la province du Bas-Congo, Simon Mbatshi Mbatshia, un Mukongo, ait accompagné Dennis Kalume, dans l’exécution de son œuvre macabre. N’aurait-il pas du faire prévaloir la nécessité, d’abord, de tenter de régler ce conflit dans le cadre provincial, plutôt que livrer ses frères et sœurs à la folie meurtrière d’extermination des Bakongo? Tout ce qui l'a intéressé c'est son "trône". Tant pis, s'il règne sur des cadavres, pourvu que le poste de gouverneur, du reste mal acquis lui soit garanti. Il a fait encore couler inutilement et impunément le sang des Bakongo, comme ce fut le cas en janvier-février 2007. Qu’il y ait des centaines de morts, et des milliers de blessés dont plusieurs sont toujours hospitalisé, cela ne l'émeut outre mesure. Ces événements tragiques sont encore considérés avec plus de mépris par le gouvernement central, qui trouve que les victimes n’ont eu que ce qu’elles méritaient! Un gouvernement élu écoute attentivement les revendications de la population et trouve des solutions durables et appropriées aux problèmes qui se posent, au lieu d'étouffer brutalement toute moindre revendication du paisible peuple Kongo, alors que l'on voit le même général assassin s'agenouiller devant la marionnette de Kagame à l'Est du pays, où existe une menace réelle. Les Bakongo ne peuvent pas revendiquer leurs droits Tout porte à croire que le gouvernement ne veut pas que les Bakongo revendiquent leurs droits le plus élémentaires. Pour preuve, là où on accepte que les dirigeants des entreprises publiques, des services publics de l'Etat, voire des sociétés privées dans les provinces, comme au Katanga, ne soient que des originaires de ladite province, au Bas-Congo cela est inacceptable. Eux, ils doivent se taire, sinon on les tue. Des terres entières sont occupées abusivement à Moanda, eux, ils doivent la boucler, sinon on les tue. La Ville de Kinshasa s'étend de au point de menacer d'engloutir la cité de Kasangulu, eux, ils doivent fermer les yeux, sinon... En 1966, Mobutu avait d’autorité repoussé les limites de la ville de Kinshasa jusqu’à la sortie de la Cité Verte. À l’époque coloniale, les limites de la ville (alors Léopoldville) étaient fixées à Kintambo Magasin (à l’Ouest vers le Bas-Congo) et à la sortie de Ndjili à l’Est. Le Mont Ngaliema où par après sera logé le siège du gouvernement provincial de Léopoldville (Bandundu et Bas-Congo) se trouvait en dehors du périmètre de la ville de Kinshasa. À l’éclatement de la province de Léopoldville, la province du Bas-Congo établira son siège au lieu dit Mpumbu-lez-Leo (dans les environs de l’Église St Sacrement à Binza-Delvaux) avant de s’établir à Matadi à la suite de la décision du même président Mobutu. Les Bakongo n’ont-ils pas aujourd’hui le droit de revendiquer une compensation en échange de cette partie de leur terre? Tout comme les Bandundois dont la province a aussi souffert de l’autoritarisme de Mobutu qui a repoussé jusqu’à 150 kilomètres sur le plateau des Batekes les limites Est de la Ville de Kinshasa. Avant les élections = après les élections. Jean Moanda Vita |
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Revised: March 07, 2008