![]() |
|
Membre de Click-FR®, Réseau francophone Paie-Par-Click |
|
|
|
La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
||||
|
Menu |
Economie |
|
Bradage minier : des milliards de dollars des potentialités minières bazardés en trois ans! 19 juin 2006 - A Kinshasa, le gouvernement de transition a négocié dans le secret et l’intrigue des contrats miniers mirobolants sur l’ensemble des gisements identifiés. Les accords signés ou ratifiés par un régime provisoire dépassent les besoins d’une gestion journalière car ils portent sur le long terme et s’évaluent à près de mille milliards de dollars américains de potentialités minières, dont 300 milliards pour la seule concession Gécamines. Dans un contexte de corruption, cette oeuvre de dirigeants non élus n'a aucune validité ni excuse. Les principes directeurs de l' Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) font référence dans les transactions internationales. En la matière, " les entreprises devraient s'assurer que des informations fiables et pertinentes concernant leurs activités, leur structure, leur situation financière et leurs résultats sont communiquées de façon régulière et en temps voulu. Ces informations devraient être fournies pour l'entreprise dans son ensemble et, s'il y a lieu, par secteur d’activité ou zone géographique". En fait, le patrimoine national appartient au peuple congolais. Et chaque congolais est un petit porteur des valeurs minières nationales et actionnaire pour 1/60 millionième des ressources minérales. On ne peut imaginer une entreprise qui entreprendrait des transactions sans informer ses millions de petits porteurs. Mais une avancée timide a été opérée avec le lancement de l’Initiative de la Transparence des Industries Extractives (ITIE). Il a été rejoint par les ONG de la coalition Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP).Le directeur général du Cadastre minier (CAMI), Jean-Félix Mupande a révélé qu’ il resterait encore 36 % des aires minières de disponibles pour les générations futures. Mais les 64 % des superficies qui ont été cédées sont issues des territoires anciennement sous le contrôle de l'ex-gouvernement (ou PPRD), et le solde non encore attribué correspondrait en réalité aux territoires occupés par les anciennes rébellions du RCD et du MLC. Autant dire que c’est pratiquement 100 % des aires minérales contrôlées par Kinshasa qui ont été attribuées aux opérateurs miniers sous forme de droits de recherche ou d'exploitation. Toutes les aires minières connues ont donc été liquidées en trois années seulement. C' est un désastre national. En 2004, le vice-président de la République chargé de l’Ecofin avait demandé, en vain, le renvoi du ministre des mines pour la prolifération des autorisations minières. Les originaires de la province du ministre avaient fait bloc, obligeant Jean-Pierre Bemba à se rendre dans le Bas-Congo pour leur dire de prendre garde, car " à la fin de notre mandat, on risque de se réveiller pour constater que nous avons vendu les gisements les plus riches pendant la période de la Transition". L’heure de ce réveil a sonné, car tout ce qui est important et riche a été vendu et en trois années seulement. Le CAMI veut rassurer en établissant un mathématique, en termes de richesses minérales, entre les 64 % cédés et les 36 % restants. Mais lorsqu’ on achète une vache sur pied, on paie un prix forfaitaire au kilo, mais lors du partage de la viande, toutes les parties bovines n’ont pas du tout le même prix au kilo! Un filet de boeuf vaut bien plus cher que du bouilli! Le CAMI a sans doute distribué 64 % de bonne "viande" et gardé pour l’avenir 36 % des graisses, d’abats et d’ossements. Car très logiquement, les promoteurs miniers se sont rués sur les beaux morceaux de la bête et se sont partagés les gisements les plus riches et les plus rentables à exploiter rapidement et avec le moins de capitaux. D' ailleurs, sur le terrain, on constate que les investissements miniers les plus importants ne dépassent jamais une mise de fonds d’une petite dizaine de millions de dollars américains. Les valeurs à investir s’additionnent sur la durée et par autofinancement de l’exploitation, et par l’envolée des cours des matières premières. A titre de comparaison, et quoi qu’il s’agisse du secteur de services, les opérateurs de téléphone cellulaire réalisent bien plus d’investissements. Vodacom avait risqué au départ 183.700.000 USD et généré une contribution fiscale mensuelle moyenne et immédiate de 1,5 millions de dollars. De son côté, Celtel a accumulé 300 millions de USD sans recourir à tout le cinéma du Nouveau Code Minier. Ces investisseurs du cellulaire opèrent sur tout le territoire national, sans prétexter l’insécurité. Contrairement à ce que l’on voit avec la Gécamines, ils ne se sont jamais emparés du patrimoine public en recourant à des joint-ventures douteuses et spéculatives. On doit s’interroger sur l’absence de véritables compagnies minières communément appelées "majors" et qui sont à la mesure des fabuleuses potentialités du pays. Il est remarquable qu’on dilapide des centaines de milliards de ressources sans qu’un seul projet n'atteigne un petit milliard en investissements directs. Le Code Minier reste aberrant. Il exige un certificat de "capacité financière" d’un montant de dix années de taxe annuelle, sans rapport avec les ressources. Cette taxe est d’environ 5 dollars par an et par hectare de mine industrielle. Il suffit donc de montrer qu’on peut disposer, en banque ou par emprunt, de 50 dollars pour gagner la qualification d' investisseur minier au Congo et s’ approprier de tout ce que le sous-sol contient en or, diamant, cobalt ou coltan. Voilà comment le Pays est soldé, en cette période. Les termes du Nouveau Code Minier ont été dictés par les investisseurs potentiels. Une des aberrations aura été de dépouiller la Gécamines de sa concession. Tout d’ abord, la Gécamines peut perdre ses droits miniers si elle ne paie pas la taxe annuelle. Comment peut-on qualifier un Etat qui organise ainsi la perte de ce qui lui appartient? Aussi, la Gécamines a renoncé à la majorité de sa concession pour se replier sur quelques gisements. C’est dire que le Code Minier avait déjà réalisé la privatisation de la Gécamines. C’est aussi dire que le sort des gîtes de la Gécamines ne relevait d’aucune urgence de décision ni d’ aucune proposition d’ acquisition, puisque les investisseurs avaient de bien plus vastes terres à solliciter au CAMI. Mais paradoxalement, c’est sur les gisements résiduels de la Gécamines qu’on s’est rué, grâce au fameux Code Minier qui accorde à la Gécamines la capacité d’aliéner ses avoirs miniers par vente ou par location. Il se déroule une privatisation sauvage est très, très grave. En cédant à des privés les ressources les plus riches, le Congo se prive d’opportunités de véritables contrats rémunérateurs. De même, le Congo a perdu des avoirs pouvant servir de garantie pour des financements importants, à long terme et au bénéfice de l'ensemble du pays. Mais dès à présent, et par la magie du Code Minier, ces mêmes gisements servent de garantie aux investisseurs privés pour récolter des emprunts et spéculer sur leurs valeurs boursières. Comment douter du pillage structurel? La Gécamines, c’est le Katanga, et le symbole du scandale géologique national, avec les gîtes les plus riches au Monde en teneurs et en diversités minérales. Aussi, l’exemple de quelques projets miniers katangais est significatif, en particulier si les promoteurs de ces projets les présentent comme des modèles à suivre pour le développement du Congo par l’exploitation de ses richesses minérales. La Société pour le Traitement du Terril de Lubumbashi (STL) vise annuellement 5000 tonnes de cobalt, 3500 tonnes de cuivre et 15.000 tonnes de zinc en recyclant 1/3 des scories de la Gécamines sur 10 à 15 années. Les chiffres indiquent qu’à la fin du contrat, il resterait encore 2/3 des rejets que l'on peut projeter sur 20 à 30 années d' exploitation par la Gécamines, avec la manne annuelle de 5000 tonnes de cobalt, 3500 tonnes de cuivre et 15.000 tonnes de zinc. Mais à Lubumbashi, la montagne de scories n’est plus le cône homogène qui ornait les billets de banque. Le "big hill" est décapité et arasée, car la STL puise uniquement les zones de scories qui contiennent le germanium, le cobalt, le cuivre et le zinc. Ces scories riches représentent exactement le 1/3 du gisement attribué à la STL, ce qui signifie que les 2/3 qui seront restitués à la Gécamines ne seront pas exploitables dans les mêmes conditions, et ils seront bons pour l’épandage sur les routes poussiéreuses et boueuses. De la même manière, les 36 % des aires minérales encore disponibles au CAMI n’ont pas de signification particulière sur les véritables potentialités du Congo de demain. Bien entendu, on va découvrir de nouveaux gisements sans doute plus riches, mais plus coûteux à exploiter et nécessitant des investissements très importants. Mais avec les données actuelles, ces 36 % des ressources minières sont à priori des gisements soit pauvres soit plus coûteuses à exploiter. Les joyaux miniers ont été bazardés en trois années de la Transition. (A suivre) Hilaire Kashala Autres titres : Bradage du patrimoine national : le vice-président Yerodia fait quelques révélations Mines : razzia sur le trésor du Katanga Boom du prix du cuivre sur le marché international : la Rdc passe à côté de la plaque Morcellement de la Gécamines : le pays a été vendu à vil prix! Bradage minier : la liste de 29 sociétés qui se partagent la concession de la Gécamines L'industrie locale congolaise serait-elle victime de "génocide"? Robert Crem : "Tenke-Fungurume est la plus importante réserve vierge au monde" A propos de notre article : "Une Pme congolaise dénonce...", réaction du Pdg de la Sir Gécamines, Kinross-Forrest et Gec financent la campagne électorale de certains partis Une Pme congolaise dénonce une gestion opaque dans l'attribution des marchés par le Pnud |
||
| Accueil | ||
| Nouvelles | ||
| Economie | ||
| Musique | ||
| Sports | ||
| Culture | ||
| Editos | ||
| Institutions | ||
| Constitution | ||
| Forum | ||
| Signez le Livre d'Or | ||
| Documents | ||
| Biographies | ||
| Petites annonces | ||
| Liens | ||
| Avis/Suggestions | ||
| Initiatives congolaises | ||
| Poster un article | ||
| Cours de change | ||
| Archives | ||
| Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique |
| Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions |
| | Initiatives | Sondages | biographies | Editos | Recherche | A propos de nous | Contacts |
"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)
Copyright © 2002-2003 Congolité.com.
All rights reserved.
Revised: June 19, 2006