![]() |
|
|
||
|
La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
||||
|
Menu |
Economie |
|
La filière bois en République Démocratique du Congo : quel devenir? 9 avril 2007 - La planète s’échauffe ou se réchauffe? Par qui et par quoi s’échauffe-t-elle? Par les déboiseurs exploitants forestiers anarchiques et impénitents de la République démocratique du Congo, répondent en chœur les ONG et autres porte-voix du Nord, prompts à donner des leçons de bonne gouvernance au lieu de se les appliquer à eux-mêmes, hier comme aujourd’hui sur leurs forêts et espaces environnementaux. De Cannes avec Jacques Chirac, et à Bruxelles avec Armand de Decker, la forêt de la République démocratique du Congo a été passée au crible par les décideurs de la planète ignorant superbement les experts de la Fédération des Entreprises du Congo qui n’ont participé à aucune des conférences où se jouait le sort et le devenir de la filière bois. Allez donc savoir pourquoi? Devant le silence, non pas coupable mais plutôt dubitatif des professionnels de la filière bois dont certains ont été notoirement cités par une Ong du Nord, devenue subitement l’objectrice de conscience des entrepreneurs forestiers et défenseuse des pygmées et autres TWA autochtones vivant dans nos forêts, il s’est imposé à moi le devoir d’éclairer tant soit peu l’opinion sur les enjeux de la forêt congolaise, car, je peux en parler avec compétence et clairvoyance, ayant eu à diriger durant plus d’une décennie la profession des forestiers au plus haut niveau de l’ANEZA, devenue aujourd’hui FEC. Mon savoir et mon expérience dans ce domaine m’y autorisent. Ayant passé en revue le déroulement des travaux de la Conférence de Bruxelles, tous les thèmes y abordés les ont été par des soi-disant spécialistes de la faune et de la flore du bassin du Congo. Et ces intervenants pour la plupart du Nord, n’ont que des connaissances livresques de nos forêts, n’ayant jamais eu à côtoyer et les pygmées et les autochtones de nos forêts. Loin de moi l’idée de méconnaître la capacité des orateurs et autres participants à aborder ces thèmes avec compétence, je pense qu’il aurait fallu tenir cette conférence à Kinshasa, Mbandaka, Kisangani ou Bandundu, dans l’intérêt des premiers concernés congolais et expatriés professionnels et autres protagonistes de notre environnement. Deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, au Brésil, le couvert forestier de la République démocratique du Congo représente 47 % des forêts de l’Afrique boisée et plus ou moins 8 % des forêts du monde. D’où son importance à être bien gérée au bénéfice commun de l’humanité, préconisentils aujourd’hui, alors que sous d’autres cieux les donneurs des leçon ont consumé autrefois leurs réserves forestières pour assouvir leurs besoins existentiels. Qu’en est-il de l’exploitation de la forêt du bassin du Congo dont beaucoup d’acculturés en la matière qualifient de « sauvage » par les exploitants forestiers professionnels et artisanaux? Dans la préface de la revue de l’Union professionnelle des producteurs des bois du Congo en 1958; vingt-cinquième année anniversaire de sa fondation, le Président F. Pèche écrivait entre autres phrases : « La forêt tropicale constitue une réserve infinie qui jouera un rôle considérable dans le monde de demain. Nous ne faisons qu’égratigner les richesses ligneuses du Congo Beige, mais sans doute la génération qui nous suivra parlera-t-elle du Congo producteur du bois, comme nous parlons aujourd’hui du Congo producteur de cuivre et d’uranium. Il serait certes hasardeux de préjuger de l’évolution sociale de l’Afrique Centrale, mais quel que soit le destin des colonies et quelles que soient les mains qui, dans le futur pétriront le sol tropical et exploiteront ses richesses (souhaitons qu’au Congo ce soit cette communauté belgo-congolaise que nous venons d’y créer sous une forme qu’il est encore prématuré de définir) on peut affirmer que l’industrie forestière congolaise a un brillant avenir devant elle. » Qui d’autre dira mieux? Dans un an exactement, l’Union professionnelle des producteurs de bois Congo-Belge qui comptaient à l’époque onze membres effectifs dont Agrifor, Apc, Cobelfruit, Cofolacs, Comuele, CultCongo, Exforka, Forescom, Lukolela, Scam et Sobopla, aurait fêté ses. septante-cinq ans si la République démocratique du Congo n’avait accédé à l’autodétermination. Et ces propos visionnaires de Président F. Pèche ont encore leur sens profond à ce jour, car, « Notre forêt n’est pas sauvagement exploitée », bien au contraire, à partir de l’an 2000, l’objectif de produire 6.000.000 m3 par an assigné à la profession lors du premier Symposium sur la forêt, planifié et organisé par le Conseil exécutif (Gouvernement) sous les auspices du Ministère de l’Environnement et Conservation de la Nature en 1981, avec l’assistance de la Banque mondiale et la Coopération canadienne, si je ne me trompes pas, n’a pas été atteint à ce jour. Pour des raisons diverses, les onze entreprises dont les sièges sociaux et administratifs se trouvaient à Bruxelles ont cessé d’exister, et le volume total des grumes abattus en 1958 de 1.000.000 m3 est tombé quelques dix ans plus tard à 500.000 m3 pour se stabiliser ce jour à plus ou moins à 400.000 m3, professionnels et artisanaux compris (Cfr rapport annuel BCC). Où est donc la sauvagerie opérée par les exploitants forestiers dans l’abattage des grumes en République Démocratique du Congo? Lorsque vous parcourez les parts d’Owendo, de Douala, de San Pedro et j’en passe, vous assistez effectivement à la vitalité de l’industrie forestière avec l’embarquement en haute mer des grumes d’Okoumé, azobé, sapelli, sipo etc. ... sur des navires containers à destination du Nord, de l’Amérique et de l’Asie. Par rapport à Matadi ou Boma, c’est une peau de chagrin, la République démocratique du Congo. Car il se traite annuellement sur ces ports ouest africains des volumes en grumes de plus ou moins à 4.000.000 m3 par an. S’il est des exploitants qui se comportent en pirates, ils sont identifiables et sanctionnables par la loi si l’autorité politique et administrative ne se laisse pas entraîner dans des magouilles sur lesquelles elle ferme les yeux, car, j’ai eu moi-même à constater de visu sur les ports de Kinshasa et Matadi des grumes n’atteignant pas 45 cm de diamètre, sur camion ou container à quai pour exportation. Il n’est donc pas correct de vilipender toute la profession dès lors que des pirates sans concession forestière ni permis de coupe achètent et exportent des grumes au vu et au su de l’autorité politique et administrative. C’est jeter l’opprobre à toute la profession et c’est inadmissible. La profession est organisée et structurée en comité professionnel des bois à la Fédération des Entreprises du Congo, et, à ce titre, elle doit être consultée à chaque instant qu’il se pose un problème ayant un rapport immédiat avec la filière bois et nécessitant un débat tant au niveau régional, national qu’international. Il ne peut pas y avoir des décideurs d’un côté et des taillables corvéables à merci de l’autre juste prêt à subir des taxes de concessions forestières, de coupe, d’exportation et tutti quanti. Les choses doivent se faire dans la concertation et le dialogue comme par le passé où j’étais de toutes les concertations et ateliers sur la fixation des mercuriales et autres taxes diverses à tous les niveaux des ministères concernés par l’exploitation forestière. CONVERSION DES TITRES FORESTIERS S’il est vrai qu’après Cannes et Bruxelles, certaines ONG du Nord dont Green Peace prennent le relais dans ce domaine, les premiers concernés sont et demeurent les exploitants forestiers. Que des voix ne se sont pas élevées pour fustiger la manière cavalière dont la Banque Mondiale prend en otage le gouvernement congolais dans le traitement de cette question cruciale pour les professionnels forestiers qui voient l’épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes, alors qu’ils ont engagé des lourds investissements, obtenus parfois à crédits et dont ils ont beaucoup de peine à rembourser car, les lendemains s’obscurcissent pour certains professionnels victimes des cabales d’intention machiavélique de quelques agents des ONG du Nord qui ont des comptes personnels à régler avec des exploitants ciblés comme tels. A ce jour, cent cinquante-six requêtes ont été reçues et retenues par la Commission de Conversion des titres forestiers. Cette Commission a visité une à une les concessions répertoriées à l’intérieur du pays et est à pied d’œuvre pour une seconde mission dans les provinces de l’Equateur et Orientale pour consultation des populations autochtones riveraines de ces concessions en vue de la désignation de leurs représentants à siéger dans la Commission. Dans quels buts l’administration, les Ong du Nord et la Banque mondiale s’intéressent-ils aux populations autochtones aujourd’hui, alors que les exploitants forestiers ont eu à se préoccuper jadis des besoins élémentaires et vitaux, entre autres les routes de desserte agricole, écoles, dispensaires, hôpitaux, transports en camion et baleinière de ces mêmes populations. Dans nos us et coutumes en Afrique, toute personne étrangère à une localité ancestrale à autrui, ne peut y accéder sans avoir été en concertation avec le chef de la contrée et ses administrés pour obtenir d’eux l’autorisation de pénétrer dans leur forêt pour y travailler un champ, une plantation ou une concession de bois. Tout doit se faire avec l’accord des villageois concernés à qui l’étranger devra payer les droits de jouir, d’user et d’abuser de leur sol et sous-sol. Rien, alors rien n’a été inventé sous les tropiques dans le cadre que la Banque mondiale vient d’endetter la République démocratique du Congo avec une nouvelle enveloppe de USD 154.000 pour une mission d’un mois à travers ces deux provinces. Qu’à cela ne tienne, espérons seulement que cette nouvelle approche, ne sera pas source de conflits inutilement fratricides entre autochtones eux-mêmes, si l’une ou l’autre personne désignée ou choisie ne représente pas l’adhésion unanime des représentés. LA RELANCE DU SECTEUR FORESTIER Lors des assises du premier Symposium sur la forêt de 1981, une cinquantaine d’entreprises forestières grandes, moyennes et petites ont été répertoriées et elles employaient plus de deux mille personnes dont dépendaient des familles élargies au sens africain du terme. C’est dire que plus ou moins vingt mille personnes, femmes et enfants compris, vivaient de la filière bois. En terme de contribution de l’effort du gouvernement à résorber l’épineux fléau du chômage et à éradiquer la pauvreté, la filière bois a considérablement contribué à améliorer tant soit peu les indicateurs macroéconomiques et financiers de l’Etat. Cependant, avec les recettes en devises générées par l’exportation de bois, la filière bois a contribué bon an mal an pendant presque une décennie à plus ou moins 10 % des recettes globales d’exportation, ce qui n’est pas négligeable dès lors que l’outil de production devenu vétuste n’a pas été renouvelé faute de financement conséquent dans ce secteur. Imaginons que les entreprises actuellement opérationnelles bénéficient de la sollicitude du gouvernement pour mettre à disposition des professionnels au niveau d’une institution financière telle que la Sofide et/ou le FPI une ligne de crédit de USD 100.000.000 avec des conditions de crédit d’investissement et développement pour renouveler et renforcer les capacités d’exploitation des entreprises méritantes et éligibles, dans l’objectif de produire 6.000.000 m3 grumes/an. Quel ne serait pas l’impact bénéfique de la filière en termes de recette en devises dans la balance de paiement de l’Etat, avec plus ou moins 4.000.000 m3 exportés annuellement, soit plus ou moins 60 % en sciages avivés. Faut-il rappeler qu’il y a quelques années le bois se situait en deuxième position après le cuivre des produits exportés avant le café et le diamant. Les gouvernements du Ghana, du Cameroun et d’autres pays africains ont mis ces financements et autres équipements forestiers à disposition des exploitants forestiers sous forme de crédit location, et c’est pourquoi ils ont atteint des chiffres astronomiques de 2 à 4 millions m3 grumes/an. Il est impérieux pour la profession de pousser le professionnalisme à telle enseigne de se mettre au diapason des normes édictées par les gouvernements et les Ong du Nord, et cela ne peut se réaliser qu’avec l’appui et l’encadrement du gouvernement congolais. Au cours de ce premier symposium, beaucoup de résolutions ont été prises, mais malheureusement aucune ne s’est concrétisée pour le développement du secteur bois. Qu’en sera-t-il des résolutions arrêtées à Bruxelles? L’avenir nous le dira, mais optimiste de nature, je positive. FONDS DE RECONSTITUTION DU CAPITAL FORESTIER A l’époque où je dirigeais la profession au niveau de l’Aneza, le reboisement et la traçabilité des bois de nos forêts étaient garantis par un fonds appelé FONDS DE RECONSTITUTION DU CAPITAL FORESTIER. Ce fonds géré par le Ministre de l’Environnement n’a jamais joué pleinement son rôle étant donné que l’argent du fonds prenait d’autres destinations obscures du Ministère au lieu d’aller dans le reboisement, c’est-à-dire, la gestion durable et la traçabilité de forêts. Ce fonds alimenté par les exploitants forestiers est sans objet à ce jour, car, le Comité de gestion de ce fonds ne se réunit plus pour arrêter un programme annuel des sites à reboiser en vue de mieux renouveler nos forêts sous la gestion de la DGRNR jadis Direction de Gestion des Ressources Nouvelles Renouvelables, devenue à ce jour DGF, Direction de Gestion des Forêts. Après Cannes et Bruxelles, demain peut-être Kinshasa, Kisangani, Mbandaka ou Bandundu pourrait abriter le deuxième symposium sur la forêt du bassin du Congo sous les auspices du gouvernement congolais et l’appui des partenaires extérieurs en y impliquant les professionnels de la filière afin qu’ensemble nous puissions cheminer vers la même direction pour la réalisation des objectifs de gestion durable et de développement de nos forêts. CITES Je m’en voudrais de terminer sans parler de Cites que beaucoup d’entre-nous ne comprennent ni l’origine ni la signification. La Cites est née de l’idée d’un illuminé défenseur des espèces animales menacées d’extraction (entre autres, perroquets, baleines, éléphants, rhinocéros blancs etc.). C’est à la Conférence de Yokohama lors des assises de l’OIBT qu’un autre participant a eu à faire un réquisitoire alarmant sur une espèce végétale : l’Asamela dite Afrormosia exploitée à grande échelle au Ghana au point de disparaître, que la conférence a eu à adopter une résolution d’insérer cette espèce, à l’annexe B de la liste Cites des espèces à protéger. La Cites signifie donc Convention pour la protection des espèces menacées d’extinction et son siège se trouve confortablement installé à Genève où se prennent toutes les décisions de protection des espèces menacées. Une question me vient à l’esprit et je vous la pose dans l’espoir que vous trouverez aisément la réponse. Qui donc de nous sudistes et nordistes menacent les espèces animales pour leurs peaux, huiles et autres produits aphrodisiaques? Qui donc de nous sudistes et nordistes ont consommé des millions de volumes de grumes d’Asamela produits par le Ghana à l’époque où cette espèce pourtant reboisable pouvait être régénérée. A ce jour, en République démocratique du Congo, l’Asamela a atteint un peuplement de 30 m3 à l’hectare, ce qui est énorme et son exploitation aussi rationnelle qu’elle est aujourd’hui ne menace en rien notre couvert de cette essence spécifique. Faut-il signaler cependant que son exploitation devient fort contraignante avec toutes les taxes et autres redevances, dont Cites qui s’y rapportent. C’est un bois noble certes, mais il y a des limites à ne pas franchir sans concertation avec les professionnels. Jean-jacques Baelongandi, past président FEC-BOIS Source : Le Potentiel Autres titres : Le Cadtm critique le manque d'ambition de l'audit sur
la gestion des finances publiques |
|
|
| Accueil | ||
| Nouvelles | ||
| Economie | ||
| Musique | ||
| Sports | ||
| Culture | ||
| Editos |
|
|
| Institutions | ||
| Constitution | ||
| Forum | ||
| Signez le Livre d'Or | ||
| Documents | ||
| Biographies | ||
| Petites annonces | ||
| Liens | ||
| Avis/Suggestions | ||
| Initiatives congolaises | ||
| Poster un article | ||
| Cours de change | ||
| Archives | ||
| Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique |
| Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions |
| | Initiatives | Sondages | biographies | Editos | Recherche | A propos de nous | Contacts |
"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)
Copyright © 2002-2003 Congolité.com.
All rights reserved.
Revised: April 09, 2007