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Activisme des pouvoirs parallèles : dossier miniers, projets d'autoroutes inconnus de Gizenga (Suite)

25 septembre 2007 - La percée chinoise dans la reconstruction nationale est sérieuse avec un endettement qui dépasse le tiers de la dette extérieure actuelle et le triple du budget annuel. On a apparemment promis "quelque chose" aux Belges et Européens qui enverront une mission économique. Mais désormais, ce sont les paramètres de la remise de la dette extérieure qui sont perturbés. Désormais se pose la double question de la bonne gouvernance et de l’affairisme des cellules parallèles aux pouvoirs constitutionnels. Car de telles avancées financières restent politiques, et nécessitent l’implication de toutes les institutions, à commencer par le gouvernement et le Parlement qui a approuvé le programme quinquennal de Antoine Gizenga. Cette dérive du pouvoir est illustrée par la saga de Boss Mining. Va-t-on apprendre bientôt que les titres miniers annulés ont été cédés à l’israélien Dan Gertler et aux Chinois? Premier acte : Début 2006, le zimbabween Billy Rautenbach revend à Camec (Centrat Africa Mining and Exploration Company) ses intérêts miniers dans Boss Mining. Apparemment, le « pouvoir » n’aurait pas perçu la part qu’il attendait de cette transaction. Une insatisfaction dont "on" se souviendra plus tard, lors de la commission versée par l’israélien Dan Gertler lors du rachat des mines de Kababankola Mining Company (KMC) dont le portefeuille contient 50 % de la mine de Mukondo, elle aussi cédée par la Gécamines. L’autre moitié revient à Billy/Boss Mining/Camec qui gèrent l’exploitation commune. Il y a une mésentente entre l’exploitant zimbabwéen et le nouvel acquéreur israélien. Billy abandonne la mine et, en représailles, Dan chasse Boss Mining/Camec des installations de traitement des minerais héritées de la Gécamines. Un chantage imparable. Mais Billy/Boss Mining/Camec réagissent de manière inattendue. Ils renoncent à l’ exploitation des mines et des installations communes pour réaliser leur propre investissement. Six mois plus tard, une usine flambant neuf et dotée de technologies de pointe produit le premier cuivre raffiné à 99,9 %. Un exploit qui aurait été en mesure de redorer le blason des contrats léonins et des parrains au pouvoir. Mais c’est l’échec pour Dan Gertler qui n’a pas récupéré sa mise de fonds. Et comme pour donner à Dan des compensations, la guerre est ouverte contre Billy.

Second acte : George Arthur Forrest était l’ennemi juré de Billy Rautenbach. Le belge d’origine néo-zélandaise avait remplacé le zimbabwéen à la tête de la Gécamines. Ils se retrouvent, quelques années plus tard, à la tête de contrats faramineux et léonins. La détermination de Billy amène les deux entrepreneurs à s’entendre et à monter des projets communs. Billy/Camec prend des participations dans Katanga Mining Limited (KML), l’ancienne Kinross-Forrest, bénéficiaire de la mine de Kamoto à Kolwezi. De son côté, Forrest achète des titres dans Camec. Billy et Forrest envisagent bientôt le regroupement des deux sociétés. Camec absorberait KML et Forrest deviendrait président de Camec. Cela n’arrange pas Dan Gertler qui a d’autres obligations pressantes. L’israélien avait obtenu, toujours de la Gecamines, la fabuleuse mine KOV qu’il a revendue à Nikanor dont la capitalisation par la seule spéculation boursière dépasse les 1,5 milliards de dollars. Mais le projet israélien est lourd et tardera à réaliser des revenus. Tout le conraiore de KML qui va sortir du cuivre et du cobalt raffiné en fin 2007. La mainmise israélienne sur KML et l’ éloignement de Camec deviennent une priorité.

Troisième acte : Début 2007, la primature est promise à Gizenga, mais le pouvoir réel est resté entre les mains du Chef de l’ Etat. Augustin Katumba Mwanke est envoyé, en mission personnelle, en Chine pour amener les Chinois à investir chez Dan Gertler/Nikanor. Il échoue de ce côté et Nikanor se retrouve avec un besoin de 400 millions de dollars pour réaliser son projet minier. Mais Katumba réserve aux Chinois les grands travaux d’ infrastructures (routes et chemins de fer), ainsi que des mines katangaises et kasaiennes. Tout cela se fait en dehors du programme quinquennal de Gizenga.

Des entreprises congolaises, contrôlées par Kabila, sont créées pour devenir des partenaires de ces compagnies chinoises. A Kinshasa, on place Victor Kasongo comme vice-ministre des mines pour encadrer le ministre désigné par le PALU, de Gizenga. La tactique avait bien fonctionné en 2003 avec le vice-ministre Jean Louis Nkulu qui avait pris des décisions capitales en marge du ministre des mines Diomi Ndongala. Au Katanga, Moïse Katumbi Chapwe est installé comme gouverneur de province pour piloter les manœuvres envisagées. Aussitôt, Moïse Katumbi obtient de Dan Gertler/Nikanor, un contrat de découverture (NB. évacuation des stériles miniers) de la mine KOV pour 30 millions de dollars par an. Ceci représente tout de même un marché de 750 millions de dollars si l’on tient compte de la durée des 25 années du projet... dont le président est un homme du sérail, l’ancien ministre des mines Simon Tuma Waku. Cela ne s’oublie pas. Car depuis ce fameux contrat, le gouverneur Katumbi ne tarit pas d’éloges pour Gertler/Nikanor qu’il qualifie d’investisseurs exemplaires. Katumbi est invité en Israël. Il acquiert un jet qui achemine au Katanga des investisseurs juifs, non autrement identifiés. Subitement, ce savant montage est ébranlé par une maladie (malédiction?) qui frappe Augustin Katumba Mwanke. Il est sauvé de justesse par une intervention chirurgicale au pays de Dan Gertler. Cela ne s’oublie pas. Augustin Katumba Mwanke est sérieusement affaibli physiquement, mais tous les mécanismes du pouvoir politico-financier parallèle sont en place.

Quatrième acte : Camec annonce ses visées pour acquérir progressivement KML/Kamoto. La maison Gertler/Nikanor tremble. Le vice-ministre des mines, Mr Victor Kasongo entre en scène. Il se souvient subitement que Billy Rautenbach est recherché par la justice sud africaine. Il parle de son extradition, en lieu et place des ministres de la justice et des affaires étrangères. Il fait un lien entre la justice sud africaine et le contrat de Boss Mining dont il annonce la révision alors que la commission ad hoc n’avait pas remis ses travaux. Depuis, et comme pour plaire à la, place boursière de Londres où est cotée Dan Gertler/Nikanor, Victor Kasongo s’adresse directement et uniquement à la presse anglophone la tenant au courant de la sagav Billy/Boss Mining/Camec. La presse congolaise et le gouvernement sont tenus à l’ écart. Cinquième acte : Billy tombe dans un piège tendu par le ministre de l’ intérieur Kalume, le vice ministre des mines Kasongo et le gouverneur du Katanga Katumbi. Ils essaient d’ arrêter le zimbabwéen pour le livrer à la justice sud africaine. Le but était de décapiter Boss Mining de son manager. Billy Rautenbach doit son salut à la sœur jumelle de Kabila, Jaynet. Cette intervention de la famille présidentielle montre qu’il y aurait deux groupes qui se font la guerre par Billy et Dan interposés, ou que Kabila maintient deux fers au feu. Dans les deux cas, les institutions sont absentes. Finalement, Billy repart libre dans son propre avion à destination de Harare où il vit. Pour la première fois dans l’histoire de la RDC, un porte parole du gouvernement congolais relate des évènements en dehors du circuit diplomatique et officiel. Qui est ce porte parole? Qui l'a nommé? Et qui le paie? Sixième acte : Arrive la date où Camec doit annoncer son offre publique pour absorber KML/Kamoto pour 1,1 milliards de dollars. La veille, Moïse Katumbi est à Kinshasa où l'on met au point la riposte. On dira plus tard que le gouverneur de province avait saisi le Parquet du fait que la fermeture de la mine de Mukondo et l’arrêt de son exploitation par Billy Rautenbach nuisait aux intérêts du Katanga… En clair, les intérêts de Dan Gertler étaient ceux de la République. Et quelques heures après le dépôt en bourse du dossier Camec, le procureur général de la république Mukeba donne l’ordre au Cadastre Minier (Cami) d’annuler les titres miniers de Billy/Boss Mining/Camec. Dans les jours qui suivent, la valeur du titre Camec chute de près de la moitié. Camec retire ses visées sur KML. Gertler/Nikanor ont désormais le champ libre. Une fois de plus, un porte parole du gouvernement donne les détails de la décision. Qui est-il? Qui l’a nommé? Et qui le paie? A SUIVRE

Willy Ngoie

www.congo.over-blog.com

Autres titres : 

Activisme des pouvoirs parallèles : dossier miniers, projets d'autoroutes inconnus du gouvernement
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Revised: September 25, 2007