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Elections précipités ou fraude historique?

21 novembre 2005 - Dans plus ou moins un mois, une proposition de texte de la Constitution de la troisième république sera soumise au référendum populaire. Un autre pas pourrait être franchi vers les élections tant souhaitées un peu plus par les partenaires extérieurs que par une bonne frange de la classe politique congolaise et la majorité du peuple congolais. La raison fondant cette course à la montre est bien connu : la communauté internationale a investi beaucoup trop d’argent. Les élections doivent à tout prix avoir lieu dans les délais. Certains de nos compatriotes ont prétendu, à la suite du ministre belge de la coopération, que voter non à ce référendum serait suicidaire pour l’avenir de notre pays. Mais, en réfléchissant un peu, il nous semble que face aux enjeux majeurs du pays, la pression des partenaires extérieurs (pour qu’il y ait des élections à tout prix) participent beaucoup plus du déni de la réalité passée et présente. Elle participe de la falsification de l’histoire de tout un peuple par leurs poulains interposés. Elle sert un agenda caché : une ouverture rapide du Congo au marché néo-libéral sans les congolais.

Croire en la possibilité d’une réappropriation du processus historique de la libération de la liberté tout en continuant à mener notre lutte contre toute forme de dictature initiée sous Mobutu nous semble être l’une des meilleures voies de sortie de la crise congolaise. Il y a là un pacte inter-générationel à conclure (entre nous et les générations futures) pour que cette lutte ne ménage aucun sacrifice. Rappelons-le : les congolais n’ont pas attendu les millions d’argent de la communauté internationale pour commencer leur lutte contre les formes asservissantes du pouvoir chez eux. D’ailleurs, ne devient-il pas un peu plus urgent de questionner, au quotidien, ce concept de communauté internationale. C’est quoi en réalité?

En lisant la dernière conférence que Mgr Monsengo a donnée à Bruxelles (signée le 9/11/05), il nous semble que reprendre le fil rompu par la libération-prédation est une des conditions sine qua non d’un devenir prometteur chez nous. Les élections ne peuvent précéder ce processus sans qu’elles nous conduisent tout droit dans le mur. Une relecture du texte Mgr Monsengo pose des questions auxquelles les élections ne seraient peut-être pas capables de répondre. Il souligne entre autres ce fait que la conquête arbitraire du pouvoir par les libérateurs-prédateurs a rompu le consensus national, fruit d’une lutte soutenue et d’un engagement résolu dans un long processus démocratique. En effet, écrit-il, « la conquête du pouvoir par les armes en RDC relevait de l’arbitraire et était objectivement parlant un acte anticonstitutionnel. (Cf. Art 27 de l’Acte constitutionnel de transition). Elle avait pour effet, d’une part, la rupture du consensus national acquis notamment au prix du sang des fils et filles du pays le 16 février 1992 et, d’autre part, l’interruption du processus démocratique, à 3 mois du référendum constitutionnel, destiné à la mise sur pied des institutions de la 3e République. Elle créait dans l’imaginaire populaire la loi de la jungle, la force de la loi au lieu de la force de la loi. Les troubles et les rébellions récurrentes jusqu’aujourd’hui à l’Est de la RD Congo sont entre autres la conséquence de cette conquête arbitraire du pouvoir par la force des armes. »

Le Dialogue Inter-congolais de Sun City n’a pas refait le fil rompu. Sur ce point, Mgr est on ne peut plus clair. Il note : « Si l’accord dit 1+ 4 a été mal conclu, c’est que, à vrai dire, ce n’est pas un accord entre Congolais mais entre les « parrains » des rebelles congolais par leurs poulains interposés : c’est un accord politique par procuration. Or il n’est pas évident que les intérêts des parrains coïncident avec ceux du peuple congolais. Bien au contraire, l’instabilité politique de la RD Congo ne peut que profiter à certains de ses voisins. L’histoire récente l’a démontré, notamment en ce qui concerne l’exploitation illégale des ressources naturelles du Congo. (Cf. Rapport du panel des experts de l’ONU). »

Le consensus, même provisoire, se fabrique dans un échange et un dialogue incluant toutes les parties en cause. Le dialogue dit inter-congolais aurait pu offrir cette opportunité s’il n’était pas fait par procuration. Donc, tant que les congolais n’auront pas le temps et le courage de se rencontrer et de se parler sans parrains interposés, tant que les intérêts des parrains passeront avant les nôtres, les élections ne seront pas un sésame ouvre-toi de la démocratie. A lire Mgr Monsengo, une chose saute aux yeux : les Congolais se sont engagés dans le processus démocratique bien avant l’acharnement des partenaires extérieurs pour les élections. Donc, ils ont initié un processus qu’ils pouvaient mener à bien sans interférence extérieure. Prétendre aujourd’hui que finaliser ce processus dépend de l’argent des partenaires extérieurs est une falsification de l’histoire et une tentative de s’approprier un processus initié par les congolais eux-mêmes. Attention! Aller avec ce processus jusqu’au bout aurait prouvé à la face du monde que nous sommes responsables de notre destinée. Ceci aurait porté préjudice à l’honneur des têtes pensantes de l’humanité; elles seraient obligées de s’incliner devant un fait historique sans précédent : la preuve tangible d’un peuple « exclu du processus historique par les petites mains du capital » mais décidé à écrire lui-même son histoire. Ça aurait été une honte, un affront. La récupération de la situation par les parrains des rebelles d’hier peut être lue comme une tentative de laver cette honte pressentie afin que demain, nous leur soyons redevables : elles vivent de cette reconnaissance et sont prêts à tout pour qu’ils conservent leur place historique des bienfaiteurs de l’humanité.

Lire Mgr Monsengo nous impose de revoir certaines de nos affirmations et de nos alternatives infernales. Quand certains compatriotes de l’opposition ou de la société civile exigent qu’un autre cadre soit recréé pour que le consensus national se refasse à travers un dialogue réunissant les partis politiques, les forces vives de la nation et les autres associations de la société civile, s’ils ont été au dialogue de Sun City, ils ont cette réponse : « Ou vous respectez vos signatures et nous allons aux élections ou vous demander un autre dialogue et vous prouvez que vous n’êtes pas capables de respecter vos signatures. » Mais si, comme Mgr l’avoue -et c’est un secret de polichinelle-, l’Accord dit global et inclusif est un accord politique par procuration, cette alternative infernale devient un argument faible au service des intérêts des parrains. Donc, la nécessité d’un véritable dialogue inter-congolais en tant que lieu de l’avènement du consens national rompu et du devenir commun démocratique continue à s’imposer. Il y va de la réappropriation de notre histoire par nous-mêmes; malgré ce qu’en pensent les parrains.

Dans cet ordre d’idées, continuer à nous demander de respecter cet Accord est un non-sens : ce n’est pas un accord entre congolais; il n’est pas au service des intérêts congolais. Donc, il y a là tout un travail politico-intellectuel à abattre pour une réappropriation congolaise du processus en cours. Peut-être qu’il nous faudra reprendre les choses là où les libérateurs-prédateurs et leurs parrains sont intervenus pour falsifier l’histoire. Cela nous exigera beaucoup de courage et un grand esprit de sacrifice.

Questionner le concept de communauté internationale

L’usage du concept ‘communauté internationale’ demande d’être questionné si nous voulons une véritable réappropriation du processus de démocratisation de notre pays par nous-mêmes et nos alliés authentiques. Qui sont ces acteurs institutionnels travaillant à l’ONU, à son Conseil de sécurité pour le plus grand bonheur des petits congolais? D’où viennent-ils? A quel principe de politique internationale obéissent-ils? Sont-ils en tout et pour tout différents des parrains de nos rébellions? Quelle relation mènent-ils avec les multinationales ayant passé des juteux contrats économiques et commerciaux avec nos libérateurs-prédateurs d’hier et d’aujourd’hui?

Beaucoup d’acteurs institutionnels de l’ONU sont occidentaux. Limitons-nous à ce que nous appelons chez nous la ‘troïka’ (les USA, la Belgique et le France). Avons-nous des preuves que les américains travaillant dans cette institution peuvent aller à l’encontre du ‘rêve américain’ et de sa destinée impériale? Du plus petit au plus grand bien des américains partagent la croyance dans une destinée mondiale, civilisatrice des Etats-Unis. Les exceptions confirment la règle. «  Selon la conception du « destin manifeste » soutenue par un président des Etats-Unis, (le général Ulysse Grant) (…) les Etats-Unis ont le droit « naturel » d’exercer le contrôle sur tout le continent américain et -évidement en cas de nécessité -outre océan, autrement dit « partout ailleurs ». La doctrine de Monroe fut actualisée en 1903 par le président Théodore Roosevelt sous la forme d’un « corollaire à la doctrine Monroe ». Selon ce corollaire, les Etats-Unis doivent/peuvent assumer « un pouvoir international de police » en Amérique comme ailleurs ». La réalisation millénaire de ce rêve a fini par transformer les Américains en « soldats de la démocratie et de la liberté » et en « policiers mondiaux ». Dans ce contexte, ils ne nouent des alliances que là où leurs intérêts sont garantis. « Les alliés existent dans la mesure où les intérêts coïncident avec les intérêts américains. A la base de l’inéluctabilité de la solidarité impériale des Etats-Unis dans l’organisation actuelle du monde, il y a le fait que les autres n’existent que s’ils s’inscrivent dans le monde défini et perçu par les Etats-Unis. L’ignorance totale concernant les autres cultures et les autres pays comme des autres villes -ignorance qu’ont la très grande majorité des Américains- exprime bien cette vision des autres propres à tout un système impérialiste. Pour les dirigeants américains, leur intérêt est l’intérêt du monde. » L’un d’entre eux, responsable de la Monuc chez nous, aurait-il accepté de s’inscrire dans un plan privilégiant les intérêts des congolais avant ceux des Américains. Nous en doutons. Lui comme bon nombre de ses compatriotes soutiennent la thèse de « l’Amérique comme avant-garde historique »; thèse selon la quelle, « l’histoire a un sens et une destination discernables. Seuls de tous les pays du monde, les Etats-Unis embrassent le but de l’histoire. Par conséquent, l’hégémonie américaine réalise la finalité de l’histoire et travaille pour le bien commun (…) La Providence appelle les Américains à assumer la mission de réformer l’ordre mondial (…). » Dans ce contexte, écouter les petits congolais ou leur donner le temps d’aller à leur rythme peut être interprété comme une atteinte à la réalisation de la mission providentielle des « policiers mondiaux ».

Depuis, tout un temps, en Occident, une critique interne est faite à l’application discriminatoire du principe de protection des peuples par les pouvoirs dictatoriaux. De plus en plus, les altermondialistes et les autres hommes et femmes de bonne volonté parlent de la trahison des élites et travaillent à l’avènement d’un courant de résistance contre les ravages du néolibéralisme sur le sol occidental. Dans Europe, la trahison des élites, Raoul Marc Jennar dit clairement ce qu’il pense des acteurs politiques français. Il note ce qui suit : « Quant à ceux qui sont comptables devant nous, libéraux de droite comme de gauche, ils n’écoutent pas le peuple. Ils privatisent. Ils démantèlent les mécanismes de solidarité. Ils amputent nos droits. Ils s’accommodent d’une démocratie de plus en plus formelle qui fait douter de plus en plus de la démocratie elle-même et nourrit le populisme aux extrêmes. » Le non français au référendum du 29 mai serait l’un des fruits de l’organisation de cette résistance. Selon certains analystes, philosophes et autres empêcheurs de penser en rond, il est établi que depuis les années 1999, « l’idée que les limites devaient être apportées au pouvoir des dirigeants a fait du chemin et la ‘responsabilité de protéger’ fait à présent partie de beaucoup de discours diplomatiques. Dans les faits cependant, comme nous le montre la tragédie du Darfour, les pays occidentaux refusent d’intervenir dans les zones à risque quand les intérêts de sécurité ne sont pas directement menacés, une conception contradictoire avec la reconnaissance du caractère « transnational » des menaces contemporaines. En clair, ils ne veulent pas intervenir en Afrique. Le besoin d’ordre continue à être perçu comme un objectif supérieur au besoin de justice et la survie des Etats est toujours plus urgente que celle des populations dont ils ont la charge. » La réconciliation entre le réalisme politique et le souci des peuples tarde à être inscrit aux agendas des bienfaiteurs de l’humanité. Les parrains de nos rebelles ne sont-ils pas les lieux-tenants de ces maîtres de l’univers préférant le consensus de Washington et les recettes néo-libérales et reléguant la protection des peuples et la réduction des inégalités aux calendes grecques? Les élites politiques occidentales gérant les institutions internationales ne sont-elles pas « les petites mains » au service de la compétitivité et du triomphe de la mondialisation marchande? Comme le 29 mai en France, la bête noire de la non réalisation de nos rêves d’indépendance et d’autonomie, « c’est le néolibéralisme mis en pratique par les élites, les maîtres de l’humanité et leurs complices. Ils trahissent les peuples, haïssent les peuples, haïssent la démocratie, honnissent les Etats et ce qu’il y a de meilleur dans les traditions, la culture (…). » Ceci est bon à savoir. Pourquoi? Quand nous parlons de la communauté internationale chez nous, nous ne semblons pas avoir derrière nos têtes, tout cet arrière-fond des alliances et des principes auxquelles les acteurs institutionnels des organismes internationaux participent. Nous avons tendance, malgré les faits têtus que l’histoire met à notre disposition, à croire en la neutralité et en la bienveillance spontanées de ces messieurs et dames. Les vagues d’indignation et de critiques qu’ils soulèvent chez eux ne nous émeuvent presque pas. Nous croyons facilement qu’ils savent ce qui est bon pour nous et qu’ils nous aideront à le réaliser.

Questionner historiquement et régulièrement le concept de la communauté internationale devrait nous aider à comprendre qu’à travers ses acteurs institutionnels elle est souvent au service des intérêts Etats occidentaux souverains et que sa neutralité est plus qu’une chimère. Aujourd’hui plus qu’hier, travaillant main dans la main avec les Institutions Financières Internationales, elle ne jouit que d’une autonomie formelle face aux multi et transnationales travaillant à la marchandisation du monde en général et de l’Afrique en particulier. La réussite de cette mission a besoin d’hommes et de femmes liges comme les rebelles de notre pays.

Lutter encore, Lutter toujours

Même si nous allions aux élections demain, il est important que nous ne pussions pas perdre de vue que depuis les années 1990, nous sommes engagés dans un processus de fabrication politique du consensus national. Sa rupture par les parrains des libérateurs-prédateurs est fondamentalement une tentative de falsification de l’histoire, une fraude historique ayant pour visée la récupération de la lutte de tout un peuple par les bienfaiteurs de l’humanité en mal de reconnaissance. Ceux-ci jouent sur notre fatigue politique, intellectuelle et éthique pour réussir ce coup. Réduisant la vie à sa dimension matérielle, ils ont du mal à comprendre que nos racines symboliques et spirituelles continuent à faire face au sida, à la misère, à la pauvreté et aux autres fléaux fabriqués pour l’extermination des derniers résistants africains contre l’ordre impérial et hégémonique du monde. La stratégie est simple : créer le plus possible, chez nous, les hérauts de notre impuissance réelle et/ou imaginaire et de la toute puissance de l’argent des maîtres de l’univers. Ces hérauts n’auront comme travail que d’épiloguer à longueur des journées, à travers les médias de la propagande, sur notre incapacité à tenir compte de l’investissement matériel des partenaires extérieurs, de notre insouciance face au temps qui coule, de notre incapacité à nous mettre autour d’une table pour trouver un modus operandi et vivendi congolais pour sortir de l’imbroglio politico-social et économique actuel. Jouant sur le temps et la fatigue, cette stratégie finira par présenter « les petites mains du capital » comme les uniques maîtres du jeu, capables de briser le cercle de la crise. Ce faisant, elle contribuera à leur réappropriation de notre lutte pour la libération de la liberté. Ainsi serons-nous mis au rang des enfants ne pouvant mûrir que sous l’odeur du père. Le reste ira comme sur les roulettes : laisser aux pères les soins d’organiser nos vies et notre marché.

Saurons-nous comprendre, dans un sursaut d’orgueil, qu’il va de notre responsabilité historique, politique et éthique d’aller jusqu’au bout du processus enclenché sous l’une des dictatures les plus féroces de l’histoire? Saurons-nous comprendre que nous avons besoin d’un réarmement spirituel, intellectuel, politique et éthique pour continuer à lutter contre la falsification de l’histoire orchestrée par les parrains de nos rébellions par leurs poulains interposés. Le défi est là : continuer à faire, à n’importe quel prix, du devenir démocratique du Congo une affaire prioritairement congolo-congolaise. Des études historiques fondamentales, des échanges au niveau des collectifs d’auto-support, des cercles d’étude des organisations de la société civile veillant à l’éveil constante de la conscience de notre peuple, des sites congolais de discussion et de partage d’expériences (sur Internet), des sociétés de la pensée de la diaspora, etc. sont plus qu’indispensables à l’avenir de notre pays. Nous avons tout intérêt à consolider notre victoire contre la dictature mobutienne et des autres falsificateurs de l’histoire en contribuant en solo ou en groupe à l’offensive de la pensée, de l’expression et de l’action. Dans cette lutte, « la capacité du citoyen de se mêler de ce qui ne le regarde pas doit être réduite; c’est de loin préférable pour les puissants. Plus un sujet paraît lointain, abstrait, inhumain, mieux c’est. L’ignorance, c’est le pain bénit pour les néo-libéraux. Un citoyen informé est dangereux. » La promotion des débats contradictoires devrait être inscrit à l’ordre du jour des médias gagnés à la cause de la libération de la liberté chez nous. Il nous évite de croire trop facilement et trop rapidement en notre impuissance politique et intellectuelle. Il y a peine quelques sept ans que nos avons renversé la dictature mobutienne. Qu’on ne vienne pas nous raconter des histoires! N’oublions surtout pas que « la démocratie est un combat permanent. Elle ne vit que si on la fait vivre. Quand les citoyennes et les citoyens oublient la vigilance démocratique, s’en remettent à d’autres pour garantir la défense des droits, la démocratie s’efface devant la forces des intérêts particuliers. C’est pour chacun et chacune d’entre nous, notre part de responsabilité. » L’entretien de notre mémoire historique reste aussi une arme efficace dans cette lutte. L’histoire nous apprend que nous devons notre existence à notre résistance. Prenons un exemple : notre marche du 16/02/1992 avait contribué à la réouverture de la conférence nationale souveraine. C’est signe que les stratégies des maîtres de l’univers et de leurs poulains perdent de leur efficacité face à des citoyennes et citoyens décidés à s’approprier l’histoire de leur pays et à l’écrire sans procuration. Nous avons réussi dans le passé. Nous réussirons dans l’avenir. Malgré la longueur de la nuit.

J.-P. Mbelu

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Revised: December 21, 2005 .