P. E. Lumumba, heros national

 
 

 

La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux

Menu

Choix de l'Editeur

 
Web congolite.com

Mondialisation marchande : le néo-libéralisme est un fondamentalisme (suite et fin)

29 mars 2007 - Le silence de certains parrains patentés de la démocrature congolaise après le nombre élevé de nos morts (de trop) à Kinshasa le 22 et le 23 mars) est un signe qui ne trompe pas. S’ils ne s’en moquent pas, il est possible qu’ils se soient rendus compte que tromper tout un peuple et le monde entier à tout moment est une entreprise délicate. En effet, à travers une instrumentalisation odieuse des médias, ils ont essayé, après le deuxième tour de la présidentielle, de convaincre le monde entier que le Congo était devenu une démocratie malgré tous les signes visibles et palpables du noyautage du processus de démocratisation du pays par un réseau d’oligarques prédateurs, chiens de garde de l’ordre néo-libéral déshumanisant.

Heureusement, les langues se délient de plus en plus pour fustiger ‘le brouillage’ dans lequel ce processus vicieux et vicié a plongé les majorités de nos populations éprises de paix! Mardi matin, commentant l’actualité congolaise et présentant son livre (Les faiseurs de paix) au cours d’une émission matinale de la RTBF (Questions publiques), un professeur émérite belge, Jean-Claude Willame, en réponse à une question du journaliste sur la dureté du ton adopté (dans ce livre) sur les élections organisées au Congo, a dit ceci : « Les élections n’étaient pas un brouillage en tant que tel. C’était le fait qu’il n’y en avait plus que pour les élections. Ces élections ont été un exploit technique remarquable, elles ont abouti à quoi … et là je suis en désaccord avec le commissaire Louis Michel, ces élections ont abouti à une tentative de clarification du paysage politique, rien de plus. Ces élections selon moi, n’ont pas abouti à la révolution démocratique dont nous parle Louis Michel. » Dans cette même émission, « un spécialiste belge du Congo », Bob Kabamba, n’est pas passé par quatre chemins pour affirmer que la garde présidentielle estimée à 14 à 15.000 éléments disséminés à travers toutes les provinces du Congo posait un problème (sécuritaire) au pays. Cela d’autant plus qu’elle n’obéit qu’au seul commandement de Joseph Kabila.

Disons que cette mascarade électorale a réussi à rouler tout un peuple dans la farine en remettant sur pied un pouvoir autocratique rebelle aux valeurs démocratiques, laquais de l’ordre néo-libéral du monde et ayant continuellement recours à la corruption et à la violence pour acheter les consciences et mater les navigateurs à contre-courant. Les derniers morts de Kinshasa allongeant la liste de nos plus de 4.000.000 de victimes de la guerre de prédation rwando-burundo-ougandaise et de nos centaines de membres de Bundu dia Kongo sont l’une des innombrables preuves de l’instauration d’une dictature sanguinaire au bout d’un processus au cours duquel la place de choix accordée au dieu-argent avait fini par reléguer à l’arrière-plan toutes les règles de bon sens, de négociation et de dialogue.

Vide éthique et système insécurisant

En effet, à plusieurs reprises, les appels à un dialogue franc et sincère entre les protagonistes de la scène politique congolaise pouvant réajuster le tir tout au long du parcours chaotique chapeauté par les argentiers de la communauté dite internationale ont été tournés en dérision. L’unique priorité était les élections libres, transparentes et démocratiques, eu égard aux sommes d’argent qui y étaient investies. Tous les appels au bon sens face au vide éthique qui devenait de plus en plus béant au fur et à mesure que l’étape finale de la mascarade électorale approchait sont restés sans réponse de la part de ceux et celles qui, par la rationalisation de la politique, veulent en faire une question technique sans assises morales et éthiques. Donc, éthiquement, ce qui n’a pas été semé pendant la transition n’a pas pu être récolté à l’étape finale du processus et au seuil de la troisième République. Une relecture de la grande interview donnée par Jean-Pierre Bemba à la presse congolaise serait un exercice intéressant à ce sujet.

Répondant par exemple à une question sur les prétentions du nouveau gouvernement de combattre la corruption, il avoue : « Je ne voudrais pas dire qu’il n’y avait pas de corruption pendant la transition, mais le niveau atteint aujourd’hui dépasse tout entendement. Pendant ces trois mois, la corruption a atteint le sommet de l’Etat. L’argent sort pour acheter la conscience des politiciens. Vous vous rappellerez ce qui est arrivé lors des élections des sénateurs et gouverneurs de province. L’argent est sorti de la Banque centrale pour acheter les hommes politiques. Les preuves existent. Je ne crois pas en leurs intentions sur la lutte contre la corruption au regard de ce qui se passe. La corruption a atteint le sommet de l’Etat. » Ici l’insistance de certains parrains des oligarques congolais au pouvoir sur le fait que l’aide à accorder au nouveau gouvernement congolais doit se passer de toute conditionnalité s’expliquerait. Ils savent que leurs laquais se vautrent dans la corruption dont les dividendes pourraient être partagées…

Et quand, dans leur conférence de presse tenue à Kinshasa sur les tristes événements du 22 et 23/03, les ambassadeurs occidentaux condamnent l’usage prématuré et inadapté de la force de la part des autorités du Congo pendant que les négociations avec Jean-Pierre Bemba étaient encore en cours, ils s’arrêtent à mi-parcours : ils refusent d’avouer que Kabila est un récidiviste. Au mois d’août de l’année passée, il a attaqué la résidence de Jean-Pierre Bemba à l’arme lourde pendant que certains d’entre eux (13) échangeaient avec ce dernier. Le jeune président du Congo a horreur du dialogue et de la négociation. Il a horreur de faire de la politique. Boxeur, il est pour « la militarisation » et « la sécuritarisation » de la vie publique. Quand il avoue que la question qui se posait à Kinshasa était « sécuritaire » et non « politique » et que son règlement devait passer par l’usage de la force brute, il exclut la sécurité du champ politique entendu comme lieu public où les gouvernants et le peuple se livrent à l’art de négocier le devenir commun à partir des différentes sphères rationalisées de la vie commune. Donc, il y a la politique comme l’une des sphères de la vie commune au même titre que la sécurité, la justice, le droit, l’économie, etc. Et La politique comme art de la gestion de la cité, de la res publica. C’est justement cet art qui est aujourd’hui corrodé par l’entrée en politique, au Congo, des conglomérats d’aventuriers et des membres des réseaux maffieux et prédateurs, avec ceci comme conséquence : la fabrication d’un système de la gestion de le res publica donnant accès à « la mangeoire » pour les oligarques maffieux et prédateurs mais insécurisant pour le petit peuple. (Celui-ci n’y comprend pas grand-chose.)

C’est désormais un secret de polichinelle : Joseph Kabila a une garde personnelle évaluée à plus de 14.000 éléments éparpillés à travers tout le pays et n’obéissant qu’à lui. En plus de « cette milice », les militaires congolais armés sèment la terreur à travers tout le pays. Les différents rapports de la Monuc ont souligné à plusieurs reprises l’implication des militaires dans la violation des droits humains. Lors de derniers événements malheureux de Kinshasa, cette « milice » a pillé comme les autres militaires. Ils sont tous logés à la même enseigne. (Une garde dite républicaine qui pille?) L’une des causes de cette situation a été dévoilée par l’interview de Jean-Pierre Bemba : l’enrichissement illicite des autorités militaires du pays et leur reconduction aux postes de commande dans l’armée; sans que justice soit faite. L’exemple de l’actuel chef d’Etat major se passe de tout commentaire.

« En ce qui concerne le chef d’Etat major (…) son travail, ainsi que je lui ai répété à trois reprises au Conseil supérieur de la défense, c’est d’encadrer les militaires. A trois reprises, avoue Jean-Pierre Bemba, je lui ai demandé de nous donner la situation de 500 millions Fc résiduels chaque mois sur l’enveloppe de la solde militaire. Au début de la transition, il nous avait dit qu’il y avait 350 mille militaires et à la fin 117 mille après le contrôle. Avec ces chiffres, il ressortait de mes calculs que sur les 2 milliards 800 millions de FC qu’on débloquait pour la solde des militaires, il se dégageait un bonus de 500 millions de FC qui n’étaient pas retournés au trésor. En présence d’autres vice-présidents de la République, de tout l’état major et du président de la République, il n’ pas su me répondre. Et moi de lui signifier que c’est un détournement. »

Dans ce système criminogène, la recherche des boucs émissaires est monnaie courante. La complicité entre les oligarques prédateurs gérant ce système est un poison. Souvent, le petit peuple n’y comprend pas grand-chose. Ils voient des maisons pousser comme des champignons et les 4X4 abonder là où l’insécurité et la misère surabondent. Il a continuellement les militaires impayés, sous-payés et/ou incontrôlés à ses trousses le soir; et le matin, il est invité à ramasser les miettes chez les « yaya » généraux et autres excellences pour payer « son transport ». Et pour le clochardiser culturellement et mentalement, les médiasmensonges, véhicules de la pensée unique des « faiseurs de paix », lui commentent les matches de football, les derniers disques de Wenge Musica ou lui présentent des théâtres-bidons, bons pour l’inciter à rire ou confier sa cause au Ciel. Voilà comment fonctionnent plus ou moins les mécanismes de crétinisation et d’imbécilisation de tout un peuple. De temps en temps, pour brouiller les voies de cette crétinisation, une guerre est programmée et un bouc émissaire vite trouvé. Bemba en a fait les frais.

Rompre les chaînes de ce système criminogène aurait été possible avec une justice indépendante jouant efficacement son rôle de troisième pouvoir. Hélas! « (…) dans notre pays, dit Bemba, il n’y a pas justice. » Pour preuve, les rapports d’audits qu’il avait jadis exigés sur la gestion des mandataires des entreprises publiques au Procureur général de la République n’ont pas abouti à des résultats concluants. Beaucoup d’entre eux, pris la main dans le sac, n’ont jamais été arrêtés. « Les rapports d’audit ont été envoyés au Procureur général de la République, affirme Bemba. Qu’en a-t-il fait? Il s’est assis dessus. »

Disons que ce système fonctionnant en réseau a des membres à tous les niveaux de la gestion de la chose publique. Il est organisé de façon que ses membres se protègent mutuellement. Fondé sur le vide éthique, l’enrichissement illicite et la maffia, il doit sa force à son organisation interne efficace. « L’intrus » l’ayant pénétré de l’intérieur devait être, à tout prix, l’homme à abattre.

Il n’est pas étonnant qu’ une bonne partie du peuple pour lequel cet « intrus » croit lutter ne réussisse pas à dire autre chose sur lui que ce que les médiasmensonges lui racontent : Bemba est un traître, un ex-rebelle, un impulsif à mettre hors d’état d’agir. Enfermée dans un système criminogène où l’attrait de « la mangeoire » fait des émules, appauvrie matériellement, mentalement et imaginairement, une bonne partie de nos populations ne réussira pas à opérer certains transferts mentaux indispensables à « une insurrection des consciences » ayant le bonheur collectif comme horizon. Si elle pouvait procéder autrement…

Une autre façon de faire

Fanatique d’une logique à deux termes (ou bien…ou bien…), de « de deux choses l’une », nous mettrons du temps à passer à cette autre logique de « et…et… ». Celle-ci nous aurait permis de revenir sur les propos de celui que plusieurs d’entre nous considèrent désormais comme « un impulsif » à abattre. Nous aurions réfléchi en nous disant que Jean-Pierre Bemba peut être « un impulsif » et cracher certaines vérités. Cette autre façon de l’approcher nous aurait permis de revenir sur les questions essentielles posées par son interview. L’Assemblée nationale reviendrait par exemple sur les différents audits organisés pendant la transition et sur les rapports rédigés là-dessus. La question de « la dette odieuse » serait d’actualité. Elle exigerait que la justice se charge d’établir la responsabilité des gestionnaires de l’armée et « détourneurs » dans la violation des droits humains et dans le pillage du patrimoine commun. L’Assemblée nationale traiterait du statut de la milice de Kabila et de son brassage. Ce jeune président « récidiviste » serait traduit en justice et mis hors d’état de nuire. Car à plusieurs reprises, il a prouvé qu’il a une grave capacité de nuisance.

Des familles congolaises dont les filles et filles ont été victimes directes de ce système criminogène (à l’Est du pays, au Bas-Congo et à Kinshasa) mis sur pied par les oligarques prédateurs et leurs réseaux constitueraient, avec « le petit reste » de compatriotes épris de justice paix, des « collectifs-plus-jamais-ça » afin de lutter sans désemparer contre la consolidation de la culture de la violence au Congo. Des collectifs de ceux et celles dont les terres sont en train d’être spoliées se constitueraient aussi pour éviter que demain, nous soyons des errants à travers le monde, victimes impotentes de notre bêtise et de « l’évangile du tout marché ».

Il est déjà encourageant que les quinze ambassadeurs occidentaux, dans leur conférence de presse tenue d’hier (le 27/03/2007) à Kinshasa, aient condamné, dans le chef des autorités gouvernementales et plus précisément dans celui de Joseph Kabila, un usage disproportionné et non indiqué de la force dans les derniers événements. Mais une question demeure : « Pourquoi ont-ils attendu si longtemps pour parler alors que tous les signaux d’un processus démocratique sans lendemain et mortifère étaient présents à ses débuts »?

De toutes les façons, c’est à nous congolais (es) qu’il appartient de nous organiser pour analyser, en profondeur, les mécanismes générateurs de notre obscurantisme, de violence mortifère afin de mettre en place des stratégies d’autodéfense. A ce point nommé, une action pédagogique allant dans le sens de la conscientisation est nécessaire mais insuffisante. Un engagement, à partir et avec les autres, dans des collectifs qui soient des trajets d’apprentissage et de maîtrise des savoirs pouvant nous aider à (re) conquérir les stratégies et les recettes à même de soutenir notre attention contre tout retour de la violence brute générée par un pouvoir autocratique et à nous préserver de la perte de notre dignité humaine, s’impose. Si nous ne nous engageons pas dans cette lutte pour notre survie et notre vie comme peuple, les autres ne le ferons pas à notre place et nous disparaîtrons de la face de la terre. Seuls survivent et vivent, les peuples qui savent choisir leurs alliés, qui résistent et luttent. Bien des parrains du dernier ‘brouillage démocratique’ au Congo ne mérite plus notre confiance.

J.-P. Mbelu

Archives

 

Accueil
Nouvelles
Economie
Musique
Sports
Culture
Editos

 

Institutions
Constitution
Forum
Signez le Livre d'Or
Documents
Biographies
Petites annonces

  Click here for eBay.ca Motors!

Liens
Avis/Suggestions
Initiatives congolaises
Poster un article
Cours de change
Archives
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique
 Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions
 | Initiatives | Sondages | biographies | EditosRecherche | A propos de nous | Contacts  

"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)

Copyright © 2002-2003 Congolité.com. All rights reserved.
Revised: March 29, 2007