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La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
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Que cache les « huis clos » des institutions de la Troisième République? (suite et fin) 21 juin 2007 - Juste après le deuxième tour de l'élection présidentielle, des voix d'une certaine classe politique se sont élevées pour demander que la page du passé de notre pays soit tournée. C’était sans compter avec « les aigris », « les sceptiques », « les ascètes du provisoire », « les empêcheurs de penser en rond » et les autres « veilleurs-protecteurs de la mémoire historique » de nos populations convaincus que rien de neuf n’allait naître sous le soleil d’un Congo pris en otage par des hommes et femmes liges, valets du nouveau désordre mondial de la prédation. Aujourd’hui où toutes les questions engageant notre devenir commun sont traités à « huis clos », les esprits congolais lucides comprennent qu’il n’y a pas d’entreprise aussi mortifère que de vouloir tourner rapidement la page d’un passé de misère, de vol, de viol, de corruption et d’achat des consciences sans la questionner. Pourquoi cette propension au « huis clos » pour des questions d’intérêt général? Même pour les contrats léonins? Que signifie traiter une question « à huis clos »? Traiter une question « à huis clos », c’est la traiter « toutes les portes fermées; sans que le public soit admis ». Et ceux qui se souviennent de l’étude menée sur le pillage des richesses du Congo par une ONG hollandaise NIZA savent que cette étude était intitulée ‘L’Etat contre le peuple’. Donc, un Etat (manqué) s’étant dressé contre son peuple ne peut que l’exclure de l’analyse des questions prouvant sa complicité dans la vente du pays et de ses richesses aux étrangers. Si nous faisons allusion à cette étude, c’est parce que l’une de ses recommandations proposait une discussion des conclusions de la Commission Lutundula à l’Assemblée nationale de la transition et souhaitait que le résultat du débat soit versé sur la place publique. Ceux et celles d’entre nous qui n’ont pas encore tourné la page de notre passé récent savent que le président de l’Assemblée nationale de la transition, l’actuel ministre du plan, avait programmé la discussion du rapport de la Commission Lutundula au sein de cet hémicycle avant qu’il ne soit débauché par la Majorité dressée contre le peuple. Le comble est que le président de ladite Commission a lui aussi accepté le débauchage. Il fait désormais partie de l’AMP. A n’en pas douter, ce revirement de l’actuel ministre du plan et du député Lutundula n’est pas innocent. Olivier Kamitatu, s’il s’en souvient encore, avait promis des révélations tonitruantes sur les contrats léonins. Christophe Lutundula avait palpé la réalité d’un Etat travaillant contre son propre peuple. Ces deux compatriotes devenaient dangereux pour l’Etat géré majoritairement par les nouveaux prédateurs. Les récupérer a permis à cet Etat de remettre aux calendes grecques son interpellation par un peuple pillé, volé, violé et paupérisé à souhait. Mais cela n’est que partie remise. Du moment que les documents existent, la nuit peut être longue mais le jour finira par poindre à l’horizon. (Nous ne savons pas comment ces deux débauchés arrivent à se mirer dans leur glace chaque matin avant d’aller au bureau!) Nous ne le dirons jamais assez. Le grand ennemi de notre peuple est l’attentisme. Comment peut-il attendre d’un gouvernement auquel participe un Olivier Kamitatu débauché par un pouvoir kabiliste dressé contre lui et d’une Assemblée nationale où Christophe Lutundula siège comme vice-président un examen sérieux des contrats léonins? Ce type de congolais ne travaillera jamais pour le bonheur collectif partagé. Ils ont pour dieu leur ventre et c’est fini. Il nous faut créer et recréer des nouvelles dynamiques. C’est là que l’annonce d’un Forum Social Congolais au cours de ce mois de juin mobilise tant d’espoir, eu égard à la qualité et à l’expérience de certains intervenants. Il constituerait un premier pas dans la prise en charge du peuple congolais par lui-même. Les Congolais (es) de la base peuvent, à ce Forum, partager la riche expérience d’un altermondialiste d’une valeur inestimable comme le Chanoine François Houtart ou de ce congolais averti qui s’appelle Victor Nzuzi. Ces deux messieurs (avec un grand M) savent mieux de quoi doit être fait le bonheur partagé pour le monde de demain. Au Congo, il nous serait salutaire de laisser « leurs excellences » à leurs « huis clos » et nous ruer vers cette nouvelle donne pour en exploiter toutes les potentialités. François Houtart et Victor Nzuzi savent que le schéma que les gouvernants actuels du Congo proposent à notre peuple n’est qu’une reproduction du modèle ultra-libéral fabricateur de la crétinisation, de l’imbécilisation, de la misère et de la pauvreté de nos populations. Pour preuve, le ministre près le premier ministre a affirmé dans une récente conférence de presse que l’avenir du Congo est dans la privatisation. Pour Victor Nzuzi et François Houtart, la privatisation, la libéralisation et la déréglementation sont les versets de l’évangile de la pensée unique telle qu’elle est formatée par le Consensus de Washington. Ils savent que « le huis clos » et d’autres subterfuges ne servent qu’à marginaliser l’encombrante opinion publique. Ils savent que les réformes néo-libérales servent à mettre l’Etat au service de ceux qui savent que la puissance de certains Etats (manqués) du monde est liée au vol organisé des ressources stratégiques des autres peuples avec la complicité des hommes et femmes liges. L’accès des dictatures privées (les multinationales) aux ressources du Congo sert ce dessein inavoué. Revoir les contrats léonins serait leur couper de l’herbe sous les pieds. N’oublions pas que « l’un des thèmes dominants est de restreindre le champ politique en transférant les décisions à des dictatures privées qui ne rendent compte à personne. Une méthode pour y parvenir est la privatisation, qui retire à la population toute influence potentielle sur la politique de l’entité privatisée. » (N. CHOMSKY, Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Paris, Fayard, p.295). « Les huis clos » sont les subterfuges utilisés par les gouvernants d’ un Etat (manqué) dressé contre son peuple pour contribuer à la fabrication de la puissance pour certains petits Etats occidentaux et le renforcement de la même puissance pour les grands Etats ‘voyous’. C’est un exercice favori des « esclaves volontaires ». Dans ce contexte, il est facile de comprendre la lutte menée par l’actuel ministre de la presse, de la communication et de l’information pour avoir la mainmise sur les médias congolais (cfr F. MULUMBA KABUAYI, Les professionnels des médias piégés par le ministre Toussaint Tshilombo. La liberté de la presse en péril, dans Le Potentiel du 20 juin 2007) Heureusement que notre pays a encore des dignes fils et des journalistes de la trempe de Mulumba Kabuayi, de Ben-Clet Kankonde, de Jean Nsaka wa Nsaka, de Kenge Mukengeshayi ou de Benoît Kambere pour contrer les exploits maléfiques de ces serviteurs du ventre! Mais, si le prochain Forum Social Congolais peut faire de tout notre peuple l’artisan de sa destinée, le Congo amorcerait un tournant décisif dans le chambardement de l’ordre de notre monde fondé sur un désordre ultra-libéral envahissant. Il deviendrait réellement un Brésil ou un Venezuela de demain. Telle est notre prière! J.-P. Mbelu |
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Revised: June 25, 2007