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La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
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La Rdc serait dirigée par un gouvernement irresponsable 6 octobre 2007 - Une étude sérieuse de tous les accords signés à gauche et à droite par le pouvoir actuel à Kinshasa prouve que presque tous le sont contre le peuple congolais. Toutes les institutions du pays sont infiltrées par les réseaux mafieux de prédation depuis la guerre de l'AFDL. Un vent favorable nous a fait parvenir la dernière intervention au Sénat de Vincent de Paul Lunda-Bululu sur le projet d'accord sur l'exploitation et la production des hydrocarbures dans une zone commune entre le Congo et l'Angola. Son analyse témoigne que le Congo est dirigé par un gouvernement irresponsable. Certaines organisations de la société civile du Nord et du Sud ont compris que notre salut commun viendra des interstices créés pour penser ensemble notre devenir commun! Tel est le cas du CADTM Belgique (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde). La semaine du 17 au 23 septembre, ce Comité a organisé une étude au cours de laquelle il devait tenter de baliser les voies pouvant permettre aux Congolais de profiter des ressources minières de leur pays. Il partait d'un constat amer : "Dire que la République Démocratique du Congo (RDC) est un scandale géologique n'est un secret pour personne. En effet, ses richesses naturelles, en particulier dans le secteur miner devraient en faire un des pays les plus riches du monde. Or, l'immense majorité des Congolais n'en bénéficie pas à cause, notamment, des politiques imposées par les institutions financières internationales qui servent directement les intérêts des transnationales dont une des plus connues est le groupe belge Forrest dont certains investissements ont été garantis par le Ducroire (l'Office public de garantie des exportations des entreprises belges à l'étranger). Il soulignait aussi que "le budget pour l'exercice 2007 promulgué par le président Kabila, le 7 juillet 2007, démontre clairement le pillage des richesses naturelles en raison de la faiblesse des recettes douanières et des taxes prévues sur le commerce et les industries, reflétant les accords léonins conclus notamment dans le secteur minier." (Ceux et celles d'entre nous ayant suivi la représentante de Global Witness ce matin (03 octobre 2007) sur la Radio France Internationale auront appris que les autorités congolaises haut placées participent à la contrebande des nos matières premières.) Et pourquoi les IFI imposent-elles au Congo des mesures d'austérité au point de lui conseiller un budget de misère? Le Congo doit payer sa dette odieuse. "La dette extérieure publique de la RDC qui justifie ces mesures d'austérité budgétaire (réduction des budgets sociaux, suppression des subventions aux produits de première nécessité, privatisations, ouverture des frontières et une fiscalité qui aggraves les inégalités) s'élève à 10 milliards de dollars, représentant des arriérés sur la dette illégitime de la période Mobutu". Fort de ce constat amer, cette organisation pluriculturelle et multinationale exige que "d'autres actions soient entreprises immédiatement par les autorités belges et congolaises pour mettre fin à ce pillage et rétablir la souveraineté du peuple congolais sur les ressources naturelles de son pays". Elle doute de l'aboutissement heureux de la revisitation des contrats miniers telle que prévue par la Commission mise sur pied par le gouvernement congolais. Comme l'affirme Global Witness ces jours-ci, cette Commission pose le problème de la transparence dans la mesure où le Parlement et la société civile n'y sont pas suffisamment représentés et ils y jouent le simple rôle d'observateurs. Les liens existants entre les consultants de cette Commission et les transnationales parties aux contrats examinés enfoncent le clou du doute. Le nombre limité des contrats concernés par la revisitation et la faiblesse de l'appareil judiciaire congolais poussent le CADTM à faire des recommandations conséquentes. Il voudrait par exemple : "Que les recommandations du rapport Lutundula soient reprises par le parlement et donnent lieu à un large débat public et que le gouvernement prenne des décisions pour rendre justes et équitables tous les contrats miniers; Que le gouvernement congolais révise et abroge les contrats léonins qui violent l'article 56 de la Constitution congolais; Que les autorités belges s'impliquent activement dans le travail des experts des Nations unies, afin de mener sans délai devant les juridictions belges suspectées d'avoir violé les résolutions 1533/2004 du Conseil de Sécurité des Nations Unies; Que les autorités belges continuent à garantir l'indépendance du procès engagé contre le groupe Forrest et le Ducroire dont la prochaine audience aura lieu le 26 septembre 2007." L'étude ayant abouti à ces recommandations n'arrive pas à dire comment rendre effective leur mise en pratique. Comment par exemple un gouvernement dont les membres et les alliés sont impliqués dans la contrebande et dans la signature des contrats léonins pourrait-il faciliter leur juste revisitation? Comment un gouvernement ayant opté pour le manque de transparence et "les huit-clos", dans un pays où la faiblesse de la justice se passe de tout commentaire pourrait-il accepté qu'un débat public soit organisé sur ses forfaits sans qu'il ne s'y sente forcé? Il serait donc de la responsabilité des multinationales de la justice solidaire comme le CADTM de penser à mener des pressions sur le pouvoir en place à Kinshasa pour le forcer à rendre les contrats léonins justes et équitables. Même si, à notre humble avis, croire que les hommes au pouvoir à Kinshasa peuvent s'engager sur la voie d'une justice juste profitant à la majorité des Congolais (es) paraît être un beau rêve à abandonner. Pourquoi? Ce sont des prédateurs récidivistes impénitents, à quelques exceptions près. Pour cause. En mettant sur pied la Commission pour la revisitation des contrats léonins, ils avaient pris l'engagement de ne plus signer d'autres accords jusqu'au jour où toute la lumière serait faite là-dessus. Dans l'entretemps, ils ont signé des accords avec la Chine et avec l'un ou l'autre pays africain dont l'Angola et l'Ouganda. Ils sont en train de solliciter l'accord du parlement pour continuer à créer avec les pays voisins des zones d'intérêt commun sans qu'ils soient en mesure de défendre les intérêts du peuple congolais. Il suffit de lire la dernière intervention du Sénateur Vincent de Paul Lunda-Bululu au Sénat lors de la présentation du projet sur l'accord de l'exploitation et la production des hydrocarbures par le Congo et l'Angola pour s'en convaincre. II. Projet d'accord sur l'exploitation et la production des hydrocarbures par le Congo et l'Angola L'examen minutieux de ce projet tel qu'il a été fait par le Sénateur Lunda-Bululu révèle que la violation des textes des lois, la précipitation, l'amateurisme et le déficit épistémologique sont les caractéristiques de la plupart des hommes au pouvoir à Kinshasa depuis l'avènement de l'AFDL jusqu'à ce jour. Le projet d'accord proposé à la lecture du Sénat " a été signé dans la précipitation sans que l'on sache pourquoi". Aussi, constate Lunda-Bululu, "l'option levée par les deux gouvernements de transiter par un arrangement provisoire avant de procéder à la délimitation (de la zone d'intérêt commun), ne respecte pas l'article 83. Car les pays voisins ne peuvent recourir à un ou plusieurs arrangements en attendant la délimitation que si conformément au paragraphe 2 de cet article " ils ne parviennent pas à un accord dans un délai raisonnable". Or, nous savons tous qu'il n'y a jamais eu un début de négociation en vue de déterminer latéralement le plateau continental, ni pendant la période coloniale, ni depuis l'indépendance." La culture des arrangements est en train de s'installer au Congo au grand dam du peuple Congolais. Les arrangements dédouanent les gouvernants congolais de l'effort d'étude scientifique préalable à la signature des accords. Dans ce cas précis de la détermination de la zone d'intérêt commun entre le Congo et l'Angola, "le gouvernement, à en croire Vincent de Paul, ne s'est pas soucié de connaître l'emplacement exact de la zone d'intérêt commun, ni la superficie de celle-ci (…)" Il y a anguille sous roche! "Cet accord laisse entendre que le gouvernement congolais cherche à couvrir des empiètements du pays voisin sur notre plateau continental". C'est un accord qui rappelle Kahemba. "Comble de malheur, s'exclame Vincent de Paul! Que dis-je, poursuit-il, comble d'irresponsabilité! On veut que nous indemnisions un pays qui a violé nos droits souverains sur le plateau continental! Il en vient à poser la question de savoir si "autoriser la ratification d'un tel accord ne reviendrait-il pas à abandonner les intérêts du peuple congolais au profit d'un pays étranger? Ne reviendrait-il pas à trahir le peuple congolais?" Ce gouvernement de traîtres pousse son audace très loin en demandant au Sénat de "lui délivrer un chèque en blanc puisqu'il vise, grâce à notre loi d'autorisation de ratification à être habilité, une fois pour toutes, à procéder à la création d'autres zones d'intérêt commun (…)". Il exige ce chèque en blanc du Sénat sans qu'il ne dispose des données fiables et précises d'appréciation, sans qu'il indique les termes de référence! Comble d'ignorance, de déficit épistémologique et de navigation à vue, "le gouvernement de la République veut conclure un engagement international dont il ignore le contenu; il ne connaît pas l'emplacement de la future zone, l'étendue de celle-ci, les réserves en hydrocarbures et nodules de cette dernière, les hydrocarbures déjà exploitées sur cette zone". Il se pourrait que la majorité des députés de la mouvance gouvernementale ratifie cet accord au détriment du "petit reste" ayant infiltré les institutions de la troisième République. N'empêche que nous puissions nous prévaloir de l'avantage d'avoir "ce petit reste" capable de nous mettre au courant des coups bas préparés contre les intérêts de notre peuple. Il nous permet d'organiser notre résistance citoyenne à partir des études menées sur fond des données internes aux institutions dominées par les nouveaux prédateurs. (A suivre) J.-P. Mbelu |
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Revised: October 08, 2007