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La Rdc serait dirigée par un gouvernement irresponsable (suite et fin)

08 octobre  2007 - En terminant la première partie de cet article, nous étions plus ou moins sûr que le projet d'accord d'exploitation du pétrole dans la zone dite commune entre l'Angola et le Congo (RD) allait être ratifié. Nous écrivions justement ceci : " Il se pourrait que la majorité des députés de la mouvance gouvernementale ratifie cet accord au détriment du "petit reste" ayant infiltré les institutions de la troisième République. N'empêche que nous puissions nous prévaloir de l'avantage d'avoir "ce petit reste" capable de nous mettre au courant des coups bas préparés contre les intérêts de notre peuple. Il nous permet d'organiser notre résistance citoyenne à partir des études menées sur fond des données internes aux institutions dominées par les nouveaux prédateurs". Ces études nous révèlent qu'en plus de l'intervention de Vincent de Paul Lunda-Bululu, un autre Sénateur, le grand chef de Bashilange, Kalamba Wafuana s'est dit désolé en remarquant que ses collègues ratifiaient un accord sans disposer des informations adéquates. En effet, ce Sénateur "s'était époumoné à démontrer au ministre des hydrocarbures et à ses collègues qu'il n'était pas bien indiqué d'adopter à l'heure qu'il est, un projet de loi sur une matière aussi sensible (…) sans que l'on ait déterminé le plateau continental où se trouverait la fameuse zone maritime d'intérêt commun, afin qu'on sache qui a quoi, qui apporte quoi." (G. KADIMA, Parlement : des lois votées dans la confusion et l'opacité. Le Sénat boude, puis adopte trois projets de loi controversés, dans Le Phare du 03 octobre 2007). Le chef de Bashilange a assimilé la précipitation avec laquelle cet accord a été ratifié à "une arnaque".

Mais dans quelles conditions cette ratification a-t-elle eu lieu? Dans une atmosphère de fatigue totale! "C'est à croire que les heureux représentants du peuple seraient fatigués pour ne pas consacrer assez de temps à l'examen de ce certaines matières, alors qu'ils en sont encore à moins de 12 mois d'une législature de cinq ans". Au lieu de se soucier de l'intérêt collectif en étant méticuleux dans l'examen et l'adoption des projets de loi soumis à leur appréciation et approbation, "l'impression qui se dégage du dernier vote en date de deux chambres réunies est que les membres qui les composent sont comme fatigués, au point de procéder au vote pratiquement les yeux fermés, dans la confusion et l'opacité la plus totale, là où les intérêts de toute une nation sont en jeu et où l'opinion nationale devrait être prise en compte". (Ibidem)

Pouvait-il en être autrement? Non. Pour cause. La mascarade électorale a été conçue en fonction de ce qui est en train de se passer maintenant : "la consécration de la démocratie du marché". Pour dire les choses autrement, l'ouverture du Congo à l'économie mondialisée de la prédation. Avoir une majorité au Parlement devait permettre au pouvoir en place à Kinshasa d'appliquer le schéma que ses parrains estiment être l'issue à la déstabilisation du Congo. C'est-à-dire permettre aux pays voisins du Congo et par ricochet aux multi et transnationales d'avoir accès à ses richesses du sol et du sous-sol. L'opposition institutionnelle minorée criera à temps et à contretemps. Elle n'empêchera pas au pouvoir de Kinshasa d'aller jusqu'au bout de ce schéma. Le Parlement, dans majorité (quantitative) lui sert et lui servira toujours de caisse de résonance.

Envahir 'les multinationales de la justice solidaire'

Il devient de plus en plus clair que notre devenir commun ne se joue plus dans les institutions actuelles; si nous le voulons autre. En dehors du fait que le Parlement n'est que la caisse de résonance des nouveaux prédateurs de Kinshasa, la qualité d'un bon nombre "des élus du peuple" laisse trop à désirer. Dans une apostrophe intitulé'Sacrifice', voici la description qu'en donnait Ben-Clet du Le Potentiel : "Elus par le peuple ou nommés par le prince, tous développent la culture et le culte de l'égocentrisme. Un égocentrisme pathologique. Sorcier. C'est ce lugubre reflet que projettent d'eux les parlementaires siégeant actuellement au Sénat et à l'Assemblée nationale. Comme leurs prédécesseurs au soi-disant Parlement de la transition, anti-démocratiquement nommés par des ordonnances présidentielles nuitamment négociées, députés et sénateurs, réellement élus pour la première législature de la troisième République, démontrent qu'ils ont les mêmes réflexes prédateurs et parasites que les premiers" (BEN-CLET, Apostrophe : sacrifice, dans Le Potentiel du 28 septembre 2007. Nous soulignons). Face à constat d'un "égoïsme politiquement puéril", Ben-Clet estimait que "le peuple (congolais) doit se tourner ailleurs".

En effet, en examinant la liste des organisations de notre société civile ayant signé la "Déclaration des organisations de la société civile du Nord et de République démocratique du Congo pour l'adoption de mesures concrètes par les autorités belges et congolaises" (cfr www.cadtm.org du 28 septembre 2007), il y a lieu de croire qu'une bonne partie de notre peuple a compris qu'il devait se tourner ailleurs. C'est-à-dire constituer des coalitions locales capables d'envahir'les multinationales de la justice solidaire', ces interstices où se mènent en commun les luttes pour l'autodétermination des peuples du Nord et du Sud.

'Le petit reste'de nos frères et sœurs ayant pris le risque d'infiltrer les réseaux mafieux des nouveaux prédateurs au somment de l'Etat-manqué congolais feraient œuvre utile en restant constamment connectés sur ces'multinationales'et autres mouvements de résistance congolais. Pourquoi? Derrière les pays voisins, les accords et les contrats léonins sont tapis'les multinationales de la sorcellerie capitaliste'dévorant les cœurs et les esprits de leurs "petites mains" du Nord comme celles du Sud. Ces'cosmocrates'ne peuvent pas être vaincus (uniquement) à partir des petits Parlements nationaux où les dignes fils et filles de nos pays sont minoritaires. A une prédation multinationale, il faut opposer une lutte à la fois locale et multinationale. Seule une pareille lutte est à même d'en venir à bout de l'ordre politique congolais actuel.

Les médias congolais alternatifs ayant compris la noblesse et la grandeur de cette lutte ont aussi intérêt à vivre de l'interconnexion. Les mouvements congolais de résistance peinent encore à initier ces interstices où le patriotisme se moque des différences des points de vue dans la lecture des enjeux géopolitiques et géostratégiques de notre pays sur l'échiquier mondial. Sur ce point, il y a encore du boulot.

J.-P. Mbelu

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Revised: October 09, 2007