P. E. Lumumba, heros national

 
 

 

La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux

Menu

Choix de l'Editeur

 
Web congolite.com

La capacité d'analyse géopolitique et géostratégique de certains médias et professeurs

02 novembre  2007 - La dernière visite de Joseph Kabila aux U.S.A. nous a permis d'évaluer la capacité d'analyse géopolitique et géostratégique de certains journalistes congolais et la qualité de certains professeurs de nos universités ayant choisi "la manducratie immédiatiste" comme mode de vie. La plupart de ces analyses n'indiquaient pas les circonstances politico-historiques ayant urgé ce voyage. Certains de nos professeurs d'université ont lu en la visite de Joseph Kabila aux U.S.A. la reconnaissance par G. W. Bush de la démocratie congolaise initiée par "le raïs" et le désir de Washington d'accompagner les efforts de sécurisation de l'Est de notre pays. En dehors des textes assez fouillés publiés sur les sites de l'Apareco, de Congoindependant et de Congoone, la lecture de "Le carnet de C. Braeckman" situe mieux cette visite dans son contexte géopolitique. Au sujet du voyage de Joseph Kabila, Colette Braeckman note : " Les deux guerres, la négociation, l'interminable transition, les élections démocratiques n'auraient donc été que les premiers actes. Cette fois, alors que l'on croyait la pièce terminée, le rideau se lève à nouveau, et on a le sentiment que les vrais acteurs, qui se tenaient jusque là dans les coulisses, entre enfin en scène, à visage découvert." (Le carnet de C. Braeckman : le dernier acte se joue à Washington, dans www.congoforum du 29 octobre 2007. Nous soulignons) Mais pour quoi faire? Certainement pas pour promouvoir la démocratie! Pour rappel, avant que la guerre n'éclate au Congo en 1996-1997, aux U.S.A. " les esprits se sont préparés à l'avènement d'une relève et même un éclatement du pays. Des scénarios de partition sont évoqués au Pentagone où l'on semble se résigner à leur inéluctabilité. Dans un célèbre rapport intitulé'Reform, Conflit and Security in Zaïre', publié en juin 1996, le professeur Steven Metz, de l'US Army War College, préconisait qu'au cas où une telle "désintégration" du pays se produisait, "les Etats-Unis n'auraient pratiquement pas d'autre choix que d'accepter tous les Etats nouveaux qui émergeraient du Zaïre"" (M.-F. CROS et F. MISSER, Géopolitique du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe, 2006, p.111) (Ce projet est intégré dans la Constitution de Liège appliquée au Congo. Il est repris par les projets de lois sur la décentralisation fantaisiste sur lesquels les débats sont organisés à l'Assemblée Nationale.) Donc, quand C. Braeckman parle de "vrais acteurs" restés longtemps tapis dans "les coulisses" de notre histoire mouvementée et tourmentée, elle retouche du doigt le nœud de l'équation congolaise. Contrairement à "nos professeurs d'université" mentant à travers nos médias en affirmant que les Etats-Unis ne peuvent accueillir chez eux que les présidents des pays démocratiques, Colette Braeckman déniche dans "la montée en puissance de Nkunda, (et dans) la publicité dont il bénéficie en Occident, (…) l'expression d'un rappel à l'ordre adressé au président Kabila." Pourquoi? "Ces grands acteurs se sentent frustrés par l'irruption du nouveau venu qu'est la Chine." Au lieu de crier victoire comme le font nos médias et nos professeurs d'université, Colette Braeckman reste prudente. Elle écrit : " Les jours à venir diront si le président a réussi à convaincre ses interlocuteurs occidentaux du fait que dans son vaste pays aux innombrables richesses, il y a place pour tout le monde ou s'il risque d'être sanctionné par rebelles interposés pour avoir exercé, comme son père avant lui, un certain "devoir d'ingratitude" (…)"

Le projet de la partition du pays

Nous ne le dirons jamais assez. Le temps qui passe risque de plonger notre mémoire collective dans l'amnésie. Beaucoup de nos fils et filles courent ce risque. Les professeurs d'université compris. "Les médias coupagistes" congolais aidant. Le projet de la partition du Congo est un vieux rêve des multinationales des pays dits puissants et riches, voulant s'emparer de ce qu'ils ont appelé, au soir de la vie politique de Mobutu, "le Zaïre utile". Ce projet fait partie du rêve américain de redessiner la carte du monde à l'aune des intérêts économiques et géostratégiques des Etats-Unis. Prenons un exemple. En chambardant les frontières des pays du Proche-Orient, les U.S.A. travaillent à l'émergence de groupes ethnico-religieux sans base nationale commune. "Cette réduction de la région à une mosaïque de "minorités" domine toute la politique américaine; elle pousse chacun à s'identifier à sa communauté, au détriment de toute appartenance nationale (ou autre), ébranle l'intégrité des Etats et débouche sur des conflits sans fin (…). Elle encourage aussi toutes les ingérences étrangères, régionales et internationales, chacun manipulant les acteurs locaux au profit de ses intérêts propres." (A. GRESH, Des frontières chamboulées par la guerre américaine, dans Le Monde diplomatique, Novembre 2007, p.17) Alain Gresh indique, par exemple, que "durant le premier mandat du président Bush, les néoconservateurs n'hésitaient pas à prôner une stratégie d'"instabilité constructive" au Proche-Orient" (Ibidem). Et citant Mme Rice parlant cyniquement de la guerre de l'été 2006, il note : "Ce que nous voyons ici, affirmait Mme Rice, ce sont les douleurs de l'enfantement d'un nouveau Moyen-Orient et, quoi que nous fassions, nous devons être sûrs que nous oeuvrons pour aller de l'avant vers ce nouveau Moyen-Orient (…)." (Ibidem) Dans l'imaginaire cynique de certains gouvernants américains, "l'instabilité" créée par les guerres (et non la démocratie) est "constructive". Ignorants de cette stratégie, nos médias et nos professeurs d'université veulent nous convaincre, sans faits et témoignages historiques parlant d'eux-mêmes, que les U.S.A. soutiendront Joseph Kabila dans la recherche de la sécurité à l'Est de notre pays! Ignorance, quand tu nous tiens derrière les parapluies de nos diplômes et nos titres académiques, tu imbécillises!

Cet "intrus" qu'est la Chine!

Nos journalistes et professeurs d'université estiment qu'il suffit d'affirmer que le Congo peut ouvrir ses marchés à qui il veut comme le font les Occidentaux pour nous convaincre de la justesse des contrats signés avec la Chine. La partialité de cette lecture économiciste des relations géostratégiques telles qu'elles se tissent aujourd'hui à travers le monde est un handicap sérieux dans la compréhension de la question congolo-chinoise. Après la transition et les élections financées par l'Occident, bénéficier du soutien de la Monuc financée par les U.S.A. et ouvrir ses marchés à la Chine tout en faisant fi du fait que "les Etats-Unis ne se réjouissent pas particulièrement de l'intégration économique en Asie du Nord-Est." (N. CHOMSKY, La doctrine des bonnes intentions, Paris, Fayard, 2006, p.61), c'est jouer avec le feu. Pourquoi? Parce qu'"ensemble, les pays d'Asie du Nord-Est pèsent près d'un tiers du PIB mondial, nettement plus que les Etats-Unis, et possèdent près de la moitié des réserves de change mondiales. La région dispose de moyens financiers gigantesques. (…) Son commerce interne augmente, et, sur ce plan-là, la région se connecte avec les pays d'Asie du Sud-Est pour constituer ce qu'on appelle parfois "ASEAN + 3", les pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud." (Ibidem, p. 60) La partialité de la lecture économiciste de nos médias et professeurs d'université des contrats signés avec la Chine met entre parenthèse cette réalité : "Les trois grands blocs (Etats-Unis, Europe, Japon) mènent la guerre chaude, froide, tiède, contre les peuples du tiers-monde. Mais ils se font aussi la guerre entre eux pour savoir qui va dominer le monde et ses richesses. La guerre économique bien sûr. Mais aussi la guerre politique et, dans certains conditions, militaire. Quand le rapport de forces change entre les grandes puissances, quand une superpuissance veut en remplacer une autre, ou simplement la priver de l'accès à certaines matières stratégiques, cela se règle aussi par la violence." (M. COLLON, Bush le cyclone, Bruxelles, Oser dire, p.20-21) Les Etats-Unis et l'Europe pourraient, malgré leurs doctrines des bonnes intentions, réglaient, par la violence, le "devoir d'ingratitude" manifesté par Joseph Kabila. Les analyses de nos médias et de nos professeurs d'université sur la dernière visite de Joseph Kabila aux U.S.A. passent à côté de cette éventualité. Croyant naïvement à la protection dont les dictateurs pouvaient bénéficier auprès des U.S.A. pendant la guerre dite froide, ils n'arrivent pas à se faire à l'idée que l'accès aux matières premières stratégiques est au cœur des guerres tièdes et chaudes que ces "grandes puissances" se mènent aujourd'hui. La plupart de nos journalistes et professeurs d'université donnent l'impression (de ne pas connaître ou) de n'avoir rien compris aux "trois grands impératifs géostratégiques" des Etats-Unis que Zbigniew, conseiller à la Sécurité nationale de Jimmy Carter définissait en ces termes : " éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l'état de dépendance que justifie leur sécurité; cultiver la docilité des sujets protégés; empêcher les barbares de former des alliances offensives" (N. CHOMSKY, O. C., p. 61). La Chine et l'ASEAN l'ont compris. L'Europe est en train de le comprendre en retravaillant à son traité de constitution européen. L'Amérique Latine l'a compris et la plupart de ses pays ont coupé le cordon ombilical avec l'Occident thanatophobe. L'Afrique centrale se fourvoie, traînée dans la médiocrité par des gouvernants dont le cynisme, le degré de vassalisation, l'incompétence, l'amateurisme et la navigation à vue sont les caractéristiques dominantes. Muselant les médias, ils ont réussi à avoir un journalisme à leur image et à leur ressemblance. Au Congo (RD), certains professeurs d'université, médiocres conseillers de Mobutu hier, reviennent sur le devant de la scène "manducratique" pour conduire "le raïs" vers sa "sortie déshonorable". Ils brandissent leurs titres académiques comme arguments-massues pour couvrir leur ignorance de grands enjeux géostratégiques de l'heure et la partialité de leurs analyses géopolitiques. Heureusement, "le petit reste ne dort ni ne sommeille". Rompu dans le travail de l'analyse et de la recherche, il ne cessera de mettre à la disposition des dignes filles et fils du Congo ses réflexions suffisamment outillées et les sources auxquelles il s'abreuve pour conjurer la descente de notre pays en enfer. Il ne se laissera pas prendre aux pièges de l'injure facile de ces professeurs d'université qui estiment que tous ses luttants sont "sortis de la cuisse de Jupiter". De toutes les façons, ce "petit reste" ne les laissera plus en paix; il ne dira plus jamais "amen" aux élucubrations universitaires fondées sur l'argument d'autorité ayant pour toute prémisse : " Le professeur d'université, le docteur Lambda, a parlé". Non. "Le petit reste" n'arrêtera de leur demander de fournir "leurs sources". La part des professeurs d'université dans notre calvaire actuel les ayant décrédibilisés. "Le petit reste" exercera son devoir de mémoire pour que leur permanence et/ou leur retour sur la scène politique du pays soit fondé sur un débat argumenté et non sur les actes de foi du genre "le professeur a parlé dites amen". Il ne cessera de leur dire : "Messieurs les professeurs, retournez à vos études. Sur les Etats-Unis, lisez les américains Noam Chomsky et Joseph E. Stiglitz ou le Belge Michel Collon, vous comprendrez mieux les choses. Si vous ne lisez pas et que vous vous contentez de brandir vos titres académiques comme argument-massue, vous me trouverez sur votre route. Sans peur et sans faveur!"

J.-P. Mbelu

Archives

 

Accueil
Nouvelles
Economie
Musique
Sports
Culture
Editos

 

Institutions
Constitution
Forum
Signez le Livre d'Or
Documents
Biographies
Petites annonces

 

Liens
Avis/Suggestions
Initiatives congolaises
Poster un article
Cours de change
Archives
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique
 Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions
 | Initiatives | Sondages | biographies | EditosRecherche | A propos de nous | Contacts  

"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)

Copyright © 2002-2003 Congolité.com. All rights reserved.
Revised: November 06, 2007