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Fidèle à la tradition prophétique, l’église rompt avec la langue de bois 04 mai 2006 - Héritière de la tradition prophétique et du franc-parler de son maître Jésus-Emmanuel, l’église catholique du Congo, à travers ses pasteurs-éveilleurs, rompt régulièrement avec la langue de bois pour appeler le chat par son nom sans porter des gants. En plus de ses lettres pastorales, la conférence épiscopale du Congo fait souvent un usage judicieux de l’espace public en l’arrachant du monologue des politicailleurs congolais et de leurs valets pour dire une parole de vérité. Son franc-parler comme toute parole prophétique dérange. Le contraire aurait étonné. Quand le Cardinal Frédéric Etsou fait « allusion à ces étrangers qui nous dirigent et nous divisent », il dit à haute voix ce que maints congolais murmurent tout bas. Quand le président de la conférence épiscopale du Congo avoue que « ce n’est un secret pour personne que, depuis bientôt 10 ans, le pouvoir et le gouvernement de notre pays ont été assujettis à des gouvernements étrangers, de sorte que le centre des décisions politiques et socio-économiques de la Républiques démocratique (Rdc) se trouve en dehors de notre pays » et estime qu’ » il est temps que ce centre des décisions des institutions et spécialement celles du gouvernement de la Rdc soit à l’intérieur du pays », il ne se livre pas à une entreprise populiste. Il assume sa responsabilité de pasteur et de sentinelle du peuple de Dieu tourné en dérision par « les méchants loups ». D’où l’invitation qu’il lance à ce peuple de rester vigilant et procéder à « un choix judicieux et responsable des hommes politiques appelés à diriger les institutions de notre pays » afin qu’il jouisse de son indépendance et de sa souveraineté. Quand l’église catholique rompt avec la langue de bois, il y a des pleurs et des grincements des dents dans le camp des hommes et femmes liges, « petites mains » des pouvoirs obscurs et des autres maffieux étrangers. Ils ne savent plus où donner de la tête. Ils crient à la xénophobie, à la peur des élections, à la fatigue que les négociations réduites aux « conciliabules » provoquent chez le peuple imaginaire. Quand l’église catholique rompt avec la langue de bois, les hommes et femmes liges, prisonniers des « gens de l’économie » sentent qu’il y a des écailles qui tombent aussitôt de leurs yeux. Ils se rendent tout de suite à l’évidence que tous les congolais ne sont pas bêtes, qu’ils ne se laissent pas tous enfermer dans le BMW (beer, money, women). Ils cherchent alors à prouver la congolité de « leurs bailleurs de fonds » et fossoyeurs de la res publica par la biologie alors que les faits têtus disent le contraire. L’engendrement biologique n’est plus un argument convainquant eu égard au gâchis perpétré par les nouveaux prédateurs. Tenez. Comment les congolais dignes de ce nom peuvent avoir des milices privées et les soustraire au brassage de l’armée pendant qu’à Rutshuru, au Katanga, en Ituri et à l’Equateur, les fils et filles de notre peuple sont en proie à des massacres, à des viols et pillages? Comment les congolais dignes de ce nom peuvent-ils décider de déplacer un officier aguerri dans l’art de la résistance comme Mbuza Mabe du front de tous les dangers pour le placer là où le pays n’a pas besoin de ses services? Comment les congolais dignes de ce nom peuvent-ils accepter que leurs milices privées se livrent à des démonstrations de force en pleine capitale pendant que l’est du pays est à la merci des mercenaires étrangers? Ces faits et beaucoup d’autres ont fini par rendre beaucoup de nos compatriotes sceptiques sur la congolité de ceux et celles qui président provisoirement à nos destinées. Fils et filles de leurs pères congolais ou pas, ils n’ont pas su prouver par les actes qu’ils aiment leur pays et leurs compatriotes; ils ont trahi leur congolité vraie ou supposée par des actes ignobles les disqualifiant. Franc-parler ou xénophobie? Le franc-parler des certains responsables de l’église est un signal fort. Il est un signe avant-coureur de tout un mouvement pour l’avancement solidaire initié et entretenu par les dignes fils et filles du Congo prêts au sacrifice pour lutter avec acharnement et de façon idéaliste contre l’humiliation et la honte que leur infligent « les capitalistes mondialistes » et leurs valets nationaux et internationaux. Cette lutte prendra du temps avant qu’elle commence à porter du bon fruit. Mais elle est déclenchée et elle ne connaîtra pas de répit. Sa visée à court terme : avoir un congolais de souche et digne à la tête du pays. N’en déplaise aux hommes et femmes liges, ennemis du patriotisme. Avoir un congolais de souche et digne à la tête de notre scandale géologique, un congolais sur qui ne pèse aucun soupçon, nous permettra d’organiser notre espace vital de manière ouverte de façon que nos voisins désireux de vivre chez nous y viennent au grand jour; et non pas par la fenêtre en tuant les mwami, les intellectuels et autres activistes de la société civile nuitamment pour occuper la terre de nos ancêtres comme ils le font à Rutshuru par exemple. Que cela soit appeler xénophobie ou peur de l’étranger, nous nous en foutons. Eva Morales est-il xénophobe en nationalisant l’exploitation du gaz en Bolivie? Les belges sont-ils xénophobes quand la Wallonie face à une Flandre menaçante appelle à la solidarité entre francophone? Les Etats-Unis sont-ils xénophobes en pratiquant le patriotisme économique? « Nos experts en xénophobie » devraient apprendre de Wittgenstein ce que signifie « la limite de ma langue est la limite de mon monde ». Sont-ils jamais allés un jour, dans leur corps et dans leur tête, un plus loin qu’à Kinshasa? Les xénophobes ne sont pas toujours les autres…Nous avons été dirigés depuis bientôt 10 ans de l’extérieur. C’est en assez! Il est beaucoup plus facile de critiquer « le discours populiste » de l’église que de prouver le contraire dans les faits. Comment pouvons-nous expliquer les tâtonnements de la Commission Electorale, ses non-respects des pseudo-lois du pays et ses décisions unilatérales sans un soutien d’une main extérieure (prétendument toute-puissante) des donneurs des leçons de la démocratie? Tout le long du parcours, il a été difficile à cette commission de respecter les multiples calendriers qu’elle-même a proposés au peuple. Elle est passée spécialiste en navigations à vue et en mendicité. Comment pouvons-nous avoir confiance en une telle commission? Ce n’est pas un recours sélectif à la constitution qui lui rendra la crédibilité dont elle ne jouit plus auprès de plusieurs d’entre nous. Le comble est qu’elle trouve toujours des justifications d’ordre logistique à opposer aux compatriotes lui demandant des preuves de sa bonne foi. Elle juge opportun de justifier matériellement la prolongation de la transition et se réfugie dans le juridisme quand les questions d’ordre politique lui sont posées. Dans l’entendement de ses chefs, il convient de prolonger d’un mois la tenue des élections pour des raisons techniques et pas de quinze jours pour négocier politiquement le passage du 30/06 au 30/07. Là, ils vous disent que tout a été réglé par la constitution de la IIIème république déjà applicable aux institutions de la transition. Et quand la messe de l’Abbé Malu Malu est dite, tous les congolais doivent dire amen sous peine d’être traité de xénophobes et d’électionphobes. Est-ce normal que toute critique, toute remise en question du processus électoral en cours soit vite assimilée à la xénophobie ou à l’électionphobie? Cette question vaut-il la peine d’être posée dans un pays que les mangeurs voudraient prendre en otage? Ont-ils encore le sens de l’anormalité et de la normalité dans cette course au festin dont ils estiment être les invités de choix? Ils finiront par déchanter. Bulwalwa mbutambe mpulumba … « Kabeya Ngonga » a rejoint les luttants et les résistants interconnectés; la première victoire pointe à l’horizon.
J.-P. Mbelu |
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Revised: May 05, 2006
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