P. E. Lumumba, heros national


Membre de Click-FR®, Réseau francophone Paie-Par-Click
 

 

La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux

Menu

Music

 
Web congolite.com

12 octobre 1989-12 octobre 2004: hommage à Franco Luambo, Grand Maître

12 octobre - Né le 6 juillet 1938 dans le village de Sona-Bata à 80 km de Kinshasa d'un père Tetela et d'une mère Kongo, François Luambo, celui qui deviendra plus tard un mythe sous le nom de Franco Luambo de mi amor, abandonne le chemin de l'école à 10 ans, alors au niveau intermédiaire de l'école primaire, quelque peu après la mort de son père. C'est presqu'à cet age qu'il découvre la musique en jouant de l'harmonica dans la rue, près de sa mère, vendeuse de beignets. A 11 ans Il fait connaissance de Ebengo Isenge Dewayon, un artiste musicien de renom, à l'époque, qui lui apprend la guitare. Il chante alors, tapant sur des bidons, grattant une guitare bricolée, résultat : les passants s'arrêtent, écoutent et repartent avec des beignets. Comme le petit Luambo se débrouille bien, il est intégré au sein du groupe Birkunda, qui anime des fêtes familiales et veillées funéraires dans la capitale. Un jour Dewayon présente François Luambo au Grec Papadimitriou propriétaire des éditions Loningisa, pour le compte duquel il enregistrait avec le groupe Watama, un orchestre des jeunes du quartier "Far West". L'affaire sera conclu pour le futur "Maître Franco" qui, à 15 ans enregistre sa première chanson «Bolingo na ngaï Béatrice», avec le concours de Bowané. Mais le succès ne fait long feu car, le contrat sera rompu un ans plus tard pour cause d'indiscipline. Il monte un groupe avec l'appui des musiciens dont certains sont originaire de Brazzaville, de l'autre coté. Le groupe de Franco se trouve un nouvel employeur en la personne de Omer Kashama, propriétaire d'un des dancings-bar à la mode, l'OK Bar (aussi appelé Chez Cassien). En juin 1956, l'OK Jazz voit le jour. "OK" comme Orchestre Kinois ou comme Omer Kashama. "Jazz" en référence à la musique noire américaine alors en vogue en Europe et en Afrique. Reprenant la sonorité "hawaïenne" de la guitare introduite par Zacharie Elenga, alias Jimmy, et dans le sillage du guitariste Tino Barosa, Franco fait du pachangué, un mélange de patchanga et de meringué. Puis il accélère progressivement la rumba, tout en l'enrichissant d'éléments traditionnels du terroir. Le succès est fulgurant, mais la naïveté gâche les efforts de ces jeunes et les bonnes choses ne durent guère. En 1957, l’orchestre connaît une scission, les Congolais de l'autre rive, J. Serge Essous, Landu Rossignol quittent Franco pour créer le Rock-A-Mambo, mais deux de leur compatriotes vont rejoindre Franco: Célestin Nkouka et Edo Nganga. Leur présence redonne du tonus à l’orchestre Omer Kashama-Jazz. Ils vont enregistrer trois chansons qui marqueront cette époque : «Aimé ya bolingo», «Joséphine», et «Motema na ngai epai ya mama». Mais en 1958, Franco est arrêté par les autorités coloniales. Ses amis de l'autre rive profitent de ce temps pour regagner Brazzaville. Là-bas Nkouka Célestin, Edo Nganga sont rejoints par Nino Malapaté, J.S. Essous pour monter l’orchestre Bantous de la capitale. A Léopoldville où il a recouvré sa liberté, Franco retrouve Vicky Longomba qui lui était resté fidèle, pour procéder au recrutement de nouveaux musiciens. Il invente alors le style qui sera sa marque et fait encore danser aujourd'hui l'Afrique et sa diaspora. Dans les chansons de l'OK Jazz, l'amour est dès le début un leitmotiv. Les femmes craquent donc par bataillons entiers pour le groupe, surnommé jusqu'en 1960, "l'Orchestre des jeunes filles". Après l'indépendance, le cercle des fans s'agrandit. De nombreux fêtards traversent le fleuve pour venir de Brazza à Kin où les nuits sont réputées plus agitées. En 1965, l'année où il sort l'un de ses titres historiques ("Ngai Marie n'zoto"), les huissiers saisissent une partie du matériel pour payer les créanciers. Franco va-t-il jeter l'éponge? La réponse arrive un soir au Vis-à-Vis, le dancing-bar le plus couru à Matonge, ce fameux quartier de Kin où la fête ne s'arrête jamais. Franco y présente son nouveau groupe, le TP OK Jazz (Tout Puissant OK Jazz), avec qui il va lancer un nouveau rythme, à partir de la rumba, le bouché. Pour écouter le TP OK Jazz à cette époque, il suffit d'aller à 1, 2, 3 son immeuble de Kasavubu, lieu où il est de bon ton de montrer qu'on a de l'argent ou que l'on sait faire "comme si". Franco enchaîne encore de nouveaux tubes : "Jalousie à bas", "Polo le chipeur", et autres "Misèle". L'arrivée de Sam Mangwana et Mpudi Youlou dans le groupe après le départ de Vicky Longomba, va être suivie par une évolution du style musical. Franco développe le "sébéné", un long discours à la guitare après le premier couplet. Ce sera très vite la formule adoptée par tous les groupes, une astuce efficace pour permettre au guitariste leader d'exhiber sa virtuosité en matière d'improvisation. En 1975, le chanteur Ndombe Opetun rejoint cette équipe qui gagne, systématiquement élue Meilleur orchestre zaïrois de l'année. Si le succès est là, la route n'en est pas moins semée d'embûches et assombrie parfois de quelques nuages. Une tournée camerounaise déficitaire va mettre à mal les finances, puis Franco en 78 se retrouve en prison après qu'un ministre se soit senti attaqué par les textes de deux chansons, "Hélène" et "Jackie". La main sur le coeur, il jure qu'il ne fallait voir aucun double sens dans ce qu'il a écrit. La grâce présidentielle le libère au bout d'un mois. Luambo Makiadi dans sa chanson «Princesse Kikou» pleine de sous-entendus, libère toutes ses émotions accumulées depuis son arrestation. Il ne s'arrête pas là, car décidé à traquer l'un après l'autre, ceux qu’il considère comme lui voulant du mal. Et des pamphlets tombent comme s’il en pleuvait sous des titres tels que «Loboko» et «Babotoli yo tonga». En 1980, il reçoit le titre de "Grand Maître de la musique moderne zaïroise" qu'il partage avec Pépé Kalé. En 1982, en route pour la Belgique, avec la ferme intention de se lancer dans de grands projets. Déjà à l'origine des Editions Likembé (fondées en 1969) et des Editions populaires, qui pressent les disques du TP OK Jazz, en 1983, il crée le label Choc Choc, enregistre un album, puis entame une tournée à travers l'Europe et les Etats-Unis. En 1984, retour au pays. Le maréchal Mobutu le fait rappeler, sentant que pour la campagne présidentielle, Franco pourrait être un faire-valoir efficace. On oublie les menus reproches, les malentendus passés. Le musicien réhabilité enregistre un album faisant l'éloge de "Tata M", largement distribué ensuite dans tout Kinshasa. Franco revient donc aux affaires, chez lui. Il ouvre un complexe de distractions, enregistre plusieurs albums dans lesquels il montre ses talents de chroniqueur de la vie sociale et glisse des messages utiles, par exemple "Mario" (1985) où il se moque des gigolos et "Attention Na Sida" (1987), à propos du sida, dans lequel il pointe l'attitude des Etats-Unis et de l'Europe qui désigneraient selon lui l'Afrique responsable de ce fléau. Au cours d'une tournée européenne, alors que son état de santé se dégrade, il enregistre en 1989 un album avec Sam Mangwana. Ce sera son dernier éclat musical. Il meurt quelques mois plus tard. Plus d'un million de personnes assisteront à ses obsèques à Kinshasa. En disparaissant à cinquante et un ans, Franco laisse derrière lui un testament de 150 albums. "Je suis le seul musicien africain à avoir exercé mon métier trente ans durant sans me détacher de l'orchestre que j'ai créé, ni du style qui fait le cachet du groupe. J'en suis fier et je remercie le Bon Dieu de m'avoir donné une vie aussi remplie" déclarait-il. Avec la disparition de Franco le 12 octobre 1989, c'est une page immense de l'histoire de la musique moderne du continent africain qui se tourne.

(SOURCE: LE POTENTIEL ET RFI)

 

Accueil
Nouvelles
Economie
Musique
Sports
Culture
Editos

 

Institutions
Constitution
Forum
Signez le Livre d'Or
Documents
Biographies
Petites annonces
Liens
Avis/Suggestions
Initiatives congolaises
Poster un article
Cours de change
Archives
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique
 Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions
 | Initiatives | Sondages | biographies | EditosRecherche | A propos de nous | Contacts  

"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)

Copyright © 2002-2003 Congolité.com. All rights reserved.
Revised: January 09, 2008