P. E. Lumumba, heros national

   

 

La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux

Menu

Music

 
Web congolite.com

Hommage à Kisangani Djeinga "Le Prince Espérant"

28 janvier 2005 - Décédé le 12 février 1995, suite à une longue maladie à l’âge de 43 ans, le Prince Espérant...na Shakara, une voix intarissable, intangible, voix brillante, à vocalises aisées, bref, un puissant chanteur, n’a pas tellement d’héritiers. Djeinga K, c’est toute une richesse artistique, qui entonnait une chanson sans que les guitaristes ne lui donnent la gamme. Une performance non négligeable. Il fut l’un des rares chanteurs à avoir dominé les instruments, attiré les oreilles, forcé l’attention et suscité le mouvement. Il fut un grand musicien Nous regrettons ses belles paroles et le style imagé qu’il utilisait dans ses chansons ainsi que son orchestration. Il avait redoublé d’effort afin de mériter la confiance que ses nombreux fans et sympathisants plaçaient en lui. Il a mérité des éloges pour ses compositions fouillées. 
Par sa personnalité artistique, il avait imposé ses chansons sur le marché et surtout sans promotion aucune. Parmi les plus belles et les plus mémorables, on citerait volontiers : « Ngambo », « Antale », « Beloti », « Tête africaine », « Péché mortel », « Fleur K » (Mbonwana), «Autopsie Beloti», «Seringue», «Sainte Amelo», «Linkoy», «Constatation», «Mosinzo», «Ilabelo»,etc. Dans ses chansons, on retient plus les belles paroles que les titres. Il créait un monde imaginaire, surnaturel qui reflétait partiellement ou entièrement le monde réel dans lequel il vivait. Chanteur de charme au vrai sens du mot, Espérant n’avait jamais compris le choix du milieu le plus favorable pour son épanouissement. Son style convenait pour évoluer aux côtés des grands comme Tabu Ley, Mayaula, Sam Mangwana, parce que dans ses chansons, on sentait le style Afrisa et le style festival des Maquisards.

PARCOURS

Tout en étant élève à l’athénée de Kalina, Espérant avait débuté la musique dans le Map’s avec Flory Muibu (bassiste), les frères Lutula, Eugène (chanteur et basiste) et Packy (accompagnateur), Bobabo William,Ikomo Djodjo, Evoloko Anto, Gina Efonge (chanteurs), Monoko Minos (soliste). Après le départ pour l’Europe du fondateur Flory en 1969, Packy devint soliste et fonda, avec son frère Eugène, Djoboke (chanteur) et Prince Espérant Kisangani, l’orchestre le Tabou National, le seul groupe jeune qui gênait Zaïko Langa-Langa et qui a tenu ce dernier en échec en 1972 à l’Athénée de la Gombe. C’est la raison pour laquelle Bimi avait quitté Zaïko, tout en restant chanteur. Il y était avec, outre les fondateurs Djodjo Ikomo, Goy, Paul Popolipo (Beniko), l’accompagnateur, Flavien Makabi (bassiste) et feu Johnny Vuanzi (drumeur) et bien sûr André Bimi. 
En 1973, il est enrôlé dans l’Afrisam par Pépé Ndombe Opetun. Une année après ; il quitte ce dernier et ne fera plus partie d’un orchestre. Verckys Kiamwangana l’intègre dans son studio pour accompagner les groupes Kiam, Lipua Lipua et Vévé, lors des enregistrements. En janvier 1977, Shungu Wembadio monte l’orchestre Viva la Musica. Il appelle Espérant pour le soutenir. Ce dernier appelle Packy Lutula, qui refusa, parce qu’il doutait de l’avenir de Viva la masica. Dix mois plus tard, il monte Karawa Musica avec Jadot le Cambodgien, Julva Liguagua et Bipoli na fulu. Karawa ne fera pas long feu, et il retourna chez Papa Wemba en 1978. 
Trois ans plus tard en septembre 1981, Kester Emeneya, Espérant Kisangani, Dindo Yogo et Djanana quittent Viva la Musica. A leur tour, Evoloko, Bozi et Djo Mali quittent Zaïko Langa Langa. Ils fondent l’orchestre Langa Langa Stars en octobre 1981. Verkys qui les met en selle les appellent les six patrons. Eux, ils préfèrent s’appeler « Ba croix rouge ». Ils viennent, pensent-ils, sauver la musique zaïroise, mal en point. Cette présomption est symptomatique du malaise que connaît, en effet, la musique dans ce pays. Kester Emeneya qui doit faire partie du groupe est écarté pour deux raisons. La première est d’ordre psychologique. Il n’apprécie pas qu’Evoloko ait refusé de l’intégrer en qualité de patron alors que ceux avec qui il a claqué la porte de Viva la Musica sont parmi les six patrons. 
Au fond, le refus de Evoloko s’explique par un ancien contentieux. Avant d’intégrer Viva la Musica, Kester frappe à la porte de Isifi Lokole. Mais le recrutement dans ce que Evoloko appelle l’institut de la musique zaïroise est assujetti à un test. Celui de kester réalisé par Célé Célio n’est pas concluant. C’est ainsi que Kester rejoint Viva la musica. Il accumule le succès dès le départ avec notamment «Ata Nkale» et «Ndako ya ndele». Evoloko est surpris. Il demande à Célé Célio de récupérer ce «prodige» qu’il a laissé filer. Trop tard. Kester a réussi à entrer dans les bonnes grâces de Wemba après le départ de Kisangani Espérant, Bipoli et Jadot le cambodgien pour l’orchestre Karawa Musica et celui de Petit Aziza qui va poursuivre ses études en Europe. L’avalanche de chansons à succès en fait un élément incontournable de Viva la Musica.

DJEINGA EN EUROPE…

En 1983, Espérant Kisangani prétextant une maladie, retrouve Kiazola, sa fiancée, à Bruxelles, en Belgique où il s’installe. Il compose, en 1984, « Seringue » et « Bokila ». C’est le délire chez tous les mélomanes. Entre-temps, il accompagne Koffi Olomide dans ses premiers enregistrements à Bruxelles et chante avec lui la chanson « Dunia map…ya mbuzi ». Espérant fut un amoureux, un éducateur sentimental, chroniqueur social et moraliste. Des chansons aussi tendres que pleines de maturité. Il fut une véritable machine à tubes. Avec la finesse dans l’expression, il s’est fait comprendre et il a joué d’une large audience auprès du public. C’est la raison pour laquelle on l’appelait « le prophète». Parce qu’il philosophait en mémorisant et en critiquant sévèrement les maux qui rongeaient la société comme en son temps le prophète Amos. 
En 1986, il lance le maxi 45 tours « Nakundola ba zabolo » qui comprend deux titres : « Constatation » et « Affaire Linkoy». Son œuvre « Constatation » a récolté un succès méritant. Dans cette chanson, Espérant Kisangani cristallise les mœurs, la pensée, l’esprit, voire de la mentalité des Kinois d’une certaine société à une époque précise qui est la nôtre. Ici, la musique est considérée comme un langage de l’homme, de la société entière. « Constatation » est une œuvre musicale où Djeinga K a réalisé un excellent travail, le contenu est objectif et reflète la réalité kinoise d’une période précise. Il voulait l’évolution de l’individu et de la société kinoise dans un temps donné, en un lieu précis qui nous intéresse et qui constitue notre préoccupation. 
Cette chanson renferme un dynamisme de la mentalité de l’homme kinois de notre époque que le chansonnier voulait changeant. Ses œuvres « Seringue », « Affaire Linkoy », « Constatation » et « Mosinzo » reposent sur un fond social et culturel avant de s’appuyer sur la vie musicale, et à la communication. Et nous comprenons que notre musique est un phénomène social, particulièrement urbain. Ces œuvres pénètrent la profondeur de l’être humain, pour que ce dernier connaisse et comprenne davantage la société dans laquelle il vit et évolue. Nous comprenons dès lors le rôle que peut joué le contenu de la chanson en tant que véhicule de la culture. 
Une année après en 1987, Espérant largue l’album « Incarnation » qui comprend les chansons « Genèse », « Malou la première », « Sainte Amelo », « Anzia » et « Bana Sambo » (Hommage à Langa Langa Stars). Après les concerts des retrouvailles de Langa Langa Stars, il rentre à Bruxelles et monte l’orchestre « Les Mikilistes ». Le groupe se composait de lui, Espérant, Joly Mubiala, Makolin le géant, Nosky et Djodjo Sengo au chant, Diedos à la guitare solo, Assani à la guitare rythmique, Jean-Baptiste à la guitare basse et Mille baguettes à la batterie. 
En 1989, il accompagne Modogo dans l’album « Place Vendôme » et Maray Maray dans l’album « Moni mambu ». En 1993, deux ans avant sa mort, Espérant largue son dernier album « Que Viva la fiesta ». C’était la fête et aussi sa dernière fête de la chanson. Rentré au pays très malade en janvier 1995, Espérant nous quittera quelques semaines plus tard.

Jeannot ne Nzau Dio (Par Le Potentiel)

 

Accueil
Nouvelles
Economie
Musique
Sports
Culture
Editos

 

Institutions
Constitution
Forum
Signez le Livre d'Or
Documents
Biographies
Petites annonces
Liens
Avis/Suggestions
Initiatives congolaises
Poster un article
Cours de change
Archives
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique
 Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions
 | Initiatives | Sondages | biographies | EditosRecherche | A propos de nous | Contacts  

"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)

Copyright © 2002-2003 Congolité.com. All rights reserved.
Revised: August 13, 2006