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Hommage à Vicky Longomba Besange Lokuli 21 mars 2005 - Si on demandait à un jeune d’aujourd’hui, de savoir les noms de meilleures voix de la musique congolaise moderne, le jeune homme ne citerait pas Victor Longomba Besange Lokuli dit Vicky. Simplement, parce qu’il ne se produisait plus avant sa mort. Il avait une voix… Une de ces voix dites angéliques, don qui fait défaut chez beaucoup de jeunes musiciens d’aujourd’hui, pourtant de vocation musicale. Vicky Longomba, un pionnier célèbre de l’histoire de la musique zaïro-congolaise moderne qui s’est éteint le 12 mars 1988, fut membre co-fondateur de l’O.K Jazz en juin 1956, fondateur de Lovy du Zaïre en 1972 et président de l’Union des Musiciens Zaïrois, Umuza, l’actuelle Umuco, de 1986 jusqu’à sa mort en 1988. En 1960, il fut meilleur auteur-compositeur et meilleur chanteur et sa chanson « Na weli boboto », meilleure chanson de l’année et enfin encore meilleur chanteur en 1968. Il fut l’un des rares chanteurs qui a dominé les instruments, attiré les oreilles, forcé l’attention et suscité le mouvement. Commis de grandes sociétés coloniales, dont les assurances Immo-Congo (1949), la Shell (1950-1953), le garage Duncan-Smith (1954) et le bureau des éditions Cefa (1955) il a dû abandonner son job pour l’art d’Orphée. Pour l’histoire, en 1954, encore bureaucrate chez Cefa, Vicky supportait mal quand, lors des enregistrements, certains chanteurs se méprenaient dans leurs voix. Un jour, il étonna son patron lorsqu’il décida, au cours d’un enregistrement, de prendre la place d’un chanteur qui, musicalement, ne valait pas la peine. C’était tout un départ. L’HOMME Né le mercredi 13 décembre 1932 à 20 heures à l’Hopital Général de Kinshasa, à l’instar de Grand Kallé, le chanteur Longomba embrassera la vie musicale très tôt dans sa jeunesse, comme il l’a lui-même chanté dans la chanson « Mino ya Luambo diamant » qui confirmait réellement leur symbiose « Mongongo ya Vicky, mongongo ya O.K, likembe ya O.K maboko ya Luambo », qui signifie : la voix de Vicky et les bras de Luambo sont synonymes de l’O.K Jazz. Il a passé les trois quart de sa vie musicale dans l’O.K Jazz, de 1956 à 1960 et de 1962 à 1966. Son passage dans l’African Jazz de Grand Kallé Kabasele de 1960 en 1962 et dans Negro-Succès et la création des éditions Viclong qui portaient son nom sont intervenus à la suite des conflits qui consacrent le retrait de Vicky Longomba de l’O.K Jazz, les éditions Viclong c’était pour assurer la production de ses propres œuvres. Mais la réconciliation avec Luambo n’a pas tardée, car, les deux amis avaient en commun des souvenirs que des querelles intestines, qui ne pouvaient pas les séparer définitivement. Longomba, c’est le grand compositeur mélancolique des temps glorieux de l’O.K Jazz parce qu’il appartenait à l’école des studios, où il est, dès 1955, sociétaire aux éditions Cefa (Comptoir pour l’Exploitation du Folklore Africain), où il démarre sa carrière musicale. Il était partenaire de prédilection de Kabasele Grand Kallé aux éditions Cefa qui y enregistrait ses chansons avant son engagement aux éditions Opika. Il est avec Bill Alexandre, Bemi Paul, Augustin Moniania dit Roitelet Marcelle Ebibi, Guy-Léon Fylla, Moando Brazzos, Roger Izeidi. Ils sont encadrés par Henry Bowane. Sa première chanson fut : «Nabanzaki te ». En 1956, les éditions Loningisa font appel à lui et l’engagèrent définitivement pour le studio. C’est l’école des modernistes et des indépendantistes. Le nom de Vicky Longomba rappelle une époque : celle de Léopoldville en liberté. Dès ses débuts pleins de prouesses, Longomba s’est livré à la composition des œuvres d’une finesse extrême et qui attiraient l’attention soutenue des mélomanes. Il s’attaquait aux thèmes d’amour tout en philosophant, en mémorisant et en critiquant sévèrement les maux qui rongent jusqu’à présent la société. De 1956 à 1975 quatre orchestres ont bénéficié de service de Lovy : Co-fondateur et président de l’O.K Jazz de 1956 à 1960, c’est dans cet orchestre qu’il fera œuvre utile. Car, il y accouchera des chansons de grande valeur musicale : « Vicklong Julie», «O.K Jazz enchanté », « Nazali responsable na yo », « Dis Tonton », « Omona où ? », « Louise aboyi frigo », « Zozo kobanga te », « Eva », « Naboyi libala bombanda » … Il a excellé surtout dans le cha cha cha, tango, la rumba et le boléro. A la naissance de l’O.K Jazz, en juin 1956, à l’origine groupe d’enregistrement du studio Loningisa. Le groupe s’appelait encore « Bana Loningisa ». « OK JAZZ », TROUVAILLE DE VICKY Le nom O.K Jazz est une trouvaille de Vicky Longomba. African Jazz qui lui a permis de découvrir pour la première fois la Belgique pendant la Table ronde politique pour l’indépendance du Congo était aussi l’orchestre qui l’a beaucoup marqué. Arrivés en Belgique, ils patronnassent le bal de la table ronde à Bruxelles, ils donnèrent des concerts à Liège, à Louvain et à Anvers. A Paris, ils joueront à la Mairie de la 16ème arrondissement et à l’Université Paris I. Il fut l’auteur des titres de grande valeur tels que « Na weli boboto » et «Sentiment emonani ». En juin 1962, Longomba se réconcilie avec Franco et réintègre l’O.K Jazz. Il y est resté durant quatre ans, jusqu’en 1966. Ses meilleures compositions sont nombreuses. Il écrivait ses chansons comme il chantait. Il transparaissait l’homme ainsi que les méandres de ses joies et peines, des chansons aussi tendres que pleines de maturité. Parmi les plus belles et mémorables, on citerait volontiers : « Dis Tonton », « Nabanzi Zozo », « Matumoli eleki », « Noboyi libala ya bombanda », « Lineti », « Tomesani », « Nabanzaki te », « Titi d’amour », « Kobanga te », « Bolingo esuki », « Bazilaka ngai na yo toboyana », « Oboyi ngai na miso makasi », … Mais chez Vicky, on retient plus les belles paroles que les titres. Il a marqué d’autres points par la création de Négro-Succès en 1962 et en 1972, Vicky Longomba dont les relations avec Luambo Franco n’ont jamais été excellentes crée Lovy du Zaïre. Il fait appel à Flamy, Bumba Massa, Bijou Kiyika Masamba et Madeiraau chant, Jean-Louis à la guitare solo, Goby à la guitare rythmique, Zembla à la guitare basse, Felly Somida, Mozart et Louison à la section cuivre. C’est la naissance de Lovy du Zaïre. En novembre 1972, Francis Bitsoumanou dit Celi Bitsou, quitte l’O.K Jazz. Il rejoint Longomba dans Lovy du Zaïre. Peu de temps après, Youlou Mabiala et Mose Fanfan le rejoignirent chez Longomba. L’ensemble ne tiendra que le temps d’espoirs nobles. Deux ans après, en 1974 il créera l’orchestre Kara, qui jouait sur rond-point Gambela-Victoire. Puis ce fut l’éclipse de ce géant et grand artiste, pour ne pas dire la retraite prématurée de la musique. Longomba a honorablement rempli son contrat et gagné beaucoup de cœurs qui lui sont d’ailleurs restés attachés. La même année, il a subi une opération chirurgicale à la tête qui allait l’emporter, mais l’homme a survécu à l’implacable anathème et la deuxième intervention chirurgicale fut l’extraction d’un kyste à la tête. Vicky Longomba était un homme de caractère doux, calme, posé et d’une forte personnalité, un interprète de talent qui par sa voix fine, qui a réussi à réaliser des œuvres immortelles. Longomba, c’était toute une richesse. Grand chanteur, Longomba entonnait une chanson sans s’en référer aux instrumentistes. C’est une performance non négligeable. Il avait une oreille musicale fortement sensible et une voix brillante, à vocalises aisées, bref un puissant soprano qui n’a plus tellement d’héritiers. VICKY TIRE SA REVERENCE En 1979, il voulait enregistrer avec Tabu Ley. Ce qui n’aurait pas été à déconseiller. Peu avant sa mort, il a procédé à l’enregistrement d’un album qui, hélas ne sortira pas sur le marché du disque. Sa voix emballante s’était tue depuis des lustres. Il fut à la Soneca et à l’Umuza. Il a été fait commandeur de l’Ordre national de Léopard. Il a fait également partie de plusieurs associations culturelles, dont l’Adapes, et il était l’ami des Bana ya Amida. Dans la solitude qu’il s’est donné pour refuge, il était à force des choses devenu avare des déclarations. Il souhaitait vivre à l’abri des bruits et des tapages. Il refusait de s’exposer en public ou de se livrer à certaines démonstrations de ses détracteurs. Patron de l’attaque-chant de l’O.K. Jazz des années glorieuses, Vicky est mort en qualité de président de l’Umuza, c’est-à-dire, patron des musiciens de notre pays, il était aussi patron des marques des disques Viclong et Lovy. Il était qualifié à juste titre d’homme sage à cause de ses compositions sentimentales, mais prodiguant des conseils à la femme et à la société. Longomba Besange, est de ceux qui, leur vie durant, ont servi la musique de notre pays. Pendant son règne à la tête de l’Umuza, Longomba s’est acquitté de sa tâche avec abnégation et beaucoup de compétence. La mort l’a surpris alors qu’il tentait de mettre de l’ordre dans la corporation des musiciens. On se souvient encore de sa position lors de la dislocation de Zaïko Langa Langa en 1987. Vicky Longomba a rendu l’âme le samedi 12 mars 1988 à la Clinique Ngaliema des suites d’une pénible et courte maladie. Bien que le sachant malade, les mélomanes ont été surpris par la mort tragique et brusque de ce géant de la chanson. Car, après son admission aux Cliniques Universitaires de Kinshasa, il a reçu des soins appropriés et a pu regagner son domicile. Alors que tout le monde croyait qu’il avait complètement recouvré sa santé, le grand chanteur a connu une rechute fatale. Conduit dans un état comateux à la clinique, les médecins ont tenté l’impossible, mais le pire n’a pas pu être évité. Longomba restera immortel par les œuvres de haute facture qu’il a léguées à la postérité. JEANNOT NE NZAU DIOP (LE POTENTIEL) |
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Revised: August 13, 2006