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Une année après sa suspension, le maire de Bukavu dit toujours ne pas connaître la raison de sa mise à l'écart

25 avril 2005- Plus d'une année après sa suspension, le maire de Bukavu, Adolphe Chirimwami, dit toujours ne pas connaître les raisons de sa mise à l'écart. Il croit qu'il y a eu une erreur. Pour mémoire, le gouvernement de la République démocratique du Congo avait supendu, le 7 février 2004, le gouverneur du Sud-Kivu, Xavier Ciribanya Chirimwami, impliqué quelques jours auparavant dans une série d'incidents qui avaient suscité la panique à Bukavu. Les autorités centrales de Kinshasa avaient également écarté de leurs charges respectives Adolphe Cirimwami (maire de Bukavu) et Raphaël Lukompa (directeur de la sécurité). Les trois ont remis leurs pouvoirs, le 9 février 2004, à des hommes politiques nommés en toute hâte et qui étaient sensés occuper temporairement ces charges jusqu'aux nouvelles nominations définitives. La semaine du 1er au 7 février 2004 Bukavu avait été le théâtre d'affrontements armés entre groupes de militaires ayant coûté la vie à un soldat et blessé deux autres, à la suite de la découverte des caches d'armes à Bukavu, dans les résidences des proches du gouverneur. Derrière les escarmouches se cachaient des tensions entre Prosper Nabiolwa, alors commandant de la dixième région militaire de l'armée congolaise envoyé sur place par Kinshasa, et le gouverneur de la ville Xavier Ciribanya Chirimwami, lié au RCD-Goma, l'ex mouvement rebelle pro-rwandaise qui contrôlaient le Sud Kivu avant la réunification. Selon une première reconstruction des faits, au cours d'une opération de ratissage des armes illégales présentes à Bukavu (comme le prévoit le programme de désarmement), les hommes du général Nabiolwa auraient trouvé deux tonnes de matériel belliqueux (dont la provenance serait le Rwanda, à en croire des sources militaires), dans des habitations de personnes liées au gouverneur. Une délégation gouvernementale (composée des ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Défense) s'était rendue à Bukavu pour faire toute la clarté sur ces faits. A l'issue d'un conseil du gouvernement au cours duquel la délégation a fait son rapport, le porte-parole, alors Vital Kamerhe, avait annoncé la suspension du gouverneur, du directeur de la sécurité et du maire de la ville. Xavier Ciribanya Chirimwami avait jugé "injuste" la mesure décidée par Kinshasa, mais avait fait savoir qu'il l'acceptait. En ce qui concerne les armes, le gouverneur du Sud-Kivu avait expliqué à la Mission des Nations Unies (MONUC) qu'elles servaient pour assurer sa défense personnelle. Il a ajouté, après avoir remis à la MONUC des armes dispersées dans plusieurs dépôts situés dans la ville de Bukavu, que personne ne l'avait jamais informé de la nécessité de se "débarrasser" de ces arsenaux, dont "de nombreuses personnes" avaient connaissance.

Tout le monde s'attendait à une enquête approfondie pour établir les responsabilités, sanctionner et révoquer les contrevenants ainsi que pour nommer de nouveaux titulaires ou confirmer les intérimaires. quatorze mois après, il est étonnant de constater que rien de tel n'a connu même un simple début de commencement. Le gouverneur, le directeur provincial de la sécurité et le maire de Bukavu continuent à purger leur suspension prolongée, tandis que les intérimaires continuent toujours à expédier les affaires courantes. Ne pouvant plus garder son chagrin tout seul, le maire suspendu de Bukavu, Adolphe Chirimwami, a brisé le silence en entrant en contact avec la rédaction de Congolité pour relater son calvaire. Il se plaint de n'avoir jamais été entendu sur les faits qui seraient retenus à sa charge, si faits il y a. M. Chirimwami affirme avoir introduit deux lettres de recours en réhabilitation auprès des autorités compétentes du pays mais, celles-ci sont restées lettres mortes. Même les interventions d'un sujet belge (qui était en contact avec le maire pour des projets de réhabilitation de la ville de Bukavu), auprès des autorités de Kinshasa, par le truchement de notre ambassade à Bruxelles, n'ont pas porté des fruits; Les membres du gouvernement de transition ne savent même pas accuser réception de correspondances leur adressées. Nous avons profiter de l'occasion qu'il nous a offert en venant à nous, pour lui poser quelques questions.

Congolité : Monsieur Adolphe Chirimwami, pouvez-vous sincèrement affirmer qu'en votre qualité de maire de la ville de Bukavu vous n'étiez pas au courant de l'existence de ces caches d'armes?

Adolphe Chirimwami : Franchement, avec toute sincérité, je ne savais pas. Moi, j'ai toujours pensé que ces caches d'armes doivent avoir existé une année avant que je n'arrive à la tête de la ville de Bukavu. Je dis cela parce que le Gouverneur Xavier Ciribanya Chirimwami, un ancien du RCD-Goma, venait de passer une année à la tête de la province lorsque moi j'ai été nommé maire de la ville. Bien avant d'occuper ce poste j'étais chargé de protection à l'Unicef. Je pense, comme beaucoup de Congolais d'ailleurs, que ces armes constituaient une logistique dans le cadre de l'agenda caché du RCD-Goma.

C. : Pour votre protection personnelle, combien d'armes aviez-vous, à votre résidence?

A.C. : Aucune. Et aucune cache d'arme n'a été, non plus, trouvé chez moi, bien que des gens mal intentionnés avaient propagé des fausses informations alléguant que chez le maire il y avait aussi des armes trouvées. Je prend la MONUC Bukavu à témoins car c'est elle qui sait là où il y avait une quelconque cache d'armes. Et pour votre information, on n'avait même pas envisagé faire de fouilles à ma résidence. Croyez-moi, il y avaient plus de 40 militaires chez le Gouverneur et plus de 20 chez le Directeur de la sécurité mais, à ma résidence il n'y avait qu'un seul policier, sans arme. Je ne me reprochais de rien. J'avais mis toute ma sécurité dans la population, à travers des projets communautaires et réhabilitation des routes. Un élément qui fait ma plus grande fierté c'est le fait que j'ai réhabilité la tribune dite de la Place de l'Indépendance, délaissée 30 ans durant. Pour moi, les armes ne construisent pas et moins encore ne développent. Les armes tuent et détruisent. Référez-vous à la chanson "La guerre mondiaux" de l'artiste musicien Zao. 

C. : Pourquoi vous a-t-on suspendu alors?

A.C. : Je suis convaincu que ma suspension est une erreur, il y avait une confusion du nom de CHIRIMWAMI quelque part. Je ne vous apprend rien en disant que le gouverneur, qui s'appelle Xavier Ciribanya CHIRIMWAMI, est impliqué dans l'affaire de l'assassinat de feu président Mzee Laurent-Désiré Kabila; il est le n° 19 sur la liste des condamnés à mort. Lui et son grands frère, l'Abbé Buroko CHIRIMWAMI, étaient impliqués dans l'affaire de caches d'armes à Bukavu. Alors, tous les Chirimwami étaient devenus suspects. Et, sans être de leur famille (car ils sont Bashi de Kabare et moi je suis Muhavu du territoire de Kalehe), j'ai été assimilé à eux, et par conséquent suspendu, tout simplement parce que j'ai eu la malchance de porter le nom de CHIRIMWAMI à un mauvais moment. Le compte rendu du conseil des ministres parlait de Alphonse Chirimwami, alors que moi je m'appelle Adolphe. Il y a eu confusion.

C. : Et votre lettre de suspension, elle parlait aussi de Alphonse?

A.C. : Il n'y en a jamais eu une. Nous avions appris comme tout le monde par la voie des ondes en suivant le compte rendu, lu par Vital Kamerhe alors ministre de l'Information.

Congolité a tenté pendant plusieurs jours d'entrer en contact avec le ministre de l'Intérieur, Théophile Mbemba, pour connaître aussi la version du gouvernement. Son téléphone était toujours "fermé ou en dehors du périmètre cellulaire". Son directeur de cabinet n'a pas voulu répondre aux questions, nous renvoyant au ministre, seul. Nous avons fini par envoyé un questionnaire au ministre Mbemba, par le truchement de son secrétaire particulier. Il y a de cela plus de deux semaines maintenant, le ministre tarde toujours à répondre. Nous avions aussi essayé de contacter le vice-président de la République, chargé des affaires politiques et de la sécurité intérieure, Azarias Ruberwa qui, après appris l'objet de notre démarche, nous a demandé de le rappeler sur son portable entre 18 et 20 heures de Kinshasa, le samedi 02 avril 2005. Nous l'avons rappelé, plusieurs fois, le vice-président ne prenait plus le téléphone. Nous lui avons laissé un message, resté sans réponse jusqu'à ce jour. Nous avons, enfin, joint le ministre de la Défense, M. Onusumba. La voix au bout du fil, après s'être rassuré qui nous étions, nous a dit que le ministre Onusumba venait de prendre un avions qui venait, à peine de décoller. "Pour quelle destination?", nous avons demandé. En guise de réponse, notre interlocuteur a raccroché. Nous avons rappelé, plusieurs fois, personne ne prenait plus le téléphone. Vérification faite, le ministre de la Défense était toujours à Kinshasa. Nous avons compris le message.

Propos recueillis par Emmanuel Katshunga


            Deuxième  lettre de recours 04/11/2004

           Première lettre de recours 09/02/2004
De : Marc Schlitz 
Envoyé : mercredi 29 décembre 2004 15:34 
À : 'info@amba-rdcongo.be
Objet : Courrier officiel aux membres du Gouvernement et des Institutions Nationales de RDC 
Madame, Monsieur, 
Je me permets de vous contacter pour obtenir quelques informations en matière de procédure. En effet, je souhaite intervenir auprès de certaines autorités de RDC afin de les sensibiliser quant à la situation de monsieur Adolphe Chirimwami, ancien Maire de la Ville de Bukavu, suspendu de ses fonctions au début 2004, et dont la requête en réhabilitation n’est à ce jour pas reçue. En date du 16 février 2004, je vous avais demandé de transmettre mon intervention auprès des autorités compétentes à Kinshasa et vous aviez accepté ; puis-je encore vous demander de faire de même pour 3 courriers que je vous poste ce jour, à l’attention : - du Président de la République, monsieur Joseph KABILA ; - du Vice-Président chargé de la Commission Politique, monsieur Azarias RUBERWA ; - du Ministre de l’Intérieur, monsieur Théophile BEMBA. Je souhaiterais également pouvoir m’adresser aux Présidents du Parlement et du Sénat, mais je ne connais pas leurs noms et qualités ; pourriez-vous me les transmettre, s’il vous plait? Par ailleurs, pensez-vous qu’il serait possible d’obtenir une audience de quelques instants auprès de monsieur l’Ambassadeur pour évoquer cette question? Je vous remercie vivement pour votre bonne attention et vous prie d’agréer, madame, monsieur, avec mes meilleurs vœux de bonne année, l’_expression de ma plus haute considération. Marc SCHLITZ Expert en Environnement Plan Fédéral des Grandes Villes – LIEGE Rue Lonhienne, 2 4000 LIEGE 
Tel : 0472/73.53.99 e-mail : marc.schlitz@belgacom.net ou : marc.schlitz@liege.be

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Revised: April 27, 2005 .