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Katanga : des milliers des civils fuient encore les zones de combat, catastrophe humanitaire 07 décembre 2005 - La population fuit encore en masse les zones du Katanga (sud-est de la République Démocratique du Congo) où sont en cours des combats entre l’armée congolaise et des milices Maï-Maï. Dimanche, 5.000 civils sont arrivés à Dubie, épuisés et malades (malnutrition, bronchite, malaria, etc.…), rejoignant des milliers de déplacés déjà dans la localité. A travers une note Mgr Fulgence Muteba, évêque de Kilwa-Kasenga, définit cette situation de "catastrophe humanitaire". D’après les estimations de l’Église locale, confirmées par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha), les déplacés ayant fui le centre du Katanga, à environ 500 kilomètres au nord du chef-lieu, Lumumbashi, sont environ 80.000. Depuis le 12 novembre, une vaste offensive des Forces armées congolaises (Fardc) est en cours pour reprendre le contrôle de la région à un groupe de Maï-Maï (milices combattant pour Kinshasa durant la guerre). Les nouveaux sinistrés arrivent de Kisele, fait savoir le prélat : "ils affirment avoir laissé d'innombrables personnes derrière eux". D’autres localités accueillent des déplacés, notamment Pweto et des villages en bordure du lac Moero (Muku, Lokonzolwa, Nzwiba, Lwanza, Kibowa, Kamakanga). La situation la plus préoccupante est signalée à Dubie et à Mutabile, où les déplacés ont été temporairement installés dans les églises, les cours des paroisses et dans les écoles, qui ont dû suspendre les cours. Les civils sont dans un état pitoyable : "D'aucuns sont à peine habillés. Ils ramassent de sachets en plastique ou de vieux morceaux de couverture qui traînent dans la cité pour se couvrir" ajoute Mgr Muteba. D’après les informations recueillies, les combats sont presque incessants et ont repris ce matin à quelques kilomètres de Pweto, à l’est de Dubie, dans une attaque contre les hommes du comandant Maï-Maï Gédéon. "L'aide humanitaire est très attendue, mais elle risque d'arriver trop tard. Le silence du Gouvernement est inquiétant. La vie humaine n'a pas de prix. Il est difficile de croire que l'humanité peut subir tant d'humiliations à cause de la barbarie de certains hommes. Pour leur part, les sinistrés ne vivent désormais que d'espoir" dit en conclusion de sa note Mgr Fulgence Muteba. Ces populations vivent dans un secteur inaccessible, et courent le risque de rater les élections. A 12 jours du référendum constitutionnel, on ignore encore le sort des populations de ce territoire autrefois sous contrôle de Gédéon. La Commission électorale Indépendante (Cei) n’est pas en mesure de déployer le matériel électoral dans ce secteur à cause de l’insécurité. Parmi les populations, beaucoup n’ont jamais été enrôlées. Les ONG humanitaires ont survolé la région en hélicoptère le week-end dernier. Elles disent que la contrée est déserte. Pour sa part, la police affirme qu’elle manque de moyens pour protéger la population. L’autorité civile, elle aussi, assiste impuissante à ces mouvements des populations. Sources : Misna et Radio Okapi L’armée congolaise se lance dans une vaste opération militaire dans le but de désarmer par la force les miliciens et pacifier le Nord-Katanga. « Le gouvernement fera tout pour pacifier le Nord-Katanga d’ici à un mois et mettre ainsi fin aux activités des miliciens Maï -Maï opérant dans la région ». Ceci est une déclaration qui a été faite lundi 21 novembre par l’un des quatre vice-présidents de la R.D.C., Monsieur Azarias Ruberwa lors de sa visite de travail à Lubumbashi, la capitale du Katanga. Des paroles qui étonnent car venant de la part d’une personnalité qui a connu les désastres des armes à feu et la désolation qu’elles occasionnent sur la population. Les belligérants qui se sont lancés dans la guerre en 1998 sont plus que quiconque conscients de l’insignifiance qui entoure la force par les armes. Ils l’ont expérimentée, elle s’est soldée par un forfait d’où n’est sorti ni vainqueur ni vaincu. Essoufflés, les enfants de la guerre se sont repliés sur Sun City dans un dialogue qui leur a sauvé la face. Leur mémoire leur joue-t-elle des tours au point qu’ils pensent « pacifier » par le sang? N’a-t-il pas coulé assez? Les miliciens Maï-Maï du Katanga ne sont pas des envahisseurs étrangers; ce sont des enfants du pays qui cherchent à s’exprimer et se faire entendre comme cela a été le cas de leurs frères belligérants, il y a quelques années. S’ils utilisent les armes, qui leur a montré l’exemple? Cela ne signifie pas que les Maï-MaÏ soient en droit de maltraiter la population. C’est un problème interne, un cas différent de celui du Kivu, il doit donc se traiter par un dialogue et non par des tueries dans lesquelles femmes et enfants sont les premières victimes. Lorsqu’on parle du pouvoir, on ne le détient que dans la mesure où on arrive à se faire obéir et à réprimer sans tuer. En s’appuyant sur l’importance du dialogue, le gouvernement congolais a pu ramener vers lui les anciens rebelles; un résultat qui aurait été difficile à obtenir par la continuité de la guerre. Réprimer par les armes est une méthode peut-être facile pour les hommes mais très dure pour les femmes et les enfants qui en subissent les conséquences. Le recours à la force armée ne peut en aucun cas garantir la paix, Monsieur Azarias le sait très bien. Cherche-t-il à placer des paroles qui plaisent au point de sacrifier ses convictions? Fait à Lubumbashi, le 25 novembre 2005. Pour le Collectif des Partis Fédéralistes Congolais (basé au Katanga) Umba Thérèse Kamfwa, Autres titres Robert Crem : "La Société générale de Belgique et le Pouvoir s'étaient partagés la bête (Gécamines)" Major-général Joseph Kabila, un délinquent sexuel? Le président de la Commission électorale sérieusement pris à parti à Bruxelles |
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Revised: December 07, 2005
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