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Le mouvement de l'Unité Congolaise appelle à voter Non au référendum constitutionnel

12 décembre 2005 - Le mouvement de l'Unité congolaise (Unic) appelle les Congolais à voter Non au projet de Constitution qui sera soumis au referendum le 18 et 19 décembre 2005. Les raisons avancées par Unic sont, entre autres que le projet aliène la souveraineté de l'Etat, l'intégrité territoriale, l'indépendance et l'unité du pays; et, qu'il est source de conflit des compétences à répétition et de dysfonctionnement des rapports entre le Président de la République et le Premier Ministre, le blocage des Institutions en général entraînant ainsi l'instabilité politique. Ci-dessous, le texte du communiqué de presse de ce mouvement.

 
COMMUNIQUE DE PRESSE 

UNIC Appelle les Congolais à Voter NON Au Projet de Constitution soumis au referendum du 18-19 décembre 2005

Depuis son accession à la souveraineté nationale le 30 juin 1960, le Congo est confronté à une crise grave et permanente de légitimité des hommes politiques qui le gouvernent et de l'absence des Institutions démocratiques, fiables et solides, capables de sauvegarder les intérêts supérieurs de la Nation et la stabilité politique du pays. Afin de mettre un terme à cette situation dramatique, le peuple congolais et la communauté internationale ont fondé leur espoir sur les acteurs de la Transition chargés, notamment, d'élaborer un projet de Constitution accepté par une bonne majorité des Congolais, et faisant face aux différents défis auxquels le pays est confronté. Il s'agit donc d'une Constitution impersonnelle qui résiste à l'épreuve du temps. Contrairement aux aspirations du peuple, les législateurs cooptés par les « composantes issues de l'Accord global et inclusif » de Sun City ont adopté un projet de Constitution confus, contradictoire, sans ambition et même muette sur certaines questions importantes de la vie de la Nation. Une Constitution taillée sur mesure qui protège les intérêts égoïstes de certains groupes tant nationaux qu'étrangers qui freinent le décollage politique et socio-économique du pays. Ce projet ne tire pas les leçons des pratiques constitutionnelles chaotiques et conflictuelles du passé. Il pérennise le système présidentialiste (la dictature). En résumé, le présent projet constitutionnel contient des lacunes dont les principales sont les suivantes : 
1. Il aliène la souveraineté de l'Etat, l'intégrité territoriale, l'indépendance et l'unité du pays [articles 4 et 217]; 
2. Il est source de conflit des compétences à répétition et de dysfonctionnement des rapports entre le Président de la République et le Premier Ministre, le blocage des Institutions en général entraînant ainsi l'instabilité politique. [articles : 78 al. 1&2; 91 et 148 al.1] 
3. En matière de nationalité, la Constitution est confuse, car le concept de nationalité d'origine n'est pas bien défini. Il y a une sorte d'amalgame entre les ethnies et les populations immigrées. [article 10 al.1&2]. Il existe aussi une confusion totale entre les articles 222 et 228. Car, l'article 222 maintient les Institutions issues de la Constitution de Transition alors que l'article 228 abroge la même Constitution dès l'adoption de la nouvelle. Question, quel est l'instrument juridique qui régira les Institutions maintenues par l'article 222 précité? Enfin, la forme de l'Etat et le régime politique ne sont pas explicites. 
4. La Commission Electorale Indépendante (Cei) ne doit pas être une institution permanente. [Article 211]. La CEI ne peut être qu'un organe ponctuel et ses membres apolitiques afin de garantir son indépendance vis-à-vis des autorités politiques et d'éviter « l'inamovibilité partisane » de ses membres. Il s'agit aussi de réduire les dépenses publiques. 
5. Cette Constitution comporte des insuffisances et des oublis. Il y a inconformité dans le mode de désignation des députés provinciaux (élus ou cooptés), des gouverneurs et vice-gouverneurs (issus parmi les députés ou venant en dehors de l'Assemblée) [les articles 197 §2 et 198 §2]. La place et le rôle de l'éducation sont insuffisamment mis en valeur au sein de la famille et de la Nation. Il en est de même de la culture. Enfin, la Constitution est muette dans le domaine de la coopération, de l'immigration, etc. 
Conclusion 
Compte tenu de tout ce qui précède, Unic invite le peule congolais à voter Non au projet de Constitution leur soumis au référendum du 18 décembre 2005. Le peuple congolais meurtri, paupérisé, humilié et soumis à l'asservissement pendant plusieurs décennies ne doit pas céder au chantage de certains acteurs de la communauté nationale et internationale. Les Congolaises et les Congolais sains d'esprit et responsables doivent conjurer la peur afin de décider librement de leur destin en disant Non à ce projet de Constitution qui institue les désordres, l'instabilité politique, le pillage des richesses et la balkanisation du Congo. Car dire oui à ce projet de Constitution serait d'une part donner un chèque en blanc aux belligérants pour ce qu'ils n'ont pas pu obtenir par les armes, et d'autre part légitimer les désordres, l'instabilité politique, le pillage de nos richesses et la balkanisation du Congo. Le oui signifierait trahir les idéaux (l'indépendance nationale, l'intangibilité de nos frontières, l'unité, la paix, la liberté, la démocratie et le développement intégral) chers aux Pères fondateurs de la République Démocratique du Congo. Enfin le oui permettrait d'officialiser le plan machiavélique, que le Comité International d'Accompagnement de la Transition (Ciat) appelle « les agendas cachés des belligérants ». Cependant, dire Non ne signifie pas la remise en cause du calendrier électoral en cours, Mais simplement obliger les acteurs politiques congolais à amender (corriger), dans un bref délai (10 à 15 jours) les articles incriminés de ce projet de Constitution afin de le rendre conforme aux aspirations légitimes du peuple et à la grandeur de la République Démocratique du Congo. 
Fait le 09/12/2005 
Pour le bureau National de UNIC 
Mafelly Mafelly-MAKAMBO et Ami-Tar KAMANGA 
www. unic2005. org 
email : info@unic2005.org

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Revised: December 12, 2005 .