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Communauté internationale ou masque du néo-colonialisme 

24 Mai 2005 - La communauté internationale est un concept ambigu. Pour certains elle est le symbole de la présence des organisations internationales (des gens neutres dans nos querelles intestines), et par conséquent, le symbole de la sécurité et de l'aide humanitaire. Pour d'autres elle est le symbole de la colonisation occidentale sous d'autres formes et la raison de l'ampleur de tous les maux dont souffre la République Démocratique du Congo. Si la communauté internationale a eu un apport positif dans son implication dans certains pays du tiers monde, pour le Congo-Kinshasa, les conséquences néfastes de son implication semblent l'emporter sur un quelconque apport positif, si apport il y a. Relevons ici quelques faits avant de tirer des conclusions.

La Belgique et les Etats-Unis ont commandité l'élimination physique du premier ministre élu Patrice Lumumba, pour soutenir l'instauration de la dictature caporaliste de Mobutu. Ils ont fait de même avec certains pays d'Afrique et d'Amérique latine. Ils détruit le leadership civil et communautaire basé sur l'éducation et le mérite social pour promouvoir le leadership militaire basé sur l'oppression, l'allégeance a un individu, le clientelisme, le tribalisme et la concussion. La corruption et de l'impunité faisait partie du monde de vie. Les expatriés avaient l'aubaine d'être payés plusieurs fois mieux qu'un congolais de même formation. Tant que Mobutu et ladite communauté internationale y trouvaient leur comptes, ceci était normal. Le peuple congolais ne comptait pas. Le Congo était devenu un « enfer » qu'il fallait quitter à tout prix (Il l'est toujours aujourd'hui). C'est la période du départ massif des Congolais vers l'étranger, ou la fuite des cerveaux : l'Angola, le Congo voisin, la Zambie, l'Afrique du Sud, le Nigeria, le Maroc, le Kenya, l'Europe, l'Asie et le continent américain. Qui pouvait alors dire aux Congolais que l' « on n'est jamais mieux que chez soi? »

Le « vent de la Perestroïka » qui parcouru le monde entier dans les années 1990s obligea le régime de Mobutu à renoncer au parti-unique pour introduire le multipartisme. Grâce à la pression populaire le régime dictatorial organisera la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Mais Mobutu empêchera une fois de plus le désir populaire en écartant le Premier ministre élu, Etienne Tshisekedi. Puis Paul Kagame qui, pour masquer l'invasion du territoire congolais, en représailles contre les ex-Far et Interahamwe réfugiés en RDC, vint installer Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa, avec la complicité de la communauté internationale.

Le peuple accueillera Laurent Kabila que les médias occidentaux présentait comme le libérateur. Mais, une fois au pouvoir, Laurent-Désiré devint pire que Mobutu. Ils se brouilla, non seulement avec le peuple mais aussi avec ses parrains, Kagame et Museveni, et les occidentaux. Le pays fut de nouveau agressé, avant de sombrer dans ce que l'ancienne secretaire d'Etat americain, Madeleine Albright, qualifia de « première guerre mondiale africaine » (Un non sens, parce que nous ne voyons pas comment une guerre mondiale peut, à la fois, être seulement africaine. C'était peut être une façon de dire que c'était une guerre non importante parce qu'il s'agissait des africains eux-même entrain de s'entre-tuer). Laurent-Désiré Kabila fut assassiné par son propre garde de corps pour être remplacer par son propre fils, Joseph Kabila qui, immédiatement après, proclama son allégeance aux occidentaux. Les occidentaux se confondant à la communauté internationale, celle-ci trouva très normale le mode de succession de père en fils à Kinshasa. Elle ira jusqu'à imposer Joseph Kabila à l'issue des assises de Sun City, en Afrique du Sud, qui accoucheront de l'Accord Global et Inclusif pour la période de transition de 24 mois. Ni les signataires de l'accord de Sun City, ni la communauté internationale ne prévoyaient les répercussions néfastes du gouvernement des seigneurs de guerres sur le peuple congolais.

Actuellement, tous les espoirs du peuple se portent tournés sur la date imposée du 30 juin 2005 comme étant la date de la fin de la transition. Pas plus tard que le 5 mai 05, un débat du Forum des Grands Lacs à Washington rassembla des soi-disant experts sur le Congo et les élections. Le professeur de l'Université de Floride, qui visita le Congo en 1992, pense que le Congo n'est pas prêt pour les élections et qu'il faudrait envisager une « win-win » situation pour les tenants du pouvoir qu'ils qualifia plutôt d'une « association de malfaiteurs ». Il semble que pour lui, avant les élections égal après les élections. Le monsieur du « Carter Center » était semble t-il surpris de voir que les membres du gouvernement ne savaient pas ce qu'ils souhaitaient comme système politique ou électoral. Il ne réalisa pas qu'il avait à faire à une équipe sans expérience juridique ni formation académiquement de taille.

En conclusion, nous établissons que la communauté internationale n'a d'intérêts que pour ses membres. Pour ce faire, elle se choisie des acteurs politico-militaires locaux qu'elle soutien et qualifie selon leurs aptitudes a défendre ses intérêts. Elle prône, tantôt la dictature, tantôt la démocratie, manipulant les peuples avec ses cadeaux empoisonnés. S'ils soutiennent quelqu'un, ils font pleuvoir des aides pour corrompre le peuple avec un soulagement temporaire, alors que le pire est à venir. Il est tout à fait clair que l'intérêt du peuple congolais n'est pas celui de la communauté internationale.

Edgar Senga

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