Référendum : le "Non" l'emporterait
légèrement sur le "Oui", selon le sondage du Copca
17 décembre 2005 - Après son sondage du mois dernier sur les
candidats présidentiables, l’ONG Colloque Politique des Cadres
Africains, en sigle Copca livre le secret de son sondage sur le
référendum constitutionnel en République Démocratique du Congo.
Contrairement au premier sondage, la tâche n’a pas été facile cette
fois-ci. Les raisons en sont multiples, mais il faut épingler la
difficulté des communications suite à l’immensité du pays ainsi que
que l’insécurité grandissante qui n’a pas permis aux équipes de
Copca de se rendre partout. C’est ainsi que les tendances ci-bas
concerne surtout les centres et endroits facilement accessibles.
Pour revenir au sondage lui-même, il faut honnêtement reconnaître
que les sondés étaient très embarrassés par l’ambigüité des
discours des politiciens congolais, d’une part, et d’autre part, par
l’interférence des forces occultes étrangères ainsi que par l’ingérence
malveillante et les menaces à peine voilées d’une certaine
communauté internationale insoucieuse des desiderata du peuple
congolais souverain. En dépit de tout ceci, la majorité des sondés
estiment que le moment est venu où l’histoire du Congo doit être
écrite au Congo par les congolais eux-mêmes. Cette volonté se
manifeste clairement dans les tendances ci-après.
Contrée
Observations
Oui
Non
S
Op
KINSHASA
Seul
coin du pays où la population suit au quotidien et très
attentivement les débats politiques. La population kinoise
a atteint un niveau de maturité relativement élevé grâce
à la présence des partis de l’opposition comme l’UDPS
du chef charismatique Etienne Tshisekedi, de FONUS du
dynamique et bouillant Joseph Olenghankoy et d’autres
forces acquises au changement en RDC. Les messages de la
société civile y est également pour beaucoup particulièrement
ceux des églises et des mouvements associatifs. La tendance
au Non y est nettement élevé. Révigoré par le message à
la Ponce-pilate des Evêques catholiques et du conseil des
musulmans qui est en réalité un appel négatif, le Non
l’emporte largement, mais cette tendance risque de subir
un léger ralentissement suite \a l’appel au boycott lancé
par l’UDPS.
21%
76%
3%
BANDUNDU
KIKWIT
IDIOFA
NGUNGU
LUSANGA
L’influence
des ex bélligérants est très vivante dans ces localités.
La présence remarquée de FONUS à Kikwit et Masi Manimba
ne peut seule équilibrée la tendance du oui dans cette
province qui compte beaucoup de ses fils haut perchés dans
le firmament du pouvoir actuel ( Kamitatu Olivier, Mbemba Théophile,
Munene...). Cette tendance est aussi favorisée par
l’absence d’un mot d’ordre précis et clair de la part
du PALU qui compte quelques partisants dans le coin.
64%
35%
1%
MATADI
BOMA
MUANDA
TSHELA
INKISI
MBANZA
N.
Seule
province où l’accès est quassi facile. La population du
Bas Congo considère le oui au référendum comme l’espoir
de caresser leur rêve de tous les temps : voir les
entreprises implantées dans le cette provinces êtres
toutes dirigées par les enfants du terroir et pour le
bonheurs des bas –congolais. Le port de Matadi avant toute
chose , la RVM et la nationale 1 sont le patrimoine de cette
province. La tendance du oui Nekongo soutenue par la
doctrine bundu dia kongo est claire.
75%
23%
2%
KINDU
Le
message de la société civile est bien suivi ici. Il est
appuyé par le FONUS dont le drapeau du parti flot tehaut perchésur
un batiment du centre ville. On peut encore apercevoir les
militants de ce parti arborant le t-shirt noici de leur président
nationalen
train de discuter de l’avenir politique du parti. Le
soutien à la candidature de Tambwe Mwamba, un fils du
terroir, la présence de Ngoma Z’haidi, un autre fils du
terroir dans la haute sphère politique soutenent le oui
ainsi que larécente
visite du président Joseph Kabila dans cette ville
longtemps oubliée et les promesses ( si démagogiques
soient-elles) faites à la population de Kindu peuvent faire
basculer la tendance du non jadis observée.
41%
57%
«2%
GOMA
BUTEMBO BUKAVU
Les
provinces du Sud et Nord Kivu sont les plus farouches défenseurs
du NON en majuscule. La population qui croupit depuis 1996
sous le poids de la dictature des ressortissants
rwandophones ne souhaitent pas pas perenniser cette
situation en offrant un cheque en blanc aux envahisseurs
dominateurs venus des hautes montagnes et de l’étranger.
Les discoursde
la société civile sont comme une parole de l’évangile
Pour les nord et sud kivutiens, le non est un mot d’ordre
à observer absolument et à tout prix..
18%
81%
1%
KANANGA
TSHIKAPA
ILEBO
MUEKA
DOMIONGO
KAKENGE
LUEBO
DIMBELENGE
DEMBA
BENA
LEKA
MAPANGU
Les
grandes agglomérations comme Kananga, Ilebo et Tshikapa, grâce
à l’action combinée des partis politiques comme l’UDPS,
le FONUS qui se dispute d’ailleurs le leadership de
l’opposition avec l’UDPS à Tshikapa, le non se porte
bien en dépit des menaces et de la fo rte personnalité du
gouverneur de province vaillant défenseur du oui. Domiongo,
Mueka et Kakenge sont sous lla domination du pouvoir
coutumier de ce territoire qui bat campagne pour le oui. Une
aile du PPRD Boshab joue le même jeu. Le représentant de
FONUS y a été interpellé plusirus fois tout comme celui
de l’UDPS. A Luebo, la tendance est mitigée entre les
fonctionnaire impayés et leur hiérarchie qui demande de
voter pour le oui. Il n ya aucun leadership politique clair
dans ce coin.
Demba,
Bena Leka et Dimbelenge les avis sont partagés.
46%
52%
2%
MBANDAKA
BOEN DE BUMBA LISALA GBADOLITE
Les
rivalités entre Jean Pierre Bemba, José Endundu et Zanga
Mobutu ( fils du défunt dictateur déchu) et d’autres
jeunes turcs constitue l’actualité. La tendance au oui
l’emporte légèrement sur le non. Certains des sondés ne
trouvent aucun intérrêt à aller voter un texte dont ils
ne comprennent pas grand chose.
Contrairement
aux apparences, ces localités se révèlent, d’après le
sondage, être le grand bastion du refus. Ceci n’est pas
le fait que l’un des grands opposants à tous les régimes
prédateurs successifs en RDC est ressortissant de cette
province ou que le premier premier ministre du pays,
l’illustre disparu et Héros national Patrice Lumumba est
originaire de cette province, mais
tout simplement parceque les populations de ces contrées
s’intéressent activement, depuis l’indépendance, à
l’activité politique. Elles sont donc agueries et
s’opposent totalement à tout pouvoir aux élans
dictatoriaux dont ils se méfient et qui les exploite de
manière éhontée en s’appropriant leurs richesses. Ici
la contribution des stations de radio privées et
communautaires est déterminante en faveur de la tendance au
non qui est justifiée par l’empressement de tous à connaître
en profondeur le contenu du texte constitutionnel.
26%
72%
2%
L*SHI
KAS.
LESA
KOLWEZI
KALEMIE
KAMINA
TENKE
FUNGURUME
LIKA SI KABALO
Prétendûment
présenté comme le bastion du kabilisme, la province du
Katanga n’entend pas favoriser le oui au détriment du
non. Le bradage et le pillage de son patrimoine attribué à
l’actuel Président et les hommes de son serail ( de la
province du Katanga). Pour les katangais, la tendance indépendantiste
et régionaliste met mal à l’aise le choix des sondés.
La présence de nombreuxressortissants
d’autres provinces particulièrement ceux du Kasaï et du
Kivu peut influer dangereusement sur la tendance souhaitée
au oui par les autorités administratives. A cela, il faut
ajouter l’influence des partisans du milliardaire Raphaél
Katebe et du doute traduit par le professeur Lunda Bululu,
lui aussi respecté et écouté au Katanga.
59%
40%
1%
KISANGANI
ISIRO
Les
deux localités qui ont été visitées par l’équipe de
COPCA. Les parisants de la tendance au oui et au non ne se
font pas de cadeau. La lutte est âpre. L’arrestation des
dirigeants de l’UDPS et les menaces qui pèsent sur
d’autres formations politiques du changement contribuent
au suspens et jouent en faveur du non.
51%
48%
1%
TOTAL
En
dépit de l’inaccessibilité dans les petites localités,
la tendance au non demeure car les les représ entants de la
société civile particulièrement l’église catholique
sont partout. Il en est de même des représentants de
certains partis politiques hostiles au projet de
constitution.