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Mbuji-Mayi : à défaut de diamants, les creuseurs vendent leurs biens 20 janvier 2006 - Depuis que les mines artisanales de diamant du Kasaï s'épuisent, les creuseurs hier riches se sont appauvris. Pour vivre, ils revendent peu à peu leurs biens. A Mbuji-Mayi, plusieurs marchés ont ainsi vu le jour. Curieuse situation à Mbuji-Mayi, la ville minière du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo. Une demi-douzaine de petits marchés ont poussé comme de champignons ces derniers mois, offrant à des prix alléchants divers produits : matelas, lits, fauteuils, chaises, armoires, appareils radio, cassettes audio et vidéo, vêtements, barre de fer, bêches, tamis. Ces marchandises de seconde main achetées en période de vaches grasses, se retrouvent là parce que leurs propriétaires, des creuseurs de diamant en crise, les revendent pour gagner un peu d'argent. "Le diamant devenant de plus en plus rare, les creuseurs viennent nous vendre ces biens à cause de la souffrance", explique une revendeuse de ces produits, Philomène Musangilayi. Ces creuseurs artisanaux recherchent d'habitude le diamant dans des mines "extérieures", auxquelles tout le monde a libre accès. Mais depuis la libéralisation de l'exploitation artisanale des minerais en RD Congo, en 1984, ces réservoirs de diamant se sont peu à peu vidés. Seul le polygone minier de la MIBA (Minière de Bakwanga, société paraétatique), à Mbuji-Mayi dans le Kasaï, demeure encore riche. Il attire de nombreux creuseurs qui, la nuit, vont clandestinement chercher la petite pierre précieuse dans le polygone envié. Des combats ont souvent lieu avec des gardes miniers et militaires commis à la sécurité de ces mines, faisant régulièrement des morts. En attendant des jours meilleurs. Le renforcement de la sécurité autour des mines de la MIBA réduit de nombreux creuseurs de diamant au chômage. D'où la prolifération de ces marchés à travers Mbuji-Mayi, où ils revendent leurs biens en attendant des lendemains meilleurs. Trois d'entre eux sont situés dans la commune de Dibindi, où vivent de très nombreux creuseurs. Le bourgmestre de la commune, Benoît Kazadi, explique à sa manière ce nouveau phénomène : "Il y a une forte explosion démographique dans la ville et à cause du chômage, les gens sont de plus en plus pauvres et ne peuvent acheter des objets neufs sur le marché.", dit-il. Au marché Misesa, à l'entrée Est de la ville, on rencontre de nombreuses vendeuses veuves. "Beaucoup de creuseurs ont trouvé la mort ces deux dernières années dans les puits ou au polygone de la MIBA, explique un négociant en diamant, Zecket Banza. Toutes ces veuves se lancent dans ce commerce pour survivre." Epouse de creuseur, M. Mulanga est venu vendre son tissu pagne pour acheter un peu de farine. "On n'a rien à manger à la maison aujourd'hui", affirme-t-elle. Prix bon marché Ces biens de seconde main sont généralement revendus bon marché : 19 000 Fc (44 $) contre 25 000 Fc (58 $) sur le marché ordinaire, pour un matelas mousse de 20 cm d'épaisseur, par exemple. Les revendeurs de marché, qui trouvent là aussi leur petit gagne-pain, ont une marge bénéficiaire de 3 à 5 dollars. Chose curieuse, parmi la clientèle de ces marchés on trouve d'autres creuseurs à la bourse plutôt bien garnie. "Ceux qui ont l'argent reviennent acheter ici, au lieu d'aller au marché ordinaire où les prix sont nettement supérieurs.", explique le président du marché Misesa, Kabeya Ishayi. De nombreux commerçants s'y approvisionnent aussi et vont revendre à leur tour les biens achetés dans les campagnes, sous forme de troc. Pour ne pas être considérés comme des lieux de recel, ces marchés se sont organisés et ont mis en place de petits comités, avec un président à leur tête. "Nos premiers fournisseurs sont des creuseurs qui viennent nous livrer leurs biens sur place au marché, affirme Kabeya Ishayi. Mais actuellement nous préférons acheter à leurs domiciles, précise-t-il, pour nous rendre effectivement compte que ces biens n'ont pas été volés." Jean Marcel Mukendi Sources : Syfia Grands Lacs/RD Congo Autres titres L'Eglise catholique dit n'avoir pas désigné des candidats aux élections Décrispation politique : Le Rcd-N offre de céder ses postes à la Cei et au Ham à l’Udps Le Cardinal Etsou interdit aux prêtres d'accorder la parole au politiciens pendant les messes Réouverture des bureaux d'enrôlement : la Cei rejette la requête de l'Udps Kisangani : des nombreuses personnes croupissent en prison sans jugement, sans nourriture Le Rcd exige le retrait des mandats parlementaires des cadres exclus La Coci condamne l'arrestation du pasteur Ngoy du Rassemblement pour le "Non" 11.000 déplacés ont fui les combats entre les Fardc-Monuc et les rebelles ougandais Vastes opérations conjointes Fardc-Monuc : bilan 35 rebelles ougandais tués Référendum Constitutionnel : les confessions religieuses accèptent les résultats Référendum Constitutionnel : la réaction de la population Résultat partiel du référendum : la victoire du "Oui" Référendum : les résultats se font attendre, faible participation dans les deux Kasaï |
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Revised: January 20, 2006
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