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L'indifférence de l'Etat face aux conditions de vie des militaires à la base de l'insécurité généralisée 

29 Mai 2005 - A en croire Héritiers de la Justice, une Ong de promotion et de défense de droit de l'homme, la solde allouée aux FARDC s’élèverait à 5.000 Francs congolais, soit environ 10 $ US. La modique somme, du reste irrégulièrement payée, pour la plupart du temps, est appelé “ cinq minutes ” par les bénéficiaires dont la plupart ont une lourde charge familiale. Citant des sources associatives et confessionnelles, l'Ong basée à Bukavu soutient que l’indifférence de l’Etat face aux conditions de vie des militaires est à la base de l'insécurité généralisée, non seulement à l’Est de la République Démocratique du Congo, mais aussi partout à travers le pays. Pour preuve, Héritiers de la Justice stigmatisent l’acharnement des militaires congolais sur les biens des populations placées sous leur protection. Le jargon le plus répandu est : "sodat asalaka bilanga te, civil azali balanga ya sodat" (Un soldat ne cultive pas de champ, le civil est son champ). Les habitants de la province du Sud-Kivu, par exemple, principalement ceux des zones rurales, ne cessent de fustiger les supplices que leur font subir des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Les militaires entretiennent des barrières partout sur les axes routiers et les sentiers qui conduisent aux marchés et/ou aux champs. Les paysans sont contraints de donner chaque fois une partie de ce qu’ils transportent. Et comme les barrières sont multiples, souvent les pauvres paysans arrivent à destination avec moins de la moitié de la quantité du départ. L'Ong rapporte qu'on signale au quotidien des rafles des biens sur les passants auxquels on fait subir des traitement dégradants et inhumains, des incursions nocturnes dans les domiciles soldées par des viols, des vols et parfois des assassinats. Sans compter les pillages des champs des paisibles paysans.

Pour les raisons, ci-haut énumérée, les militaires congolais ont cessé d'être des gardiens de la paix pour devenir, avec leurs épouses, des fournisseurs des pièces de rechange, de matériels de construction, des produits agricoles et forestiers tels la braise, le manioc, le haricot, les bananes, la tomate, la patate douce, la pomme de terre, le maïs, les agrumes et autres fruits.

Ainsi nombreuses entités jadis considérées comme des greniers de la province et de la région des Grands Lacs et où les habitants prenaient des mets variés plusieurs fois par jour, connaissent aujourd’hui des carences alimentaires aiguës. Les familles qui mangeaient au moins deux fois, trouvent difficilement un repas de valeur nutritive fiable par jour. Des enfants, des femmes et des vieillards, en nombre sans cesse croissant, accusent des marasmes nutritionnels. Pire encore, les humanitaires pouvant palier à cette situation carentielle éprouvent parfois d’énormes difficultés pour apporter l’assistance voulue à cause de l’insécurité sciemment entretenue. Nombreux sont alors des villageois qui, ne produisant plus suffisamment, vivent péniblement la période entre deux saisons de culture, ne disposent plus de réserves des semences et parfois consomment ou vendent simplement les semences, parfois leur offertes par les ONG caritatives.

Héritiers de la Justice prédit que cette inquiétante situation de violation des droits humains est susceptible de déboucher, dans un bref avenir, sur une implosion sociale lourde de conséquences. "Cela serait légitimement mis sur le compte du gouvernement congolais de transition qui répond par une indifférence coupable aux cris de détresse lui lancés à plusieurs reprises par les populations victimes, les organisations nationales et internationales".

(SOURCE : HJ)

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