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Le Flnc écrit à l'Ue, propose un schéma de sortie de la crise

22 avril 2006 - Selon le Flnc, la restauration de l'autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national n’est possible et envisageable qu’après la réorganisation des Fardc suivant le schéma proposé au représentant de l'Ue le 14 janvier 2005. C'est dans une lettre adressée à l'Ue que le Flnc dévoile le schéma qui comprend, entre autre, d'abord, la fusion des armées congolaises ayant existées avant l’avènement AFDL et absentes au conflit armé de 1998 à 2003 pour former le socle de l'armée républicaines. Ces troupes en exil, selon le Flnc,  échappent à la main mise des ex belligérants et sont disposés à servir la nation congolaise; ensuite, le brassage séparé des armées et des groupes armés présents au conflit de 1998 à la signature de l’AGI. Une armée, selon la lettre du Flnc, n’est pas à confondre à un groupe armé et moins encore à une milice. Cette considération oblige la définition des critères clairs de brassage selon l’ancienneté et l’expérience militaire. Et puis, l’intégration des corps brassés dans le socle Fardc déjà constitué devrait former un effectif FARDC se situant entre 20 000 et 30 000 hommes afin de garantir une solde mensuelle respective de 115 et 76 dollars américains, etc.

FRONT DE LIBERATION NATIONALE CONGOLAIS
FLNC

PRÉSIDENCE DU PARTI
FLNC/BP/025-04/2006
Longueuil, le 20 avril 2006.

À Son Excellence Monsieur le Président
De la Commission européenne
200, rue de la Loi
1049 Bruxelles, Belgique
Fax (32) 2 298 85 61

À l’attention spéciale de Monsieur José Manuel BARROSO.

CC : Membres du Conseil de sécurité de l’ONU
        Secrétaire général de l’ONU
        Membres de l’Union européenne
        Présidence de l’Union africaine
        Présidence de la Commission de l’Union africaine
        Ministres des Affaires étrangères des pays membres du CIAT
        Organisations internationales des droits de l’Homme
        Communauté internationale
        Partis politiques congolais
        Forces vives congolaises

CONCERNE : ENVOI TROUPES EUROPÉENNES EN RDC.

Excellence Monsieur le Président de la Commission européenne,

Toute intervention militaire étrangère additionnelle en République Démocratique du Congo « RDC » utile dans le temps et l’espace, particulièrement de l’Union européenne, devrait suivre la mise en application des recommandations du rapport de la Commission LUTUNDULA, la réorganisation des Forces armées et de l’ordre public de la République Démocratique du Congo suivant la volonté congolaise.

Le peuple congolais veut les élections crédibles issues des règles de jeu inclusives conformes aux dispositions constitutionnelles, des Forces armées et de l’ordre public pour protéger tous les Congolais ainsi que tous les étrangers sur le territoire congolais. Il n’a pas besoin d’une armée (police) musclée qui interviendrait pour maintenir la mauvaise gouvernance et évacuer les étrangers laissant les autochtones s’entretuer. Cette démarche discriminatoire à caractère raciste et génocidaire n’est pas digne de la communauté internationale, particulièrement de l’Union européenne. Depuis 1994, le peuple rwandais commémore chaque année le génocide.

Dans un pays qui sort de nombreuses années de guerre à l’image de la République Démocratique du Congo, 33 candidatures à la présidence du pays expriment l’échec de la réconciliation nationale. Décider la tenue des élections dans ces conditions d’insécurité totale sur base d’un enrôlement électoral minoritaire parce qu’on finance le processus de paix, alors que la démocratie repose sur l’ensemble majoritaire et sans la réorganisation des Forces armées sous un seul et unique commandement, traduit non seulement un agenda caché favorable à la balkanisation du pays mais également un soutien international fort à la mauvaise gouvernance sans égard à la souffrance du peuple congolais. La mauvaise gouvernance en RDC signifie et fait revenir les souvenirs du régime MOBUTU.

En intervenant militairement par deux reprises successives en faveur du régime MOBUTU durant les années 70, la communauté internationale avait soutenu et contribué efficacement au mal zaïrois qui plongeait quotidiennement la nation congolaise dans l’abîme. De la nationalisation brutale du parc industriel au détournement des aides internationales destinées au développement national, la classe dirigeante du régime MOBUTU soutenu par l’Occident avait abandonné le peuple congolais croupir dans la misère dont nous ignorons la sortie aujourd’hui.

Reprochant au Gouvernement de transition de ne pas respecter certains critères notamment la mise en place d’un centre unique d’ordonnancement et le plafonnement du financement monétaire du déficit de l’État, le Fonds monétaire international « FMI » a suspendu son programme d’ajustement dénommé « Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance » depuis le 31 mars 2006.

Les Congolais sont conscients de l’apport positif de l’Union européenne pour le retour à la normale en RDC. La récompense ou le retour de cet apport et la reconstruction de la RDC ne sont possibles qu’après la mise en application des recommandations du rapport de la Commission LUTUNDULA et la réorganisation des FARDC selon le schéma congolais. La communauté internationale interviendrait dans un partenariat équilibré et équitable entre les partis.

Le peuple congolais sait également que les Membres du Comité International d’Accompagnement de la Transition « CIAT » représentent officiellement les intérêts des pays respectifs et officieusement ils défendent les causes des multinationales citées dans le rapport de la Commission LUTUNDULA. S’ils représentaient effectivement le CIAT, la demande de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social « UDPS » aurait eu une suite favorable. Contrairement aux arguments relatifs à la fin de la transition et au respect du calendrier électoral avancés contre cette demande, la Commission électorale indépendante a prolongé la période de dépôt des candidatures oubliant la date du 30 juin 2006 parce que le Rassemblement Congolais pour la Démocratie « RCD/Goma » n’avait pas encore tenu son congrès devant se prononcer sur ses candidats aux élections.

La mise en application des recommandations de ce rapport aura pour mission de reformuler toutes les conventions signées pendant les périodes de guerres afin de garantir à la fois les intérêts du peuple congolais et des multinationales concernées. Elle effacera également la crainte de ces multinationales et donnera une reconnaissance nationale recherchée par ces multinationales en remplacement de ces conventions compromettant gravement la reconstruction du pays après les élections.

Au regard de prises des positions contradictoires sur la sécurisation des élections entre les ministres de la défense de l’Afrique du Sud et du Royaume de Belgique oubliant que la RDC est un pays souverain, nier l’échec de l’intégration et du brassage des Forces armées de la République Démocratique du Congo « FARDC » serait refuser admettre le danger à l’horizon. Toute présence militaire étrangère additionnelle (coopération militaire soit-elle) en sol congolais serait catastrophique.

Le retour à la normale en RDC passe également par l’institutionnalisation démocratique de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire congolais. Cette institutionnalisation n’est possible et envisageable qu’après la réorganisation des FARDC suivant le schéma congolais :

1. La fusion des armées congolaises existantes avant l’avènement AFDL et absente au conflit armé de 1998 à 2003 pour former le socle des FARDC républicaines. Ces troupes en exil échappent à la main mise des ex belligérants et sont disposés à servir la nation congolaise dite la RDC constituée du peuple congolais et de son territoire de 2 345 000 km² au cœur du continent africain.

2. Le brassage séparé des armées et des groupes armés présents au conflit de 1998 à la signature de l’AGI. Une armée n’est pas à confondre à un groupe armé et moins encore à une milice. Cette considération oblige la définition des critères clairs de brassage selon l’ancienneté et l’expérience militaire.

3. L’intégration des corps brassés dans le socle FARDC déjà constitué devrait former un effectif FARDC se situant entre 20 000 et 30 000 hommes afin de garantir une solde mensuelle respective de 115 et 76 dollars américains. Cette disposition tient compte à la fois de la capacité d’accueil totale des camps militaires sur le territoire congolais et de la dernière actualisation de la solde mensuelle du militaire congolais à 23 dollars américains pour un effectif total estimé à 100 000 hommes selon le Général Pierre-Michel JOANA, chef de l’EUSEC. Les efforts internationaux ont plus renforcer le dispositif militaire de groupes armés, la création d’une brigade d’intervention populaire « BIP », le retour dans le maquis de démobilisés et sans omettre les troupes d’ex belligérants.

4. L’intégration des corps brassés restant dans les Forces de l’ordre public tant nationales que provinciales sous la direction des casques bleus.

5. Les non intégrés constitueront les démobilisés à encadrer dans la vie civile par de programmes socioéconomiques de garde industrielle et de reconstruction nationale.

Cette réorganisation est possible dans le temps sur le sol congolais entre l’état major général des FARDC actuel et la Coordination des troupes congolaises en exil d’une part, et le Commandement des Casques bleus de la MONUC de l’autre. Informé de ce schéma le 14 janvier 2005 à Bruxelles, l’Envoyé spécial de l’Union européenne dans la région de Grands Lacs l’avait approuvé promettant une logistique pour sa réalisation; promesse jamais accomplie jusqu’à ce jour.

L’objectif poursuivi ensemble étant la tenue des élections crédibles pour la fondation d’un État de droit en RDC et la paix durable dans la région de Grands Lacs, les 270 partis politiques reconnus officiellement durant la transition fonctionneraient sous la haute direction du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC pour atteindre les objectifs indispensables aux élections dans les 3 mois à compter du 30 juin 2006. Si l’Organisation des Nations Unies n’est pas d’accord, nous prendrons les choses en mains. La première semaine du mois d’octobre 2006 serait réservée aux élections libres, transparentes, démocratique et crédibles.

Le 30 juin 2006 n’est pas une date fétiche sinon une date sanctionnant la fin de la Transition et ses Institutions conformément aux prescrits de l’Accord Global et Inclusif « AGI ». Pour le respect de tout le monde, il faut établir un bilan de cette période et définir immédiatement les objectifs prioritaires à atteindre pour conduire le peuple congolais aux élections libres, transparentes, démocratiques et crédibles. Cette position n’est pas seulement de l’opposition congolaise mais également celle du Président de la République qui avait déclaré à la presse congolaise à Kinshasa la démission des Institutions de la Transition si les élections n’étaient pas organisées dans le délai.

Nous vous prions de croire, Excellence Monsieur le Président de la Commission européenne, en l’assurance de notre très haute considération.

Nickel RUMBU KAD MWIMBU

Président du Parti et Commandant en Chef.

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Revised: April 22, 2006 .