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Des actes des traitements cruels, inhumains et dégradants contre les civils perpetrés par la Garde Présidentielle et la Police, selon un rapport de la Monuc

19 mai 2006 - Des groupes armés continuent à constituer une menace sérieuse pour la population civile dans les Kivus et le Katanga. La MONUC reste préoccupée par l'augmentation de cas de violations des libertés publiques. Sept soldats ont été condamnés pour des crimes contre l'humanité par le Tribunal militaire de la Garnison de Mbandaka.

Incidents majeurs

La MONUC reste préoccupée par l'augmentation de cas de violations des libertés publiques.

1. La Force Navale des FARDC, basée à Sabe, à 2km de Tchomia dans le district de l’Ituri, a commis de graves violations de droits de l’homme, notamment des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées. Ces violations se sont produites à la suite d’affrontement entre les FARDC et le Mouvement Révolutionnaire Congolais (MRC) le 29 mars ; 2 soldats des FARDC ont été tués dans cet incident. Le 30 mars, 2 civils ont été arrêtés dans la rue par des soldats avant d’être conduits au camp de Sabe. Le corps de l’un de ces détenus a été retrouvé quelques jours plus tard sur la rive du lac Albert. Le sors du deuxième détenu reste inconnu. Quatre autres corps criblés de balles dans la nuque auraient été retrouvés dans les environs. A Bukuku, à 7 km au Nord de Tchomia, les militaires ont rassemblé les villageois après avoir repoussé l’attaque du MRC sur Tchomia et ont désigné une personne au hasard parmi la foule afin qu’elle livre des informations sur la milice. La victime aurait été exécutée peu après. Au moins 5 autres exécutions sommaires présumées, ainsi que des cas d’usage de torture et de traitement cruel, inhumain et dégradant commis par la Force Navale dans cette zone pendant le mois d’avril sont actuellement en cours d’enquête.

2. Des membres de la Force Navale des FARDC et de la Police ont commis des viols sur une grande échelle ainsi que d’autres violations flagrantes à Ganda, Likako, et Likundju, trois localités du groupement de Lifumba Waka, à 515 km au Nord-est de Mbandaka, pendant le nuit du 18 mars 2006. Trente quatre femmes et trois jeunes filles ont été violées et 5 autres filles ont été victimes de tentative de viol. Cinquante civils ont été soumis à des actes de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants et 120 foyers ont été pillés.

3. Un nombre d’incidents enregistrés ce mois ont porté atteinte aux libertés publiques. Dans la nuit du 27 au 28 mars 2006, à Butembo, la résidence d’un officiel de la CEI a été attaquée par des hommes armés portant un uniforme militaire. La nuit suivante, le bureau de la compagnie nationale de diffusion, RTNC, a été l’objet d’une attaque similaire.

4. Deux officiers de police seraient entrés par effraction dans les bureaux de la station de radio “Radio Mongala” à Bumba, à environ 600 km au Nord-est de Mbandaka, le 6 avril 2006, et se seraient emparé de tout l’équipement. L’incident serait relié au fait que la station radio en question promouvait l’un des candidats aux élections parlementaires.

5. Un activiste politique a été arrêté le 14 avril à Masoyi, à 35 km au Nord-est de Butembo, par le 882ème bataillon des FARDC et a été détenu secrètement. L’Etat Major des FARDC à Butembo a promis de révéler son lieu de détention à la MONUC.

6. Un candidat présidentiel et 18 de ses supporters ont été arrêtés à Kinshasa le 5 avril. Quatre minibus et deux camions chargés de militaires et de policiers se sont rendu à son domicile pour procéder à leur arrestation. L’homme politique et 11 autres ont été libérés le 8 avril, mais 7 autres demeurent en détention, à la date de redaction du rapport, au poste de police de Kin-Maziere.

7. Trois membres du parti politique Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) auraient été arrêtés arbitrairement par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) à Bukavu le 14 avril 2006 pour des motifs liés aux élections. Toujours à Bukavu, le représentant provincial du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RDC/Goma) aurait été assailli par un nombre de Gardes Républicains (GR) le 9 avril 2006. Les membres de ce parti continueraient toujours à être intimidés.

8. La lutte contre l’impunité a fait un pas en avant en RDC le 12 avril 2006. Pour la première fois dans l’histoire du pays, un juge a condamné sept soldats pour crimes contre l’humanité. Le tribunal militaire de la garnison de Mbandaka a retenu une peine à perpétuité pour viols à grande échelle commis dans le village de Songo Mboyo et Bangandanga, dans la province de l’Equateur, en décembre 2003. Cinq autres prévenus ont été acquittés pour manque de preuve. La Cour a appliqué le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale qui qualifie le viol commis de manière systématique et à grande échelle comme un crime contre l’humanité.

Les FARDC auraient été responsables de la majorité des violations des droits de l’homme commises durant le mois d’avril.

9. Un détenu militaire serait mort et un autre hospitalisé après avoir été arrêté et tenu en détention par les FARDC à Vuyinga, à 60km au Sud-ouest de Butembo. Le 10 avril 2006, ACR aurait arrêté l’homme soupconné d’être l’allié de l’officier dissident Laurent Nkunda, et l’aurait remis aux mains des FARDC. Une des victimes serait morte le jour suivant des suites de blessures qu’ils aurait reçues pendant sa détention. La deuxième victime a été libérée et hospitalisée.

10. Une fillette de 8 ans aurait été violée par un lieutenant du 89ème bataillon à Kagheri le 23 mars 2006.

11. Selon des sources de Muhangi, à 30 km à l’ouest de Butembo, des soldats du 882ème bataillon ont tué d’une balle un civil le 9 avril 2006. Les circonstances de l’incident sont inconnues.

12. Un civil aurait été sérieusement battu par un soldat du 89ème bataillon à Kasugho le 17 mars, pour avoir refusé de transporter les effets personnels de l’agresseur à Lubero.

13. Une personne âgée serait morte le jour suivant son arrestation par un représentant de l’Auditaire militaire dans le village de Kilindera, à 82 km au Sud-est de Beni, le 22 mars 2006. Son arrestation aurait apparemment suivi une tentative de lui faire payer une amende de 40 USD pour son fils, déjà détenu au bureau du procureur militaire de Beni, à Kyavinyonge. Etant dans l’incapacité de payer cette somme, il aurait été roué de coups de pied et tabassé à l’aide d’une matraque et de cordes. Le jour suivant, on l’aurait ligoté et forcé à marcher 52 km jusqu’au centre médical de Kyavinyonge, où il est mort peu de temps après son arrivée.

14. Le 15 avril 2006, deux femmes auraient été violées à plusieurs reprises par un soldat au camp militaire de Mukakira, près du village d’Oicha, à 30 km de Beni. L’auteur présumé a été arrêté le jour suivant par le commandant du camp suite à l’intervention d’une autorité locale. Cependant, il serait parvenu à s’échapper plus tard.

15. Un chef local de Bugina dans le territoire de Ruthuru est mort le 22 avril 2006. Il aurait été flagellé par la 3ème compagnie de la 2ème brigade intégrée dans le secteur de Runvoni. Selon des avis médicaux et d’autres sources locales, le chef aurait été torturé après son arrestation le 21 avril, alors qu’il était soupçonné de cacher des ennemis combattants. Selon une source des FARDC, trois bandits armés ont accusé le chef de la localité d’être leur leader. Le 22 avril, le chef local a été transféré à Bunagana, le quartier général de la compagnie. Il a succombé à ses blessures plus tard dans la journée pendant son transfert au quartier général du 22ème bataillon à Rubaré.

16. Un civil aurait été sérieusement battu par des soldats du 812ème bataillon déployés à Kazinga, à 20 km au Sud-ouest de Masisi. Le 11 avril, un soldat démobilisé aurait été enlevé par des membres de ce bataillon. Son sors demeure inconnu pour le moment. Deux autres soldats du bataillon qui essayaient d’être démobilisés auraient été sommairement exécutés sur ordre d’un officiel local. La DDH ne dispose pas de plus de détails concernant ces incidents.

17. Deux femmes rwandaises auraient été violées par un soldat et un individu en habit civil le 24 avril, après avoir été arrêtées à Karuba, à Masisi. Le soldat, qui appartiendrait au 812ème bataillon des FARDC, se serait également emparé des biens et de l’argent des victimes.

18. Le 18 avril, un civil a été arrêté et conduit au T2 à Goma par le Colonel Bindu, le Chef de personnel de la 8ème Région Militaire, et aurait ensuite été battu jusqu’à ce qu’il perde conscience. Il a été transporté à l’hôpital. Les raisons de son arrestation et du mauvais traitement qu’il a subit restent encore floues. Ce n’est pas la première fois que le Col. Bindu est impliqué dans ce genre d’incident.

19. Quatre civils accusés d’être des combattants des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDRL) auraient été arrêtés par des soldats de la 2ème brigade intégrée à Kiwanja, à 70 km au Nord de Goma, le 22 mars 2006. L’un d’eux a été victime de graves mauvais traitements lorsqu’il était détenu dans le cachot de la 8ème Région Militaire.

20. Un “prisonnier de guerre” est mort le 1 avril, peu après avoir été capturé par les FARDC lors des affrontements entre la 2ème Brigade Intégrée et un groupe armé (probablement de la FDLR) à Katemba dans le territoire de Rutshuru. Cinq détenus ont été transférés au quartier général de la 8ème Région Militaire à Goma, deux d’entre eux ont été hospitalisés à Katindo et un autre détenu, de nationalité rwandaise, a été transféré au Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies. Deux d’entre eux demeurent en détention sans chef d’inculpation.

21. Un détenu civil a été jeté par le balcon du premier étage de l’Auditorat Militaire à Butebo le 7 avril. Trois soldats ont été arrêtés plus tard par un inspecteur militaire judiciaire pour ce crime. La victime a été hospitalisée suite à cet incident.

22. Un officier des FARDC appartenant au 892ème bataillon aurait donné l’ordre à quatre soldats de tabasser un gardien de parking, le 21 mars 2006, à Butembo. L’incident s’est produit lorsque la victime tentait d’empêcher l’officier de réquisitionner un véhicule privé. Depuis que la victime a déposé une plainte officielle auprès du bureau de l’auditorat militaire, le 24 mars, elle serait soumise à des menaces de la part de l’officier.

23. Dix sept civils, dont six enfants, deux femmes et un bébé ont été arrêtés et mis en détention par les FARDC, apparemment suivant les opérations militaires dans le Parc National de Virunga le 26 avril. Une des femmes détenues a déclaré que son mari avait été tué par les soldats. D’autres détenus ont declaré qu’ils ont été frappé pendant leur garde à vue à Katwegueru, près de Kisharo.

24. Une fille de 17 ans aurait été tuée d’une balle par des soldats de la 1ère Brigade de réserve des FARDC dans le village de Konge, à 18km au Nord de Bukavu, le 16 mars 2006. Le meurtre s’est produit dans le contexte d’un vol à main armée dans la maison de la jeune fille. Les soldats ont tiré sur elle alors qu’elle s’enfuyait afin de chercher du secours. Le propriétaire de la maison a également été frappé lors de cet incident.

25. Un soldat de la 1ère Brigade de réserve du 15ème Bataillon sous le commandement du Capitaine Hindia serait responsable du viol d’un garçon de 15 ans, le 14 mars 2006, à Mushingi, environ 10 km au Sud de Bukavu. L’incident s’est produit alors que le garçon était sur le chemin du retour de l’école. Dans les alentours de Kalonge, des soldats ont forcé des civils à porter leurs affaires le 28 mars et une jeune fille de 13 ans aurait été enlevée alors qu’elle refusait de devoir poser un enfant de deux ans pour porter leurs bagages. L’enfant a été remis à la famille, mais le sors de la jeune fille reste inconnu.

26. Deux civils auraient été tués le 19 avril par un soldat du groupement de combat de Walungu, à Mushinga, à 58 km au Sud-ouest de Bukavu. Trois soldats auraient contrôlé les victimes lors d’un check point, et leur auraient demandé de payer la somme de 100 USD. N’ayant reçu que deux bouteilles de bière, les soldats se sont mis en colère et l’un des soldats aurait ouvert le feu et tué les deux victimes.

27. Une femme aurait été violée par un commandant des FARDC, de la 116ème brigade, dans la nuit du 6 avril. La victime a été attaquée près de son domicile à Rukabara, dans le territoire de Kalehe dans le Sud Kivu. Elle a été violée en présence de trois autres soldats.

28. Un civil a déclaré avoir été arrêté, frappé et mis à nu en public par six soldats des Forces Navale à Uvira, le 21 avril. La victime avait d’abord été mise au cachot au port de Kalundu, puis conduite au bureau de l’auditeur militaire, où il a été détenu pendant 4 jours sans chef d’inculpation. Le mauvais traitement a été infligé à la victime car elle aurait accusé un soldat de voleur.

29. Dans la nuit du 17 au 18 avril, un civil a été arrêté à Uvira par un soldat et un deuxième civil a été frappé par un soldat ivre. La victime d’arrestation arbitraire a été détenue par le Commandant de la 109ème brigade pendant 5 jours.

30. A Bukavu, la réunion d’une ONG locale a été interrompue par deux soldats, le 5 avril. Les perturbateurs ont saisi des documents et ont déclaré que les réunions relatives aux prochaines éléctions étaient de la prérogative du Président Kabila.

31. Pendant la nuit du 6 au 7 avril 2006, un civil aurait été tué par trois soldats des FARDC à Bukavu pendant un cambriolage à main armée. Sa femme a été sérieusement blessée au cours de l’incident et a été hospitalisée. L’incident a provoqué une manifestation contre les abus et meurtres continuels commis par les FARDC.

32. Une jeune fille de treize ans a été tuée par un officier de police militaire à Bukavu, le 7 avril 2006, lors d’ une manifestation contre les abus et meurtres continuels commis par les FARDC. Selon plusieurs témoins, la fille a été tuée d’une balle à la tête alors qu’elle fuyait la manifestation.

33. Deux activistes d’ONG locales auraient été arrêtés et tabassés par des soldats de la 118ème brigade à Mukolwe, à 70 km au Sud d’Uvira, le 30 mars 2006. Selon une source locale, leur arrestation était reliée à leur tentative de mettre fin à l’arrestation de civils.

34. Un civil a déclaré avoir été arrêté arbitrairement et torturé par trois soldats de la 118ème brigade à Katungulu II, à 59 km au Sud d’Uvira, le 3 avril. Il était accusé de vol. Il a été ligoté et conduit au camp militaire où il a été sévèrement battu et roué de coups de pieds par trois soldats en présence de leur commandant. Les soldats tentaient de lui faire avouer le vol. Il a été hospitalisé après avoir été relâché en payant un pot de vin.

35. Un civil aurait été poignardé par un soldat, le 18 avril, à Kankinda, à 80 km au Sud-ouest de Bukavu. Selon une source locale, la victime refusait de transporter les bagages du soldat.

36. Un commandant militaire des Opérations du Front Sud à Sange, à 33 km au Nord d’Uvira, aurait arrêté deux garçons de 13 ans, le 25 mars pour lui avoir jeté des pierres. Les deux garçons ont d’abord été conduits dans les cachots de la Police à Sange, où ils auraient été tabassés par trois soldats avant d’être récupérés par le commandant qui les aurait emmenés dans sa résidence privée.

37. Vingt-deux civils membres de la communauté Banyamulenge (ethnie Tutsie) ont été mis en garde à vue militaire à Bukavu, après avoir été arrêtés par l’ANR, à Uvira, au début du mois d’avril. La plupart des 34 arrestations se sont produites à la frontière avec le Burundi. Les personnes détenues étaient accusées de planifier une troisième guerre en RDC. Les victimes n’avaient pas été notifiées du motif de leur arrestation et étaient détenues dans des conditions déplorables.

38. Trois civils ont été arrêtés et auraient été sommairement exécutés, le 6 avril, par les militaires à Mutumbi, à environ 25 km, au Nord de Bunia. Leurs corps ont été enterrés par la suite par les auteurs du crime. Deux soldats auraient été arrêtés suite à ce crime.

39. Deux civils seraient mort des suites de traitements cruels, inhumains et dégradants qui leur aurait été infligé par des soldats, à Medu, à 30 km au Sud de Bunia, le 28 mars. Les auteurs auraient arrêté trois civils, leur aurait coupé les cheveux qu’ils auraient ensuite mélangés avec du savon. Ils auraient forcé les victimes à avaler le mélange. Deux d’entre eux ont sont mort de suffocation. La troisième victime a réussi à s’échapper et est arrivée à Dele, à 5 km au Sud de Bunia le 3 avril.

40. Le 29 mars 2006, un civil aurait été arbitrairement exécuté par un soldat FARDC à Muchanga - environ 30 km au sud-est de Bunia. Selon des sources locales, la victime est morte parce qu’elle portait un foulard avec l’image du drapeau américain similaire aux foulards qu’ils portent les miliciens. Le corps aurait été pris par les FARDC.

41. Un soldat démobilisé serait mort suite aux mauvais traitements sévères commis par des soldats pendant sa détention à Bunia. La victime a été arrêtée par les soldats dans son résidence le 1er avril et est restée en détention pendant 9 jours, pendant lesquels il a été sévèrement battu. La victime a été hospitalisée et aurait succomber à ces blessures le 16 avril.

42. Un Officier de la Police Militaire a été accusé d’avoir provoqué des blessures quand il a sévèrement battu un civil à Kisangani, le 26 mars. La victime a été hospitalisée suite à l’attaque, dont le motif reste inconnu.

43. Le 17 avril 2006, un civil a été arrêté à 3 heures du matin par un groupe des soldats quand ils se sont précipités dans un hôtel où il résidait à Kasumbulesa - environ 90 km de Lumumbashi. La victime a déclaré qu’elle avait été ramenée au Bureau des Renseignements Militaires (T2) où elle a été sévèrement battue avec des cannes de bambou -parce qu’il aurait refusé d’ouvrir la porte de sa chambre d’hôtel. Malgré que la T2 a admis que l’arrestation a eu lieu, aucune justification n’a pu être fournie. Des sources indiquent que l’incident a eu lieu à cause d’une dispute de caractère privé, et que la victime a été enlevée par accident à la place d’un autre individu. Une grande somme d’argent a été volée pendant l’incident. La victime a été hospitalisée pour les soins de ses blessures.

44. Une personne suspectée de vol a été tabassée à mort par des soldats de la Force Navale dans leur base à Kalemie. Le corps de l’homme a été retrouvé dans la base, le matin du 28 avril, suite à son arrestation le soir précèdent. Les traces évidentes sur le corps témoignant des coups et des mauvais traitements, infligés à la victime, ont conduit à l’ouverture d’une investigation judiciaire sur les conditions de sa mort.

45. Des détenus au camp de la Force Marine à Makala - 9 km de Kalemie - ont protesté des mauvais traitements -des coups inclus- de la part des gardiens. Pendant une visite effectuée le mois d’avril, les Officiers des droits de l’Homme ont trouvé 5 personnes, toutes détenues illégalement, dont deux se sont plaintes d’avoir été frappés.

46. A Moba, les soldats de la Force marine ont arrêté, le 21 avril, des membres d’une ONG locale travaillant pour la sensibilisation de la population locale sur les élections. Les personnes arrêtées ont été libérées le jour suivant sans aucune charge prononcée contre elles.

47. Deux filles, âgées respectivement de 11 et 13 ans seraient violées par un groupe de quatre soldats et un Officiel du DSR, à Kabalo, le 7 avril. Les circonstances de l’incident restent inconnues.

48. Un Officier de la 69ème Brigade, basée à Kongolo, aurait commis deux violations des droits de l’homme à Lengwe -75 km de Nyunzu, dans province de Katanga. Un civil a été arbitrairement arrêté et battu par ledit Officier le 8 avril 2006, apparemment dans le cadre d’une tentative d’extorquer des biens et argent. Plus tard, le même jour, le même Officier a tabassé et blessé une femme et a volé sa carte d’électeur à Numbi -92 km de Nyunzu.

49. Dans le territoire de Mitwaba, dans la province de Katanga, les civils continuent à être victimes des violations commises par des éléments de la 63ème Brigade Intégrée. Selon UNICEF, le 17 avril 2006, des soldats ont battu un civil, volé un vélo et huit boites de matériel destiné aux IDPs. Le 18 avril, un civil serait tabassé par un soldat au centre de Mitwaba- 350 km au nord de Lubumbashi. Le 20 avril, plusieurs personnes déplacées serait forcées par des soldats de travailler dans les mines de cassitérite. Des prisonniers de guerre, détenus par les FARDC seraient maltraités.

50. Le 31 mars 2006, les soldats de la Force Navale et des Officiers de la PNC seraient responsables des violations des droits de l’homme à Lisala - environ 470km au nord est de Mbandaka. Selon des sources locales, les auteurs ont attaqué le village en tirant en l’air afin que la population soit dispersée et l’empêcher de travailler dans un site d’exploitation forestière. 37 civils ont été arrêtés, au moins une femme a été violée et des maisons ont été pillées. La majorité de la population locale s’est enfuie dans la foret proche du village.

51. Selon une source locale, un civil serait battu à mort par un soldat dans une mine d’or, le 11 avril 2006, à Kasese -196 km nord-est de Kindu. Le soldat aurait commencé à frapper la victime suite à son refus de lui donner de l’argent.

52. Deux soldats FARDC de la 7ème MR seraient responsables du viol d’une femme, à Kindu, le 20 mars 2006. Selon la victime, elle était en train de rentrer chez-elle, accompagnée par son enfant, quand les soldats l’ont arrêtée, l’ont menacée avec une arme et extorqué 4000 FC. Un soldat a pris l’enfant, l’a jeté dans la brousse et a porté un coup de pied à la victime, qui a été violée par son deuxième agresseur.

53. Le 26 avril, des soldats FARDC du 441ème Battalion auraient tiré et tué deux civils (commerçants de diamants) à Mukua Ndama - 35 km from. Tsikapa. Les victimes étaient en train de voyager vers la frontière angolaise quand elles auraient été attaquées et blessées par balle par trois soldats. Toutes les deux victimes ont perdu du sang pendant leur transfert à Tsikapa. Le 27 avril, environ 300 personnes ont porté les corps des victimes dans la ville de Tshikapa et se sont positionnés devant la Mairie mais one été dispersés par la Police.

54. Une femme a rapporté avoir été violée par cinq soldats qui ont cambriolé sa maison dans la commune de Dibindi à Mbuji Mayi, le 20 mars 2006. Les auteurs menaçaient la victime avec une arme pendant qu’elle était violée, à deux reprises, par deux soldats en même temps.

Incidents impliquant la PNC et certaines de ses branches

55. Le 24 avril 2006, suite à un incident opposant des ouvriers creuseurs des mines et la société multinationale d’exploitation des mines « Anvil », la Police de Mines a tiré sur des manifestants à Kolwezi -360 km de Lumumbashi- , tuant deux personnes. Les ouvriers locaux qui travaillent dans les mines protestaient, contre l’exploitation minière d’Anvil dans la ville, après qu’un ouvrier clandestin s’est noyé en essayant d’échapper d’un gardien de sécurité. Quand la manifestation est dévenue violente –des maisons d’employeurs d’Anvi ont été mis en feu – la police de mines a commencé à tirer sur les manifestants.

56. A Kasambulesa –environ 100km sud de Lubumbashi- les ouvriers des mines, travaillant pour une entreprise publique ont étés violemment dispersés par la PN, quand ils ont protesté, le 24 avril contre un employer pour l’arriéré des salaires impayés depuis 68 mois. Un des manifestants a été hospitalisé suite aux blessures dans les yeux et sur le visage avec un bâton.

57. Le 2 avril, un Officier de la Police a tiré et tué un civil qui refusait de participer au travail collectif de la commune renommé Salongo, au village de Mashala -100 km au nord de Katanga. La Police locale est toujours en train d’effectuer des investigations sur l’incident mais elle a déclaré qu’il s’agit d’un accident.

58. Selon des sources locales, la PNC a attaqué le village d’Ubangi - 585 nord-est de Mbandaka- le 8 avril 2006. Les policiers ont arrêté arbitrairement et torturé six civils qui refusaient de participer au Salongo. Les victimes seraient détenues et tabassées dans le commissariat de la police pendant quatre jours jusqu’au paiement d’une somme de 50 dollars US pour garantir leur libération.

59. Deux détenus seraient « disparus »pendant un accident dans la Prison de Kasapa, à Lubumbashi et sont considérés morts. Cinq autres détenus sont blessés par balles, le 11 avril, quand la Police chargée du contrôle de la prison ont ouvert le feu sur les détenus qui se sont révoltés contre le refus des autorités de la prison de permettre aux familles des prisonniers de leur délivrer de la nourriture.

60. Le 15 avril, un civil serait battu à mort par des policiers, à Nduba, territoire de Walungu - 45 km sud-est de Bukavu. La victime serait arrêtée le 8 avril et serait décédée le 15 avril dans un centre de santé, suite à ses blessures.

61. Une femme et son jeune enfant ont été arrêtés à la place de son époux, par deux officiers de la police dans le quartier de Kasenga, à Uvira, le 1er avril 2006. La victime a déclaré qu’elle a été battue avec un bâton par un policier, pendant sa détention dans les cellules du 3ème Platoon de la PNC.

62. Selon des sources locales, trois policiers ont violé une femme à Lokangu - 190 km au sud de Kindu- et auraient arrêté arbitrairement et frappé son époux, le 28 mars 2006. Les policiers seraient initialement en mission pour arrêter le père de l’époux de la femme. Puisqu’ils l’ont pas trouvé, ils ont arrêté et tabassé son fils et violé la femme.

63. A Kalima - 101 km nord-est de Kindu- un civil serait arrêté et frappé par 17 officiers de police, suite à une accusation d’adultère portée contre lui. Selon une ONG locale, la victime a été arrêtée sous l’ordre du commandant adjoint de Commissariat Régional de Police, le 17 mars, déshabillée et a été sévèrement battue. L’homme est resté en détention pendant six jours avant de payer 6000 CF (environ 14 US dollars) et être libéré.

64. Le 26 mars 2006, une fille âgée de 16 ans, serait violée pendant sa détention par un officier de police à Bafwasende. La victime serait arrêtée avec la sœur, âgée de 15 ans, par la PNC à Bufwasende pour des motifs inconnus.

65. Dans le quartier de Ngiri Ngiri, à Kinshasa, une femme serait morte par une balle perdue, tirée par un officier de la PNC, le 25 mars 2006. L’incident a eu lieu quand les policiers ont tiré plusieurs fois afin de disperser une foule de civils engagés dans une bagarre de rue. L’auteur présumé et de nombreux civils participant aux événements ont été arrêtés et sont actuellement détenus dans le cachot de Ngiri Ngiri.

Autres membres des Forces de Sécurité ont été responsables des violations des droits de l’homme dans cinq autres provinces

66. Six civils, appartenant au groupe ethnique Hema, ont été arrêtés, le 23 avril, par des éléments de la Garde Républicaine dans la route vers l’aéroport de Kisangani. Ils ont été accusés d’avoir une nationalité rwandaise malgré le fait qu’ils ont présenté leurs pièces d’identité. Les six ont été libérés suite à l’intervention de la MONUC.

67. Un journaliste de la Radio OKAPI à Kisangani serait frappé par huit soldats de la Garde Républicaine sous l’ordre de leur commandant à Kisangani, le 24 avril. Le journaliste était en mission pour vérifier des informations sur le début du processus de brassage des soldats.

68. Un civil a déclaré d’avoir été arrêté et sévèrement battu par un officiel de l’ANR et cinq autres policiers dans le bureau d’ANR, à Lubumbashi, le 11 avril. Selon la victime, elle n’a jamais été informée de raisons de son arrestation et elle a été libérée le jour suivant sous la menace de ne pas informer la justice sur l’incident.

69. Un civil serait arbitrairement arrêté et torturé par deux agents de la ANR, à Lubumbashi, le 13 avril 2006. La victime déclare qu’elle a été battue par les agents de la ANR qui ont utilisé un bâton plastique et lui donnaient des coups pour l’obliger d’avouer un vol. Elle a été libérée le même jour après avoir payé 100 dollars US.

70. A Tshikapa, dans la Province de Kasai Oriental, des officiers d’ANR auraient arrêté un avocat, le 15 mars 2006, qui représentait les intérêts d’une famille dans un procès de caractère civil. La victime serait libérée le même jour suite à l’intervention d’une ONG locale.

Groupes armés considérés d’être responsables d’abus dans trois provinces

71. Selon une source locale, vingt femmes seraient violées par des Hutus Rwandais à Kalonge - 25 km sud de Bukavu - entre le 14 et le 16 mars 2006. Au moins huit victimes ont été hospitalisées après l’attaque.

72. Le 25 mars, des milices FDLR auraient enlevé huit civils à Mushingi - 7 km à l’ouest de Kalonge. Une victime déclare qu’ils ont été enlevés afin de transporter les affaires de milices FDLR. Il n’y a pas de nouvelles sur le sort des autres personnes kidnappées.

73. Cinq Hutus Rwandais seraient responsables de l’enlèvement de dix femmes pendant l’attaque contre le village de Gifunzi -environ 10 km au sud de Bukavu- le 26 mars 2006.

74. Selon une source locale, deux civils seraient morts et deux femmes seraient blessées pendant une attaque, commise la nuit du 6 au 7 avril 2006, par un groupe de combattants FDLR armés, dans la localité de Kaniola - Cindubi - 55 km sud -est de Bukavu. Quatre autres hommes seraient kidnappés et ramenés dans la foret.

75. Le 10 avril, des combattants FDLR auraient pillé un camion, transportant environ 30 civils, en provenance de Bunyakiri - 83 km nord-ouest de Bukavu - et auraient enlevé 15 personnes.

76. Trois civils seraient tués par les FDLR pendant une attaque au village Karhishenyza -75 km sud-est de Bukavu- pendant la nuit du 13 au 14 avril 2006.

77. Un civil aurait été kidnappé, le 17 avril, par des combattants FDLR à Kiwanja - 50 km nord de Goma.

78. Pendant la nuit du 17 au 18 avril 2006, un groupe armé de Hutus Rwandais auraient tué trois hommes civils et kidnappée six femmes et un homme dans le village de Nyalubuluze - 60 sud -est de Bukavu. Un civil aurait été blessé pendant l’incident.

79. Un groupe armé de Hutus Rwandais, a tué deux civils et intentionnellement blessé trois autres pendant une attaque, le 27 avril, contre le village de Mazibal/Lwiro - environ 50 km nord de Bukavu. Selon les témoins directs, les agresseurs sont forcés les portes des maisons et ont terrorisé les habitants et sont partis avec des biens et des bétails.

80. Le 1er avril, des Mayi Mayi de « Mundusi » aurait pris un prêtre local et le commandant de la 6ème MR en otages craignant que leur propre commandant avait été arrêté à Kalemie. Les deux victimes étaient en mission dans le village pour négocier la possibilité de leur désarmement et leur intégration au processus de brassage.

81. En mars 2006, les Mayi Mayi de Gédéon ont conduit trois attaques contre les villages entre Manono et Kiambi - 95 km est de Manono. Le village de Nasanga a été brûlé le 11 mars 2006, et un civil a été tué dans le village de Mambwe, le 15 mars 2006.

Source : Monuc.org

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