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Affaire 32 mercenaires : une manipulation politique pour justifier les violations de libertés individuelles

25 mai 2006 - Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ainsi que des personnalités politiques de l'opposition ont vu leurs résidences encerclées dans la nuit du mardi au mercredi par des éléments de la Police. Au nombre des personnalités assiégées figurent Pierre Anatole Matusila, Jean-Claude Mvuemba, Gabriel Mokia, Mboso Kodia Mpuanga, Joseph Olengankoy, Valentin Mubake et Roger Lumbala. A en croire le fils du docteur Matusila, Eric Matusila, qui vit en Belgique, des hommes en uniformes sont arrivés à leur résidence familiale, sise Avenue Kimwenza numéro 36, au quartier Masanga Mbila, près de l’arrêt Fulu, dans la commune de Mont Ngafula, vers 2 heures du matin. Ils étaient une trentaine. Ils ont désarmé les militaires qui assurent la sécurité du domicile du candidat à la présidence, au motif qu'ils étaient envoyés pour assurer sa protection. Devant la méfiance et le refus de l’épouse du Candidat de voir désarmés les agents commis à la sécurité des siens, les hommes en uniformes ont décidé d’encercler la maison, où vit également la mère du candidat (très âgée et malade), empêchant toute sortie ou entrée. Selon toujours son fils, Pierre Anatole Matusila, le président du Conseil de l’apostolat des laïques catholiques du Congo (Calcc), qui est candidat indépendant, n'était pas à son domicile au moment des faits. Il est en séjour à Brazzaville, la capitale de la République du Congo voisin. Réagissant à la situation, Dr Matusila, par son avocat-conseil, a décidé de porter plainte. Il affirme que les éléments de la Police venus encercler sa résidence ont retiré la garde mise à sa disposition. Quant à Mboso Nkodia et Mubake, ils déplorent "la violation de liberté individuelle".

Un autre candidat à la présidence, en la personne de Dr Oscar Kashala, a reçu une convocation ce mercredi pour être entendu au quartier général de la police jeudi à 10 heures. La convocation lui autorise de se faire assister d'un avocat. Son interpellation est en rapport avec l'arrestation, annoncée tambour battants, de "32 mercenaires" qui chercheraient à renverser Kabila. Trois d'entre-eux sont des sujets américains employés par la firme AQMI Strategy Corporation de Orlando, en Floride. Parmi ces trois derniers, deux ont été débarqués de force de l'avion, le 18 mai, alors qu'ils retournaient aux Etats Unis. Ils ont été relâchés quelques heures après le décollage de l'avion, pour être repris le lendemain matin, à une résidence privée, en compagnie du troisième, trouvé sur place. Les trois font partie d'une équipe de la sécurité rapprochée du candidat Oscar Kashala. Le président de AQMI Strategy Corporation, Frank Amodeo, s'est dit très préoccupé pour ses agents et leurs familles, et a demandé la libération immédiate de ses hommes car, a-t-il ajouté, "Ils n'ont rien fait".

Un porte-parole de l'Onu a déclaré à Associated Press que l'arrestation de 32 "mercenaires" avait l'air d'une pure manipulation politique du gouvernement. Un point de vu qui rejoint celui de plusieurs observateurs qui sont, tous, unanimes à dire que c'est du "déjà vu", faisant allusion aux nombreux "coups d'Etat montés et manqués" de l'époque de Mobutu. "Joseph Kabila, affirme un observateur, croyait qu'il allait remporter les élections, haut la main, comptant sur l'achat des consciences avec les milliards de dollars, d'argent sale qu'il a amassé avec des contrats léonins. Mais, avec le dernier retournement spectaculaire de la situation, due à l'éveil des consciences et à la question identitaire, il ne contrôle plus la situation. Lui est son beau-frère, Théophile Mbemba, ministre de l'Intérieur, cherchent, désespérément à récupérer le pouvoir qui est en train de leur échapper". Le même observateur, qui a requis l'anonymat, croit que Joseph Kabila est "un dictateur dangereux". 

Cheik Fita

Autres titres : 

Les Evêques de Belgique envoient un message d'encouragement à leurs confrères du Congo

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Revised: May 26, 2006 .