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Politique et société |
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Bemba et Ruberwa rejettent la décision du chef d'Etat-major de leur retirer la garde rapprochée 09 mars 2007 - Le Chef d'Etat-Major général des Fardc, Le lieutenant-général Kisempia Sungilanga, a, dans un communiqué rendu public mardi, donné ordre que tous les militaires qui sont encore à la garde des dignitaires de la transition, notamment les ex vice-présidents, de cesser immédiatement cette prestation, dévolue, selon lui à la police nationale. Mais, son ordre est loin d'être suivi, car le Mlc de Jean-Pierre Bemba, et le RCD de Azarias Ruberwa dénient au chef d'Etat-major général des Fardc le pouvoir de commander des unités dont le contrôle lui a toujours échappé. En effet, l’annonce de cette décision du haut commandement des Fardc n'a pas tardé de susciter des réactions en sens diverses. Le MLC, parti de Jean- Pierre Bemba, pense que cette décision doit être mûrie après discussion. Le Mlc Delly Sessanga, l’a dit mardi au cours de l’émission Dialogue entre Congolais sur radio Okapi. « Je pense que cette décision, qui cadre bien avec l’esprit du décret, ne tient pas compte de l’environnement politique. Et je pense que les décisions militaires, qui sont appliquées sans tenir compte du contexte politique et social, sont pure violence. En ce qui nous concerne, le président Bemba a écrit au chef d’Etat-major pour lui signifier que, conformément aux engagements du 29 octobre, il était convenu que son dispositif reste en état. Donc, discuter autour de ça. Il est impossible aujourd’hui, dans les conditions d’instabilité, d’insécurité dans lesquelles se trouve le candidat Jean-Pierre Bemba, on puisse penser qu’en lui substituant 12 gardes de la police nationale on puisse assurer sa sécurité ». Delly Sessanga propose que cette opération soit intégrée dans un plan d’accélération de l’intégration des brassages des Fardc. Pour le Rassemblement Congolais pour la
Démocratie (Rcd-Goma), il faut harmoniser un certain nombre de choses
avant de prendre une telle décision. Le secrétaire général du RCD,
Kabasubabo Katulondi, souligne que les conditions de sécurité doivent
être discutées dans les moindres détails. « Il faut qu’il y ait
discussion entre, d’une part, les 2 hommes d’Etat et le gouvernement.
Notamment, le ministre de la Défense, le ministre de l’intérieur, pour
dire quelles sont les conditions de ce retrait. On ne peut pas retirer
comme ça sans avoir discuté au préalable des modalités. Il faut, dans
une certaine mesure, revoir le nombre, le volume, parce que, vous savez, c’est
des militaires, ils doivent être casés quelque part, ils ont des
enfants, et tout... Il faut étudier les modalités. Comment on le fait?
On ne peut pas se réveiller un beau matin et décider que, bon, parce qu’il
y a eu élection, on vous retire toute la garde et faites nous confiance.
Ça n’existe pas ». Dans son communiqué de mardi, le lieutenant général Kisempia, a indiqué que la garde de sécurité personnelle, notamment, est une mission dévolue à la Police nationale congolaise. L’accord global et inclusif a permis aux vice-présidents issus des ex rebellions de conserver une partie de leurs militaires pour assurer leur sécurité pendant la transition. C’est le cas de Jean-Pierre Bemba, et Azarias Ruberwa. Malgré la présence de ces forces dans la capitale, la transition s’est déroulée sans heurts majeurs jusqu’à l’organisation des élections. Cependant du 20 au 22 août 2006, au lendemain de la publication des résultats du premier tour des présidentielles, la garde du vice président Jean Pierre Bemba et la garde présidentielle se sont affrontés à l’arme lourde. Kinshasa était ainsi paralysé durant 3 jours. Plus de 20 morts avaient été enregistrés tant du coté des civils que des forces de l’ordre. En depit des accords signés entre les 2 camps des 2 candidats au second tour de la présidentielle, pour garantir, entre autre, la sécurité du futur perdant, les vices présidents Jean Pierre Bemba et Azarias Ruberwa ont gardé les militaires commis à leur sécurité. Les élections sont passées, le gouvernement est investi; la transition a donc officiellement pris fin. Selon le Haut-Commandement des Fardc, il est temps que ces militaires commis à la garde des vices présidents réintégrent maintenant l'armée nationale. Visiblement, le communiqué de la structure militaire d’intégration diffusée il y a plus d’une semaine, n'a pas été respecté. Il appellait les militaires commis à la garde des vice-présidents à rejoindre le camp Kokolo avec tous les effets militaires. Ce qui expliquerait le communiqué du chef d’état major général des FARDC. Contactés par Radio Okapi, ni le Chef d'Etat-major général des FARDC, ni le ministre de la Défense n’ont voulu se prononcer sur ce qui serait prévu en cas de refus des militaires concernés d'obtempérer à cet ordre dans le délai. Des observateurs ont, cependant, remarqué que la décision du chef d'Etat-major général des Fardc ne cherche pas à résoudre le problème dans sa globalité, car elle autorise, tacitement, le président Kabila à garder ses unités privées (la fameuse garde "republicaine"). Ceci, en plus des services propres aux régimes autocratiques comme la Demiap (Detection millitaire des activites inti-patrie), dont les cachots seraient remplis des prisonniers politiques et d'opinion. Selon ces derniers, le général Kisempia serait le seul à croire encore en la bonne foi de Joseph Kabila. Emmanuel Katshunga Communiqué du Haut commandement des FARDC Le Haut commandement des Forces armées de la République démocratique du Congo porte à la connaissance de toutes les anciennes autorités de la transition, notamment les anciens vice-présidents de la République, les ministres et vice-ministres, les députes et sénateurs, les membres des institutions d’appui à la démocratie ainsi que tous les autres, que la garde de sécurité individuelle (garde du corps), garde domiciliaire, garde comme officier d’ordonnance et autres servitudes, sont des missions dévolues à la Police nationale congolaise et aux services privés de gardiennage. En conséquence, tous les militaires : officiers, sous-officiers, caporaux, soldats et matelots des Forces armées de la République Démocratique du Congo qui sont encore utilisés par les personnalités ci-haut citées doivent cesser ces prestations dès auditions du présent communiqué et doivent se présenter avec leurs équipements militaires individuels aux quartiers généraux des régions militaires ou des brigades les plus proches sur toute l’étendue de la République, pour enregistrement et prise en force. Pour la garnison de Kinshasa, tous les officiers, sous-officiers, caporaux, soldats et matelots concernés doivent se présenter à l’état-major de la Force terrestre au camp lieutenant-colonel Kokolo. Les chefs d’états-majors forces, commandants régions militaires et commandants brigades sont chargés chacun en ce qui le concerne de l’exécution correcte de la présente instruction. Le compte-rendu d’exécution est attendu pour le 15 mars 2007 au plus tard. Fait à Kinshasa, le 6 mars 2007 Kisempia Sungilanga Lombe, Autres titres : La situation des droits de
l'homme demeure préoccupante malgré les élections, Ddh/Monuc |
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Revised: March 09, 2007