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Affaire Kahemba : le tandem Kabila-Kalume, un danger pour la République Démocratique du Congo?

22 mars 2007 - Ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Kahemba », pour autant qu’il s’agit bien d’une affaire, nourrit encore et toujours les conversations dans les rues et les salons en République démocratique du Congo. En effet, la nouvelle de l’occupation des 11 villages au sud de Kahemba par les éléments de l’armée angolaise s’est répandue comme une traînée de poudre. Cette occupation politique symbolisée par le flottement du drapeau angolais et militaire de cette partie du pays par la police ou l'armée angolaise et concrétisée par la présence des troupes armées et du matériel de guerre, est confirmée à la fois par les populations locales, les prêtres du diocèse de Kikwit dont les villages occupés sont dans leur circonscription ecclésiastique, par des députés nationaux originaires de cette province ainsi que les membres de l’assemblée provinciale de Bandundu. Afin qu'aucun Congolais n'ignore plus ce qui se passe à Kahemba, ces derniers ont donné des éléments d'information sur l'occupation armée angolaise à travers des détails à nous faire pleurer de désespoir.

Si l’on sait que l’occupation du territoire congolais n’est pas un fait nouveau, car l’on sait par exemple que La RDC s'est trouvé agressée et occupée par l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi à partir du mois d'août 1998, ce qui frappe au contraire c’est non seulement la légèreté avec laquelle les autorités du pays abordent la question, mais surtout les propos somme toutes rapides et étonnants du ministre congolais de l’intérieur, Monsieur Denis Kalume qui estiment que les localités occupées font partie du territoire angolais.

Partant, tout patriote jaloux de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo ne pouvait qu’être scandalisé d’abord par le silence, puis par la position curieuse des officiels congolais.

La dernière source de déception a été le compte- rendu du premier conseil des ministres du gouvernement Gizenga, présidé par le Chef de l'Etat en personne. Alors que des députés du Kwango en appellent à la prise en charge urgente du dossier de Kahemba en vue du rétablissement de l'autorité de l'Etat congolais et de la récupération des terres congolaises arrachées aux fils et filles du pays, le conseil des ministres semblait avoir d'autres centres d'intérêt. C’est la position du ministre de l’intérieur qui nous donne à comprendre le comportement du gouvernement dans cette affaire.

Alors des deux choses l’une : ou bien c’est la République démocratique du Congo qui avait occupé indûment le territoire angolais en y installant ses populations. Dans ce cas il faudrait que l’on nous dise à quand date cette occupation et pourquoi l’état angolais a-t-il attendu si longtemps pour récupérer son territoire occupé. Ou bien, c’est l’Angola qui occupe aujourd’hui une partie du territoire congolais, ce qui est intolérable et inacceptable pour un pays qui se dit ami du Congo.

Tout compte fait, il subsiste un flou artistique volontairement entretenu par le tandem Kabila-Kalume autour de cette affaire de l’occupation du territoire congolais par les éléments armés de l’Angola. De nombreux Congolais pensent qu'au regard de l'agression en douceur de la RDC par l'armée angolaise et du mutisme de ceux qui devaient réagir avec vigueur diplomatiquement d'abord et si possible militairement ensuite, l'Assemblée Nationale devrait interpeller le gouvernement Gizenga. Mais cela, avouons-le, est une entreprise stérile d’autant plus qu’elle donnera lieu à rien, compte tenu du flou dont est émaillé cette affaire.

D'aucuns pensent aussi qu'au regard du rapport de mission déjà déposé par des députés de Bandundu auprès justement du Bureau de l'Assemblée Nationale, les honorables élus du Peuple devraient presser de question les ministres de l'Intérieur et de la Défense pour en savoir un peu sur cette sorte de peur du gouvernement congolais d'aborder la question de Kahemba. L'on a du mal à s'expliquer en effet que plus d'un mois après que des populations civiles ainsi que des autorités administratives locales aient été chassées de plus de onze villages, Kinshasa continue d'adopter une attitude de passivité, comme si la situation s'était déjà normalisée. La question que l’on peut se poser aujourd’hui c’est celle de savoir comment expliquer ce silence du gouvernement, surtout du président de la République démocratique du Congo. 

En réalité, deux faits expliquent bien cela. D’une part, il ne faudrait pas perdre de vue que Monsieur Joseph Kabila, l’actuel président de la RDC, est arrivée à la tête de ce pays comme par le fait de la génération spontanée, tant le passé politique de ce dernier comme son passé tout court reste sujet à caution. Il est de notoriété publique que le président Kabila est une créature des groupes politico-maffieux dont l’objectif principal reste l’exploitation et la spoliation des ressources naturelles du Congo. C’est ce qui explique, comme le soutien si bien l’UDPS, les récents ballets-shows diplomatico-écomonico-financiers dont les commanditaires sont ceux-là mêmes qui ont euthanasié l’Etat congolais pour ensuite accaparer et régenter ses ressources, particulièrement dans les secteurs minier, énergétique et forestier, secteurs qui constituent le gage de la souveraineté et du développement durable du Congo. Outre des citoyens occidentaux, il faut compter le président angolais parmi ceux-ci. Dès lors, il est facile de réaliser que le président Joseph Kabila évite de se mettre à dos l’un de ses faiseurs dont le président angolais Edouardo Dos Santos dont il connaît et mesure bien les capacités de nuisance. Il sait qu’engager un bras de fer avec ce dernier reviendrait à compromettre son mandat.

D’autre part, il existe un plan de démembrement du Congo, plan élaboré par des lobbies pro rwandais. Ce plan, on le sait, connait l’adhésion de Joseph Kabila de par ses origines douteuses. A preuve, le massacre en douceur des populations congolaises par 25000 Interahamwe et alliées dont on ne parle plus tout comme le bataillon burundais FDD localisé au bord du lac Tanganyika du côté de Moliro ainsi que des arrangements particuliers dénommés « mixage » en remplacement du brassage des troupes dans certaines contrées de l’Est du pays.

La responsabilité du président Joseph Kabila et de son ministre de l’intérieur dans l’insécurité individuelle et collective des Congolais ne fait plus l’ombre d’aucun doute. « Les Congolais sont traqués dans leur propre pays. Après l’Est du Congo, c’est le tour du Bas-Congo et du Bandundu ». C’est ce qui me fait dire que le tandem Kabila- Kalume est un danger pour la République. Car ni Monsieur Kabila ni son ministre de l’intérieur ne semble réaliser qu’une nation, c’est avant tout une vision et des ambitions que le leadership politique s’emploi à matérialiser après, et seulement après, en actions en se servant des stratégies appropriées. C’est de cela dont a besoin le Congo. Or, pour ces derniers, comme l’affirme l’UDPS « Le Congo est réduit aujourd’hui à un espace, un comptoir d’achat vente, où l’Etat congolais est voulu quasi inexistant après avoir cédé sa place aux groupes maffieux ». Cela semble arranger le président Kabila et ses courtisans. Et cela constitue bien un danger pour l’avenir de notre pays.

Il appartient donc au peuple congolais d’ouvrir les yeux, car il y a chez nous une gestion mauvaise de la situation sécuritaire du pays qui, à la longue, finira par exploser à la figure des Congolais… qui doivent s’attendre, comme l’affirme l’UDPS, à des lendemains incertains tant que Joseph Kabila et sa bande présideront aux destinées de notre pays.

Abbé Paul Iwanga Kayita
(Membre du frac)

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