![]() |
|
|
||
|
La giga-autoroute qui relie les Congolais aux 4 pts Cardinaux |
||||
|
Menu |
Politique et société |
|
Conférence de Goma : les Shi exigent la tenu d'un dialogue inter-rwandais 15 janvier 2008 - La délégation de la communauté Shi à la conférence de Goma demande à la communauté internationale de faire pression sur Paul Kagame pour la tenue urgente d'un Dialogue inter rwandais afin de trouver des solutions aux conflits qui divisent les différentes ethnies du Rwanda. Elle demande également que soit mis en œuvre des mesures visant à encourager le retour volontaire des réfugiés rwandais dans leur pays d'origine ou de leur trouver un autre pays d’accueil loin de la République Démocratique du Congo. A la Monuc, la délégation réclame l’application des différentes résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu relatives à la protection des populations civiles et de ne pas assister passivement aux exactions et actes de barbaries commises au quotidien par les hutus rwandais sur "le peuple Shi". Ci-dessous, le texte de leur message. Message du Peuple Shi à la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du Sud Kivu Révérend Abbé Président de la Conférence, Distingués Conférenciers, Mesdames et Messieurs, Le Peuple Shi remercie le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur le Président Joseph Kabila Kabange et le Gouvernement de la République pour l’heureuse initiative de cette rencontre historique dont l’objet est de ramener la paix et la stabilité au Kivu et de jeter les bases des conditions pour une paix durable devant permettre la reconstruction de la République Démocratique du Congo. II remercie le Gouverneur et la population sœur du Nord Kivu pour l’accueil et l’hospitalité qui sont accordés à ses délégués depuis leur arrivée ici à Goma. Il remercie également la communauté internationale pour le soutien apporté à la tenue de ces assises, au processus de démocratisation de la République Démocratique du Congo et à la recherche de la paix dans la région des Grands Lacs. Le peuple Shi est convaincu que sans la paix durable dans notre pays et en particulier, au Nord et au Sud Kivu, aucun développement n’est possible. Sans la solidarité, l’amitié et la fraternité entre toutes les ethnies et toutes les provinces de la RD Congo, l’unité nationale pour laquelle les pères de l’indépendance se sont battus, serait fragile. En effet, sans la paix et en dépit de l’abondance des ressources naturelles dont regorgent nos terres, lacs et forêts, nous resterons parmi les populations les plus pauvres de la planète. Nous devons donc, saisir cette occasion pour nous engager dans la pacification du Kivu et donner la chance à notre pays, le Congo, afin qu’il se reconstruise grâce au nouveau souffle inspiré par les élections libres et démocratiques qui ont mis définitivement fin à la longue crise de légitimité du pouvoir ayant marqué notre histoire récente. Depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, les Bashi soutiennent avec détermination la reconstruction du pays. Ils travaillent activement dans toutes les provinces contribuant ainsi à l’édification de la nouvelle société congolaise. Même durant cette dernière décennie de guerres et de souffrances, les Bashi ne se sont pas découragés. En effet, malgré les troubles et les exactions des groupes armés multiples, ils ont lutté pour soutenir l’économie provinciale en fournissant divers produits manufacturés et même en élargissant les échanges avec les autres provinces notamment, le Katanga, le Maniema et surtout le Nord Kivu où ils achetaient auprès des éleveurs, des vaches et beaucoup d’autres produits destinés à l’alimentation des marchés situés dans les autres territoires. Partout les gens disent pour admirer ce courage des Bashi : « Ba Mushi banakuya, soko inaanza! (Les Bashi sont là, les activités commerciales reprennent). Le message des Bashi à cette conférence comprend 4 parties : - La première est un bref aperçu historique - La 2e porte sur la situation sécuritaire au Bushi - La 3e porte sur la situation socio-économique - Et nous terminerons par des recommandations. A. Bref aperçu historique Le Bushi est l’un des Royaumes de l’Afrique interlacustre. Il s’étend au Sud et à l’Ouest du Lac Kivu. Il comprend les chefferies de Ngweshe et Kaziba en territoire de Walungu, les chefferies de Kabare et Ninja en territoire de Kabare, les chefferies de Luhwindja et Burhinyi en territoire de Mwenga et le groupement de Kalonge en territoire de Kalehe. Sans vouloir verser dans la polémique, soulignons que l’histoire des populations des régions entourant le Lac Kivu, renseigne qu’une partie du Bushi ancien s’étendait sur le Sud-Ouest du Rwanda actuel notamment les Etats du Bukunzi et du Busozo dans le Kinyaga. L’histoire des premières organisations claniques et étatiques Shi remonte à plus de quinze (15) siècles. Tout au long de leur histoire, les Bami du Bushi et leur peuple ont été en relation constante avec les populations des autres Royaumes interlacustres notamment, celles du Rwanda et du Burundi. A l’intérieur de notre pays, les Bashi ont entretenu des relations fraternelles, commerciales et culturelles avec les Lega, les Fuliru, les Tembo, les Hunde etc. Ils partagent les mêmes us et coutumes, bref une histoire commune avec les Havu d’Idjwi et de Kalehe. Avec la colonisation, comme pour tous les peuples de la région, les Bashi ont été pris dans la mouvance du nouveau courant historique de l’ordre colonial. La situation géopolitique du Bushi en Afrique des Grands Lacs a favorisé son occupation par le pouvoir colonial belge. Les frontières décidées à la Conférence de Berlin étant fixées, l’administration coloniale s’est installée à Bukavu et environs. Avec elle, sont nées les premières missions d’évangélisation, les premières infrastructures du colonat européen et les premières institutions de formation scolaire dont les célèbres Petit Séminaire de Mugeri et l’école normale de Nyangezi, où plusieurs intellectuels de nos provinces ont été formés. La ville de Bukavu, dont la véritable appellation est « BUKAFU » (qui signifie en mashi, pays de vaches), fondée sur les terres du Bushi au bord du lac Kivu, est devenue un grand carrefour cosmopolite où toutes les populations du Congo et d’ailleurs se retrouvent. A l’accession du Congo à l’indépendance, le Bushi était une contrée en pleine croissance sur tous les plans. Mais la rébellion muleliste de 1963 - 1964, la guerre de Jean Schramme en 1967 - 1968 et la mauvaise gouvernance sous la 2e République, ont affecté gravement les terres du Bushi, comme du reste, toute l’ancienne province du Kivu. B. Situation sécuritaire En 1994, la guerre du Rwanda et le génocide qui s’en est suivi, ont affecté négativement le Bushi. Au passage, il faut rappeler que les familles tutsi qui avaient fui les troubles ayant suivi l’accession de ce pays frère à l’indépendance entre 1959 et 1962, ont été accueillies par les Bashi à Bukavu, Kabare, Walungu et Kalonge. Ces réfugiés tutsi ont profité de la victoire du FPR pour rentrer chez eux entre 1994 et 1996. Après 1994, le Génocide du Rwanda sera suivi par le déferlement d’un million de réfugiés hutus au Bushi. Dès ce moment, le Bushi va commencer à connaître l’insécurité à grande échelle liée essentiellement à la présence massive des anciens militaires des forces armées rwandaises installées sur les terres des Bashi avec leurs armes. C’est de ce groupe que sortiront plus tard, les interahamwe et autres FDLR, FOCA, Rasta etc. On retrouve aujourd’hui, ces forces négatives étrangères qui tuent, pillent et violent dans les chefferies de Nindja (Mirhanda), Ngweshe (Kaniola, Namarhege), Burhinyi (Itudu, Chibindye, Kalambo, Chizuka, Kitwabalizi), dans la chefferie de Kabare (Bushwira, Bugobe, Bugorhe, Miti, Katana), dans le groupement de Kalonge et dans la chefferie de Kaziba (Ifo, Muhumba et Chiburhi). Il faut faire remarquer aussi que ces groupes armés d’origine rwandaise se sont repliés dans le Parc de Kahuzi Biega où ils ont détruit l’écosystème notamment en décimant la population des célèbres gorilles de montagnes pour lesquels ce parc a été créé. Les actes de barbarie commis sur la population sont nombreux et terriblement meurtriers. On peut citer : - Les viols et les violences sexuelles répétitifs et à très grande échelle - Les tueries massives de la population dont les plus tristement célèbres sont celles de Kaniola et de Nindja. - Les collectes forcées des vivres dans les villages - Les enlèvements et les rançons exigés pour retrouver les personnes kidnappées. - Les perceptions illégales des taxes dans les petits marchés éloignés - L’exploitation et le trafic illégal des produits miniers - L’érection des barrières et le rançonnement des paysans, etc. L’insécurité est aussi perpétrée au Bushi par les forces armées régulières notamment par certains éléments des FARDC, de la Police et même par certains agents des services de renseignements (ANR), qui terrorisent la population à travers la multiplication de cas de vols à mains armées, des assassinats ciblés, des viols et autres exactions. Il faut déplorer ici les arrestations arbitraires et les transferts des présumés coupables dans les prisons de Kinshasa. Des bandes armées locales terrorisent aussi les populations locales. Il s’agit essentiellement des résidus de la milice « Mudundu 40 » qui collabore avec les forces négatives étrangères et qui agissent sous leur couvert. Il est important de rappeler qu’à l’entrée de l’AFDL en 1996, le Bushi a connu de nombreux massacres perpétrés contre sa population. Nous devons ici regretter l’ignoble assassinat de Monseigneur Christophe MUNZIHIRWA, la disparition brutale de Monseigneur Emmanuel KATALIKO, les sévices imposées aux populations civiles, les assassinats et atrocités que des prêtres, des religieux, des religieuses et d’autres paisibles citoyens, ont subis de la part des forces d’occupation et leurs complices rebelles du RCD - Goma. C. La situation socio-économique Les belles infrastructures sociales du Bushi héritées de la colonisation, ont été fortement endommagées par les troubles successifs. Même si celles-ci étaient un jour réhabilitées, elles ne suffisent plus pour répondre aux besoins de la population Shi estimée aujourd’hui à plus de 2 millions d’âmes. Les célèbres centres de recherche notamment l’Institut de Recherche Scientifique en Afrique centrale (IRSAC) de Lwiro et l’Institut Nationale des Etudes et Recherches Agronomiques (INERA) de Mulungu, jadis connus pour leur rayonnement en Afrique, ne répondent plus aux attentes de la communauté nationale et internationale à cause du manque criant des subsides. Certaines unités de production comme la Cimenterie de Katana, la laiterie du Bushi, le carrelage de Birava, les plantations et usines de thé d’Irabata et d’ailleurs, ont été détruites ou tout simplement sabotées. Les fermes de Mulume Munene ont été pillées. Les constructions anarchiques ainsi que la spoliation des terrains de l’Etat favorisées par les mouvements des rebellions et la gloutonnerie des certaines autorités ont détruit le plan d’aménagement de la ville de Bukavu et paupérisé certaines familles congolaises victimes de la confiscation de leurs biens meubles et immeubles. La destruction et le délabrement des infrastructures routières consacrent l’enclavement de certaines localités jadis considérées comme des greniers de la province, notamment Nindja, Kalonge, Burhinyi, Luhwinja, Kaziba etc. Les routes de desserte agricole n’existent plus et celles d’intérêt national et provincial connaissent un délabrement très avancé. Les travaux de réhabilitation de la nationale n° 2 ont été arrêté et leur réalisation ne répond pas aux attentes de la population qui a toujours rêvé voir le gouvernement lui offrir un ouvrage moderne. Certains conflits opposent le peuple Shi à certaines institutions, notamment dans les localités de Mumosho avec la SINELAC pour la construction du barrage de Ruzizi 2, de Kavumu avec la RVA pour l’expropriation des terres des villageois, de Nindja, Walungu et Kabare avec l’ICCN à la suite de l’extension du Parc National de Kahuzi Biega. Le développement du Bushi est bloqué aussi par l’absence d’une politique efficace de distribution du courant électrique alors que les deux barrages qui fournissent l’électricité au Rwanda, au Burundi, à Goma et à la ville de Bukavu sont construits sur ses terres. Les infrastructures communautaires de base (écoles, hôpitaux, Centres de Santé, postes d’adduction d’eau potable, …) qui existent, ne répondent plus aux besoins de la population. Il faut encourager leur réhabilitation et leur modernisation. La réduction du rendement agricole est accentuée par la surpopulation, les érosions et l’absence d’intrants agricoles. RECOMMANDATIONS La délégation des BASHI recommande ce qui suit : A. A la communauté internationale 1. De faire pression sur le pouvoir de Kigali pour la tenue urgente du Dialogue inter rwandais afin de trouver des solutions aux conflits qui divisent les différentes ethnies de ce pays; 2. De mettre tout en œuvre pour réaliser urgemment, le retour des réfugiés rwandais dans leur pays ou leur trouver un autre pays d’asile loin de la RD CONGO; 3. De demander à la MONUC d’appliquer les différentes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur la protection des populations civiles et de ne pas assister passivement aux exactions et actes de barbaries commises au quotidien par les hutus rwandais sur le peuple Shi; 4. De soutenir et encourager le Gouvernement congolais dans la recherche des partenaires pour le financement de son programme de développement du Kivu. B. Au gouvernement de la RD Congo 1. De décourager toute démarche visant à piller les richesses du sol et du sous sol du Bushi en particulier et du Sud Kivu en général en utilisant les armes et en foulant aux pieds toutes les recommandations et règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, les directives de l’OCDE et même la constitution de la RD Congo; 2. De prendre en charge effectivement, les éléments de la police, de l’armée et des services de sécurité présents au Bushi; 3. De se pencher sur le statut des enfants nés des violences sexuelles au Bushi en accordant une attention particulière à leur éducation et insertion dans la vie publique; 4. De mettre fin à la culture de l’impunité; 5. De parachever le processus de réforme de l’armée et de la police nationale; 6. De soutenir et coordonner les interventions des organisations nationales et internationales opérant dans divers secteurs (développement et humanitaire); 7. D’œuvrer activement pour la sauvegarde de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale; 8. De résoudre le conflit d’expropriation des populations de Kavumu, Mumosho, Nindja, Kabare et Walungu respectivement par la SINELAC, la RVA et le Parc National de Kahuzi Biega; 9. D’accélérer le processus de récupération des armes et munitions détenues par les ex-mouvements rebelles et par certains citoyens, notamment les ex-combattants de la « local defense »; 10. De procéder de toute urgence au déminage de tous les espaces occupés par les bandes armées. 11. De restructurer les services de l’Etat commis aux postes frontaliers du Sud Kivu; 12. De renforcer les capacités des gouvernants provinciaux afin de juguler la mauvaise gouvernance observée au Sud Kivu et de profiter de cette opportunité pour travailler dans la convivialité au bénéfice du développement de la province, du reste sinistrée; 13. De veiller à une représentativité équitable des ethnies dans l’affectation et la promotion des cadres de l’administration et des entreprises publiques en province. 14. Au nom de la paix, de la sécurité et du développement dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, les Bashi lancent un appel pathétique à leurs enfants, de se désolidariser et de quitter les rangs des forces négatives et autres groupes armés qui sèment la désolation et l’horreur dans nos villages respectifs afin de participer à l’œuvre de reconstruction du pays. En effet, le peuple Shi est pragmatique et estime que, pour que la réconciliation nationale soit possible et durable, pour que la paix revienne, il faut aussi que chaque communauté puisse apporter sincèrement sa contribution à la réussite des présentes assises. Révérend Abbé Président de la Conférence, Distingués Conférenciers, Mesdames et Messieurs, Vous aurez remarqué chers frères et sœurs conférenciers réunis ici, que le message du peuple Shi a évité deux choses : - Juger durement les autres - L’hypocrisie quant à l’implication de certains de nos enfants égarés dans les groupes armés. C’est pourquoi nous devons lancer un appel à nos enfants de quitter tous les mouvements et groupes armés anarchiques pour la démobilisation et le brassage. Nous constatons qu’au cours de la lecture des messages de certaines communautés, il y a eu uniquement des plaintes et non une invitation au pardon pour les tueries et exactions de tous ordres commises sur les populations civiles du Sud Kivu par certains hommes armés dont les œuvres macabres sont encore fraîches dans nos mémoires. Nous aurions souhaité qu’en toute responsabilité, les communautés auxquelles appartiennent ces officiers, soldats et miliciens, puissent présenter des excuses à toute la population du Sud Kivu. Cela peut se faire même dans les ateliers. Nous demandons à ces communautés d’avoir aussi le courage de pouvoir inviter leurs enfants à quitter les rangs des bandes armés et autres milices. Qu’elles les invitent à rejoindre le processus de démobilisation ou de brassage. Que vive la République Démocratique du Congo Que vive la concorde entre les communautés Que vive la paix Fait à Goma, le 12 janvier 2008 Les Bashi présents à la Conférence Autres titres :
Arrestation du major
Mbokolo, Me Marie-Thérèse Nlandu inquiète |
|
|
| Accueil | ||
| Nouvelles | ||
| Economie | ||
| Musique | ||
| Sports | ||
| Culture | ||
| Editos |
|
|
| Institutions | ||
| Constitution | ||
| Forum | ||
| Signez le Livre d'Or | ||
| Documents | ||
| Biographies | ||
| Petites annonces |
|
|
| Liens | ||
| Avis/Suggestions | ||
| Initiatives congolaises | ||
| Poster un article | ||
| Cours de change | ||
| Archives | ||
| Accueil | Nouvelles | Géographie | Histoire | Hymne national | Economie | Constitution | Parlement | Gouvernement | Musique |
| Culture | Sport | Forum | Signez le Livre d'Or | Documents | Liens | Petites annonces | Archives | Suggestions |
| | Initiatives | Sondages | biographies | Editos | Recherche | A propos de nous | Contacts |
"Je n'ai pas peur de la méchanceté des méchants, mais du silence des gens honnêtes". (Martin Luther King)
Copyright © 2002-2003 Congolité.com.
All rights reserved.
Revised: January 15, 2008