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Politique et société |
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Congo « démocratique » : un autre 16 février 1992 est-il possible? 18 février 2008 - Que peuvent encore l'église catholique, l'UDPS et les autres forces de la résistance? Tous les compatriotes attentifs à l'écriture de notre histoire contemporaine sont d'avis qu'il y a eu quelque chose le 16 février 1992: les chrétiens, toutes tendances confessionnelles confondues, bibles et rameaux à la main, ont été massacrés par les escadrons mobutistes de la mort alors qu'ils s'étaient mis debout pour marcher et réclamer la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine. Chose qui fut faite après que le sang ait coulé! Revenant sur cet événement historique douloureux, beaucoup de compatriotes se contentent de célébrer un anniversaire sans approfondir l'analyse sur ce qu'il y a eu ce jour-là et sur "comment cela a-t-il été possible". Qu'est-ce qu'il y a eu? Des compatriotes appartenant aux forces acquises au changement et des chrétiens appartenant aux confessions religieuses différentes, mus par l'espérance de voir la Conférence Nationale Souveraine ouvrir les horizons d'un vivre ensemble démocratique et heureux, ont dépassé les frontières de leurs différentes appartenances pour un autre Congo. Comment cela a-t-il été rendu possible? Après plusieurs années de monopartisme, après son discours du 24 avril 1990 et les mémorandum récoltés par M. Mobutu sur l'état de la nation (dont le remarquable mémorandum des évêques catholiques), la culture politique du moment avait recréé l'esprit de la résistance contre le pouvoir dictatorial mobutiste. Certains mouvements citoyens catholiques (comme le groupe Amos de Thierry Landu et José Mpundu), la fougue des "jeunes turcs" des partis et associations politiques de l'opposition tels que Jacques Matanda, Tshiyoyi Mufoncol, etc. avaient réussi à rendre le 16 février 1992 incontournable. Le fait que les débats passionnants et passionnés de la CNS étaient retransmis en direct à la radio et à la télévision a aussi joué un rôle assez déterminant dans l'accouchement du 16 février. Bref, la période précédant cette date avait travaillé à la politisation de nos populations. Les jeunes prêtres de l'église catholique nourris aux mamelles de la Théologie de la libération ont joué un rôle non-négligeable dans cette politisation de nos populations. Un autre 16 février est-il possible? Oui. D'autres 16 février sont passibles. A condition que la repolitisation de nos populations se refasse en profondeur et que nos partis politiques (de la résistance et de l'opposition) remettent "leurs jeunes turcs" sur le devant de la scène. "Les compagnons d'Etienne Tshisekedi", avec Raoul Nsolwa à la tête, font déjà du très bon travail. A plusieurs reprises, ils ont réussi à arracher de nos militaires et policiers "convertis" en escadrons de la mort les aveux de ce genre: "Nous savons que la cause que vous défendez est juste. Mais ceux qui nous envoient nous demandent de vous arrêtez." Il y a là un dialogue naissant entre nos militaires et nos policiers et les forces et mouvements de la résistance et du changement. Il y a là "un chantier" ouvert: celui d'un dialogue permanent à instaurer entre nos militaires, nos policiers et les forces du changement afin que ces derniers fassent comprendre aux premiers que la lutte qu'ils mènent est celle de l'autodétermination pour tout un peuple, eux-mêmes compris. Que l'UDPS, parti cher à Etienne Tshisekedi, ait invité à son dernier "université d'été" un Kiakwama Kia Kiziki et un Lisanga Bonganga; il y a là un signe à approfondir: le dépassement des clivages traditionnels des partis politiques pour tendre la main aux éventuels alliés. Le Congo de demain aura un leadership collectif ou ne sera pas. (L'ennemi obéit à son principe de toujours: "Diviser pour mieux régner.") En effet, au jour d'aujourd'hui, il faut être de mauvaise foi pour ne pas lire dans les sorties parlementaires d'un Kiakwama Kia Kiziki une volonté réelle de rompre d'avec un passé obscurantiste et une conception autocratique du pouvoir pour un Congo réellement libre et indépendant. Qu'un des acteurs vivants de la CNS, Monseigneur Monsengo, ait lancé dernièrement un défi à Kinshasa en lui disant: "Kinshasa telema", "Kinshasa mets-toi debout", il y a là une opportunité à saisir à travers les différentes paroisses de cette ville-capitale pour prendre le président de la Conférence Episcopale du Congo et ses collègues au mot en analysant leurs discours et messages ainsi que l'évangile pour y déceler les valeurs et les possibilités de mettre Kinshasa debout. Nos communautés ecclésiales vivantes pourraient le faire en commençant par étudier les messages de nos évêques afin d'en tirer les conséquences du point de vue de l'action. Un peuple fondé sur des valeurs sûres et décidé à se mettre debout vaut plus que mille bombes. Les puissances de l'argent l'ayant compris procèdent aujourd'hui, lentement, mais sûrement à la kosovisation de notre scandale géologique. "Les jeunes turcs" des forces de la résistance et de l'opposition d'hier et d'aujourd'hui laisseront-ils faire? Telle est la question qui devrait occuper leurs méninges. A temps et à contretemps. Tant que le minimum exigé par notre lutte d'autodétermination ne sera pas acquis. Les médias alternatifs et "mixtes" ont leur part à prendre à cette lutte. Car, si hier la RTNC (Radio télévision nationale congolaise) a contribué tant soit peu au 16 février 1992, elle est devenue aujourd'hui, avec tout un tas de journaux kinois "coupagistes", chantre de la bonne nouvelle de notre crétinisation. D'où l'importance de la reprise du flambeau de la lutte pour notre autodétermination par les médias alternatifs et "mixtes". "L'œil du patriote" fait des pas de géant sur cette lancée avec tant d'autres sites Internet congolais. Durer dans cette façon de faire rendra d'autres 16 février beaucoup plus rationnels que possibles. J.-P. Mbelu Autres titres : Goma : les parties
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Revised: February 17, 2008