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30 juin 2005 : le film des manifestations des Congolais dans les rues de Bruxelles 04 juillet 2005 - Les Congolais ont manifesté, ce 30 juin 2005, dans les rues de Bruxelles pendant cinq heures. La marche a commencé vers 12 heures devant le petit château sur le boulevard 9ème de ligne dans la commune de 1000 Bruxelles, sous l'encadrement de la police. Toutes les grandes villes de Belgique ont été représentées : Mouscron, Gand, Liège, Anvers, Charleroi, Namur, Wavre… Mieux, des compatriotes étaient venues d’autres villes de l’espace Schengen pour communier avec les leurs : Danemark, Hollande, Allemagne, Angleterre, Hollande, France, Italie, Suisse. Les messages sur les banderoles étaient clairs : « Révolution dans la paix et la non-violence », « 1+4 dehors », « 1+4 criminels, Barroso et Louis Michel Complices », « le 30 juin 2005 fin de l’esclavage en République Démocratique du Congo, 1+4 dehors », « élection, oui, mais sans le 1+4 » et bien d’autres quolibets peu flatteurs pour les animateurs de la transition. Bref, un véritable désaveu. Aux environs de la porte de Halle, une jonction se fait avec des manifestants qui s’étaient rassemblés à Matongé-Ixelles. Et à la porte de Namur, une deuxième jonction se fait avec ceux qui attendaient dans ce quartier congolais de Bruxelles. A ce moment, la tête de la marche est déjà au niveau de l’ambassade des Etats-Unis. Durant près de trente minutes les congolais assiègent la représentation diplomatique de l’oncle Sam au cri de « libérez le Congo ». Un renfort de police arrive, craignant sans doutes les incidents qui avaient eu lieu au même endroit, le trente juin de l’année passée. Les congolais quittent le lieu très tranquillement. Destination : ambassade du Congo. A ce moment, le comptage permet de constater qu’il y a entre 2500 et 3000 congolais dans la rue : une marée humaine. Hommes et femmes de tout âge, enfants et même bébés dans leurs poussettes. L’ambassade du Congo étant quadrillée et inaccessible, le flot humain se déverse sur la rue Beliard. Des camions anti-émeutes se positionnent devant les manifestants afin qu’ils n’accèdent pas au quartier européen. En fait, ce sont toutes les issues qui sont quadrillées par la police. Et un sit-in commence, qui durera près de quatre-vingt dix minutes (nonante ici). Un hélicoptère de la police survolera le lieu durant de très longues minutes. Toutes les tentatives de médiation entre la police et les manifestants pour libérer la grande artère restent vaines. Pourquoi? Les manifestants veulent investir leur ambassade. C’est impossible, la police veut rétablir la circulation. L’embouteillage ainsi créé risque de coûter le poste à certains mandataires belges aux prochaines élections communales, le citoyen belge étant très pointilleux sur les performances de ses élus. Dialogue des sourds. Un élu belge d’origine congolaise viendra même sur place pour une négociation afin de rencontrer Louis Michel selon les informations nous parvenues : fin de non-recevoir de la part des manifestants. Autour de 15 heures, la police est obligée d’user des canons à eau et de gaz lacrymogène. Comme lors de la manifestation du 20 juin, c’est l’affrontement entre la police et les manifestants. Frustrés et sous la colère, ceux qui quittent la grande artère brisent les vitres des quelques voitures stationnées dans les environs. Une fois la rue Beliard dégagée, les manifestants se retrouvent dans le coin Montoyer-Rue Marie de Bourgogne. La pluie commence. Au lieu d’affaiblir les manifestants, elle les dope : chants de libération, slogans contre les ennemis du peuple et contre l’humiliation. Vers 16h30, ceux des manifestants qui étaient venus de loin commencent progressivement à quitter les lieux. Surprise, un cordon de la police filtre les passants. Des arrestations sont effectuées, parfois brutalement. Une vingtaine de manifestants se retrouveront ainsi au cachot. Une quinzaine y passeront la nuit. A 17h10, les organisateurs annoncent la fin de la manifestation après avoir remercié tous les compatriotes qui s’étaient mobilisés. L’initiative de la marche était venue des étudiants congolais de Belgique. Et toutes les forces du changement se sont rangées derrière ces futurs dirigeants du Congo. Durant deux semaines, au 9 rue de la flèche à 1000 Bruxelles, siège de l’asbl Artisans de paix et permanence du comité du suivi du Congrès mondial des Congolais vivant à l’étranger, les stratégies se sont élaborées, les liens se sont noués, les moyens ont été mis en commun. Pour libérer le peuple congolais de « l’esclavage ». Depuis la chute du régime Mobutu, c’est la première fois qu’il y ait eu autant de Congolais dans les rues de Bruxelles, contre le régime politique en place en République Démocratique du Congo. L'événement était tellement de taille que la presse belge n'a pas daigner l'ignorer. Les télévisions, la plupart des radios tant flamandes que francophones, les différents journaux. paraissant en Belgique, les correspondants de plusieurs agences et médias étrangers, et bien sûr, les journalistes congolais qui couvrent les activités bruxelloises pour les compatriotes restés au pays, étaient là pour la circonstance. Cheik FITA Autres articles La fête de l'indépendance se termine dans le sang, bilans contradictoires 30 juin : journées villes mortes et vive tension à Mbuji-Mayi 30 juin : psychose d'une opération "Lititi mboka" bis à l'Université de Kinshasa 30 juin : Sassou tente de désamorcer la crise en appelant au dialogue Des incidents hier lors de la manifestion à l'ambassade du Congo à Bruxelles 30 juin 2005 : des manifestions des Congolais de l'étranger à Bruxelles, Liège et Paris L’intellectuel congolais est-il une incarnation de la médiocrité?, réaction L’intellectuel congolais est-il une incarnation de la médiocrité? Le Calcc propose la mise en place d'un gouvernement neutre pour organiser les élections La violence de la rue, conséquence de la violence structurelle et institutionnelle Alerte rouge! Paul Kagame amasse 15.000 hommes de troupes le long de la frontière avec la RDC Des entreprises internationales complices des atrocités commises en Ituri, HRW |
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Revised: July 06, 2005
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