Evénements du 30 juin 2005 : la MONUC parle d'usage
excessif de la force
08 juillet 2005 - Le Directeur de la Division des
Droits de l'Homme, Monsieur Fernando Castanon, et le Chef de l'Unité
d'Appui à la Justice, Monsieur Luc Henkinbrant ont rendu public un
rapport sur les manifestations publiques à l'occasion du 30 juin 2005
dans les provinces du Kasaï oriental, du Kasaï occidental et Kinshasa.
C'était mercredi, lors du point de presse hebdomadaire de la MONUC.
Concernant cette dernière province, la Division des Droits de l'Homme
de la MONUC a conduit des enquêtes le 1e juillet dans neuf hôpitaux et
cliniques de la ville. « L'équipe d'enquête a pu confirmer un cas
de mort et 19 cas de blessures, dont 7 par balles », a noté M.
Henkinbrant.
Considérant que la plupart des cas de blessures par balles de citoyens
qui se trouvaient chez eux sont dues à une utilisation non nécessaires
des armes à feu utilisées pour disperser les manifestants , le chef de
l'Unité d'Appui à la Justice a indiqué que « la MONUC recommande
que les enquêtes nécessaires soient diligentées pour élucider les
circonstances exactes de tous les cas de décès et blessures et le cas
échéant que les responsables soient identifiés et traduits devant les
instances disciplinaires et les tribunaux ».
Au sujet des événements de Mbuji-Mayi, la Division des Droits de
l'Homme de la MONUC mène des enquêtes sur les allégations d'usage
excessif de la force par la police. « Selon des informations
recueillies des heurts violents se sont produits le 25 juin 2005 dans
plusieurs endroits de la ville entre civils et des agent de la PIR qui
ont occasionné la mort d'au moins quatre personnes fait neuf blessés .
Nous avons pu constater sur les corps des victimes les traces des
impacts d'armes à feu », a notamment déclaré M. Luc Henkinbrant.
En outre, la MONUC déplore les pertes en vies humaines, blessés,
destructions de biens ainsi que les pillages survenus au cours des
évènements de dimanche dernier à Mbandaka et est préoccupée par les
conséquences de ces violences qui font des victimes dans la population
civile et visent des organisations humanitaires qui sont là pour servir
cette population.
« La MONUC, une fois de plus, voudrait attirer l'attention du
gouvernement de transition sur la nécessité de prendre les mesures
urgentes qui s'imposent pour accélérer les réformes en cours dans le
secteur de la sécurité et notamment le brassage ainsi que
l'intégration au sein de l'armée nationale unifiée », a indiqué
le Directeur de l'Information Publique.
Estimant qu'il est « crucial pour la République Démocratique du
Congo de disposer d'une armée bien formée, bien équipée,
adéquatement et régulièrement payée », M. Saiki a rappelé que «
la communauté internationale et la MONUC ont insisté à plusieurs
reprises pour que le gouvernement de transition mette en place des
mécanismes fiables et durables afin que la solde des militaires arrive
bien à destination et soit effectivement encaissée par leurs
destinataires réels, à savoir les militaires des FARDC, qui méritent
de recevoir à temps leurs salaires mensuels et leur nourriture ». «
Il est absolument inadmissible que des sommes énormes sortent chaque
mois des caisses de l'Etat et soient destinées à des soldats fantômes
et détournées de leurs bénéficiaires officiels », a déclaré
le Directeur de l'Information Publique.
Par ailleurs, la MONUC « note des progrès encourageants dans le
processus d'enregistrement des électeurs en République Démocratique
du Congo », a indiqué le Directeur de l'Information Publique,
M.Kemal Saiki, lors du point de presse hebdomadaire.
« Au rythme actuel des inscriptions, on va sans doute atteindre puis
dépasser le chiffre d'un million d'électeurs inscrits avant la fin de
cette semaine », a-t-il ajouté avant d'observer que « par les temps
qui courent, les foules sont plus nombreuses devant les bureaux de
recensement que pour manifester ».
« Le train de la nouvelle ère de transition démocratique de la RDC
a démarré et ceux qui au lieu d'aider à accélérer le processus
électoral pourraient le faire dérailler, risquent de rester sur le
quai » a déclaré, M. Saiki.
« Il est important que tout le monde s'enregistre pour pouvoir
voter. Il faut aussi que les responsables des partis politiques
s'inscrivent car si on n'a pas sa carte d'électeur, on ne pourra ni
élire ni être élu. Il est également très important de souligner que
la carte d'électeur est gratuite. Il n'est pas question de prendre de
l'argent à ceux qui y ont droit, ou, en donner pour l'obtenir », a
poursuivi le chef de l'Information Publique.
« A propos de l'Ituri, la MONUC dénonce les appuis provenant d'un
pays limitrophe et dont bénéficient ceux des milices qui ont choisi de
poursuivre leurs violences, meurtres, massacres et pillages en Ituri
pour le compte de réseaux mafieux aux ramifications internationales »
a conclu M. Kemal Saïki.
Au sujet des activités militaires, le porte-parole militaire, le
Lieutenant-colonel Thierry Provendier a indiqué que « le 4 juillet
2005, la brigade du sud a lancé une opération baptisée Falcon Sweep.
Essentiellement dissuasive, cette opération militaire avait pour
objectif d'élargir la zone d'action de la brigade. Elle poursuit deux
buts : Tout d'abord rechercher et pousser les groupes armés qui se
trouvent actuellement dans la région à la quitter. Ensuite, assurer la
sécurité de la population ». « Cette opération a lieu dans
les territoires de Walungu et Kabare. Il s'agit d'opération conjointe
qui met en ouvre toutes les unités disponibles de la brigade du sud
kivu. C'est à dire la compagnie Guatémaltèque, les éléments de
réserve et de réaction rapide pakistanaise. Les unités de FARDC
prennent également part à cette opération. Nous avons à peu près 80
hommes qui recherchent les camps de combattants et prennent contact avec
eux », a précisé le Lieutenant-colonel Provendier.
S'agissant des conflits de leadership au sein des FDLR, M. Patrick Garba
de la Division du DDRRR a déclaré que « la MONUC n'est pas
concernée par ces conflits. Nous n'avons pas d'interlocuteurs
privilégiés. Seules nous intéresse, les personnes pouvant faire
avancer le processus de désarmement et de rapatriement ».
En relation avec l'Ituri, le porte-parole adjoint, M. Mamadou Bah a
noté , s'agissant du Désarmement et la Réintégration communautaire
que « les centres de transit sont fermés dans le district sauf à
Bunia. A charge maintenant pour le PNUD et la CONADER d'assumer leurs
responsabilités en ce qui concerne la réinsertion communautaire des
ex-miliciens en Ituri. Il s'agit notamment pour la CONADER de vérifier
la base de données, de s'assurer qu'un plan cohérent de paiement des
indemnités du filet de sécurité soit mis en place en étroite
collaboration avec la MONUC, qui assure la sécurité en Ituri ».
« Depuis le 25 juin, aucun ex-combattant ne peut avoir accès aux
bénéfices du Programme National de Désarmement, Démobilisation et
Réinsertion (PNDDR) s'il n'a pas été désarmé avant cette date », a
précisé M. Bah.
Le porte-parole adjoint a également indiqué que «Les avantages ou
bénéfices du PNDDR incluent la prime de retour (qui est de 110
dollars) et les indemnités du filet de sécurité (qui sont de 25
dollars par mois pendant un an). C'est une somme significative par
rapport au niveau de vie local. C'est un effort considérable consenti
par la communauté internationale car c'est elle qui finance et paie ce
programme. Il est donc essentiel de mettre en place un système de
gestion, de planification et de distribution qui corresponde à des
standards internationaux ».
M. Mamadou Bah a ajouté que pour l'instant, il n'y a pas de bureau de
la CONADER à Bunia ou ailleurs dans l'Ituri, un district qui compte 6
millions d'habitants avec une superficie de 65.000 kilomètres carrés.
« La MONUC recommande la mise en place d'un cadre de dialogue avec
les ex-combattants qui leur permette de savoir exactement ce qu'ils
veulent faire comme métier et ce à quoi ils ont droit » a-t-il
conclu.
Sur l'agenda du chef de la MONUC, le porte-parole adjoint a indiqué que
« le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour
la RDC, William Swing, s'est rendu ce mercredi à Mbandaka, dans le
cadre du suivi des évènements qui se sont produits dans cette ville
dimanche dernier. Monsieur Swing doit s'y entretenir avec le gouverneur,
discuter avec les autorités locales et rencontrer les membres du
personnel du bureau local de la MONUC ».
M. Bah a aussi annoncé que « ce week-end Monsieur Swing quittera
Kinshasa pour se rendre à Bruxelles où il participera, lundi prochain,
le 11 juillet, à une réunion des bailleurs de fonds destinée à
mobiliser des ressources financières pour les élections en République
Démocratique du Congo. Le Chef de la MONUC prononcera le discours
d'ouverture de cette conférence des donateurs. Le lendemain, toujours
à Bruxelles, le chef de la MONUC prendra part à une session sur la
bonne gouvernance et la corruption, organisée à l'initiative de
l'Union européenne. A cette occasion, Monsieur Swing prononcera un
discours le matin et fera une présentation sur la RDC au cours de
l'après-midi ».
(SOURCE : www.monuc.org)
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