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Tshisekedi à la foule : "La transition a pris fin le 30 juin à minuit" 11 juillet 2005 - Le président de l’Udps est demeuré intransigeant quant à la prolongation de la transition : "Celle-ci a pris fin le 30 juin 2005 à minuit". Il l'a déclaré samedi au Stade Tata Raphaël de Kinshasa, devant une foule estimée à près de 30.000 personnes. Etienne Tshisekedi a soutenu que le gouvernement de transition n'a plus droit de cité. Il a avancé deux raisons, l’une juridique et l’autre politique, pour soutenir son argumentaire. L’article 196 de la Constitution, souligne-t-il, tranche sur la durée de la transition : 24 mois. Quant à l’alinéa 2 du même article, Etienne Tshisekedi dit qu’aucune confusion ne peut être entretenue. Il affirme que, dans le cas d’espèce, les raisons liées spécifiquement à l’organisation des élections n’existent pas. Il ajoute que l’ existence des raisons spécifiquement liées à l’organisation des élections suppose que ces dernières seraient en train d’être organisées et qu’un problème technique s’étant posé en cours, il faudrait accorder un délai supplémentaire. Selon lui, les vraies raisons du retard constaté aujourd’hui n’auraient rien à voir avec les élections et qu’elles seraient à chercher du côté de l’Assemblée nationale. Celle-ci a adopté le projet de constitution de la 3ème République il y a à peine un mois. Lequel projet attend d’être voté par référendum populaire afin de permettre à la chambre basse du parlement d’élaborer et d’adopter la loi électorale. Pour Etienne Tshisekedi, c’est cette dernière loi qui organise les élections et "nous sommes loin du compte". Quant à la raison politique, le leader de l’Udps rappelle que le peuple congolais est souverain et que celui-ci a déjà eu à s’exprimer le 10 janvier 2005 contre la prolongation. C’était en réaction à l’évocation d’une éventuelle prolongation par le président de la Commission électorale indépendante (Cei) M. l’Abbé Malu Malu dans une interview accordée le 7 janvier 2005 à une radio périphérique (Rfi). Dans la foulée, il a fait savoir que tout Congolais qui n’a pas perçu ce message du peuple congolais, serait en train de commettre une grosse erreur politique. Cependant, en aucun moment de son adresse, le président national de l’Udps n’a fait allusion au processus électoral ni invité ses sympathisants à ne pas s’enrôler. Comme s’il voulait demander à chacun d’être responsable devant sa propre conscience. RETOUR A L’ORDRE CONSTITUTIONNEL DE LA CNS Après le 30 juin 2005, il n’y a pas de vide juridique, s’est hâté d’affirmer le président national de l’Udps, en soutenant qu’il existe une législation, issue de la Cns, laquelle a balisé l’avenir du pays en prenant des décisions sous forme de résolutions obligatoires, exécutoires et opposables à tous. Tant que ces décisions, dont l’application a été interrompue par l’arrivée de l’Afdl le 17 mai 1997, ne sont pas abrogées par un organe légiférant compétent, elles restent opposables à tous. Etienne Tshisekedi est convaincu que le peuple est arrivé à l’âge de maturité et qu’il doit se montrer seul responsable de son avenir. Il ne doit plus se laisser distraire par des discours de libéralité. Rappelant qu’il a lutté depuis 25 ans pour la démocratie et l’Etat de droit en République Démocratique du Congo, Etienne Tshisekedi s’est tourné vers la communauté internationale en se demandant si la notion d’Etat de droit doit être exclusive au monde occidental tandis que les pays du Tiers-Monde doivent se contenter, eux, de la pitié qu’on manifeste à leur égard. Il a demandé aux Occidentaux, en tant que démocrates, d’appliquer au Congo la même règle en vigueur chez eux quand le peuple s’exprime. CHAPEAU BAS A LA POLICE Pour une fois, rien de fâcheux n’a été signalé à l’occasion du meeting de l’Udps. Pas de casse ni de violence. La police, s’est tenue à l’écart, mais sans cesser d’être vigilante, jusqu’à la fin de la manifestation. Pas de bastonnade, ni de rudoiement observés le 30 juin 2005. Bravo! Ceci est un signe de détente dans la normalisation des rapports entre les forces de l’ordre et les partis politiques de l’opposition politique. Encadré Les « non dits » du message de Tshisekedi Le message du président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), Etienne Tshisekedi, a suscité beaucoup d’interrogations du fait de son ton modéré et des non dits qui l’ont marqué. Il s’est terminé sans qu'aucun mot ne soit dit sur les opérations d’inscription et d’enrôlement des électeurs en cours à Kinshasa depuis le 20 juin dernier. Pourtant, la tenue des élections dans le « délai constitutionnel » est la principale pomme de discorde qui a envenimé les relations déjà tendues entre le pouvoir en place et l’opposition politique radicale. « Tshisekedi n’a donné aucun mot d’ordre sur la participation ou pas des militants de l’Udps aux opérations d’inscription et d’enrôlement des électeurs », ont noté les analystes politiques ainsi que les milliers de personnes dont l’âge varie entre 15 et 40 ans et qui ont assisté samedi à son meeting organisé sur l’esplanade du stade Père Raphaël, dans la commune de Kalamu. Qu’est-ce qui peut expliquer cette attitude de lider Maximo? Selon certaines indiscrétions, le président de la République Joseph Kabila aurait personnellement envoyé l’un de ses proches collaborateurs d’instruire le gouverneur de la ville de Kinshasa d’autoriser la tenue du meeting de l’Udps alors que certains membres du gouvernement s’y étaient opposés. Ensuite, le président Kabila aurait demandé au ministre de l’Intérieur d’accorder à ce parti son agrément dans le sens de clarifier la situation confuse autour de l’existence de la dénomination Udps qui portent trois noms. Il s’agit de celles d’Edmond Moukendy (arrêté n° 013/2000 du 23/09/2000), d’Etienne Tshisekedi (en qualité de signataire de l’Accord global et inclusif) et d’Augustin Kibasa (arrêté n° 91-049) - parmi les « partis politiques reconnus » par le ministère de l’Intérieur au 10 juin 2005. Ainsi, Tshisekedi demanderait à ces militants d’aller s’enrôler. ARRANGEMENTS Des entretiens informels sont engagés au sommet de l’Etat avec l’aile dure de l’opposition politique. Ils ont été « arrangés » tour à tour par les présidents sud-africains Thabo Mbeki et congolais Denis Sassou Nguesso, et sont « encouragés » par la communauté internationale, principalement le Comité international d’accompagnement de la transition (Ciat) et l’Union européenne qui appellent les acteurs politiques congolais à un « dialogue positif ». En attendant l’arrivée dans les prochains jours à Kinshasa de ces deux chefs d’Etat africains et celui du Gabon, Omar Bongo, l’Espace présidentiel congolais a effectivement pris langue avec les principaux chefs de l’opposition politique radicale dans la perspective d’un véritable dialogue. Joseph Kabila a encore souligné, dans une récente interview accordée à la presse étrangère, la nécessité d’un dialogue axé sur les élections. C’est dans ce cadre qu’il aurait, malgré des réticences dans son entourage et de certains caciques du régime, instruit le gouverneur de la ville de Kinshasa afin qu’il autorisât le meeting du président national de l’Udps. Ce qui fut fait dans les normes. Ainsi, les dispositions sécuritaires mises en place - au terme d’une franche discussion entre le gouverneur de la ville et des responsables de ce parti (le secrétaire général Rémy Massamba et le conseiller politique d’Etienne Tshisekedi, Me Joseph Mukendi) – ont permis la tenue du meeting sans dommages matériels ni corporels. MAIN TENDUE Alors, assuré de voir ses réclamations prises en compte, le Lider maximo aurait choisi de mettre un bémol à sa diatribe habituelle, en évitant la question qui fâche, celle de l’inscription et d’enrôlement des électeurs par une structure (Cei) des institutions de transition dont le mandat est censé être arrivé à terme le 30 juin 2005 « à minuit », selon l’ interprétation de Tshisekedi. C’est également dans le même esprit que l’Udps a consenti à « informer » l’autorité urbaine de la tenue de son meeting sur le boulevard Triomphal et « accepté » de le délocaliser au stade Père Raphaël. Toutefois, de l’avis des analystes politiques, le président national de l’Udps a en même temps fait preuve de modération et d’ouverture au « dialogue », en évitant d’inciter ses combattants au boycott des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs. Ce serait là l‘effet de la main tendue par le président de la République, Joseph Kabila, en sa qualité constitutionnelle de garant de la nation et de rassembleur de tous les Congolais et Congolaises. Ce qu’il faut surtout retenir de ce meeting, c’est que Tshisekedi tenait à faire une démonstration de sa popularité et de la situation qui était passé le 30 juin 2005. Un message à l‘endroit du gouvernement dans cette perspective d’un imminent dialogue pour autant qu’ il demeure incontournable. Très attendu, le meeting d’Etienne Tshisekedi, leader de l’Udps, a eu lieu samedi 9 juillet 2005 dans l’esplanade du stade Tata Raphaël de la commune de Kalamu. Une foule nombreuse estimée à près de 30.000 personnes avait, dès la mi-journée, pris d’assaut les alentours de ce stade mythique, abandonné à lui-même depuis la construction du stade des Martyrs. Le président national de l’Udps et leader de l’opposition congolaise a prouvé une fois de plus sa popularité et sa capacité de mobilisation des masses populaires. Parti de chez lui, il s’est engagé sur le Boulevard Lumumba à la hauteur de la 10è Rue avant de poursuivre sa route vers la 7 Rue, l’avenue Bongolo, Kasa-Vubu en direction du Rond-point de la Victoire en se dirigeant vers le Pont Cabu pour ensuite emprunter le boulevard Sendwe. Mais au niveau du Pont Cabu, il y a eu un moment d’arrêt pour autant que la Police qui avait pris place a cru que le cortège allait se diriger vers le Boulevard Triomphal. Le malentendu aussitôt dissipé, le cortège a repris sa route jusqu’à l’esplanade du stade Tata Raphaël. C’est à 15 heures 10 minutes que Etienne Tshisekedi a fait son entrée triomphale sur cette esplanade noire de monde et d’où émergeait une tribune érigée pour la circonstance. Slogans et chansons à la gloire de leur leader et hostiles aux institutions de la transition ont été entonnées à tue-tête par les sympathisants de l’Udps dans une euphorie indescriptible. L’instant était tellement solennel que la foule présente en ces lieux a fait parler son cœur en désignant de facto Etienne Tshisekedi comme « président de la République ». Et ce sera par là que le sphinx de Limite a commencé son speech : « Souverains que vous êtes, vous venez d’émettre un vote essentiel pour l’avenir de notre pays. Nous prenons acte de ce vote à partir de ce jour », étant convaincu lui-même qu’en démocratie, c’est le peuple qui est souverain primaire. Aussitôt dit, une minute de silence a été observée en mémoire de toutes les victimes tombées sur l’ensemble du territoire national le 30 juin 2005 sous le coup de ce qu’il a appelé une "barbarie qui n’est plus de son temps". Etienne Tshisekedi s’est montré également solidaire avec le peuple britannique qui a été frappé récemment par des actes terroristes en pleine capitale Londres. (SOURCE : Le Potentiel) Autres articles Evénements du 30 juin 2005 : la MONUC parle d'usage excessif de la force Un mémorandum de l'Udps à Kofi Annan exige la démilitarisation de Kinshasa 30 juin 2005 : le film des manifestations des Congolais dans les rues de Bruxelles La fête de l'indépendance se termine dans le sang, bilans contradictoires 30 juin : journées villes mortes et vive tension à Mbuji-Mayi 30 juin : psychose d'une opération "Lititi mboka" bis à l'Université de Kinshasa 30 juin : Sassou tente de désamorcer la crise en appelant au dialogue Des incidents hier lors de la manifestion à l'ambassade du Congo à Bruxelles |
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Revised: July 18, 2005
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