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Mbuji-Mayi : la police disperse une manifestation dans le sang 18 Mai 2005 - Fumées noires des pneus brûlés, crépitements de balles, désordres, c’est le spectacle qu’a connu Mbuji Mayi ce mardi matin. Les jeeps de la police ont patrouillé la ville et dispersé les manifestants. Bilan : cinq blessés et des dégâts matériels. Radio Okapi a précisé que tous les blessés ont été atteints par des balles. "Actuellement la police locale tente de disperser les manifestants qui brûlent des pneus sur les routes tandis que des militaires auraient fait irruption dans l'internat de l'Institut supérieur de pédagogie de Mbuji Mayi pour procéder sans doute à l'arrestation de jeunes étudiants" raconte une source locale, cité par MISNA. Le mouvement était plus accentué dans la partie nord de la ville. Vers 11 heures locales, les forces de l’ordre ont réussi à maîtriser la situation au centre ville. Cependant, les manifestations ont continuées dans les quartiers des communes périphériques. Boutiques et magasins sont restés fermés. Pas de transports en commun. La population est restée chez elle suivre l’évolution de la situation. Il y lieu de signaler des "dégâts subis par les sièges de deux partis au gouvernement" - celui du président Joseph Kabila (PPRD, Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) et du vice-président Jean-Pierre Bemba (MLC, Mouvement de libération du Congo) – "qui ont été pillés et incendiés". Un tract distribué il y a quelques jours à Kinshasa ainsi qu'à Mbuji Mayi (mais aussi dans les principales villes congolaises) qui appelait la population à observer deux jours de "ville morte" les 17 et 18 mai serait à l'origine des manifestations organisées en signe de protestation contre la prolongation de la transition, suite aux accords de paix, et au renvoi des élections très attendues par la population congolaise. Dans un premier temps l'auteur du texte de ces tracts était anonyme, puis la paternité de l'initiative a été revendiquée par une organisation politique considérée proche du parti de l'opposition – l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) – nommée "Parlementaire debout" et formée de jeunes. D'autre part les incidents ayant éclaté à Mbuji Mayi "représentent en particulier la volonté du peuple de se prendre en charge. Depuis 3 semaines nous n'avons pas d'eau potable et les habitants vivent dans des conditions d'extrême pauvreté alors que la région est riche en mines de diamants et constitue un vrai poumon économique pour le pays", commente une source de MISNA. "Hier à minuit est arrivé à échéance un ultimatum lancé par la société civile au gouvernement provincial afin qu'il résolve certains des problèmes quotidiens les plus pressants" précise ladite source qui établit un lien direct entre l'échéance de l'ultimatum et les protestations engagées ce mardi matin. Des tensions analogues étaient attendues dans la capitale, Kinshasa, et dans d'autres grandes villes congolaises comme Bukavu, Kisangani, Matadi et Lubumbashi, où la tension couve, mais heureusement, rien de tel n'est arrivé. (SOURCES: MISNA ET RADIO OKAPI) Autres articles Tension au Katanga : des Ong de droits de l'homme dénoncent les interpellations Elites politiques et intellectuelles : des négriers des temps modernes |
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