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La grève des enseignants et agents de l'Etat se durcit

20 septembre 2005 - A Kinshasa, le mouvement de grève semble avoir gagné même les écoles privées. Les écoles privées agréées de la République démocratique du Congo (RDC) ont débrayé lundi "pour des raisons de sécurité". Elles emboîtent ainsi le pas aux écoles primaires et secondaires du secteur public, en grève depuis le 5 septembre. "Nous avons demandé aux écoles de notre secteur d'observer une journée sans travail lundi pour des raisons de sécurité", a déclaré Faustin Mputu, le coordonnateur national du collectif des écoles privées agréées du Congo (Cepaco). Selon M. Mputu, "c'est à la suite de tracts jetés tout le long de la semaine dernière portant des menaces persistantes d'actes de violence et de vandalisme à l'endroit des promoteurs et de l'ensemble du personnel des écoles privées agréées que les parents ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l'école".

Le dirigeant d’un groupe de syndicats du secteur public, Romain Mutumoyi Tamundele, est en état d’arrestation, accusé d’avoir ordonné la grève des travailleurs de l’administration publique. La nouvelle est rapportée par le mouvement de défense des droits humains la Voix des Sans Voix (Vsv), selon lequel M. Tamundele, président de l’inter-syndicale des services publics, a été arrêté vendredi soir par des agents des services de renseignements alors qu’il visitait des ministères pour s’assurer que la grève se poursuive. Des syndicalistes lui ont rendu visite à la prison de Kinshasa et affirmé qu’ils feraient tout leur possible pour le faire libérer. Les quelque 500.000 employés de la fonction publique - auxquels s’ajoute le corps enseignant - revendiquent l’application d’un accord prévoyant la hausse des salaires, promis par le gouvernement en février 2004 et non encore appliqué.

A Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, la situation a été la même. Les enseignants de la capitale diamantifère n’ont pas suivi le mot de trêve annoncé le week-end à Kinshasa, par certains syndicats nationaux. Seule compte pour eux, la position de la représentation syndicale provinciale. Cependant, les élèves de cette ville ont également emboîté le pas à leurs camarades de Kinshasa. Ils ont investi ce lundi matin les principales rues de Mbuji-Mayi pour appuyer les revendications des enseignants et réclamer la reprise des cours. « Nous voulons étudier, payez les enseignants », scandaient-ils tout au long de leur marche. D’autres ont dénoncé le manque de solidarité de la part de leurs collègues des écoles privées et cherché à les empêcher de suivre les cours. La même ambiance a été observée à Lubumbashi. Dans la capitale du cuivre, la marche des élèves, principalement des écoles conventionnées catholiques, est partie de l’Institut Kitumaini, dans la commune de Kamalondo. Ils ont rejoint leurs collègues de l’Institut Salama pour faire route ensemble et manifester leur mécontentement. Ils ont demandé la levée de la grève et le paiement de leurs enseignants.

Chantant et scandant, ils demandaient aux autorités provinciales de s’impliquer dans la résolution de la crise qui frappe l’enseignement. Dans leur progression, ils ont été, eux aussi, dispersés par les éléments de la police nationale. Mais, très vite, ils se sont reconstitués après avoir contourné les dispositifs sécuritaires avant de mettre le cap sur l’hôtel de ville de Lubumbashi.

Par la suite, ils se sont dirigés vers certaines écoles privées de la place pour inviter leurs camardes d’être solidaires avec eux. « Nous voulons étudier, que l’enveloppe salariale provienne de nos parents ou de l’Etat, ce que nous cherchons c’est d’aller à l’école », a déclaré l’un des manifestants. Tout au long de la marche, la police a veillé au grain et n’est pas tombée dans le piège de la provocation des manifestants.

A Kikwit dans le Bandundu, les fonctionnaires de l'Etat en grève depuis vendredi passé, ont poursuivi leur mouvement ce jour pour appuyer, disent-ils, les enseignants. Au passage, ils exigent aussi d’être payés conformément aux accords de Mbudi.

(SOURCES : RADIO OKAPI, MISNA ET AFP)

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