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Tension à Mbuji-Mayi : l'UDPS et le gouvernement se rejettent la balle

22 Mai 2005 - L'Union pour la Democratie et le Progres Social (UDPS) a condamné la violence dont la population a été victime au chef-lieu du Kasaï Oriental et démenti toute implication de ses membres dans la destruction des bureaux du Pprd, du Mlc et du Rcd/ml. Par contre, il a rendu le gouvernement responsable de ces événements malheureux qui ont causé mort d’homme. "Quelle peut être la réaction d’une population privée d’eau pendant plusieurs semaines?", s’est interrogé le secrétaire général de l’Udps, Rémy Massamba. L’Udps exige, en outre, le limogeage du gouverneur de province, son arrestation et sa traduction en justice pour sa présumée implication dans lesdits événements. Rémy Massamba a laissé entendre que des témoins ont allégué avoir vu le gouverneur du Kasaï Oriental sur les lieux du sinistre lorsque des éléments en uniforme mettaient du feu au siège de l’Udps.

Le secrétaire général de l’Udps attend également des pouvoirs publics la relaxation de tous les membres de son parti arrêtés à Mbuji-Mayi, Mwene-ditu, Ngandajika (Kasaï Oriental); à Matadi et Lufu, dans le Bas-Congo et Kisangani, dans la province Orientale. Le bilan provisoire de cadres et combattants de l’Udps arrêtés, enlevés ou portés disparus serait d’environ 200 âmes. Rémy Massamba a salué le peuple congolais pour son courage et sa patience et l’a exhorté à continuer à revendiquer ses droits pour lesquels il reçoit des promesses depuis lors.

Par ailleurs, l’Udps a fait savoir que sa position par rapport à la date du 30 juin n’a pas changé du tout. La population va manifester de manière pacifique, sans casse et sous l’encadrement des forces de l’ordre. Elle continue à croire en la reconstruction du pays et donc les destructions ne sont pas au programme. Elle accuse le camp de la partie de vouloir favoriser la violence en menaçant la population.

Pour l’Udps, la requête introduite au parlement par la Commission électorale indépendante (Cei) ne serait pas suffisamment motivée concernant le report des élections et donc de la transition. « Le 30 juin 2005 est la limite maximum pour prendre la mesure de la situation », a laissé entendre Rémy Massamba.

L’Udps n’est pas opposée à d’éventuelles concertations visant à ramener le calme avant la date du 30 juin, selon M. Massamba. Il rappelle que son parti a toujours prôné le dialogue depuis le démarrage de la transition et qu’il demeure ouvert à des négociations pour une bonne fin du processus en cours. Celles-ci devraient passer par une véritable évaluation de la transition tel que toutes les parties l’ont exigée.

Réagissant pour sa part, le gouvernement, par la bouche de son porte-parole et ministre de l'Information, Henry Mova Sakanyi, a déclaré samedi que "Le conseil des ministres a vivement et de la manière la plus catégorique condamné des actes de violence et de vandalisme perpétrés par des hors-la-loi identifiés à ce jour comme activistes de l'Union pour la démocratie et le progrès social "UDPS". Les échauffourées de mardi dans la capitale du diamant, entre police et le manifestants, ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon un bilan officiel, 4 morts et des blessés, selon d'autres sources.

Jeudi, la permanence de l'UDPS a été mise à sac par "des éléments armés", selon les militants de l'UDPS. L'autorité locales a rejeté ces allégations, accusant les militants de l'UDPS d'avoir, eux-mêmes, mis le feu au siège de leur propre parti.

"Le gouvernement réprouve tout acte de terrorisme et d'intolérance politique de nature à semer la zizanie sur le territoire national et encourage urgemment les pouvoirs judiciaires à se saisir du dossier en vue de poursuivre en justice tous les responsables des actes barbares commis à Mbuji-Mayi", a indiqué le ministre Mova Sakanyi.

Un couvre-feu courant de minuit à 6 heures du matin a été instauré, jusqu'à nouvel ordre, mardi soir à Mbuji-Mayi.

(SOURCES: MISNA, AFP ET LE POTENTIEL)

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