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Une marche silencieuses des journalistes dans les rues de Kinshasa 08 novembre 2005 - Les journalistes congolais et expatriés ont effectué une marche silencieuse et de protestation, lundi, au bout de laquelle ils ont remis un mémorandum au vice-président en charge de la Commission Politique, Défense et sécurité, Azarias Ruberwa. C’est pour exprimer leur mécontentement, à la suite du double assassinat, dans la nuit du 2 au 3 novembre, de Franck Ngyke, journaliste à La Référence Plus et de son épouse Hélène Mpaka, à leur domicile du quartier Mombele à Kinshasa. Plus de 1.000 journalistes ont pris d’assaut les rues de Kinshasa ce lundi 7 novembre 2005. Sous l’escorte et la protection des éléments de la Police nationale, calicots, banderoles, pancartes en l’air, on pouvait lire, entre autres, « Plus jamais ça », « Une plume brisée est un coup contre la démocratie », « Nous exigeons une commission d’enquête indépendante », « La vie est sacrée, la liberté de la presse aussi » ou « La première mission d’un journaliste est de dire la vérité autant qu’elle peut être cernée », etc. Partie de la place Ymca (ou place du 4 janvier) de la commune de Kasa-Vubu à 10 h 45’, la longue file des professionnels des médias s’est ébranlée sur le Boulevard triomphal, puis l’avenue des Huileries, avant d’inonder le grand Boulevard du 30 juin dans la commune de la Gombe. De là, les manifestant se dirigent tout droit vers le bureau du vice-président Azarias Ruberwa. Objectif : lui remettre le mémorandum. Après avoir reçu, des mains du président de l’Union nationale de la presse du Congo (Upc), Kabeya Pindi Pasi, le mémorandum des journalistes dans lequel est repris les conditions lamentables de la mort de Franck, Azarias Ruberwa a eu des mots justes pour rassurer les milliers des manifestants qui avaient envahi, d’une façon inhabituelle, sa résidence. Il a commencé par présenter les condoléances aux familles éprouvées. Puis, il a annoncé les dispositions du gouvernement. « Nous condamnons de la manière la plus ferme la commission de ce crime. Le gouvernement a diligenté une enquête et promet de faire appliquer la justice pour les coupables », a-t-il déclaré. A cette occasion, Il a fait savoir que les deux suspects déjà appréhendés, sont des suspects sérieux parce qu’il y a des signes sérieux. Azarias Ruberwa a aussi indiqué qu’il connaissait personnellement Franck comme aîné à l’Université de Lubumbashi. Mais ici, a-t-il poursuivi « parce que nous nous occupons de la sécurité, de la justice et des droits de l’homme que nous sommes consternés. Car, mourir puisqu’on est journaliste, c’est triste ». Que deviendra donc la presse lorsque bientôt la campagne électorale va démarrer? La question a été posée par Azarias Ruberwa. En guise de réponse, le vice-président a indiqué que le gouvernement va travailler pour le renforcement des capacités sécuritaires. « Nous vous rassurons que le gouvernement va rester attentif à la sécurité de l’exercice de votre profession ». Pour terminer, il exhorte les professionnels des médias au courage. « Il ne faut pas démissionner. Il faut braver la peur. Vous êtes le quatrième pouvoir et tout pouvoir a ses risques. Mais nous voulons vous voir en vie, et vous, et vos familles », a-t-il conclu. DES REACTIONS (*) Banza Tiefolo (Haute autorité des médias) : « Lorsqu’il s’agit de la mort d’un ami, il n’est pas facile de faire des spéculations. Mais nous sommes arrivés à la conclusion que la mort de Franck n’est pas une mort gratuite, c’est quelque chose qui a été planifié. Pour le reste, il appartient au gouvernement de mettre tout en œuvre pour que les enquêtes soient menées correctement et que la justice fasse correctement son travail ». (*) Kalala Tshimakanda (Editeur du journal Tendance) : « nous sommes à l’aube de l’échéance électorale, ça peut être un mécanisme mis en place pour faire taire la presse. Nous ne cesserons jamais de le dire, la mort d’un journaliste constitue une violation flagrante de la liberté de la presse ». (*) Tshivis (Jed) : « Nous n’avons pas peur. On apprend qu’on a déjà arrêté deux assassins. Nous espérons que derrière ces deux là, les autres seront arrêtés, ainsi que leurs commanditaires. Si les commanditaires sont sanctionnés, ça pourra être une vraie leçon d’impunité pour tout le monde ». (*) Ipakala (Editeur La Référence Plus) : « C’est un grand homme que nous venons de perdre à la rédaction. Nous sommes en train de prier afin que toute la lumière soit faite sur ce crime. Comme il y a des indices avec ces présumés coupables, nous souhaitons que cela puisse aller jusqu’au bout ». Sources : Le Potentiel Autres articles Etienne Tshisekedi reçu par la délégation du Conseil de Sécurité en mission à Kinshasa Des femmes congolaises manifestent à Bruxelles pour dénoncer l'insécurité Intolérance au Congo : le journaliste Franck Ngyke et son épouse lâchement assassinés Echec des négociations entre gouvernement et déléguées des enseignants à Kisantu Détournement à la Direction générale des Impôts : le Cns transmet le dossier à la justice Enseignement : la reprise des cours n'a pas été effective ce lundi dans certaines provinces Une manifestation à Bruxelles pour soutenir les enseignants congolais Une trêve dans la grève des enseignants, mais les revendications demeurent |
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Revised: November 08, 2005
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